04 12 16

Une bien belle chronique...

_marguerite et léon.jpgCe court récit de vie, je l'ai lu il y a une semaine et il me reste encore en mémoire. C'est qu'il touche, c'est qu'il est écrit d'une manière belle et efficace. Lorsque j'ai rencontré son auteure, Nelly Hostelaert, elle m'a avoué son admiration pour les livres de René Hénoumont (« Un oiseau pour le chat », par exemple), que j'ai eu la chance de croiser à la rédaction du Pourquoi Pas ? et dont j'appréciais également la plume.

On retrouve dans « Marguerite et Léon » cette façon vivante de raconter ; et souvent le passé est au présent, ce qui le rend palpable. C'est une chronique de famille, de quelques générations qui se suivent depuis le début du XXe siècle à Baudour, en Belgique.

Outre le texte, des photos, des articles de presse, des documents illustrent le propos. On retrouve les colombophiles, le tir à l'arc, les guinguettes...

On découvre avec l'écrivaine les premiers congés payés à Coxyde au « Lys Rouge », le meurtre dans le village, oeuvre d'un ancien bagnard, mais aussi les deux grandes guerres, la résistance et le travail obligatoire, la situation de la femme.

C'est tout un siècle qui est balayé ici en quelques pages, mais vu de l'intérieur, à hauteur humaine. Depuis l'époque des servantes au château de Baudour, où l'on prenait les eaux chez la princesse de Ligne, jusqu'aux noces d'or fêtées au début du XXIe siècle ! Ce que j'apprécie aussi dans l'ouvrage c'est la vérité, celle des faits, celle des noms aussi.

Si vous avez envie de plonger dans ce passé récent, mais qui s'enfuit de plus en plus vite aujourd'hui, je vous conseille « Marguerite et Léon »...

 

Jacques MERCIER

 

« Marguerite et Léon », Nelly Hostelaert, récit, 118 pp, 15 euros. franz.nelly@yahoo.fr

 

 

03 12 16

Et le Winner is

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  " Trump, c'est l'instinct plus les milliards."

 

 Donald Trump s'apprête à investir la Maison Blanche, le 20 janvier prochain. Il est bon de savoir à qui le monde aura à faire. Le portrait qu'en trace le journaliste André Bercoff a d'autant plus de validité, à notre sens, qu'il fut publié en septembre, devançant de deux mois le choc du résultat électoral. Que l'auteur était alors un des rares journalistes français à avoir approché le milliardaire.  Et qu'enfin,  il observe le phénomène avec une lucidité courtoise, non courtisane.

La lecture de l'essai nous permet de décrypter une réalité américaine dont nous n'avions sans doute pas pris juste mesure. De la confronter à une mentalité européenne passablement différente.

" Il y a là, pour la première fois depuis longtemps en politique, un condensé fascinant d'histoire américaine qui réunit en un seul personnage, le prédicateur et le richissime, le tribun et l'entrepreneur, la célébrité people et l'aspirant au pouvoir suprême."

 Plus fier qu'Artaban de sa réussite matérielle - malgré des années 1990 difficiles  durant lesquelles "ses sociétés croulaient sous la bagatelle de 3, 5 milliards de dollars de dettes "-  Donald Trump se veut modèle du Winner, recette incarnée du fameux " American Dream", remodelé en tendance XXIe siècle. De là à se prendre pour Dieu le Père,  il n'y a qu'un pas, sans doute déjà franchi par le septuagénaire à l'"oriflamme [NDLR: capillaire ] flamboyant."  Jouant sur l'émotion plutôt que la raison d'une  certaine Amérique  en colère,  le mégalomane professe un avis tranché sur toutes les questions de société. Y compris en matière de lutte contre le terrorisme. Pour preuve, il porte toujours une arme sur lui et le recommande...

S'il songe depuis une quinzaine d'années à mettre son extraordinaire compétence au service du peuple d'Outre-Atlantique,  Donald Trump a  pris appui sur l'audience colossale que lui vaut, dix  années durant, sa participation à l'émission de téléréalité The Apprentice, avant de faire le grand pas.

"Franco de port", exhibant sans vergogne ses  nombreux dollars, Donald Trump semble n'avoir rien à cacher- qu'une éventuelle calvitie recouverte d'une "choucroute royale" quotidiennement laquée... Efficace dans sa communication, auto-gérée, farcie de raisonnements pragmatiques, [NDLR: courts, violents et dangereux] taillés à l'emporte-pièce,  il se sait fascinant, voire..attachant.

C'est le propre des grands séducteurs et particulièrement d'un homme exempt de toute addiction aux boisson, tabac et drogue mais pas à celle du sexe faible: Donald Trump aime les (jeunes et nécessairement sculpturales) femmes.

Un homme qui veut stigmatiser l'incompétence de ses prédécesseurs, galvaniser le succès des  (meilleurs des) êtres qu'il voit, à son image

 Un homme qui veut représenter, à l'usage exclusif de son pays, la baraka, de l'après- Obama.

  Donald Trump. Les raisons de la colère, André Bercoff,  essai, Ed. First, oct. 2016, 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Portraits | Commentaires (0) |  Facebook | |

01 12 16

« Un gentleman, c’est celui qui est capable de décrire Sophia Loren sans faire de geste. » (Michel Audiard)

Michel Audiard - L'encyclopédie.jpgMichel Audiard (1920-1985) qui travailla sur plus de cent films et à qui l’on doit une dizaine de livres, est sans conteste le plus célèbre dialoguiste du cinéma français et son œuvre a été intégralement rassemblée et analysée par Stéphane Germain dans Michel Audiard - L'encyclopédie publié aux Éditions Hugo Image à Paris, un remarquable beau livre, abondamment illustré d'affiches et de photos d'époque, qui fourmille d’histoires, d’analyses, de citations et d’anecdotes relatives à cet artiste au talent exceptionnel.

Ceux qui connaissent par cœur les répliques des Tontons flingueurs ou d'Un singe en hiver y constateront avec bonheur qu'il existe de nombreux autres bijoux tombés injustement dans l'oubli.

Et les amateurs d'Un taxi pour Tobrouk ou du Pacha y feront aussi la connaissance du polémiste, du romancier désabusé et de l'homme blessé caché derrière ceux qu'il fit parler avec une verve gouaille : Jean Gabin, Bernard Blier, Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura, Annie Girardot, Charles Aznavour, Mireille Darc, Louis Jouvet, Bourvil, Louis de Funès, Paul Meurisse, Francis Blanche, Jean-Pierre Marielle, Maurice Biraud, André Pousse ou Michel Serrault, entre autres…

Florilège :

Raymond Souplex : Comme je lui disais « Vous condamnez un peintre à mourir de faim », il m’a répondu : « Faites moins de croûtes et vous gagnerez la vôtre ».

(Garou-Garou, le passe-muraille de Jean Boyer, 1951)

– Jean Gabin, à propos d’un homme appelé à témoigner à la barre dans une affaire de meurtre : En trafiquant, il aurait été odieux, mais en cocu, il sera magnifique. Les jurés pleureront. Il y a toujours des connaisseurs…

(Le désordre et la nuit de Gilles Grangier, 1958)

– German Cobos : Moi, c’que j’aime pas, c’est leur police militaire…

– Charles Aznavour : Policier et militaire… Y’en a qu’ont du vice !

(Un taxi pour Tobrouk de Denys de la Patellière, 1960)

– Bernard Blier : Parce que j’aime autant vous dire que pour moi, Monsieur Éric, avec ses costumes écossais tissés à Roubaix, ses boutons de manchettes en simili et ses pompes italiennes fabriquées à Grenoble, eh ben, c’est rien qu’un demi-sel. Et là, je parle juste question présentation, parce que si je voulais me lancer dans la psychanalyse, j’ajouterais que c’est le roi des cons…

(Le cave se rebiffe de Gilles Grangier, 1961)

– Robert Dalban : J’ai peut-être une bonne affaire. Je connais un gars qui cherche un bateau. Tu pourrais lui vendre le tien.

– Jean-Paul Belmondo : Mais j’en ai pas !

– Robert Dalban : C’est pour ça que c’est une bonne affaire…

(L’incorrigible de Philippe de Broca, 1975)

Un livre événement sur un génie du verbe !

Bernard DELCORD

Michel Audiard - L'encyclopédie par Stéphane Germain, Paris, Éditions Hugo Image, octobre 2016, 295 pp. en quadrichromie au format 21 x 28 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 24,95 € (prix France)

01 12 16

François ...Villon, joyeux follastre

téléchargement (12).jpgOn ne sait rien de la mort de François Villon: il s'évapore sans traces laisser, début janvier 1463. En revanche, il est avéré qu'il naît François de Montcorbier, en 1431,  dans  un quartier populeux de la rive droite parisienne.  D'une pauvreté revendiquée, il arpente, dès sa prime enfance ce Paris auquel il restera si attaché.

Placé dès l'âge de raison - entendez sept ans - sous la protection de Maïtre  Guillaume de Villon, un ecclésiastique pétri de bienveillance à son égard, il doit à ce "second père" une éducation soignée particulièrement propice à éveiller la vive intelligence tôt décelée en lui.

François Villon obtient de la sorte une prestigieuse maîtrise ès arts en 1452. Mais le jeune homme est de nature rebelle et facétieuse: il interrompt un parcours académique bien entamé pour devenir le "joyeux follastre"' que le postérité retiendra de lui.

" La fable fait du poète un petit escroc, vivant au jour le jour, bon mangeur et grand buveur, entouré de compagnons tout aussi décidés que lui à berner le bourgeois. François n'est pas pour rien dans la création de cette imagerie parisienne; il s'est lui-même amusé à se présenter dans ses poèmes comme un "bon follastre."

Et la fable n'a pas vraiment tort: impliqué dans le célèbre cambriolage de Navarre et quelques autres exploits, notre homme sera soumis à la question - sans façons..- effectuera quelques séjours en prison. Celle de Meung lui sera particulièrement cruelle et le séjour en ses murs transformera sa vision de la vie. Amant transi, victime quelques (rares) fois de méprises, François Villon est banni de Paris, vers le 8 janvier, il ne donnera plus signe de vie

Réalisons l'intense travail d'investigation que l'historienne Sophie Cassagne-Brouquet - elle enseigne l'histoire médiévale à l'université Toulouse- Jean Jaurès - a réalisé pour rédiger cette biographie. On ne peut dès lors qu'en savourer davantage le côté alerte, vivant, singulièrement présent du portrait d'un électron libre, version XVe siècle.Des extraits de ballades, du fameux Testament,  ponctuent le propos, lui font  judicieux écho.

 Une lecture très plaisante

Apolline Elter 

 

"De moi, pauvre, je veux parler" Vie et mort de François Villon, Sophie Cassagne-Brouquet, biographie, Ed. Albin Michel, oct. 2016, 352 pp

30 11 16

« Un art qui a de la vie ne reproduit pas le passé, il le continue. » (Auguste Rodin)

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Raphaël Masson a été conservateur au musée Rodin, chargé des archives et de la bibliothèque, tandis que Véronique Mattiussi est responsable du fonds historique de la même institution parisienne [1].

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Le Penseur (1880-81)

Il se sont associés pour rédiger un splendide album sobrement intitulé Rodin, publié chez Flammarion à Paris, rassemblant une iconographie forte de nombreux dessins, aquarelles, documents d'archives et nouvelles prises de vue des sculptures, spécialement effectuées pour ce livre qui invite à la redécouverte de l’œuvre d’Auguste Rodin (1840-1917) [2] dont les statues les plus célèbres (Les Bourgeois de Calais, Le Baiser, La Porte de l'Enfer, Le Penseur...), longtemps contestées, appartiennent au patrimoine collectif de l’art occidental.

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Camille Claudel, La Valse, 1905

Bernard DELCORD

Rodin par Raphaël Masson et Véronique Mattiussi, préface de Jacques Vilain, Paris, Éditions Flammarion & Musée Rodin, septembre 2016, 248 pp. en quadrichromie au format 20,3 x 26,1 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 25 € (prix France)

 

[1] 79, rue de Varenne, F-75007 Paris

[2] Qui fut aussi le mentor de la géniale Camille Claudel (1864-1943).

Écrit par Brice dans Arts, Beaux Livres, Bernard Delcord | Commentaires (0) |  Facebook | |

30 11 16

« Être surréaliste, c'est bannir de l'esprit le déjà vu et rechercher le pas encore vu. » (René Magritte)

Les plus belles œuvres de René Magritte .jpgC'est jusqu'au 23 janvier 2017 que se tient, au Centre Pompidou à Paris, une exposition intitulée René Magritte - La trahison des images qui propose une approche inédite de la production de l’artiste belge.

Rassemblant les œuvres emblématiques, comme d'autres peu connues, provenant des plus importantes collections publiques et privées, cet événement offre une lecture renouvelée de l’une des figures magistrales de l’art moderne à travers une centaine de tableaux, de dessins et de documents d’archives.

De leur côté, les Éditions Larousse à Paris ont publié, sous la plume d'Éloi Rousseau, un bel album intitulé Les plus belles œuvres de René Magritte qui offre l'occasion de découvrir son parcours original ainsi que son étonnante personnalité.

Écoutons l'auteur :

« Proche des surréalistes français mais toujours à distance du groupe qu'ils formaient, René Magritte (1898-1967) a poussé à l'extrême leur réflexion sur le rêve, l'étrangeté du réel et la mémoire, devenant un des artistes majeurs du XXe siècle. Ses tableaux stupéfiants explorent les rapports entre le mot et l'image, le nom et la chose, créant un univers trouble et déconcertant. Sa technique, précise et froide, sert des compositions qui, en défiant les lois de la proportion, de la logique et de la science, dévoilent ce qui, au-delà de la vision, demeure caché.

L'homme au chapeau melon qui exerça son ironie à l'encontre de toutes formes d'image, à commencer par celle qu'il renvoyait, n'a eu de cesse de jouer avec nos perceptions et notre conception du monde. Facétieux et provocateur, le maître du surréalisme belge est aujourd'hui un des peintres les plus surprenants, l'incarnation de la puissance de la pensée en peinture. »

Bernard DELCORD

Les plus belles œuvres de René Magritte par Éloi Rousseau, Paris, Éditions Larousse, septembre 2016, 128 pp. en quadrichromie au format 20 x 24,2 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 12,90 € (prix France)

Informations pratiques :

Jusqu'au 23 janvier 2017

Centre Pompidou

Galerie 2

Place Georges Pompidou

F-75004 Paris

Tarifs :

Plein tarif : 14 euros

Moins de 26 ans : 11 euros

Horaires d'ouverture :

De 11h à 21h tous les jours sauf le mardi (fermeture des caisses à 20h, sortie des espaces d’exposition à partir de 20h45)

Nocturnes les lundis et les jeudis jusqu’à 23h (fermeture des caisses à 22h, sortie des espaces d’exposition à partir de 22h45)

29 11 16

Les complots de Sollers

_sollers complots.jpgDans un avertissement, Philippe Sollers nous parle de la « science du silence ». Les textes de « Complots », parfois des interviews récentes, nous expliquent si bien pourquoi il faut parler, écrire, lire.

On retrouve les personnes qui occupent souvent les écrits de Sollers. Voici quelques phrases picorées au merveilleux hasard de ma lecture.

Dans le chapitre « La vengeance de Machiavel » : J'aime cette réflexion : « Peu d'écrivains, au cours des siècles, ont réussi à transformer leur nom en adjectif indiquant l'enfer, l'effroi, la monstruosité ou l'angoisse. Dante, Machiavel, Sade, Kafka ont droit à cette distinction. »

Dans le chapitre « Bienheureux Casanova » : cette citation du chevalier : « Heureux les amants dont l'esprit peut remplacer les sens lorsqu'ils ont besoin de repos. »

Dans le chapitre « Fitzgerald le magnifique » : Les femmes et les hommes ne vivent pas dans le même temps. Elles se décomposent à l'extérieur, eux à l'intérieur.

Dans « Infiltrer le système », interview parue dans Les Inrockuptibles, en 2013 : « J'aime la poésie. La poésie est l'acte le plus innocent qui soit. Pas la poésie des poèmes, la poésie de la vie, la poésie existentielle, le goût. » Mais aussi : « C'est la littérature qui m'intéresse. Ma conviction profonde, c'est que la littérature pense plus que les philosophes. La poésie aussi. Je m'intéresse aux écrivains pour les aider à devenir ce qu'ils pensent. »

Plus loin, l'auteur nous explique : « Qu'est-ce qu'être un écrivain français ?C'est la langue. Une langue qui est une merveille. Vous n'avez dans aucune autre civilisation des écrivains aussi importants que contradictoires dans leurs opinions ou leur façon de s'exprimer. C'est cela qui est propre à la littérature française.

Philippe Sollers, c'est toujours et toujours un grand bonheur enrichissant de lecture !

Jacques MERCIER

« Complots », Philippe Sollers, Gallimard, 240 pp, 19 euros.

 

 

Écrit par Jacques Mercier dans Jacques Mercier, Philippe Sollers | Commentaires (0) |  Facebook | |

29 11 16

Ces festins qui façonnent l'Histoire

arton2320.jpg Il arrive souvent que l'Histoire se mette à table, savourant de mets et repas choisis, une proximité utile entre les commensaux.

Diplomate et actuel ambassadeur de France auprès de l'Unesco, Laurent Stéfanini a réuni une somptueuse fourchette d'écrivains, historiens et de chefs renommés pour nous conter l'Histoire de France, de 1520 à  2015, par le prisme, gastronomie française oblige, de repas d'exception.

Des festins du camp du drap d'or qui consacrent, du 7 au 24 juin 1520, une rencontre au sommet entre François Ier et le roi anglais Henri VIII aux repas de  la 21e conférence sur les changements climatiques, le 30 novembre 2015, à Paris, le collectif des rédacteurs situe, avec grande précision,  contextes et enjeux des rencontres au gré de pages élégamment illustrées. Et d'assoir le lecteur aux côtés de Louis XIV, SM la Reine d'Angleterre,  Jackie Kennedy, Le Shah d'Iran, Nikita Khrouchtchev..., à Versailles, au palais de l'Elysée , ...d'assouvir sa curiosité gourmande de menus, plans de table, documents secrets, inédits ... et  d'une vingtaine de recettes spécialement accommodées par de grands chefs .

Un bel ouvrage qui trouvera place de choix au pied du sapin, comblera pupilles,  esprits, papilles et palais.

A Elter

A la table des diplomates- L'Histoire de France racontée à travers ses grands repas, collectif rédigé sous la direction de Laurent Stefanini, Ed. L'Iconoclaste, octobre 2016, beau livre illustré, 336 pp, 39 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Beaux Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |

28 11 16

« L’automobile est un équivalent assez exact des cathédrales gothiques. » (Roland Barthes)

1000 anecdotes de l'automobile.jpgPierre-Olivier Marie, journaliste spécialisé dans l’automobile, est rédacteur en chef adjoint du site Caradisiac.com. Il a également participé à la création de Car Life et Question Auto, passé plusieurs années à Auto Plus, et signé des articles dans de nombreux magazines, de L’Optimum à Marianne.

Il est l’auteur chez Hugo Image à Paris de 1000 anecdotes de l'automobile, dans lequel il a collecté de nombreuses petites histoires – 1000 précisément – qui tournent autour de cet objet de passion et de fascination qu'est l'auto, et il les a croisées avec ce que l'on appelle communément la grande histoire.

Saviez-vous, notamment...

– qu'avant de se rêver Président de la République, François Fillon s'imaginait pilote de course,

– que le premier vainqueur du Grand Prix de Monaco en 1929, devenu agent secret, s'illustra dans la Résistance avant d'être exécuté dans un camp de concentration en 1945,

– que Bernie Ecclestone, big boss de la Formule 1, aurait participé à l'un des plus fameux hold-up de l'histoire,

– que la Bentley de Keith Richards disposait d'un compartiment secret pour cacher de la drogue,

– que le grand pilote argentin Fangio fut retenu en otage par des rebelles castristes,

– que Rudolf Diesel disparut dans des conditions bien mystérieuses, noyé dans la Manche en 1913,

– que les 24 heures du Mans 1967 furent l'occasion d'un incroyable coup de bluff,

–  que, souvent, ce sont les voitures personnelles d'Hergé qui ont inspiré celles que l'on retrouve dans les aventures de Tintin,

– que le Colonel Kadhafi avait créé une voiture de sport,

– que François Mitterrand avait « forcé » Jacques Séguéla à vendre sa Rolls-Royce,

– que la passion d'Eric Clapton pour les Ferrari est consécutive d'une visite que lui a rendue George Harrison en 1969,

– que Georges Wolinski a réalisé une bande dessiné publicitaire pour la Renault 4 ?

De A comme « Accélérez » à Z comme « 007 », en passant par Blindage, Dieu, Hollande (François), Lagerfeld, Nürburgring, Platanes ou Trintignant, cet ouvrage fourmille de petites histoires qui éclairent la grande.

Au fil des pages, on comprendra mieux pourquoi et comment ingénieurs, entrepreneurs, artistes, écrivains, collectionneurs, gangsters et pilotes trompe-la-mort ont pu se passionner pour cette invention qui s'est imposée comme une compagne essentielle de notre quotidien.

Bernard DELCORD

1000 anecdotes de l'automobile par Pierre-Olivier Marie, starter de Luc Ferry, Paris, Hugo Image, mai 2016, 208 pp. en quadrichromie au format 17 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 16,50 € (prix France)

28 11 16

Les oubliés du dimanche

_valérie Perrin.jpgSi vous ne l'avez pas lu encore, précipitez-vous et offrez-vous (ou à quelqu'un que vous appréciez) ce roman mélancolique et drôle, d'une écriture, brillante, poétique et qui touche. Valérie Perrin, photographe, offre avec « Les oubliés du dimanche » (titre magnifique, qui définit ces personnes âgées sans visites dans une maison de retraite) son premier roman.

Le livre nous raconte Justine, vingt et un ans, qui se lie d'amitié avec une pensionnaire, Hélène. Un mystérieux « corbeau » sème le trouble dans la maison de retraite et dévoile un terrible secret. Dans une interview, Valérie Perrin raconte : « Un premier roman, c’est comme une première histoire d’amour. C’est très personnel. J’ai abordé des sujets qui me tenaient à cœur. J’ai toujours adoré les vieux. Enfant, je tapais à leurs portes pour qu’ils me racontent des histoires. Je n’ai jamais considéré la vieillesse comme une maladie, au contraire, je l’ai toujours vue comme un trésor. Et puis, à travers Justine, je parle aussi beaucoup de la jeunesse - et surtout, à travers mes personnages, je ne parle que d’amour. Tout cela, en fait, ce n’est qu’un prétexte pour parler d’amour. De livres, de musique et de bistrots. Ah, et d’une mouette, aussi. »

L'auteure pense que chacun de nous est relié à un oiseau. J'adore cette idée ! L'oiseau qui revient jusque dans les baisers : « Mon amour, la première fois que je t'ai embrassée j'ai senti un battement d'ailes contre ma bouche. J'ai d'abord cru qu'un oiseau se débattait sous tes lèvres, que ton baiser ne voulait pas du mien. »

Pour vous donner encore une idée du style magnifique de Valérie Perrin : « Hélène m'a raconté toute sa vie. Tout mais en puzzle. Comme si elle m'avait fait cadeau du plus bel objet de sa maison, mais qu'elle l'avait cassé en mille morceaux avant, sans le faire exprès ».

Remercions enfin Valérie pour le choix de la citation mise en exergue « Être vieux, c'est être jeune depuis plus longtemps que les autres », car elle est de Philippe Geluck !

 

Jacques MERCIER

 

« Les oubliés du dimanche », Valé­rie Per­rin, roman, Albin Michel, 2015, 379 p. – 21.90 € (Bientôt en Poche)

 

Écrit par Jacques Mercier dans Jacques Mercier, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |