28 05 16

Parcours d’une artiste de talent

Corinne.jpgParcours d'Artistes 2016

En mai et juin, les Communes de Forest et de Saint-Gilles s’associent à nouveau pour le « Parcours d'Artistes », avec toujours pour objectif de mettre en valeur la dynamique artistique et culturelle de leurs territoires frontaliers. L'édition 2016 de cette Biennale d’arts pluridisciplinaires rassemble plus de 200 ateliers d'artistes, des expositions, des performances, des installations urbaines, le tout ponctué de moments festifs.

Au-delà de la rencontre avec les artistes sur leurs lieux de travail, de nombreuses interventions artistiques investiront l'espace public. Des expositions collectives seront proposées dans des lieux emblématiques à Saint-Gilles et à Forest.

L'opération « petit format » invitera les artistes qui le souhaitent à s'exprimer individuellement sur un support ou un volume de 30 x 30 cm. Les œuvres seront ensuite exposées au BRASS et à la Maison des Cultures de Saint-Gilles et elles feront l'objet d'une vente aux enchères le 9 juin 2016 au profit des Restos du Cœur.

Un mini-parcours impliquera les écoles, une « nuit des galeries » ancrera ces lieux dans la manifestation, tandis qu’une opération « Coups de Cœur » permettra aux visiteurs de voter pour leurs artistes favoris.

Parmi ce foisonnement créatif, nous avons choisi de mettre le focus sur les productions très originales de la Forestoise Corinne HOEHN.

Voici ce qu’a écrit Paul De Bremaecker à propos de son travail :

« Corinne Hoehn s’est lancée en 2000 dans la création d’œuvres picturales avec une grande spontanéité, un talent évident, une sensibilité très développée et une joie palpable à l’image de son sourire qui ne la quitte jamais.

Elle perfectionne sa technique de l’acrylique et de l’aquarelle dans l’atelier du peintre Harry Birkholz en 2001 et poursuit son parcours d’artiste-peintre en autodidacte passionnée. Ses peintures, elle ne les a exposées qu’à quelques rares occasions individuelles et collectives.

La plupart de ses œuvres sont des acryliques et des aquarelles dont la beauté est directement perceptible. Ce sont des compositions abstraites où les éléments, les formes et les couleurs s’embrassent et s’enlacent avec harmonie, sérénité, légèreté, douceur ou force, souvent avec joie, enthousiasme, ardeur, féerie ou magie.

Un fil conducteur relie très subtilement tous les éléments de chaque tableau du peintre, comme si l’artiste invitait à penser et à rêver qu’un fil, le cours du temps, reliait naturellement toutes les particules, tous les éléments du monde, tous le corps vivants et célestes, les étoiles, les gouttes et les bulles dans l’infini espace-temps.

Le lyrisme de l’artiste se découvre au premier coup d’œil. En regardant un tableau de ce peintre, vous sentez l’être humain délicat, raffiné, sensible et sensuel, qui vous effleure, vous touche, vous émeut, vous invite à sourire à la vie, à voir la beauté en toute chose et vous prend ainsi la main pour un court instant de félicité, de douce plénitude ou d’envol. »

Zénitude du sable (acrylique sur toile).jpg

Zénitude du sable (acrylique sur toile)

Ajoutons que dans ses tableaux les plus récents, l’artiste ressent le besoin de traduire l’énergie qui l’habite et elle jette sur la toile des forces jubilatoires qui, nées d’une musique inspirante, éclatent en toute liberté dans un élan vital, joyeux et coloré. Chacune de ses œuvres invite à lutter contre la sinistrose et fait écho à la phrase d’Éric-Emmanuel Schmitt : « Il faut ouvrir les bras à la joie ».

Dans ses compositions abstraites, les éléments s’embrassent, s’enlacent avec harmonie, sérénité, douceur ou force, joie, enthousiasme, ardeur, féerie ou magie. 

Forces vives (acrylique sur toile).jpg

Forces vives (acrylique sur toile)

Son tableau L'escadrille des songes (format 30 x 30 cm) sera mis aux enchères (à partir de 50 €) au profit des Restos du Cœur de Saint-Gilles le 9 juin 2016 à 19h30. 

L'escadrille des songes.JPG

L'escadrille des songes

L’occasion de joindre l’agréable à l’utile !

Bernard DELCORD

Informations pratiques :

À l'abbaye de Forest, 9 place Saint-Denis à 1190 Bruxelles.

Du 27/05/2016 à 18h00 au 05/06/2016 à 18h00.

Ouvert les mercredis, samedis, dimanches.

Participation libre.

Tél. : 02 370 26 78

http://www.forest.irisnet.be/fr/agenda/parcours-dartistes...

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28 05 16

1 km à pied, ....

images.jpg

Vous connaissez Olivier BLeys, sous son jour (très heureux) de romancier. 

Invité-chronique de nos...chroniques et billets de ferveur, tant nous admirons son oeuvre, l'écrivain est aussi un "marcheur au long cours". Il a ainsi entrepris,  le 4 juillet 2010,un tour de monde, au départ de Pampelonne (FR) , sillonnant résolument à pied les "latitudes tempérées de l'hémisphère nord" , soit un peu plus de 20.000 kms d'un tracé direct, à 45 degrés de laltitude.

Vademecum du marcheur, l'essai décortique les effets, euphorisants, bénéfiques , existentiels de l'expédition, extraits de carnet de route  à l'appui. Il détaille chacune des sept étapes déjà entreprises, de France à Hongrie, offrant au lecteur de cheminer à ses côtés, de savourer le bénéfice d'une belle écriture et de conseils avisés.

Ombre au tableau: la solitude . L'écrivain se promet d'y remédier, qui nous écrit, en guise de conclusion:

"Il m'appartiendra de recruter des compagnes et des compagnons de marche désirant, comme moi, avaler l'horizon qui toujours se dérobe."

C'est le mot d'une fin provisoire puisque Olivier Bleys entend bien poursuivre, dès l'été, ce tour du monde et de l'intime - il est question de connaître ses propres limites - de haute valeur ajoutée.

Une lecture qui sied à la saison.

AE

L'art de la marche, Olivier Bleys, essai, Ed. Albin Michel, mai 2016, 234 pp

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 05 16

Poste restante

téléchargement (5).jpgAu cœur du roman, la lettre d'amour de Billy à Chrissie, lui signifiant qu'il veut l'épouser et reconnaître l'enfant dont elle est enceinte.

La missive est datée du 4 septembre 1939, elle ne parvient jamais à sa destinataire, conforte son sentiment d'abandon,  conditionne son destin.  

Retrouvée quelque trente-cinq ans plus tard, par Tina, une jeune femme battue par Rick, son mari, pervers et alcoolique, la lettre va sceller le destin de cette dernière de façon assez surprenante.

 S'il adopte volontiers l'allure d'un conte, constitué de personnages aux caractères tranchés - et verse par moments dans les romans à l'eau de rose - ce premier roman jouit d'une intrigue bien ficelée -le lecteur a du mal à s'en décrocher -  et présente le portrait  fouillé, intéressant de la dépendance affective d'une épouse battue.  

 Quelques éléments de l'intrigue: l'accouchement de Chrissie dans un couvent  lugubre sis près de Tipperary et l'adoption forcée de son garçonnet par un couple américain,  évoquent singulièrement l'expérience de vie au cœur du récit-enquête Philomena, écrit par le journaliste Martin Sixmith (tard; française, 2014, Presses de la Cité) 

  Publié d'abord en auto-édition, le roman connaît grand succès auprès du public anglais. 

 Il était une lettre,  Kathryn Hugues, roman traduit de l'anglais par  Pascale  Haas, Ed. Calmann-Lévy, février 2016, 368 p 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

20 05 16

Excellent roman : Autoroute du soleil !

_polet.jpgGrégoire Polet (sur fond de la Fantaisie Op.17 de Schumann) nous emmène avec lui sur l'autoroute du soleil. C'est vif, court, poignant, vrai, et fort bien écrit. Le héros veut s'évader, comme tout le monde : « Vivre libre, c'est s'évader, s'évader, s'évader. On n'arrive pas au bout, mais on s'évade. Vivre libre et mourir en chemin dans un tunnel, avec, dit-on, une lumière au bout ? »

C'est aussi rempli de connotations originales, comme cette remarque au sujet de la fille : « Katherine, avec un K, agressif et agaçant, au lieu d'un C plus tranquille. »

Ou comme cette remarque, que nous avons tous faite en passant près de la Bourse : «  Je me souviens des frères ennemis, Falstaff et Cirio, de part et d'autre de la Bourse : l'un, sombre, démissionnaire, rempli de touristes ; et l'autre lumineux, plus inquiétant encore, rempli de vieilles rombières et capitonné comme un cercueil. »

(Même si le terme « vieille rombière » est outrancier ! J'y fus invité un jour par Annie Cordy, entourée de dizaines de fans âgées...

Bien sûr, de l'érotisme, avec l'image des tourterelles renouvelée : « Ton corps nu sur le lit blanc d'un hôtel, et tes seins seront deux tourterelles envolées dans l'oubli, et nous aurons l'amour des anges, la paix des nuages, le bonheur du silence, les douceurs de la neige et le vertige d'avoir tant vécu. »

Un voyage raconté de l'intérieur. Un voyage qui décrit, comme ses larmes : « le cœur pressé comme le raisin des vignobles traversés ».

« Il y a peu d'objets aussi poétiques dans la vie moderne et quotidienne qu’une autoroute » déclare Grégoire Polet, avec raison.

J'adore la séquence de conduite les yeux fermés.

J'adore l'arrivée au Portugal et la couleur verte de la porte...

Un court roman, un voyage magnifique, une vraie lecture d'été !

 

Jacques MERCIER

 

« Autoroute du soleil », Grégoire Polet, roman, édition OnLit 2016. 12,19cm – 48 pages. 6 euros.

 

 

 

 

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14 05 16

Wild Oregon

 " téléchargement.jpg"

 "C'est le problème de l'artiste avec sa création. Obscurs Frankensteins que nous sommes, attachés  de façon névrotique à nos bulles, nos cases, nos créatures. Illégalement squattés par tout ce joyeux petit monde en cavale, échappé malgré nous de nos cerveaux malades, par une porte dérobée. Une porte entrouverte dans le mur de l'asile  qui donnerait sur la cour du fond et, par-delà la palissade, sur le monde réel que je trouve parfois, moi, tellement peu crédible."

C'est bien la création, celle de Merlin Deschamps, scénariste et illustrateur de bande dessinée, qui est au coeur du nouveau roman de Marie-Sabine Roger, écrivain chère à notre blog.

Avec son épouse Prune, Merlin investit une accueillante maison de campagne - le rêve - respire avec bonheur l'impact que cette thébaïde aura sur  son travail, son inspiration. 

Las, le décès de Laurent, son meilleur ami et modèle incarné de Jim Oregon, héros de Wild Oregon, sa série à succès va non seulement priver le narrateur d'une source vivante d'inspiration mais l'obliger, le lier de deux dispositions testamentaires particulièrement contraignantes.....

" Je venais de perdre à la fois mon ami le plus proche, le principal héros de tout mon univers, et mon fan de toujours. Le deuil pèserait lourd.  Et je ne l'acceptais pas."

Avec  l'humour, la verve qui caractérise sa plume, la tendresse - pudique - qui anime son esprit , Marie-Sabine Roger offre une nouvelle fois au lecteur un havre de fantaisie bienfaisante.  

Tout en sondant profondément le processus de l'imagination, de la relation d'un créateur avec ses protagonistes.

Ce n'est pas son moindre intérêt.

Une lecture que je vous recommande

Apolline Elter

Dans les prairies étoilées, Marie-Sabine Roger, roman, Ed. du Rouergue, mai 2016, 304 pp

Billet … étoilé

AE : votre roman, Marie-Sabine Roger, nous fait entrer, dans le processus imaginatif et technique du scénario de BD. On ne peut s’empêcher d’établir un parallèle avec vos propres constructions de romans, l’idée que vos protagonistes décident eux-mêmes des événements… Avez-vous déjà travaillé la bande dessinée ou êtes-vous tentée par cet art ?

Marie-Sabine Roger : 

Non, je n’ai jamais travaillé en BD, mais je ne crois pas que ce soit si différent du travail d’un auteur de roman, si ce n’est qu’il y a une sorte d’implication « physique » en plus, puisque le geste vient appuyer le mot, ou qu’il s’y substitue.

 

Dans mon roman, Merlin est à la fois scénariste et illustrateur, il est à la manoeuvre sur tous les fronts, c’est un artiste complet qui peut jongler entre deux univers, celui du verbe et celui du dessin. C’est un très vieux fantasme pour moi, je l’avoue, comme ça l’est probablement pour beaucoup d’autres « simples » auteurs ou illustrateurs qui n’ont qu’une petite corde solitaire à leur arc. Si j’avais eu le talent pour le faire, j’aurais adoré être auteur de BD, oui, et j’aurais même poussé le vice jusqu’à composer la bande-son ! (Car la bande-son manque parfois cruellement à la BD, comme aux romans, je trouve).

 

Je suppose que beaucoup de créateurs rêvent ainsi d’agrandir leur champ d’expérience, de repousser leurs propres barrières. D’aller brouter ailleurs l’herbe toujours plus verte qui pousse dans les prairies (étoilées) du voisin...

Et puis le dessin, comme la musique, sont magiques pour un auteur.

Pensez : pouvoir tout dire - et plus encore - sans un seul mot !

 

Ceci dit, je ne connais pas grand-chose en BD, je ne suis pas du tout spécialiste du genre, loin de là. J’en ai lu beaucoup lorsque j’étais jeune, (autant dire hier), mais je n’en lis presque plus aujourd’hui. Faute de temps, faute d’avoir évolué avec cette culture foisonnante, dans laquelle je n’ai plus de points de repères.

Mais je ne pense pas que mon manque de références en la matière change quoi que ce soit à l’histoire, puisqu’elle ne parle pas de moi mais de Merlin qui, lui, connaît bien son affaire.

 

D’une façon plus générale, ce qui m’intéressait surtout c’était de parler de la création, ce qui fédère tous les artistes quelle que soit l’expression de leur art.

Tenter de parler de ce profond mystère, de tout ce qui s’élabore doucement en cuisine, de tout ce qui mijote à feu doux sur le fourneau. D’où ça vient, et surtout : comment ? 

C’est une chose que je fais assez souvent - lorsque je suis amenée à rencontrer des lecteurs - et pourtant je me sens toujours aussi démunie, maladroite, misérablement floue, pour expliquer ce qui se passe dans la tête d’un auteur (en tout cas dans la mienne, qui est celle que je connais le mieux), lorsque le roman est en train de se construire.

 

Lorsque j’écris, je vis exactement ce que vit Merlin, cette invasion intempestive des personnages, ce sentiment de ne rien maîtriser, d’être – au mieux – leur complice, quand je ne suis pas seulement le témoin silencieux et surpris de leurs faits et dires.

Et puis, la création se tisse au jour le jour sur la trame de la vie. Elle se nourrit de ce qui nourrit l’artiste, elle fait écho, amplifie, rejoue différemment, ré-interprète.

L’anecdote du facteur régulièrement martyrisé dans la BD de Merlin, parce qu’il laisse des avis de passage sans jamais sonner au portail, montre bien les interactions entre la « vraie » vie et la vie inventée. Ce jeu d’aller-retour perpétuel, cette fusion intime entre fiction et réalité.

Il y a une résonnance particulière du réel pendant tout le processus de création.

Chez certains auteurs, c’est voulu, réfléchi, le réel est convoqué, cité à comparaître, mis en scène.

Chez d’autres, dont Merlin et moi faisons partie, l’irruption est totalement fortuite, ou ressentie comme telle.

 

Je suppose que pour un certain nombre d’illustrateurs BD le processus est le même, que les personnages évoluent, bougent, ont des expressions ou des attitudes qui n’étaient pas forcément prévues par l’artiste, lorsqu’il s’est mis à sa table de travail.

Choisir un illustrateur comme héros ne m’a pas posé de problème, bien au contraire, cela m’a permis de garder la petite distance nécessaire, la touche d’exotisme qui alimente l’inspiration.

Je me serais peut-être sentie moins libre si Merlin avait été un auteur, comme moi ?

Je ne sais pas.

 

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12 05 16

De désirables nouvelles

_sandron nouvelles.jpgEmmanuèle Sandron possède un style personnel et terriblement attachant. Elle a aussi le talent d'écrire des nouvelles originales, ce qui n'est pas si courant ! Peut-être que son activité de traductrice littéraire l'a mise en contact avec des auteurs importants dans ce secteur ? On se nourrit de ses admirations. Dans « Je ne te mangerai pas tout de suite », elle propose sept récits plus insolites les uns que les autres ; et je vous en laisse la surprise.

Le premier texte est intitulé « Je m'interdis » et tout en énumérant ce qu'elle s'interdit (cela commence par la mousse au chocolat!), elle révèle en positif tout ce qu'elle est, dans le réel et dans le fantasme.

Le deuxième texte est le cheminement de la pensée, mais dans quel décor !

Ensuite, l'idée de « tomber » quand le personnage de Sarane s'en va est magnifique. Un grand moment, toujours ponctué par la pensée de celle qui raconte.

L'écriture d'Emmanuèle Sandron nous enveloppe, nous envoûte comme une sorte d'incantation littéraire. C'est idéal pour découvrir les thèmes du recueil : le désir, la transgression, la volupté, l'interdit...

 

Jacques MERCIER

 

Je ne te mangerai pas tout de suite, Nouvelles, Edition Luce Wilquin, 126 pages, 12 euros.

 

 

 

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07 05 16

« Il y a plus de noblesse dans un chou fraîchement cueilli que dans un homard surgelé. » (Guy Savoy)

Les recettes drôles et savoureuses de Papa.jpgBenjamin Buhot, célèbre papa blogueur (TilltheCat), travaille pour plusieurs médias et est régulièrement interviewé sur les sujets liés à la paternité. Il a publié chez Larousse Le journal de moi Papa, paru en avril 2015.

Il revient sur la scène éditoriale dans la même maison avec Les recettes drôles et savoureuses de Papa, une compilation, préfacée par Laurence Boccolini, de 50 préparations culinaires classiques présentées sur un mode quelque peu déjanté : les roulés au chorizo, les gougères, les mini-croissants, les tuiles aux amandes, la pizza “The Cat”, le country burger, les carbonnades de bœuf, les rillettes au thon, le poulet au curry, la terrine de foies de volaille, le croque-monsieur, le gratin de pommes de terre, le clafoutis de courgettes, les beignets de légumes, le cheesecake, le pudding, les financiers, les churros, les meringues, les gaufres…

Sans oublier les pâtes à pain, à tarte, à buns, sablées… et quelques recettes de sauces.

Pour cuisiniers débutants !

Bernard DELCORD

Les recettes drôles et savoureuses de Papa par Benjamin Buhot, préface de Laurence Boccolini, Paris, Éditions Larousse, avril 2016, 144 pp. en quadrichromie au format 16,7 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,95 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil la recette explosive suivante :

La tarte au maroilles qui déglingue les narines

Mes voisins du dessus sont des gens très agréables, qui savent bien vivre, qui aiment les bonnes choses et qui profitent de la vie.

Quand je dis « mes voisins du dessus », il faut comprendre géographiquement parlant. Les gens du Nord, quoi, les Ch'tis. Ceux qui ont dans le cœur le soleil qu'ils n'ont pas dehors, tout ça…

Je disais donc qu'ils savent apprécier les bonnes choses et je dois ajouter qu'ils sont incroyablement courageux aussi. Car, oui, IL EN FAUT DU COURAGE POUR S'ATTAQUER AU MAROILLES et l'utiliser dans des recettes de cuisine. Ce fromage sent plus fort que toutes les odeurs de chaussettes sales réunies, depuis l'invention des chaussettes, dans une seule fragrance. Et, le pire, c'est qu'ils ont eu terriblement raison parce que la tarte au maroilles ne déglingue pas que les narines !

Préparation : 20 minutes

Repos : 1 heure

Cuisson : 20 à 25 minutes

Ingrédients :

200 à 300 g de maroilles

130 g de farine de biloute (ou de blé, si vous n’avez que ça)

4 g de levure de boulanger de type Briochin®

2 cuillers à café de lait eud’ vache

1 œuf eud 'poule

20 g de beurre fondu

1 g rosse pincée de sel eud’ mer

1 petite pincée de sucre eud’… (bon, ok, j’arrête mon imitation d’accent du Nord, c’est ridicule)

15 cl de crème fraîche semi-épaisse

Poivre

Matériel spécial :

I masque de plongée

1 paire de gants en latex

Recette :

Mélanger la farine et la levure dans un saladier, puis faire un puits (pas dans le jardin, hein, dans la farine).

Ajouter le lait et l’œuf, puis commencer à mélanger à la main.

Ajouter le beurre fondu tout en continuant à mélanger.

Pétrir la pâte pendant quelques minutes, puis ajouter le sel et le sucre en chantant « Au Nord, c’était les corons, au Nord, c’était le charbon ». Essuyer une larme.

Abaisser la pâte au rouleau ou à la main et la déposer dans le moule à tarte. (Si vous êtes champion du monde d’apnée, sauter la prochaine étape et prendre une grande inspiration.)

S’équiper du masque de plongée et des gants en latex avant de sortir le maroilles du frigo.

Couper des tranches de maroilles en conservant une partie de la croûte. (Vous vous séparerez du talon en prenant soin de le jeter dans la poubelle du voisin.) Déposer les tranches sur la pâte et ajouter la crème fraîche sur le dessus. Poivrez.

Prévenir le reste de la famille qu’il n’y a pas d’animal mort dans la maison et que l’odeur est normale. Laisser la pâte lever « tranquillou-biloute » pendant au moins une heure à température ambiante (au minimum 20°C).

Laisser cuire au four à 200°C pendant environ 20 minutes. Surveiller la fin de la cuisson.

Conseil du chef :

Si vous avez du papier peint à décoller, profitez-en pour souffler dessus après dégustation.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Cuisine | Commentaires (1) |  Facebook | |

07 05 16

Cher inconnu

41Xy1LifYvL._SX339_BO1,204,203,200_.jpgPromu grand-père par l'adoption d'un garçonnet - sa fille s'est découverte stérile - le narrateur entreprend la rédaction d’une longue, très longue missive - elle couvre l'intégralité du roman - à ce "cher inconnu".

Bilan d'une vie de "brave gars", le récit explore séquentiellement , "par ordre d'apparition dans [sa] vie" les relations de l’épistolier avec tous les êtres qui ont compté pour lui  mère,  père (tôt décédé) soeur complice, grands-mères contrastées,  voisins, amis, profs, collègues, épouse, enfants, .. et événements marquants. 

Quelque peu mécanique, le procédé de galerie de portraits laisse progressivement le champ libre à l'expression d'émotions fortes, profondes, de celles qui vous arracheront des larmes si vous n'y prenez garde. Tels les portraits de MM. Arioso, Macé, de  Madame Marguerite,.... Un chapitre consacré à sa femme, véritable traité d'amour ... sur la durée,  résonne comme une déclaration aussi sobre qu'hautement flatteuse:

"Lorsque j'essaye de disséquer l'amour que j'ai pour ma femme, j'y trouve une connivence patinée par le temps, améliorée au jour le jour. C'est l'un des ciments de notre union. Cette alliance muette n'est pas spectaculaire. Elle se nourrit d'un rien, d'un regard et de petits gestes qui nous montrent combien nous nous comprenons."

Assez rare dans le chef d'un homme, cet épanchement introspectif humble et lucide,  se fait, tour à tour acte de sympathie, de bienveillance, de contrition. 

Une lecture recommandée.

Apolline Elter

Par ordre d'apparition, Thierry Bizot, roman, Ed. du Seuil, 6 mai 2016, 352 pp

Billet de ferveur

AE : La forme épistolaire adoptée pour la rédaction du roman accentue son côté « dépôt de bilan », lui confère une  indéniable allure testamentaire. Est-ce pour cela que vous l’avez choisie ?

Thierry Bizot : La forme d'une longue lettre, que ce vieil homme écrit à son petit fils sans l'avoir encore rencontré lui permet tout d'abord de la légèreté, un récit au fil de la plume, au gré des pensées vagabondes et des souvenirs souriants. Mais une lettre autorise aussi une certaine profondeur, car on n'écrit pas tout à fait comme on bavarde.

Oui, vous l'avez dit, cette lettre peut ressembler à un testament. Et cela m'a fait réfléchir à ce qu'on pouvait laisser comme trace à ses héritiers.

Notre parcours professionnel, qui pourtant nous accapare, nous anime, nous préoccupe, parfois nous glorifie, et pompe beaucoup de notre énergie... nous finissons toujours par l'oublier. Quand je me retourne sur mon passé en entreprise, je peux en dessiner les grands contours, me rappeler quelques dates marquantes... mais plus aucun souvenir émotionnel.

Il y aurait bien la somme de toutes les petites sagesses que nous avons accumulées tout au long de notre vie : en réalité elles ne servent qu'à nous-mêmes et nous serions bien incapables d'épargner à quiconque de faire ses propres erreurs, sa propre expérience...

Que reste-t-il de valable à donner alors ? Que reste-t-il, qui ait laissé une trace vivante, palpitante, dans notre vie ?

Il reste toutes les histoires d'amour et d'amitié, petites ou grandes, toutes ces chaleurs humaines partagées qui nous ont construit, révélé à nous-même et grandi."

 

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04 05 16

Programmation neurologique

 

téléchargement (9).jpg " Quand fond la neige où va le blanc? "

Ains'Incipit le nouveau roman de Pierre Assouline, sorte de thriller sur fond de traque, de jeu d'échecs - l'ombre de Zweig plane - et de programmation neurologique....

Accusé du meurtre de son épouse, Marie, Gustave Meyer fuit tant la police qu'Emma, sa fille, accablée d'inquiétude. 

Grand maître international d'échecs  - " (...) il possédait en mémoire environ cinquante mille positions et schémas de jeu " - Meyer découvre que Klapman, son neurochirurgien et ami, a trafiqué son cerveau, à son insu, lui implantant dans une zone saine une électrode destinée à accroître ses capacités de mémoire et de traitement des informations. Est-il devenu un "Golem" , avatar du héros mythique et de la légende née, au XVIIIe siècle, dans le Ghetto juif de Prague? 

" Alors seulement il prit conscience du monstre que son meilleur ami avait fait de lui."

Ca fait beaucoup pour un seul homme.

Et le romancier d'explorer les affres mentales  d'une errance, d'un conditionnement qui risque bien de faire basculer sa victime dans le pathologique...

Golem, Pierre Assouline, roman, Ed. Gallimard, janvier 2016, 260pp

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03 05 16

Tardive paternité

9782367621050-001-G.jpeg" Il faut vieillir un peu pour connaître la valeur du moment et savoir qu'il ne revient jamais." 

S'il est un leit-motiv, fil conducteur des romans de Gilles Legardinier, c'est celui d'une convivialité existentielle. Avec humour, tendresse pudique, l'écrivain, aime rapprocher les générations. Exit les cloisons, les êtres de bonne volonté sont destinés à vivre ensemble, à partager tranches de vie, de tracas, et plus... si affinités.

Son dernier-né - Quelqu'un pour qui trembler - ne fait pas exception au principe, qui aborde le thème de la tardive paternité. 

Médecin en mission en Inde, Thomas apprend, fortuitement, qu'il a une fille, Emma, âgée de 20 ans. Il rentre en France afin d'endosser, incognito, cette nouvelle donne, fascination, soucis, fierté,  petit copain compris...

" Je n'ai plus peur de la vie. Je me contente de trembler pour ceux que j'aime"

Pour ce faire, il reprend la direction d'une résidence pour seniors, établie dans une ancienne crèche, aux côtés d'une usine désaffectée.  Avec la complicité pétillante, de Pauline, l'infirmière, il apprend à gérer lubies, santé et  joyeuses incongruités des résidents...

Du Gilles Legardinier, pure facture.

Une lecture - audiolivresque, en ce qui me concerne - qui fait du bien

AE

Quelqu'un pour qui trembler, Gilles Legardinier, roman, Ed. Fleuve noir, oct. 2015, Audiolib, février 2016. Texte intégral lu par Fabien Briche, Durée: 11 h 23 min.

 

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