19 12 14

Quand les familles royales nous ouvrent leurs portes

 

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" Elles sont dix à avoir défié le temps et résisté aux bouleversements de l'Histoire aux vents violents des révolutions ou à l'élan dévastateur des idéologies qui réclament l'éradication de toute forme de transcendance ou de verticalité du pouvoir"

Stéphane Bern n'a pas son pareil pour nous emmener dans le monde enchanté des palais et des dynasties mais aussi, il dote ce  tour d'horizon, richement illustré,  des familles  européennes régnantes , d'un vrai accès à leurs réalités voire intimités.  

Histoire, généalogie, encadrés didactiques, insolites, parfois même croustillants, anecdotes variées et photos magnifiques balisent une galerie de portraits royaux, de la Reine Elisabeth II d'Angleterre au roi Philippe Ier de Belgique, en passant par Monaco,   Le Liechtenstein, la Suède le Grand-Duché de Luxembourg, L'Espagne, les Pays-Bas et la Norvège.

" L'Europe des rois est un kaléidoscope coloré dans lequel chaque citoyen peut encore s'identifier car le temps est rythmé par celui de la vie: la naissance, le mariage, le changement de règne, la mort.."

Un bel ouvrage qui fait référence

Apolline Elter

Dynasties royales d'Europe , Stéphane Bern, beau livre, Ed. Larousse, nov. 2014, 160 pp

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18 12 14

Magnifique complicité

Retrouvant ce tutoiement et cette intimité de sa merveilleuse Mémoire du Petit Prince (Ed. Jacob Duvernet, 2009 - chronique sur ce blog ) Jean-Pierre Guéno nous revient, en cette fin d'année et de célébration du décès- il y a 70 ans - du célèbre écrivain-aviateur, avec un nouveau focus: celui des regards que Saint-Exupéry posait sur le monde de son temps.

Il s'est adjoint la complicité de Philippe Lorin, illustrateur, dessinateur d'introspection et de génie dont nous savourons - et présentons souvent - les portraits de Colette, Victor Hugo et Jean Ferrat (beaux livres présentés sur ce blog)

Hommage aux affections, amours et amitiés nombreuses d'un "Pique la Lune" toujours attiré par le ciel, l'ouvrage révèle magistralement l'angoisse de ne pas agir qui le saisit durant son séjour - forcé - aux USA et Canada au début de la guerre 40-45.

Il révèle tout aussi magistralement le regard écologique et le message tellement contemporain que cet être sincère, tellement attachant  nous adresse. Laissons à Jean-Pierre Guéno, le mot de la fin:

" Il est temps d'écouter ton message: il faut rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles, faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien. On ne peut vivre de réfrigérateurs, de politique, de bilans et de mots croisés, voyez-vous! On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour." 

Visages de Saint-Exupéry, Jean Pierre Guéno et Philippe Lorin, beau livre, Ed. Le Passeur, oct 2014, 112 pp.

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17 12 14

la boîte à Pandore

C'est une mine de publications sympathiques que nous propose la maison d'édition franco-belge, La Boîte à Pandore, en cette fin festive d'année..

Certaines trouveront place au pied de votre sapin, qui raviront père, belle-mère, mari ou frère..

Jugez-en

Philosophe, écrivain et docteur en sciences de l'Université de Paris VI, Jean C. Baudet, revisite avec nous "Les + grandes erreurs de la science, conviant Descartes, Newton, Einstein et tant d'autres au tribunal disert et joyeux de ses propres connaissances.

" D'accord, Copernic a révolutionné la vision du monde avec son héliocentrisme. Bien sûr, Newton a tout changé avec l'idée de la gravitation universelle. C'est vrai, Darwin a bouleversé le monde savant - et même le monde inculte- avec sa théorie de l'évolution des espèces et surtout avec l'idée de l'origine animale de l'homme. Mais Einstein est allé au coeur même du savoir humain, refondant entièrement nos idées sur le temps, l'espace, la matière et l'énergie! Il ne fut pas le plus grand physicien du XXe siècle. Il fut le plus grand savant de tous les temps."

Les + grandes erreurs de la science, Jean C. Baudet, essai, Ed. La boîte à Pandore,nov. 2014, 240 pp

 

 Se penchant sur ces femmes qui franchirent le stéréotype macho qui réservait aux hommes les recherches scientifiques, le même Jean C. Baudet, nous propose une galerie de quarante portraits bien trempés et souvent méconnus. Aux côtés d'Emilie, marquise du Châtelet, chère à Voltaire et à quelques autres tempéraments des Lumières, d'Irène Curie,  se succèdent ces noms, aux consonances largement anglo-saxonnes, têtes de chapitres alertes bien ficelés.

Et le philosophe de s'interroger: " N'est-ce pas  justement à cause des progrès mêmes de la science que les femmes ont eu, finalement, accès à la science? "

Il se pourrait.

Les + grandes femmes de la science, Jean C. Baudet, essai, Ed. La boîte à Pandore, nov. 2014, 316 pp

Enfin  Jean C. Baudet dresse, à notre belge fierté, un tableau de l'histoire industrielle du plat pays  et des réalisations de ces ingénieurs dont les patronymes résonnent encore à nos oreilles Ernest Solvay, bien sûr et sa précieuse soude ammoniaquée, Zénobe Gramme et sa dynamo, William et John Cockerill....

Un panorama qui met avant tout  l'accent sur cet ingenium si nécessaire au destin d'un pays

Les + grands ingénieurs belges, Jean C. Baudet, essai, Ed. La boîte à Pandore, sept..2014, 286 pp

 

Si votre intérêt - suspect - vous porte à enquêter sur les assassinats historiques, ceux de Jules César, Guillaume le Taciturne, Henri IV, Gandhi , Raspoutine, Trotsky, John Fitzgerald Kennedy, Martin Luther King, Elisabeth d'Autriche, Indira Gandhi ... vous suivrez allègrement le Docteur Stevens Parissien,  historien britannique, comme son nom l'indique, découvrant les raisons, modus operandi, statuts moraux et impacts politiques de ces mises à mort programmées.

 Les + grands assassinats de l'Histoire - Les morts célèbres qui ont changé le monde, Stevens Parissien, essai, trad., Ed. La boîte à Pandore,  juillet 2014, 320 pp

Et puis, il se pourrait que vous missiez le cap sur un pays qui vous est cher,  dont quelques "grands mystères" ne vont pas manquer de vous surprendre: si vous n'ignorez rien de la naissance d'Audrey Hepburn au 48 de la rue Keyenveld à Bruxelles, ni de sa noble ascendance, du double mariage religieux du roi Léopold avec Blanche Delacroix, baronne de Vaughan , ... vous découvrirez avec curiosité le témoignage de Lucien Durieux, fils aîné de leurs amours, avec émotion, la lettre douloureuse et digne qu'adresse SM la Reine Elisabeth de Belgique à Paul Raynaud, président du Conseil (France) pour restaurer l'honneur bafoué de son fils, SM  le Roi Léopold III

Surprenantes histoires de l'Histoire de Belgique, Cap sur les grands mystères d'un pays que l'on croit connaître, D.- C Luytens, essai, Ed. Jourdan, sept 2014, 246 pp

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16 12 14

Un livre iconoclaste et totalement original…

Nous faisions semblant d'être quelqu'un d'autre.jpgShani Boianjiu est née en 1987 à Jérusalem et elle a grandi en Galilée, dans le village de Kfar Vradim, proche des frontières syrienne et libanaise. Après deux ans dans l’armée israélienne, elle a étudié à Harvard dont elle est sortie diplômée en 2011.

Son premier roman, paru en langue anglaise et dont la traduction française est sortie à Paris sous le titre Nous faisions semblant d’être quelqu’un d’autre chez Robert Laffont, dans la collection « Pavillons » codirigée par Jean-Claude Zylberstein – qui, une fois de plus, aura eu le nez creux –, constitue un véritable coup de poing littéraire et sociologique, propre à remettre quelques pendules à l’heure, s’agissant de la nature même de Tsahal et de ses jeunes recrues, et à stupéfier les amateurs de formes d’expression littéraire novatrices.

En voici le pitch :

« Camarades de classe depuis l’école primaire, Yaël, Avishag et Léa sont de jeunes Israéliennes fantasques qui se réfugient souvent dans leurs mondes imaginaires pour tenter d’oublier qu’elles s’ennuient à mourir dans le village isolé où elles habitent. Une adolescence ordinaire, mais dans un lieu et à une époque qui sont loin de l’être. À la fin de leurs études secondaires, elles sont incorporées dans l’armée et effectuent pendant deux ans leur service militaire.

Sarcastique et autoritaire, Léa se retrouve postée à un checkpoint en Cisjordanie, tandis que la sombre Avishag sert dans une unité de combat chargée de surveiller la frontière égyptienne et que Yaël entraîne les soldats au maniement des armes. Leur insouciance, leur soif de vivre, leurs corps désirants contrastent de façon saisissante avec le monde confiné, monotone, répétitif et brutal de l’armée où elles sont confrontées à toute la violence d’un pays en guerre et en état d’alerte permanent.

Léa, Avishag et Yaël racontent avec désinvolture et détachement les expériences parfois épouvantables qu’elles traversent et se distraient en s’adonnant à des jeux puérils, mais dangereux, ou en créant des mondes oniriques qui virent parfois au cauchemar. Et, lors de leur retour à la vie civile, on comprend l’impact délétère que cette parenthèse a eu sur leur vie d’adulte : dépressives, inadaptées ou sans perspective d’avenir dans leur travail, elles se retrouvent à vendre des sandwichs ou à faire le vigile dans un aéroport, quand elles n’infligent pas des sévices à des hommes qu’elles séquestrent… Portrait implacable d’une génération perturbée par cet univers troublé où la violence et la peur sont omniprésentes, ce roman initiatique met en lumière toute la difficulté d’être jeune et de forger son identité en Israël. »

Nous insisterons pour notre part sur la grande qualité littéraire de l’ouvrage, dont la forme novatrice dans l’expression du détachement et de la déréliction fait montre d’un talent aussi indiscutable que surprenant…

Une auteure à suivre, donc !

Bernard DELCORD

Nous faisions semblant d'être quelqu'un d'autre par Shani Boianjiu, traduit de l’anglais par Annick Le Goyat, Paris, Éditions Robert Laffont, collection « Pavillons » dirigée par Maggie Doyle et Jean-Claude Zylberstein, août 2014, 321 pp. en noir et blanc au format 13,9 x 21,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 21 € (prix France)

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16 12 14

Simenon sans Maigret…

Nouvelles secrètes et policières (1929-1938) par Georges Simenon.jpgGeorges Simenon (1903-1989) est l’écrivain belge et le quatrième auteur francophone le plus traduit dans le monde. Né à Liège, il débuta très jeune dans le journalisme (à La Gazette de Liége, comme on l’orthographiait à l’époque) et, sous divers pseudonymes, il fit ses armes en publiant un nombre incroyable de romans « populaires ».

Dès 1931, il crée sous son nom le personnage du commissaire Maigret, devenu mondialement célèbre, et toujours au premier rang de la mythologie du roman policier.

Simenon rencontre immédiatement le succès, et le cinéma s'intéresse dès le début à son œuvre. Ses romans ont été adaptés à travers le monde en plus de 70 films, pour le cinéma, et plus de 350 films de télévision. Il écrivit sous son propre nom 192 romans, dont 75 Maigret et 117 autres qu'il appelait ses « romans durs », d'innombrables nouvelles, plusieurs œuvres autobiographiques et de nombreux articles et reportages.

Insatiable voyageur, il fut membre de l'Académie royale de Belgique du 10 novembre 1951 au 4 septembre 1989, au siège 26 où lui succéda le grand sinologue belge Simon Leys.

Les Éditions Omnibus à Paris ont publié ces jours-ci, sous la houlette de Jean-Baptiste Baronian [1], ancien éditeur chez Marabout à la grande époque, critique littéraire, écrivain, biographe remarqué (de Baudelaire, Verlaine et Rimbaud, entre autres), président des Amis de Georges Simenon, deux volumes intitulés Nouvelles secrètes et policières (1929-1938) et Nouvelles secrètes et policières (1938-1953) regroupant, classées par ordre d'écriture, l'ensemble des 137 nouvelles sans Maigret – elles ne sont d’ailleurs pas toutes policières –publiées sous son nom par Georges Simenon et qui parurent dans la presse, avant d’être reprises dans des recueils – ou pas.

Chaque nouvelle est accompagnée d'une notice bibliographique et d’un coup de projecteur biographique qui éclaire, année après année, la vie et la production de Simenon, offrant ainsi une perspective intéressante sur les sources de son inspiration.

Insistons sur l’importance de cette publication, dans la mesure où les talents de nouvelliste de Georges Simenon sont aujourd’hui largement méconnus, y compris par bien des spécialistes de son œuvre.

Quant aux dilettantes comme nous, ils se régaleront de la diversité des thèmes abordés dans ces short stories et de la manière passionnante dont ils y sont traités.

Avec un génie certain du récit…

Bernard DELCORD

Nouvelles secrètes et policières (1929-1938) et Nouvelles secrètes et policières (1938-1953) par Georges Simenon, présentation de Jean-Baptiste Baronian, Paris, Éditions Omnibus, août 2014, 1216 pp. et 1312 pp. en noir et blanc au format 13,4 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 29 € chacun (prix France)

Nouvelles secrètes et policières (1938-1953) par Georges Simenon.jpg


[1] Que nous tenons à remercier pour avoir fourni la matière constitutive de la présente recension.

16 12 14

Royales turbulences

"A part l'exception française, la Première Guerre mondiale naît de l'affrontement de souverains et de leurs gouvernements contre d'autres empereurs, d'autres rois et d'autres cabinets qui s'estiment tenus par leurs alliances et leurs intérêts."

Parti du constat que 19 des 22 Etats qui forment l'Europe de l'été 1914 répondent à un régime monarchique, le spécialiste, passionné des grandes dynasties européennes qu'est Jean des Cars entend poser "un regard essentiellement humain [...] sur deux guerres mondiales et un entre-deux-guerres d'abord prometteur, puis brutal et tourmenté dans la montée des totalitarismes"

De l'écroulement des mondes et émergence des blocs nouveaux, constitués par la paix, l'essai nous promène à travers un demi-siècle de grandes turbulences,  d'alliances, tensions  et de rencontres souveraines,  contées avec vigueur, clarté, brio. 

Il ne subsiste désormais que sept monarchies sur les vingt-huit pays qui constituent l'Union européenne; leur pouvoir est affaibli, balisé sous le terme de  "monarchie constitutionnelle".

Parfois, comme c'est le cas en Belgique, la couronne fait l'union entre des factions fondamentalement opposées.

Consacrant de longues  et bienveillantes pages au destin de notre plat pays, Jean des Cars l'honore d'une connaissance remarquable de notre Histoire. Qu'il en soit remercié.

AE

Le sceptre et le sang. Rois et Reines dans la tourmente des deux guerres mondiales, Jean des Cars, essai, Ed. Perrin, nov. 2014, 480 pp

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14 12 14

George Sand & Solange

George Sand - Les carnets d'une insoumise Le prétexte est  fictionnel, séduisant, pré-texte d'un angle d'approche précis de George Sand, celui d'une femme amoureuse, par le prisme de sa fille (mal)aimée, Solange.

Découvrant à la mort de sa mère (8 juin 1876), dans un coffret en bois de santal,   "trois gros cahiers intitulés "Carnets à détruire après ma mort" Solange en entreprend la lecture, commentant au passage les confessions, souvenirs des passions amoureuses, qui les parcourent. Ce faisant, elle ravive la mémoire de sa propre enfance, de la mésentente régnante,  au sein du couple de ses parents et de la préférence maternelle affichée pour Maurice, son frère aîné, le "Parfait".

Autopsie de la relation tumultueuse qui unit George Sand à Alfred de Musset, passionnelle à Louis Michel de Bourges - " Comment ose-t-elle affirmer que ses rendez-vous secrets avec son avocat et amant étaient passés inaperçus à Nohant? ", fervente à Frédéric Chopin, le récit de Solange se base sur des faits avérés.  Il met en lumière la relation de l'écrivain à sa fille et l'origine probable du comportement difficile de cette dernière. Sans occulter l'adoration filiale qui lie Solange à Frédéric Chopin.

"C'est à cette époque que je devins contestataire, méfiante, souvent rebelle. Maman, qui avait obtenu ma garde,  ne le comprit pas. Elle qui analysait finement les personnalités d'individus imaginaires ne saisissait pas ce qui avait suscité mon prétendu caractère de cochon."

Basée sur des faits biographiques, cette  confession fictionnelle a le double mérite de porter le portrait d'une femme amoureuse et celui de sa fille mal(adroitement) aimée sur le devant de la scène. D'affiner la compréhension de leur relation.

"Vive, impulsive, combative, Solange m'adorait et me jugeait. Cette attitude me déroutait et je réagissais mal à ses propos. Issus sans doute de notre ressemblance, nos différends allaient hélas se faire de plus en plus fréquents."

George Sand, Les carnets secrets d'une insoumise, Catherine Hermary-Vieille, fiction historique, Ed. XO, novembre 2014,  284 pp

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14 12 14

Un Bescherelle indispensable…

Bescherelle -L'art de briller en société.jpgEn 1842, avec son frère Henri (1804-1887), Louis-Nicolas Bescherelle, dit « Bescherelle l'aîné » (1802-1883) publia Le Véritable Manuel des conjugaisons ou la science des conjugaisons mise à la portée de tout le monde, devenu l’immense best-seller qui fit la fortune et la pérennité des Éditions Hatier à Paris sous le titre La conjugaison pour tous – et L’art de conjuguer au Canada –, un ouvrage pédagogique que tout le monde francophone ou presque a eu entre les mains et conserve précieusement dans sa bibliothèque.

Le succès engendrant le succès, une collection naquit par la suite, riche de titres variés (La grammaire pour tous, L’orthographe pour tous, Le vocabulaire pour tous, L’anglais pour tous, L’allemand pour tous, L’espagnol pour tous, L’italien pour tous, Le chinois pour tous, Les verbes portugais, Les verbes arabes, La grammaire du latin, Le néerlandais pratique ainsi qu’un dictionnaire des synonymes français pour PC et même une Chronologie de l’histoire de France et une Chronologie de la littérature française…) complétés de cahiers d’exercices en tout genre.

Ce que l’on sait moins – et c’est un euphémisme –, c’est que Louis-Nicolas Bescherelle est aussi l’auteur d’un vade-mecum intitulé L'art de briller en société et de se conduire dans toutes les circonstances de la vie, un « manuel de bienséance axé sur la maîtrise de la conversation » n’ayant guère pris de rides qui vient de reparaître chez Flammarion, excellemment présenté par Pierre Assouline.

Considérant que « la nature, qui nous a faits sociables, a donné à tous les hommes la possibilité d’être agréables en société, si elle n’a pas donné à tous le talent de briller », l’auteur y fait, sous la forme d’un abécédaire qui court d’abandon à yeux, le point sur le contenu et la forme de tous les types de conversation possibles.

Un point qu’il accompagne, selon le cas, de conseils sagaces, de considérations savantes ou de remarques frappées au coin du bon sens (notamment sur les absents, les affaires, les banalités, la beauté, les blasphèmes, les citations, les comparaisons, l’usage des cure-dents, la curiosité, les égards, l’exagération, les expressions basses et indécentes, les inconvenances, les infirmités, la lecture, l’emploi des mains, le maintien, la pédanterie, le persiflage, la politesse, la plaisanterie, le recours aux proverbes, la pruderie, les railleries, le rire, le silence, les subtilités, les sujets frivoles, le tête-à-tête, l’art de porter un toast, la vanité, la volubilité voire la façon de consommer le vin de Champagne…)

Un texte hautement civilisé dont nos contemporains feraient bien de prendre de la graine au vu de la déréliction de leurs mœurs oratoires, que ce soit dans les débats politiques, journalistiques, artistiques ou domestiques – sans parler de la bouillie servie par les radios et les télévisions, dans les émissions de télé-réalité notamment, si prisées par la jeunesse actuelle et où les borborygmes font la loi…

Non, mais allo, quoi…

Bernard DELCORD

L'art de briller en société et de se conduire dans toutes les circonstances de la vie par Louis-Nicolas Bescherelle, présentation de Pierre Assouline, Paris, Éditions Flammarion, collection « GF littérature », novembre 2014, 431 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 8 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Guides | Commentaires (0) |  Facebook | |

11 12 14

S'abandonner à l'écoute

C'était une de nos belles lectures du début de l'année (chronique du 15 mars), elle nous revient par voie d'écoute  et la voix même, grave, modulée, posée de son auteur, l'écrivain-voyageur Sylvain Tesson.

Un recueil de nouvelles aimables, loufoques, pétries  de ruptures, de trahisons, d'exil, de situations vaudevillesques, ...rassemblées sous le thème du "pofigisme" , de la fatalité consentie, coulant d' une écriture maîtrisée.

Focus sur un chapitre intitulé " La lettre", qui recueille tous nos suffrages: 

" Il arriva à  9h58 à la boîte de la rue Paul-Vaillant-Couturier pour la levée du matin. Marieke lui rendit son salut en découvrant une de ces dentures qui confirme que l'industrie pharmaceutique nordique produit des pâtes dentifrices d'une qualité supérieure et la race scandinave des gencives irréprochables, héritage du temps où les peuplades lapones déchiquetaient les tendons d'ours, accroupies sous les tentes d'écorce."

 Facteur de métier et de (grande) conviction, le Réunionnais Maurice refuse de restituer à un jeune homme, la lettre de rupture impétueuse  qu'il a glissée dans la boîte aux lettres de la rue Paul-Vaillant-Couturier....

S'abandonner à vivre, Sylvain Tesson, recueil de nouvelles, Ed. Gallimard, janvier 2014, Ecoutez lire,  CD MP3 , novembre 2014, texte intégral lu par Sylvain Tesson, env. 5 heures

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Audio Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |

09 12 14

Nihil novi sub sole…

La Salle des profs.jpgParue chez Jacques Antoine en 1983 puis traduite et jouée en néerlandais, en italien et en espagnol, la pièce de théâtre de Liliane Wouters (née en 1930, elle est membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique et de l'Académie européenne de poésie) intitulée La Salle des profs reparaît fort opportunément dans la collection nationale belge « Espace Nord » en ces temps de déréliction scolaire, éducative et pédagogique.

On y suit les conversations à la salle des profs de cinq instituteurs et institutrices, jeunes et pleins d’idéal ou en bout de course et désillusionnés, dans lesquelles il est question de la pluie et du beau temps, du goût du café et des vacances, des bulletins et la discipline, du pouvoir organisateur et du directeur d’établissement, des parents et des élèves, de l’action syndicale et des voyages scolaires, des réformes pédagogiques et de l’amour ou du désamour du métier…

Mais que l’on ne s’y trompe pas : derrière le style vif et humoristique de l’auteure, la satire est forte, d’une situation générale dans les écoles qui mènera le plus enthousiaste des protagonistes (un jeune instit débutant) à remettre sa démission et, complètement dégoûté par les conditions de travail qui lui sont faites autant que par l’observation de ce que sont devenus ses collègues au fil des ans, à quitter sans retour la profession pour laquelle il avait pourtant une authentique vocation.

Rien de nouveau sous le soleil, donc. Sauf qu’en trente ans, la situation a encore empiré, la société tout entière ayant continué à se voiler la face et les politiciens ayant insidieusement transformé les parents et les élèves en consommateurs d’écoles…

Un ouvrage à faire lire impérativement dans les écoles normales et les facultés de pédagogie un peu partout en Occident !

Bernard DELCORD

La Salle des profs par Liliane Wouters, préface de Claude Javeau, postface d’Adolphe Nysenholc, Bruxelles, Éditions Espace Nord, novembre 2014, 157 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 7,50 €

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Théâtre | Commentaires (0) |  Facebook | |