LIVRE de BORD Nicky et Brice Depasse vous invitent chaque jour sur Liberty TV pour suivre l'actualité du livre. Cliquez sur le logo pour regarder quelques numéros.
Le nouveau Stephen KING sortira en mars prochain. Le Dr Corthouts l'a déjà lu.
Bernard PIVOT s'entretient avec Jean-Louis KUFFER.
Special Livre de Bord avec Marc LEVY.
DAN BROWN revient enfin Le symbole perdu son nouveau roman est en librairie. Qu'en penser ?
Classique SOLLERS Le Disours parfait de Philippe SOLLERS est-il une nouvelle bible ? Jean-Louis KUFFER y répond.
J.D. SALINGER Second et dernier départ après 50 ans de silence médiatique et éditorial, 60 ans après "L'attrape-coeurs".
ALEXANDRE JARDIN Entretien à propos de son nouveau poche "Chaque femme est un roman"
LORANT DEUTSCH vous invite à visiter Paris en sa compagnie. Regardez !
JEAN d'ORMESSON s'entretient avec Brice & Nicky dans une spéciale de Livre de Bord.
Ecoutez ROMAIN SARDOU et lisez son adaptation des Lettres à Lucilius de Sénèque.
Philippe GELUCK se lâche pendant 20 minutes sur notre plateau.
Le désespoir noir a aussi un lendemain. Mais c'est plus facile à dire qu'à vivre. Alors qu'il est depuis cinq ans à la tête d'une quarantaine de sociétés et de près de 11.000 salariés, Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions, étonne tout le monde et, personnellement me bluffe avec un texte d'une finesse exceptionnelle. Projection dans l'âme d'un âme d'un homme que l'amour vient brutalement de quitter comme une porte qui claque. L'accent de vérité dans cette rupture amoureuse est brutal de vérité, tranchant avec la forme poétique, osée et réussie du texte. L'interprétation de Pierre Arditi, lecteur de ce récit, est très jouée et prenante, mettant en évidence les nombreux aphorismes définitifs qui le jalonnent. La réussite est belle, étonnante.
PATRICK de CAROLIS - Brice Depasse 1
PATRICK de CAROLIS - Brice Depasse 2
PATRICK de CAROLIS - Brice Depasse 3
Refuge pour temps d'orage, Patrick de Carolis, avec CD audio par Pierre Arditi, Plon, novembre 2009, 96p., 14€90.
Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 10 février 2010 de l'hebdomadaire satirique bruxellois PAN :
Sous-titré « Les joies du camping et du bronzage », un recueil de citations de l’ineffable mini Mussolini (mais maxi maffioso) qui préside aux destinées de la péninsule italienne vient de paraître aux Éditions du Cherche Midi à Paris. Il s’intitule bien évidemment Berlusconneries et vaut son pesant de vin frelaté, de lait trafiqué et de magouilles macaroniques, ces autres spécialités de la Botte. Florilège : « L’histoire dira que George W. Bush a été un très grand président des États-Unis. Il m’a été très facile de partager ses décisions fondées sur l’amour de la liberté, la démocratie et le respect des autres » ; « Je suis du côté de l’Amérique avant même de savoir de quel côté est l’Amérique » ; « Que les Américains viennent investir en Italie : il n’y a plus de communistes mais de belles secrétaires » ; « Je suis plus pâle que Barack Obama, notamment parce que cela fait quelque temps que je ne m’expose plus au soleil » ; « Il faut [dit-il en interrompant le président du Togo qui, à un sommet de la FAO, parle de la faim dans le monde] abréger la durée des interventions parce que, même si ce n’est pas une tragédie, nous aussi nous avons faim » ; « La compétitivité, il faut l’avoir avec les filles » ; « Le point G des femmes, c’est la dernière lettre du mot ‘shopping’ » ; « Il n’y a aucune crise, la crise, c’est seulement une invention de la gauche » ; « Mon cerveau avance à une vitesse supérieure à celle des mots » ; « Je suis un gentilhomme, une personne comme il faut, un signore à la moralité absolue » ; « Je vous présente l’honorable Giuseppe Palumbo de Forza Italia. C’est un homme qui met la main à la pâte : il est gynécologue » ; « Je n’ai jamais adressé une insulte à quiconque ! » ; « Veltroni est un couillon. » ; « Bossi est un judas, un traître, voleur de vote par effraction, receleur, escroc à double, triple, quadruple personnalité. Une crapule. » ; « Ils ont fait un test sur moi, sur mes fonctionnalités cérébrales et physiques et ils ont décidé que je suis un miracle qui marche » ; « Les fondateurs de Rome sont Romulus et Rémulus » ; « Seul Napoléon a fait plus » ; « Je passerai à l’histoire, préparez le monument ! ». Chose bien inutile, on en conviendra : ce monsieur Berlusconi est un monument vivant… PANTHOTAL Berlusconneries, Paris, Éditions du Cherche Midi, 2009, 126 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleur, 5 €
La jeunesse tumultueuse de Georges Brassens racontée pour la première fois dans un livre. On y apprend plusieurs révélations sur l’enfance du chanteur poète. Brassens était un cancre à l’école jusqu’à ce jour du 22 octobre 1936. Georges a alors 15 ans et le déclic, de fait : c’est certain, il sera chanteur ! Certains diront qu’on lui aurait donné le bon dieu sans confession. Pourtant, un jour, Brassens se laisse entrainer. Il va commencer à voler. Georges Brassens poète, chanteur et plutôt beau gosse. Il n’en faut pas plus pour que les filles lui tombe dans les bras. Il en profite mais ça lui cause aussi des ennuis avec les RG – les renseignements généraux. Différentes anecdotes compilées dans cette ouvrage. Nicolas Gaspard
BERNARD LONJON - Nicolas Gaspard 1
BERNARD LONJON - Nicolas Gaspard 2
J’aurais pu virer malhonnête, Bernard Lonjon, éditions du Moment, janvier 2010, 281p., 19€95
Paru aux Éditions Versant Sud à Bruxelles, l'ouvrage de Philippe Marion intitulé Filiation Schuiten analyse la culture familiale du visuel et du dessin transmise par Robert Schuiten (le célèbre architecte bruxellois, décédé en 1997) à ses enfants et petits-enfants, Luc, François, Christine, Marie Van Hasselt et son fils Thierry, Maïté et Alban... Une filiation durablement marquée par le sceau de l'architecture, lequel souligne l'importance du dessin préliminaire aux plans : « Chez les Schuiten, le dessin nourrit l'intention créatrice, le dessein de construire ». Veuf d'un premier mariage – Simone Louwers mourra d'une hémorragie à la naissance de leur sixième enfant – Robert Schuiten épousera Mady De Maeyer dont il aura deux enfants, François et Bernadette. Patriarche d'une famille nombreuse bourgeoise et catholique, despote éclairé, Robert Schuiten établira une véritable sélection affective de la famille par le biais du dessin et des dispositions manifestées. Des séances collectives de dessin sont organisées en famille qu'il considère comme l'activité la plus gratifiante. Abondamment illustré des projets et réalisations du célèbre architecte, l'ouvrage de Philippe Marion s'emploie aussi à démontrer l'inscription de l'art de Luc et de François, BD, affiches et travaux de scénographie, dans cette culture familiale basée sur la passion visuelle. Apolline ELTER Filiation Schuiten par Philippe Marion, Bruxelles, Éditions Versant Sud, 2009, 176 pp. en quadrichromie au format 23 x 30,5 cm sous couverture cartonnée en couleur, 39,50€
Un ouragan se déchaîne sur La Nouvelle-Orléans. Tandis que la villelutte contre les éléments, une bataille plus cruciale se livre encoulisses : l'affrontement final d'une guerre sans merci, dont lesorigines remontent à la Création. Et l'issue de ce combat pourrait biendépendre de l'agent spécial Marie Parks... Et sa capacité à protéger lafragile Holly des forces démoniaques lancées à ses trousses. Mais cestélépathes venus du fonds des âges sont-ils les vrais ennemis lorsque lafrontière entre le Bien et le Mal se fait de plus en plus floue ? Il fallait oser. Se lancer, dès son second roman, dans une aventureépique dont l’inspiration est sans aucun doute à chercher du côté duFléau de Stephen King, on encore de l’Echiquier du Mal, de Dan Simmons. Patrick Graham n’a peur de rien et risque le tout pour le tout dans unroman qui étire sa narration dans toutes les directions. Géographiquement, d’abord, cette Apocalypse s’étend sur l’entièreté du globe… au travers de vignettes que ne renierait pas ce catastrophiste deRoland Emmerich (réalisateur d’Independance Day, Le Jour d’Après ou du tout récent 2012). Temporellement ensuite, avec une histoire quiremonte aux origines de l’homme, dans un décor préhistorique baigné demagie et d’affrontement manichéen. Narrativement enfin, avec de nombreuxfil qui s’entrecroisent, alors que l’aventure prend des allures épiques,spectaculaires et pyrotechniques. Mais… Parce qu’il y a un mais… Maisfinalement, Patrick Graham n’a-t-il pas eu les yeux plus grands que laplume ? A force de tisser son histoire sur un canevas de plus en plusvaste, on sent peu à peu les personnages lui échapper, les situations sesimplifier à outrance… Pour finir par déboucher sur un affrontemententre le bien et le mal qui se résume à une explosion dans une clairièreau bord du Mississipi… Et surtout des personnages aux motivations deplus en plus floues. Simple exemple : pourquoi le directeur du FBI nedit-il pas tout simplement au plus brillant de ses agents, que la petitefille qu’elle protège est le remède que la planète attend ? Ces « trous» étranges dans la narration qui interviennent dans la toute fin duroman laissent entrevoir un manuscrit plus long, que l’éditeur apeut-être eu « peur » de laisser se développer totalement, au risque defriser avec un opus major de près de mille pages. Cela serait unequestion intéressante à poser à Patrick Graham, lors d’un prochainerencontre… Ceci posé, l’exercice du « grand thriller fantastique et apocalyptique »est assez risqué pour saluer cet effort avec tous les honneurs et seréjouir à l’avance de découvrir le prochain Graham, programmé pour marsprochain. Dr Corthouts
L’Apocalypse Selon Marie, Patrick Graham, Pocket, janvier 2010, 693p., 7€70.
Nous nous aimions sans peur et sans reproche, sans éprouver le besoin de nous le dire. On se foutait la paix avec l'amour. Je me demande même si l'on savait que l'on s'aimait. C'est une relation singulière qui unit le narrateur à Ava: une complicité gémellaire, nourrie davantage de lectures et échanges intellectuels que d'une incarnation amoureuse. Une pureté traverse les cent pages de ce court et sublime roman qui l'inscrit dans une vision romantique des sentiments. Un romantisme, revisité façon XXIe siècle, qui se déploie, avec sobriété, dans le tracé d'une écriture particulièrement élégante. Notre séparation de corps fut entérinée, à valeur d'une simple formalité. Nous savions qu'entre nous le désir était mort, et comme il ne s'occupait que du corps, il semblait que nous n'en serions que plus forts, Eve revêtue d'éternité, Ava irradiera durant vingt-cinq ans la vie du narrateur. Ce roman lui rend hommage. Aimants, nous l'étions au sens des lapidaires du Moyen Age: de fer et de diamant Une lecture vivement recommandée. Apolline Elter
Les aimants, Jean-Marc Parisis, roman, Stock, oct.2009, 100 pp, 13,5€
Peut-être ,poursuit-elle, les textes qui vont suivre, nous aideront-ils à comprendre, à déchiffrer le mystère amoureux, et pas seulement le nôtre Peut-être, en mettant par écrit notre histoire, de notre rencontre jusqu'à aujourd'hui, aurons-nous trouvé, tels des alchimistes modernes, ce passage toujours recherché, jamais découvert, qui transforme le plomb en or: l'or de l'amour contre le plomb du quotidien. Voilà le défi philosophal que s'assignent Catherine Laborde et Thomas Stern, couple célibataire -partageant des tranches de vie plutôt qu'un toit - tandis qu'ils rédigent, à deux voix, le récit d'une relation aux allures aussi libres qu'irrémédiablement aimantes. Dans le chef d'un philosophe et d'une présentatrice habituée aux turbulences de la météo, on ne peut qu'attendre une mise en scène secouée: de ce côté, le lecteur ne sera pas déçu, découvrant comme l'amour peut être complexe dans son expression: L'amour est fractal. Pour durer dans les corps et dans les âmes, il a besoin de ruptures. Un couple sans scène, ça n'est pas vraiment un couple, juste un pâle arrangement entre les fantômes. (Thomas Stern) Cynique à ses pages (Lui), tendre à d'autres (Elle), pudique sur certains points, crue sur bien d'autres, sincère sans doute, irrésistible quand le chapitre 57 se fait le théâtre d'une scène conjugale hilarante, indiscrète et complice, cette relation d'amour est pour le moins...déconcertante. J'hésite à l'écrire, mais nous sommes sans doute un couple heureux...Nous vivons un bonheur comme tous les bonheurs, nourri de rêves et de projets avortés qui semblent prouver que la réalité est insatisfaisante. Pas du tout. Les couples heureux ont des histoires et nous ne sommes jamais à court d'invention. De ce côté, on peut compter sur eux. Apolline Elter
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime, Catherine Laborde & Thomas Stern, Flammarion, février 2010, 344 pp, 19 €
L'histoire de Charlie Bucket, vous connaissez. Vous l'avez découverte au cinéma, avec Johnny Depp en intrigant Willy Wronka. Et Augustus Gloop, gros, gras et gourmand, Veruca Salt, capricieuse et gâtée, Violette Beauregard, horripilante masticatrice de chewing-gum, sans oublier Mike Teavee, qui passe son temps devant la ..TV. Ah bon, lui aussi? Grrrrrrr La pureté juvenile de Charlie Bucket vous fait fondre, telle une tablette de chocolat et même craquer lorsque vous constatez que ce qu'il désirait par-dessus tout, c'était du...CHOCOLAT. En allant à l'école, le matin, Charlie pouvait voir les grandes tablettes de chocolat empilées dans les vitrines. Alors, il s'arrêtait, les yeux écarquillés, le nez collé à la vitre, l'eau à la bouche ... Une fois par an seulement, le jour de son anniversaire, Charlie Bucket avait droit à un peu de chocolat. Toute la famille faisait des économies en vue de cette fête exceptionnelle et, le grand jour arrivé, Charlie se voyait offrir une petite tablette de chocolat, pour lui tout seul. Et chaque fois, en ce merveilleux matin d'anniversaire, il plaçait la tablette avec soin dans une petite caisse de bois pour la conserver précieusement comme un lingot d'or massif; puis, pendant quelques jours, il se contentait de la regarder sans même oser y toucher. Enfin, quand il n'en pouvait plus, il retirait un tout petit bout de papier, dans le coin, découvrant un tout petit bout de chocolat, et puis il prenait ce petit bout, juste de quoi grignoter, pour le laisser fondre doucement sur sa langue. Le lendemain, il croquait un autre petit bout, et ainsi de suite, et ainsi de suite. C'est comme ça que Charlie faisait durer plus d'un mois le précieux cadeau d'anniversaire qu'était cette petite tablette de chocolat à deux sous. Apolline ETLER
Charlie et la chocolaterie, Roald Dahl, roman, folio junior, 1997, 214 pp.
Je vous avais promis la chronique de ce petit livre plein de promesses - et qui les tient - je ne faillirai à la mienne. Sitôt votre flamme déclarée à l'élu(e) de votre coeur (cfr chronique du Petit livre à offrir en guise de déclaration d'amour) vous en consacrez l'ardeur à vos ébats vespéraux. Soulignons le professionnalisme des auteurs de ces pages - Raphaële Vidaling est assistée de Laurence Schaack, Thomas Deligny et Nicole Seeman - l'inventivité et le souci...d'exhaustivité. L’aiguillon de l’humour frappe à nouveau, qui évite à l'érotisme de verser dans la pornographie basique. Des postures du Kama Sutra - encore lui - contrepèteries, épigrammes, haïkus et fables revisités aux accords parfaits des fruits et légumes, bontés d'Agnès et usage insolite d'objets ménagers, vous considérerez, c'est sûr, votre quotidien d'un regard neuf et parfaitement ...troublé. Le mot de la fin, nous le laisserons aux auteurs: En pariant sur le fait que l'amour et l'humour peuvent faire bon ménage, même au lit, vous y trouverez donc de quoi nourrir vos cellules grises afin de mettre celles de la chair en condition. Apolline Elter
Le petit livre à offrir à l'amour de ses nuits et à lire ensemble d'une seule main pour les rendre encore plus torrides, Raphaële Vidaling , avec la participation de Laurence Schaack, Thomas Deligny et Nicole Seeman, Tana éditions, janvier 2009, 126 pp, 14,9 €
Parce que tout le monde ne peut pas être poète même si le coeur y est. Assistée de Michel Clavel, Nicole Seeman, Christelle Simonutti et Etienne Lécroart, Raphaële Vidaling dote les déclarations d'amour d'une arme redoutable et fatale: l'humour. Des marguerite génétiquement modifiée, lettres d'amour à customiser, citations et blasons revisités, rébus, patchworks et métagrammes ...à l'interprétation d'un test psychologique, de sagesse séculaire du Kama Sutra ou d'un simple électrocardiogramme, l'ouvrage constitue une mine de déclarations à exp(l)oser à l'être aimé. Si lui offrir ce prodige d'inventivité constitue une déclaration en bonnes et dues formes - de ce côté, il y a le choix - vous éviterez de clamer qu'il a boosté votre imagination : vous aviez, il est vrai, une hésitation pour l'orthographe exacte d'un Je t'aime* en zoulou... Un petit livre à offrir et à... s'offrir. Apolline Elter
Le petit livre à offrir en guise de déclaration d'amour, parce que tout le monde ne peut pas être poète même si le coeur y est, Tana éditions, 2008, 126 pp, 14,9€
Septembre 2002. Sur la première page du très populaire Entertainment Weekly, Stephen King le proclame haut et fort : « J’arrête. Je prends ma retraite ». Et il ajoute, avec son sens de l’humour habituel : « J’aitué assez d’arbres ». En mars 2010, on serait en droit de s’interroger : le sexagénaire de Bangor, Maine, a-t-il tout compris au concept de « retraite » ? En effet, depuis l’annonce très médiatisée de son retrait des affaires, il a poursuivi un programme de publication que lui jalouserait bon nombre d’auteurs ! Preuve supplémentaire avec la sortie de Juste Avant le Crépuscule, un recueil de nouvelles … qui précéde de quelques mois la parution d’un nouveau roman Sous le Dôme, publié en octobre dernier dans la langue de Shakespeare. De son propre aveu, King aime écrire des nouvelles … Parce que cela lui rappelle le temps, très lointain, où ses textes courts, écrits au fil de la plume, étaient pour lui une nécessité vitale. Au premier degré. Soit le moyen d’arrondir ses fins de mois et de faire survivre sa famille. La forme courte, il l’avait d’ailleurs un peu oubliée jusqu’à ce qu’un ami lui propose de mettre en forme une anthologie de nouvelles. Exercice plutôt courant dans le monde de l’édition américaine. Aiguillonné par les textes soumis à sa sagacité, King s’est surpris à coucher de nouveau sur papier des histoires n’explosant pas la barrière du million decaractères. Pour lui, c'est presque une performance. Le résultat de ces travaux « rapides, qui filent comme un météore dans le ciel et s’arrache à mon imaginaire comme le siège éjectable d’un pilote de jet » dixit l’auteur, se décline donc en 13 (évidemment !) nouvelles de qualité où planent l’ombre des morts. La fille au pain d’épices et sa joggeuse obsessionnelle, Laissés pour compte et les fantômes du 11 septembre, ou encore Willa et ses morts amateurs de country musique… King voyage aux frontières du crépuscule et prend toujours un plaisir ludique – partagé perversement par le lecteur – à torturer les « gens comme les autres », leur faisant subir les piresdes avanies mentales et physiques. Dans les grandes lignes, l’auteur continue d’exorciser sa propre peur de l’enfermement, reliquat des quelques semaines qui suivirent son terrible accident de la route. Période durant laquelle il crut ne jamais pouvoir remarcher… Toutes ses influences, aidées d’une complète maîtrise de l’écriture, font de Juste Avant le Crépuscule, un ensemble varié, thématiquement cohérent et riche… Pas mal du tout pour un retraité ! Dr Corthouts
Juste avant le crépuscule, de Stephen King, Albin Michel, à paraître en mars 2010.
Tandis qu'il achève un séjour à Bali (Indonésie), le narrateur fait une rencontre déterminante: celle de Maître Samtyang, vieil homme rompu à la sagesse orientale. Au fil des consultations, celui-ci l'amènera à considérer sa vie d'une façon libre et nouvelle, d'imprimer à la réalité le pouvoir de ses convictions. A observer de près, le récit - agréablement rythmé - est bâti sur le mode d'un conte de fée: il y a du Vladimir Propp dans l'air, avec une quête, les adjuvants et les opposants à sa réalisation et une série d'épreuves que le Maître prescrit à son disciple. Un credo également : Moi qui suis maintenant au seuil de ma vie, je deviens convaincu que l'amour est la solution à la plupart des problèmes que rencontrent les êtres humains dans leur vie. Amour qui est facteur de changement: Si vous braquez les projecteurs sur les qualités d'une personne, même si elles sont infimes, elles se développeront jusqu'a devenir prépondérantes. Un ouvrage qui fait un chemin, heureux, traduit dans une dizaine de langues, nanti d'humour et d'un pouvoir de conviction assez...déterminant. Apolline Elter
L'homme qui voulait être heureux, Laurent Gounelle, Ed. Anne Carrière, 2009,222 pp, 17 €
Changer une lettre, voilà le secret de la littérature. Le titre est ambitieux, le propos ne l'est pas moins: la rencontre de deux génies de la littérature, Marcel Proust et James Joyce, une nuit de mai 1922 et le "coup de foudre" illico suscité. Voilà qui eût pu, à coup sûr, verser l'ouvrage dans le pédantisme le plus absolu. C'était compter sans Patrick Roegiers et sa verve omni-libérée. Si la rencontre "historique" des écrivains a bien eu lieu - le 18 mai 1922 - elle ne débouche sur aucun échange verbal ni courant de sympathie. Qu'à cela ne tienne, l'auteur lui greffe un roman tout simplement ...exubérant. Epicurien des mots, insolent, joyeux, prolixe, sautillant, comique, drôle, saoulant, ...Patrick Roegiers visite La Recherche et Ulysse, opposant aux génies en présence, celui de son imagination la plus débridée. L'épisode de la madeleine sur laquelle à partir de réminiscences fulgurantes, sortes d'anamnésies ou rejaillissements inattendus des sensations qu'il qualifiait de souvenirs involontaires, s'était bâtie son abyssale oeuvre tient du passage d'anthologie. Farfelu au carré, le roman plonge le lecteur dans un surréalisme à la belge, généreux et fécond et un loufoque à la française qui décoifferait les cantatrices les plus chauves. La seconde partie du roman s'embrase sur la mort de Marcel Proust et l'hommage anachronique que lui rendent les grands noms de la littérature universelle. De la haute voltige verbale, farcie de néologismes, truffée d'un sens inné de la formule. Apolline Elter
La nuit du monde, Patrick Roegiers, roman, Seuil, janvier 2010, 172 pp, 18 €
J'ai toujours pensé que les téléspectateurs ne se trompaient pas sur les véritables qualités de coeur de leurs animateurs et que les plus humains d'entre eux faisaient les plus longues carrières. Ce doit être vrai pour les journalistes aussi... Avec, à son actif, quelque six mille présentations de journaux télévisés, Jean-Claude Narcy trace le tableau de 50 ans passés au service de la TV, de la RTF à TF1. Amnésique sélectif, le chevaleresque journaliste privilégie la relation de souvenirs forts et d'amitiés nouées: Philippe Labro, l'ami des années d'Algérie, Roger Gicquel, celui des présentations en tandem, Line Renaud, les innombrables personnalités pour lesquelles Jean-Claude Narcy clame son admiration, Simone Veil, Jean Piat, Pierre Arditi, Bernadette Chirac... Au-delà des portraits bienveillants de la plupart de ses interlocuteurs, le journaliste s'interroge sur la mission de la télévision, celle de l'information et ses dérives potentielles. C'est un message éthique qu'il livre aux générations actuelles et à venir, une passion qu'il entend partager dans ses plus nobles motivations. Apolline Elter
Une vie en direct, Jean-Claude Narcy, Ed. JC Lattès, janvier 2010, 298 pp, 18 €
La vie est une maison qui ne fait pas crédit et où la seule dignité consiste à payer comptant sans essayer de tricher (Clara Malraux) Voici que nous revient Dominique Bona (Le Manuscrit de Port-Ebène, Stefan Zweig, Romain Gary, Berthe Morisot, Camille et Paul Claudel, ...) avec une nouvelle biographie, consacrée à Clara Malraux, épouse d'une figure mythique de notre XXe siècle. Le fil d'une vie qui se lit tel un roman, en toute page, captivant. Née Goldschmidt, au sein d'une famille parisienne, bourgeoise et aisée, Clara ne renouera avec ses racines juives qu'à l'automne de sa vie. Pour l'heure, on est en 1921, elle a 24 ans et rencontre André Malraux dont le côté révolutionnaire - romantique et grisant - lui permet de fuir le conformisme d'une jeunesse dorée. Bohême, généreuse, passionnée, bavarde, ...Clara s'engage, à la suite de Malraux, sur tous les fronts, voyages orientaux, succès et ...fiascos que le jeune dandy échafaude. La légende de ce dernier s'effiloche de quelques sombres trafics dont le vol de vestiges antiques à Angkor... Mais surtout, c'est l'inéluctable érosion du couple que l'ouvrage s'emploie à démontrer. Maintenue dans l'ombre d'un Malraux qui conquiert, dans les années 30, son chemin de gloire, Clara ne pourra s'exprimer qu'une fois la séparation consommée. Elle publiera alors une série de livres à composantes autobiographiques qui résonneront comme des règlements de comptes. Paradoxe d'une personnalité attachante, qui se veut libre et anti-conformiste, mais restera, sa vie durant, inféodée à un André Malraux énigmatique et fier, dont elle conservera le patronyme, au-delà du divorce. Riche d'une bibliographie fouillée et d'une rencontre, en 1978 avec l'intéressée, l'ouvrage de Dominique Bona est tout simplement magistral. Si le portrait de Clara Malraux est empreint de bienveillance et même d'une certaine tendresse, l'auteur ne se départit pas de la rigueur objective et de la subtile analyse psychologique qui font le cachet de ses écrits. Une lecture hautement recommandée. Apolline ELTER
Clara Malraux, de Dominique Bona, Grasset, janvier 2010, 470 pp, 20€90
Bébé vient de naître. Attendris et impressionnés, les parents se posent mille questions. Puis, au fur et à mesure que l'enfant grandit, de nouvelles interrogations surgissent… Faisant suite à J'attends un enfant, l’édition 2010-2011 du vade-mecum de Laurence Pernoud et Agnès Grison intitulé J'élève mon enfant et publié aux Éditions Horay à Paris rassemble autour de ses auteures une équipe pluridisciplinaire (pédiatre, psychologue, diététicienne nutritionniste, avocate spécialisée en droit de la famille, assistante sociale...) qui participe au travail d'actualisation tout en mettant ses compétences au service des lectrices et des lecteurs qui peuvent même les contacter sur Internet à l’adresse lpernoud@horay-editeur.fr. Compagnon des premières années de l'enfance, de la naissance à la fin de l'école maternelle, ce guide pratique mondialement connu aborde tous les sujets de la vie quotidienne : sommeil, alimentation, santé... De plus, un chapitre décrit l'éveil psychologique de l'enfant et parle des difficultés qui peuvent survenir et des solutions à celles-ci. Et c’est bien évidemment parce qu’il les conseille dans un esprit résolument pratique, moderne et concret sur l’art et la manière d’élever harmonieusement leur progéniture que J'élève mon enfant est le livre préféré des parents d'aujourd'hui… Bernard DELCORD
J’élève mon enfant par Laurence Pernoud & Agnès Grison, édition 2010-2011, Paris, Éditions Horay, janvier 2010, 500 pp. en quadrichromie au format 20 x 25,6 cm sous couverture cartonnée en couleur, 29,90 €
L’article ci-dessous a paru dans l’hebdomadaire satirique bruxellois PAN du 3 février 2010 :
Dans Le fond de l’air effraie paru à Bruxelles chez Luc Pire, une compilation de billets radiophoniques lus à l’antenne de la RTBF, de France Inter, de Radio Suisse Romande ou de Radio-Canada et journalistiques publiées dans La Libre, Paris-Match, L’Écho et le Soir Magazine, notre compatriote Bruno Coppens se montre à l’égal de son maître Raymond Devos ! Se penchant sur les innombrables plaies et crises de notre époque, il y trouve l’occasion de développements où l’absurde se vêt d’une logique imparable et de bons mots comme : « Michel Daerden n’a pas l’adsl, il a un débit de paroles typiquement liégeois :’Cool et continu’, comme on dit à Seraing » ; « Pour un Suisse, un arbre, au fond c’est un porte-feuilles » ; « Si la vie attrape le gros coût, normal que vous attrapiez la grosse dette ! » ; « La mondialisation, une maladie très grave car dans ‘mondialisation’, vous avez dialyse, le fait d’injecter de l’argent frais en cas d’insuffisance vénale » ; « Entre ‘culte de l’argent’ et ‘argent occulte’, la frontière est ténue »… Bruno Coppens brille également dans l’art de la fable à la manière Jean de de La Fontaine : « La Cigale et Defourny », « La Belle et la Dette », « Les Rois m’ont dit… », « La Mittal et la Fourmi »… et il s’intéresse avec ironie à « la fuite des cerveaux » en examinant les cas de Christine Ockrent et de Johnny Hallyday. Ajoutez à cela des dessins plus que décapants de Nicolas Vadot et vous aurez toutes les raisons de vous précipiter chez votre libraire… PANTHOTAL
Le fond de l’air effraie par Bruno Coppens, Bruxelles, Éditions Luc Pire, janvier 2010, 128 pp. en quadrichromie au format 17 x 23 cm sous couverture brochée en couleur et à rabats, 16 €
Dans la vie d'une femme et d'un homme, peu d'événements suscitent autant d'émotion, de plaisir, de bouleversement que l'attente d'un enfant, qui suscite de multiples questions et parfois même des inquiétudes. Un an après le décès de son initiatrice, Laurence Pernoud (1918-2009), et la reprise en solo de sa direction scripturale par Agnès Grison (qui dirige une équipe pluridisciplinaire comportant gynécologue obstétricien, échographiste, sage-femme, psychologue, diététicienne nutritionniste, assistante sociale...), l’édition 2010-2011 du célébrissime J'attends un enfant publié à Paris par les Éditions Horay accompagne comme à l’accoutumée les parents du monde entier – l’ouvrage est traduit dans de nombreuses langues et constitue un best-seller international – tout au long de la grossesse et de l'accouchement en répondant à leurs interrogations, en les informant, en les rassurant, en leur donnant confiance. Toutes les situations sont envisagées, toutes les données de la vie quotidienne sont prises en compte, toutes les questions sont abordées, toutes les solutions examinées, toutes les craintes vaincues, tous les bonheurs permis… Et les futures parturientes peuvent même prolonger leur lecture ou partager leur vécu avec les auteurs sur Internet en leur envoyant des mails à l’adresse l.pernoud@horay-editeur.fr. Un must ! Bernard DELCORD J’attends un enfant par Laurence Pernoud & Agnès Grison, édition 2010-2011, Paris, Éditions Horay, janvier 2010, 480 pp. en quadrichromie au format 20 x 25,6 cm sous couverture cartonnée en couleur, 28,90 €
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Prix Goncourt 2009
Marie Ndiaye. Découvrez son portrait et celui de son livre par Jean-Louis Kuffer.
Entretien avec Charles
NAPOLEON, le dernier des BONAPARTE.
David FOENKINOS
Retour au succès librairie avec La délicatesse. Entretien skype.
Regardez Amélie NOTHOMB
sur le plateau de Livre de Bord avec Nicky & Brice.
Fred Beigbeder prix Renaudot 2009
Son dernier livre nous a divisés. Lisez le pour et le contre.
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Des heures de programme à regarder. Entretiens avec Annie Ernaux, Russell Banks, Guillaume Musso, Benjamin Lacombe, ... enregistrés à la FDL de Bruxelles en 2008.
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