28 01 12
A la Cour d'Amboise

Paru fin 2011, ce premier volet de la nouvelle saga culinaire et criminelle de Michèle Barrière nous invite à la Cour d'Amboise, au début du règne d'un François Ier, tout frais auréolé de sa victoire à la bataille de Marignan (14 septembre 1515, comme tout le monde le sait).
Maître d'hôtel du jeune et sémillant souverain, son ami d'enfance, Quentin du Mesnil a pour mission de quérir et amener à Amboise un vieillard récalcitrant, peu commode et encombré d'une réputation sulfureuse... vous aurez reconnu Léonard de Vinci.
La mission s'avère périlleuse car le fantasque génie, gaucher - ce n'est bon signe - quoiqu'un tantinet ambidextre, est la cible d'une sombre vengeance et de pièges sanglants.. Quentin en fera les frais qui sera propulsé du sommet d'une montagne, à bord de la machine volante imaginée par le savant...
Un séjour contraint à la cour de Mantoue, régie par la terrible Isabelle d'Este, dévoile le faste d'une société dont le raffinement subjugue le jeune maître d'hôtel.
Une qualité majeure des polars gastronomiques de Michèle Barrière est d'allier la fiabilité historique, la table des pratiques alimentaires à un rythme narratif et sens du suspens savamment maîtrisés. Cela donne des romans à la fois didactiques et captivants. Un carnet de recettes conclut l'ouvrage qui ne demandent qu'à être mises en pratique.
Que demander de plus?
Le deuxième volet de la saga..assurément!
Apolline Elter
Le sang de l'hermine, Michèle Barrière, roman, JC Lattès, nov.2011, 350 pp, 18 €
Billet de faveur
AE : Le Chambord de François Ier qui s’ébauche , en filigranes du roman, c’est le Versailles de Louis XIV ?
Michèle Barrière : non, François Ier n'a que très peu séjourné à Chambord alors que Louis XIv n'a pas quitté Versailles. Il aurait d'ailleurs été très difficile d'y vivre. Chambord est un rêve, un magnifique objet d'apparat et il l'est resté à travers les siècles.
AE : Arrivé au Clos Lucé, où le roi compte l’établir, Léonard de Vinci s’écrie ; « Les petites demeures favorisent l’éclosion des grandes pensées. » Sublime. A-t-il vraiment prononcé ces paroles - et à quelle occasion – ou cette exclamation rentre-t-elle dans la logique romancée du personnage ?
Michèle Barrière :Il semblerait que oui, mais je ne peux pas le certifier. Par contre, de nombreuses tirades de Léonard sont directement tirées de ses Carnets.
AE : En marge de la quête et des péripéties qui adviennent aux deux héros, il y a la perte répétée de l’ouvrage de Platine, De Honesta Voluptate. Il semble que vous accordez une importance majeure à cet ouvrage :
Michèle Barrière : c'est l'ouvrage essentiel en matière culinaire datant de la fin du XV° siècle mais traduit en français en 1505 et qui place l'art de la table dans la perspective des penseurs humanistes.
AE : Combien de volets comportera cette nouvelle saga ? Pouvez-vous nous préciser la date de parution de la suite attendue des « Enquêtes de Quentin du Mesnil, maître d’hôtel à la cour de François Ier » ?
Michèle Barrière : cela dépendra de l'inspiration! Le suivant est déjà en chantier. Il se passera en 1520, lors du Camp du Drap d'or, rencontre au sommet entre François Ier et Henri VII. Il y en aura un après le désastre de Pavie où on retrouvera le roi de France prisonnier de Charles-Quint en Espagne. Un autre où Quentin s'adjoindra les services d'un certain Rabelais pour enquêter sur la mort du dauphin. Voilà, pour le moment!
Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Histoire, Thriller, Polar | Commentaires (0) |
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26 01 12
Jésus a existé !
C'est un travail remarquable de synthèse historique qu'a réalisé dans "Jésus" Jean-Christian Petitfils ! Se plaçant volontairement en dehors du champ religieux, il a confronté toutes les sources fiables, celles de ses confrères archéologues, ethnologues, etc. et bien entendu celles des textes, s'appuyant en particulier sur l'Evangile de Jean, le témoin privilégié. On apprend, par exemple, que l'expression "fils de Dieu" était largement utilisée avant l'avènement du Christ : "Dans les anciens royaumes d'Israël et de Juda, les rois étaient considérés comme "fils de Dieu"... L'auteur fait la part des choses entre la symbolique, les allégories et ce qui semble la vérité. Ce qui reste est l'essentiel, de toutes façons : "Dieu est amour" écrit dans sa première épître Jean l'évangéliste qui a le mieux compris son message. Sa bonté est infinie. Elle va au-delà de toute représentation." On y apprend aussi (avant la religion) ce qu'est la morale de Jésus : "Jésus vise l'intention qui renferme déjà en elle le mal. C'est dans la haine du prochain, plus encore dans la colère, la rancune, l'animosité que réside la racine du meurtre. C'est cette racine qui doit être éradiquée. D'où la nécessité d'une réconciliation des hommes entre eux, préalables à toute prière." On parle évidemment aussi de l'expression ambigüe "le fils de l'homme", des femmes, de la vie future. Un livre passionnant que j'ai lu (est-ce un détail) avec attention en version numérique ! Cela dit, a-t-on un message, aujourd'hui plus que njamais, plus vital que "Aimons-nous les uns les autres..." ?
Jacques MERCIER
"Jésus", par Jean-Christian Petitfils, Edition Fayard, 2011, 690 pages en version brochée, 23,75 euros.- en version kindle 18,99 euros.
Écrit par Jacques Mercier dans Biographies, Documents, récits, essais, Histoire, Jacques Mercier | Commentaires (1) |
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26 01 12
Echappée de l'âme
" Elle vivait seule en dessous de sa vie.
Mourir devenait une question de sincérité."
Il est des solitudes d'autant plus poignantes que vous vivez, entourée d'un mari aimant et de deux magnifiques enfants.
Il est des détresses à ce point indicibles qu'elles vous isolent du monde des vivants, vous projetant, tel un ballon gonflé d'hélium, dans l'infinie galaxie. Le seul moyen de revenir sur terre s'inscrit dans la perspective morbide de votre ...enterrement.
"Il sera très facile pour tes biographes de te décrire comme une personne répétitivement suicidaire et obsédée par la mort. Ils auront tort, tu le sais bien. Ils parleront de haine, et ils auront tort, tu le sais bien aussi. Il n'y a rien de plus haineux qu'un biographe, comme il n'y a plus menteur que le mémorialiste. Tu n'as jamais eu que l'amour en vue, du moins depuis le jour où tu l'as rencontré."
Dévastée intérieurement par une expérience amoureuse, avortée de façon inexpliquée, Ariana, ravissante jeune femme d'origine espagnole épouse le séduisant Axel, issu d'une famille norvégienne, aisée. Le couple s'installe dans une coquette maison de la banlieue bruxelloise...
" Ta future belle-mère, à Voss, en Norvège, dit que tu es typiquement la personne qui a l'air de fuir quelque chose et c'est pourquoi, sans le déclarer positivement, elle ne se réjouit pas que son fils veuille t'épouser. Alors que c'est tout le contraire, puisque tu ne fuis pas, tu cherches ce point fixe en toi, qui est toi-même, loin au-dessus duquel le temps te fait flotter et dont il menace toujours de t'exiler définitivement".
Au-delà des sentiments et de manifestations extérieures incomprises de son entourage, c'est l'âme d'Ariana que Grégoire Polet tente de cerner, multipliant les focus, les interpellations et points de vue. Affinant la perspective toujours et encore, du cisellement d'une plume finement taillée, trempée de métaphores et d'énumérations qui progressent, par petites touches, dans une quête essentielle de la vérité. La vérité de l'âme aspirée par une réalité qui n'a plus place sur terre, qui rend Ariana étrange, étrangère.
" Tu es une comète qui approche du soleil et qui se détruit progressivement en nuages de météores pas plus grands que des grains de sable."
Apolline Elter
Les ballons d'hélium, roman, Grégoire Polet, Gallimard, janvier 2012, 174 pp, 16 €
Billet de faveur
AE: Après le cycle lisse et lumineux de vos trois premiers romans [Madrid ne dort pas, Excusez les fautes du copiste, Leurs vies éclatantes] vous semblez entrer, avec Chucho [votre précédent roman] et les présents Ballons d'hélium, dans le cycle d'une réalité plus sombre mais aussi plus profonde. L'écriture doit en être encore plus exigeante. Plus engagée?
Grégoire Polet: L’inspiration sombre ou claire ne se choisit pas vraiment: on suit la marche de sa pensée et son évolution, qui nous font traverser parfois le jour, parfois la nuit. Les deux valent la peine d’être explorés.
Dans Chucho, nous avions un personnage fragile, qui mettait en question notre capacité de modifier notre vie pour accueillir l’autre.
Dans Les Ballons d’hélium, nous avons un personnage, une jeune femme, qui est déçue, insatisfaite, par la vie telle que le monde aujourd’hui la programme, et qui est poussée irrésistiblement à chercher plus loin, non plus dans la vie extérieure, mais du côté de la vie intérieure. Et le monde qu’elle découvre dans sa vie intérieure est très différent du monde matériel, superficiel. Tout est différent; le passage du temps est différent; l’espace est différent; la présence, l’absence sont différentes. Et surtout semblent beaucoup plus vrais que les mesquines réalités extérieures, faites d’oubli, de séparations, de propriétés, d’exclusions, d’irrémédiable. Elle fait l’expérience d’une très forte spiritualisation de l’existence, qui provoque la perte de ses repères habituels, et ne lui permet pas d’en trouver de nouveaux. Ou du moins pas facilement. C’est cette aventure dans l’intériorité, dans l’en-dessous des choses, qu’Ariana vit, guidée par une blessure d’amour. Aventure dramatique, exploration, tourbillon, c’est une trajectoire vitale qui tient à la fois de l’ascension et de la chute libre.
Est-ce une écriture exigeante? Oui. Parce qu’il s’agit de suivre au plus près une démarche vraiment radicale, avec la plus grande sincérité et la plus grande exactitude. De plus, techniquement, il s’agissait de rendre un développement narratif qui épouse les formes de la perception spiritualisante du monde: temporalité non linéaire mais mémorielle; points de vue changeants et glissants, comme dans les rêves.
Est-ce une écriture engagée? En un certain sens, oui. Car indirectement elle milite pour un changement de mentalité, que par ailleurs je vois à l’œuvre autour de moi et que ce roman reflète. C’est un changement du modèle du bonheur. Les crises actuelles accentuent ce mouvement de déception par rapport à un modèle de bonheur attaché à la réussite matérielle et sociale. Ma génération a été élevée dans l’idée du bonheur (d’autres générations avaient été élevées dans l’idée du travail, ou de la liberté, ou de la foi, etc.), et particulièrement du bonheur par la commodité matérielle et le bien-être physique. Ce modèle, très bien intentionné, a pourtant de cruelles limites. Surtout quand l’argent et la prospérité viennent à être incertains. En temps de crise, le confort et la commodité deviennent soit de plus en plus inaccessibles, et donc angoissants; soit, pour ceux qui les obtiennent tout de même, ils deviennent des “blindeurs” d’individus. Or, le bonheur ne prend pas rendez-vous avec les angoissés, et ne pénètre pas les blindages. Devant les failles (la faillite?) de ce modèle de bonheur, la recherche d’autre chose est partout perceptible. Et cette recherche va dans le sens de l’Evolution, telle que l’ont montré les philosophes et paléonthologues (Teilhard de Chardin, par exemple, cité en début de roman). C’est-à-dire dans le sens de: moins de matière, plus d’esprit. Moins de masse, plus d’énergie. Cette fameuse spiritualisation en marche depuis les origines et qui a conduit la matière jusqu’à la vie, et la vie jusqu’à la conscience. Et la conscience jusque… là où nous voudrons bien la mener.
AE: "....mais l'euphorie pourtant était là, congelant momentanément toute possibilité de vie intérieure, et la jetant avec appétit vers le monde extérieur... "
Cette euphorie, singulièrement absente - du moins rare - dans le parcours d'Ariana , n'aurait-elle pas pu, au contraire, renverser le cours de sa vie, insuffler un peu de légèreté à la gravité ressentie, injecter de l'hélium dans des ballons qui, du coup, auraient revêtu une signification diamétralement opposée, celle de l'espoir et de la légèreté de la vie?
Grégoire Polet:
L’euphorie en question dans cette citation, si on se réfère au contexte du roman, est l’euphorie d’avoir gagné 1000 euros. Cette euphorie de la possession l’exile justement de la vie intérieure qui l’intéresse et la jette vers la vie extérieure qui la déçoit, et la pousse à acheter et à s’approprier, “à donner des coups d’euro comme des coups de hache dans le réel pour s’en approprier quelque chose.” Mais Ariana pense que cette euphorie-là en fin de compte ne gonfle que de décevantes baudruches. Avez-vous lu, à ce propos, le passage sur les courses et le shopping dans L’Art français de la guerre, d’Alexis Jenni?
AE: Je ne l'ai pas encore lu mais vais foncer sur ce passage!
Enrobée de mystère, Ariana échappe à la vie et parfois à la logique du lecteur, tel un ballon, gonflé d'hélium vous fausse compagnie. Vous tentez de la cerner de la manière la plus juste, la plus analytique possible; ne vous échappe-t-elle pas, par moments, à vous aussi?
Grégoire Polet: Ariana reflète un changement, une évadée du modèle, et à cause de cela elle subvertit ce modèle et échappe aux grilles habituelles. Après, il y a toutes les circonstances dramatiques de sa psychologie personnelle, qui ne sont certes pas généralisables, et qui la mènent à frôler la limite d’actes terribles. Car Les Ballons d’hélium est d’abord et avant tout un roman d’amour, une histoire d’amour passionnée et tragique.
Ce que j’ai répondu dans cette entrevue ne constitue qu’un commentaire, donne une piste, un éclairage. Mais, évidemment, le roman ne peut pas se résumer à cela.
Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Romans | Commentaires (0) |
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25 01 12
God save the Queen!
Éminent et talentueux spécialiste de l'histoire des familles couronnées (nous avons écrit ici naguère tout le bien que nous pensions de sa magistrale Saga des Habsbourg), Jean des Cars revient ces temps-ci sur le devant de la scène royale avec une flamboyante Saga des Windsor parue aux Éditions Perrin à Paris, dans laquelle il fait le point avec la verve qu'on lui connaît sur les événements qui ont agité voire secoué le trône d'Angleterre depuis une centaine d'années.
Écoutons-le :
« Windsor ! C'est à la fois la plus grande forteresse du monde toujours habitée et le nom choisi par le roi George V en 1917, en pleine Première Guerre mondiale, pour effacer la consonance germanique des souverains Saxe-Cobourg-Gotha alors que le Royaume-Uni se bat contre l'Empire allemand.
Mais qui aurait pu penser que ce nouveau patronyme, difficilement imposé, serait, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, synonyme d'un scandale sans précédent ? Edouard VIII ne règne que huit mois et abdique par amour pour une Américaine deux fois divorcée, Mrs Wallis Simpson ! En renonçant au trône, le fils aîné de George V devient, le 11 décembre 1936, le duc de Windsor, charmeur et pacifiste, compromis dans ses relations bienveillantes à l'égard du régime national-socialiste.
Et c'est son frère, courageusement parvenu à se débarrasser de son bégaiement (voir Le Discours d'un roi), qui lui succède sous le nom de George VI.
De l'Angleterre encore imprégnée du prestige de la légendaire reine Victoria au long règne d'Elizabeth II, de l'Empire britannique dominant le monde d'avant 1914 au Commonwealth des Nations, des gentlemen en chapeau melon aux Beatles, de l'immense figure de Churchill au destin tragique de la princesse Diana puis au mariage de William et de Kate qui a séduit deux milliards de téléspectateurs, voici l'extraordinaire saga d'une lignée de monarques, de reines, de princes et de princesses dont les destins sont de véritables romans.
Dans leurs joies comme dans leurs malheurs, ils continuent de fasciner par un unique mélange de traditions et d'audaces. Windsor ? Une passionnante synthèse britannique. »
On ne saurait mieux dire !
Ni mieux raconter l'Histoire...
Bernard DELCORD
La saga des Windsor par Jean des Cars, Paris, Éditions Perrin, novembre 2011, 423 pp. en noir et blanc au format 14 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 21,90 € (prix France)
Écrit par Bernard Delcord dans Histoire | Commentaires (0) |
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25 01 12
Cocoricos cocos
L'article ci-dessous a été mis en ligne le 25/01/2012 dans les colonnes du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :
Publié aux Éditions Les Arènes à Paris et sous-titré « Un siècle d'histoire dans les archives du PCF (1871-1989) », l'étonnant livre-objet de Bruno Fuligni intitulé La France rouge présente, commentés avec science, verve et à-propos, une centaine de documents historiques inédits, reproduits à l'identique, collés sur les pages ou glissés dans des enveloppes.
On y retrouve ainsi, entre autres, la partition de L'Internationale, des manuscrits de communards, une photo dédicacée de Louise Michel, le premier numéro de L'Humanité et l'éditorial manuscrit de Jean Jaurès, la carte du délégué Marcel Cachin au Congrès national de Lyon en 1924,un album photo des premiers congés payés de l'été 1936, des lettres de brigadistes racontant la guerre d'Espagne, la correspondance de Guy Môquet, le rapport d'arrestation d'une cellule clandestine par la police française en 1941, l'Affiche rouge et un poème de Missak Manouchian, un tract communiste fabriqué dans le camp de Buchenwald, une lettre d'enfant envoyée à Maurice Thorez pour son anniversaire, la carte de Marguerite Duras et son dossier d'exclusion du Parti, des lettres de militants scandalisés par le portrait de Staline peint par Picasso, des messages envoyés par les dirigeants des « partis frères », le questionnaire biographique de Georges Marchais – publié pour la première fois –, un tract de mai 68, la déclaration du Bureau politique du PCF en date du 21 août 1968 sur les événements en Tchécoslovaquie), deux lettres de François Mitterrand lors de l'élaboration du Programme commun...
Autant de madeleines de Proust pour ceux qui, à l'instar de votre serviteur hélas – générosité aveugle de la jeunesse – se sont fourvoyés dans une idéologie criminelle qui fut et demeure le pendant du nazisme...
PÉTRONE
La France rouge par Bruno Fuligni, Paris, Éditions Les Arènes, collection « L'Histoire entre nos mains », novembre 2011, 120 pp. en quadrichromie au format 25 x 30 cm sous couverture cartonnée et coffret en couleurs, 34,80 € (prix France)
Écrit par Bernard Delcord dans Histoire | Commentaires (0) |
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25 01 12
Le Bescherelle des écrivains et des lecteurs
Laurence Caillaud-Roboam se propose, dans Les figures de style illustrées par des dessins de Plantu paru aux Éditions Hatier à Paris, d'éveiller l'attention ou de réveiller le savoir de ses lecteurs sur les différentes techniques formelles permettant « d'opérer des modifications du langage ordinaire à l'aide de jeux sur le sens des mots, sur leur graphie, leur sonorité, leur grammaire ou encore sur la syntaxe des phrases ».
On connaît certes généralement l'acrostiche, l'allégorie, l'aphorisme, l'apologie, le calembour, le calligramme, le cliché, le chiasme, la comparaison, la contrepèterie, l'euphémisme, l'ironie, le leitmotiv, la métaphore, le mot-valise, le néologisme, l'oxymore, le parallélisme, le pastiche, le pléonasme, la tautologie...
Mais en va-t-il de même de l'anaphore, de l'antonomase, de l'apocope, de l'asyndète, de la dérivation, de l'ellipse, de l'emphase, de l'épenthèse, du gallicisme, de la litote, du palindrome, de la syncope, du zoomorphisme ?
Rien n'est moins sûr...
Quant à l'adynaton, l'aposiopèse, l'épanadiplose, l'épanalepse, la gémination, l'isotopie, la polyptote et la prosopoppée, pour beaucoup, c'est sûr, c'est du chinois !
Illustrées de dessins de Plantu et d'exemples choisis dans des textes classiques, l'auteure décode ces figures de style, et d'autres encore, avec un brio incontestable.
Il est vrai que son ouvrage a paru dans la fameuse collection « Bescherelle », un gage incontesté de qualité incontestable...
Bernard DELCORD
Les figures de style illustrées par des dessins de Plantu par Laurence Caillaud-Roboam, Paris, Éditions Hatier, collection « Bescherelle », octobre 2011, 96 pp. en quadrichromie au format 27 x 20 cm sous couverture cartonnée et plastifiée en couleurs, 19,90 € (prix France)
Écrit par Bernard Delcord dans Ouvrages didactiques | Commentaires (0) |
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25 01 12
A fleur d'écorce
" Je tente de remettre en scène l'Anglais tombé du ciel qui m'initia à moi-même, la cantatrice épurée qui me donna un nom d'opéra, le médecin qui m'aima comme un fils et tailla des stylos dans mes branches... Tous ceux qui firent de moi, pour quelques minutes ou durant des années, leur compagnon d'infortune."
Prêtant sa plume à Tristan, poirier tricentenaire, tombé sur le coup d'une mini-tempête, Didier van Cauwelaert nous offre un "voyage dans la conscience de l'arbre", revisitant les racines de son passé et les muliples sensations, glanées, au fil des siècles, par des capteurs à fleur d'écorce.
Refuge des chagrins d'amour et d'existence, Tristan poursuivra sa mission au-delà de sa chute et d'une version nouvelle et très..branchée de la légende qui le lie à Isolde, son altière voisine.
La Nature est un temple...où de vivants poiriers émettent parfois de bienfaisantes paroles.
AE
Le journal intime d'un arbre, Didier van Cauwelaert, roman, Michel Lafon, oct.2011, 252 pp, 21, 7 €
Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Rentrée littéraire | Commentaires (2) |
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24 01 12
L'amour selon Frédéric Beigbeder
Frédéric Beigbeder adapte lui-même au cinéma son roman "L'amour dure trois ans". Une adaptation qui est plutôt une suite au texte qui lui a valu de se faire remarquer comme auteur et récompenser par un jury et l'attention du public.
Nicky a rencontré l'auteur, désormais réalisateur, lors de l'avant-première de son film qui, disons le tout de suite, est très réussi.
Écrit par Brice dans Cinéma et littérature, Vidéos | Commentaires (0) |
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24 01 12
On n'a pas tous les jours 20 ans

"En 1819, Honoré veut "commencer par un chef-d'oeuvre". Travailler "pour la postérité" et non "pour le goût actuel".
Difficile de prétendre qu'à 20 ans, Honoré ait déjà réalisé de grandes choses. Mais il est le modèle du jeune homme pauvre qui parcourra La (future) Comédie humaine.
En 1819, le (futur) romancier n'est encore que Balzac - son père n'adopte en effet la particule que deux ans plus tard - mais il a en lui, il le sent, il le sait, les germes du génie..
Pour l'heure, ses parents lui louent une pauvre mansarde à Paris tandis qu'Honoré réalise qu'il ne suivra pas la voie notariale prescrite par son père. Ce sépulcre aérien ..et monacal sera l'assise parfaite de son inspiration: "Il faut matériellement peu à celui qui vit pour accomplir de grandes choses dans l'ordre moral"
Enfant mal aimé - sa mère a vingt ans à sa naissance, tandis que son père en a plus de cinquante - Honoré recherchera, sa vie durant, parmi ses maîtresses et les femmes de son entourage, la tendresse maternelle qui a manqué à son enfance. Laure de Berny, Laure d'Abrantès, Claire de Castries et Eve Hanska que le dandy épouse en mars 1850, cinq mois avant son décès, prodigueront au romancier l'affection recherchée. Ainsi que Laure, sa soeur tant aimée et Zulma Carraud, amie et complice à vie.
Une expérience ratée dans le domaine de l'édition, entre 1826 et 1828 et la faillite qui s'ensuit, obligera Honoré à rembourser ses créanciers jusqu'à la fin de sa vie. Il le fera par l'écriture prolifique de romans. La Comédie humaine est ainsi mise en route avec la publication en 1830 de la première série des Scènes de la vie privée [Ndlr: dont la lecture intensive fut l'objet du mémoire de nos propres vingt ans... ] et l'introduction du principe des personnages récurrents. Trait de génie qui vaudra à Balzac la réputation d'être le plus grand romancier du XIXe siècle ....
Rédigée de la main d'Anne-Marie Baron, présidente de la Société des Amis de Balzac, cette nouvelle publication de la collection "A vingt ans" lève, avec maîtrise et précision, le voile sur une série d'énigmes visant la personnalité du romancier.
Apolline Elter
Honoré de Balzac à 20 ans. L'esclave de sa volonté, Anne-Marie Baron, Ed. Au Diable vauvert, coll. " A 20 ans", janvier 2012, 168 pp, 12 €
Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Biographies | Commentaires (0) |
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24 01 12
De l'amour d'un père

Dans ce magnifique récit livré sous forme de journal, Marco Koskas nous fait partager ses tourments, son amour, ses inquiétudes de père. Ceux qu'éprouvent un papa se définissant lui-même comme « juif-buissonnier », face à la décision imparable de son fils âgé de 16 ans de devenir juif orthodoxe. Fiston, comme il le surnomme affectueusement, a pour cela décidé d'aller dans une pension en Israël, une yéchiva à 4 kilomètres seulement de Gaza. A portée des tirs de roquettes...
Et l'auteur de trembler.
Une décision que le père respecte. Mais une conviction religieuse et une détermination qui suscitent en lui autant de craintes que d'admiration. Alors il cherche à comprendre pourquoi ce refuge dans la religion. Fiston y cherche peut-être des repères stables, repères fournis par ces rituels immuables des prières? Des repères qu'il ne trouve pas dans le couple parental déchiré, entre sa mère à la vie sentimentale chaotique et son père artiste. Comprendre pour ne pas perdre le lien. Accepter malgré les conflits qui se multiplient entre le père et le fils au sujet de la doxa religieuse. Un rapport de forces permanent où chacun campe sur ses positions. Coups de gueule parfois. Amour toujours.
Des chroniques quotidiennes qui ne sont pas uniquement l'objet de cette relation père-fils. Dans ce journal, l'auteur nous dépeint aussi Israël et la vie à Tel Aviv. Des cafés, des restaurants et des plages qu'il aime fréquenter, en passant par les Telavivoises bobos avec leur petit toutou, ses amours, sa vie d'artiste, le déracinement de sa Tunisie natale, le tableau est riche et vivant.
Avec "Mon coeur de père", Marco Koskas nous livre une magnifique ode à l'amour. Celle d'un père pour son fils. Celle de Marco pour Moshe.
P. 131 : « C'est un garçon extraordinaire, je ne le sais pas assez. Il aurait pu mal finir, devenir un petit voyou, se défoncer, mais il est juste habité par une fois inébranlable. »
Karine Fléjo
Mon coeur de père, Marco Koskas. Editions Fayard, récit, janvier 2012, 200 P., 16€.
Écrit par Karine Fléjo dans Récits | Commentaires (0) |
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