30 04 16

Le monde d'hier,... aujourd'hui et demain

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L'essai ne date pas d'aujourd'hui; nous ne pouvons que célébrer de liesse la réédition qu'en opèrent les éditions Gallimard, en leur collection "Folio essais" et ce frileux avril.

D'édition posthume(1942), rédigé au Brésil, peu avant le suicide du célèbre écrivain viennois, Le Monde d'hier  consigne les Souvenirs d'un Européen, d'un être traumatisé par la barbarie de la guerre, la fracture d'un rêve d'Europe unie, qui lui était si cher. A large portée autobiographique, l'essai fait office de longue lettre testamentaire.

Nous en infuserons deux courts extraits représentatifs, aujourd'hui et demain (HIgh Tea de 17 h- blog du Pavillon de la Littérature): 

" Or c'est dans cet air étouffant et malsain, saturé de miasmes parfumés, que nous avons grandi. Cette morale hypocrite du silence et de la dissimulation, dénuée de toute psychologie, est celle qui a pesé tel un cauchemar sur nos jeunes années, et comme les documents authentiques sur la littérature et l'histoire de la civilisation font défaut du fait de cette technique du silence solidaire, il n'est sans doute pas facile de reconstruire ce qu'on a déjà du mal à croire."

Le monde d'hier. Souvenirs d'un Européen, Stefan Zweig, essai, Ed. (posthume 1942) , rééditions Gallimard dont La Pléiade (2013)  et Folio Essais, avril 2016, texte traduit de l'allemand par Dominique Tassel, avril 2016, 592 pp

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28 04 16

Co-living

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Veuve d'Augustin, militaire corse un rien volage, la narratrice, Line - 55 ans - se voit contrainte d'adhérer au co-living, entendez partager  L'Escale, sa chère maison, située près d'Angers, avec trois célibataires.  

 Sa bouillonnante fille Columba ne lui en laisse pas le choix: c'est cela ou vendre l'Escale en ce compris, Paul, l'arbre confident de tous ses émois.....

Elle n’y songe pas

 Reléguée de la sorte dans le "foutoir", ancien bureau de son mari, nanti d'une porte secrète.... "Mamounette " va  affronter le quotidien  de Priscille, adepte de l'othorexie, extrêmiste de la santé et de l'alimentation,  Claudette, éthologue, spécialiste du comportement des poissons et Yuan Po Po Sushima, réflexologie plantaire chinois.

 

" Comme tu as pu le constater, trois êtres à la fois hors du commun et parfaitement sociables, le but du co-living, conclut ma fille. "

 Et le lecteur de constater, descriptions drôles et loufoques à l'appui? que le co-living comporte certains écueils.

Si peu..

 Avec le style vivant qu'on lui connaît, Janine Boissard dresse un portrait alerte et sympathique d'une veuve quinquagénaire loin d'avoir baissé pavillon.

Apolline Elter
Voulez-vous partager ma maison? Janine Boissard, roman, Ed. Flammarion,  mars 2016, 298 pp

 

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27 04 16

Changement d'écriture... Un livre magnifique !

_marie noelle agniau.jpgQuelle écriture ! Cela faisait longtemps que je n'avais été emporté avec une telle force dans un livre. Mortels Habitants de la terre de Marie-Noëlle Agniau est une expérience littéraire que je vous conseille vivement.

C'est un texte, un récit incantatoire, un poème qui parle de la disparition de l'écriture cursive et la mise en écran du monde. De courts textes qui commencent par « Est une infrastructure » et ses variations : « Est une infrastructure humaine » ou « Est une infrastructure construite par l'homme et sa fenêtre », etc.

C'est inexplicable, indicible et justement n'est-ce pas cela le propre d'un poème ? Il faut le lire, le vivre, se laisser emporter par lui, son rythme, ses mots, ses répétitions, ses explosions et ses eaux calmes.

Un exemple : « Est une infrastructure humaine. Les lettres. Nous les avions mangées. Pendant la traversée. On avait faim. Et soif. »

Pour ceux qui croient que l'écriture « à la main », comme on disait « à la plume », résonne comme la fin de quelque chose, un naufrage, l'auteure répond : « La pureté. Au bout des doigts. On est tout propres ? On se détend. Sur une chaise longue. Avant que le navire ne sombre. Ne sombre pas. Passe juste à travers cascade ; de l'autre côté : c'est tout autre. On a modifié le corps. »

Et puis certains mots peu poétiques par nature le deviennent : « Pixellisée » ou « cristaux liquides »

Cela raconte si bien cette mondialisation que nous ressentons aujourd'hui : « Est une infrastructure lovée dans les airs et nulle part tout autour de la Terre. Nous ne vivons pour personne. Seulement pour les yeux de satellites humains.(...) Des paons mythologiques et le bleu des paraboles. »

Lisez cette description inouïe : « Une main tactile comme un écran. Je rends ma main. Je n'en ai plus besoin. Sa lenteur. Sa lenteur de main. Je la rends. Je la donne à la machine. Elle prend ma main. Ma main de petite fille. C'est tout comme. Comme une mère. »

J'adore tout cela et j'ai relu l'ensemble, ce que je fais rarement et à tort. « Est une infrastructure qui mord espace et temps ».

 Marie-Noëlle Agniau enseigne la philosophie. Elle écrit de la poésie et participe à des lectures publiques, à des projets collectifs d'écriture. La poésie, comme chez Nietzsche, est déjà pure philosophie. Merci pour ce bonheur !

 

Jacques MERCIER

 

« Mortels habitants de la Terre », Marie-Noëlle Agniau, Édition L’arbre à paroles, Collection IF, 86 pp. 10 euros. Maisondelapoesie.com Illustration couverture de Benjamin Monti

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26 04 16

Les romans de cuisine

9782714460691.jpgLe célèbre écrivain japonais a permis la réédition de son premier et court roman, Écoute le chant du vent, publié en 1972.  Ses aficionados célébreront les thèmes en germe dans cette primoécriture, tracée dans la cuisine . Assorti de Flipper 1973, qui forme une sorte de suite, d'écho à cette première semaille,  le duo constitue ce que l'auteur nomme lui-même ses "romans de cuisine"

Avec la publication du roman,  La course au mouton sauvage, qui consacre le vrai début de sa carrière, le duo forme "La trilogie du Rat" .

Vous saurez tout.

Intéressante est la démarche de ce premier jet

Ainsi qu'il l'explique dans le prologue,  Haruki Murakami a senti le besoin de passer par la langue anglaise, son économie verbale, pour se forger un style, un rythme, avant de se traduire en japonais. D'aucuns prétendent que l'écriture s'en ressent... Des spécialistes, assurément....

 De facture un peu décousue,  le texte relate une série de propos philosophiques - enfin plus ou moins -  de relations de souvenirs, de conquêtes féminines, ...imbibés de nombreuses consommations de bière, entre deux étudiants, l'un surnommé, "Le Rat", l'autre, le narrateur,  le tout sur une durée de 18 jours de l'été 1970, du 8 au 26 août. 

Un narrateur, passionné de l'œuvre de Derek Hartfield, qui nous offre, avec le texte, une percée sur son proche cheminement d'écriture

" C'est pourquoi nous ne naissons ni ne mourrons. Nous qui sommes le vent. 

 Ecoute le chant du vent, suivi de Flipper 1973,  Haruki Murakami, romans traduits du japonais par Hélène Morita, Ed. Belfond, janvier 2016, 300 pp

AE

 

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25 04 16

« Et si l'Histoire plaisantait ? » (Milan Kundera)

La Petite Histoire – 60 faits insolites de l'histoire de France.jpgD’où vient le mot « chauvinisme » ? Et la tradition du « poisson d’avril » ? Pourquoi dit-on qu’« il y a plus d’un âne à la foire qui s’appelle Martin » ? Au Moyen Âge, quel serment prononçait un chevalier lors de son adoubement ? Qui sont les dix Prix Nobel de la paix français ? Quelle est l'origine des bouchées aphrodisiaques dites « à la reine » ? Et celle du veau Orlov ? À quel prix la France a-t-elle vendu la Louisiane aux États-Unis ? Quels étaient les maréchaux d’empire ? Pourquoi « limoger » quelqu'un est-ce le renvoyer, et quel est le lien avec la capitale du Limousin ? Comment fut choisi le soldat inconnu ? Pourquoi La Vache qui Rit n’est-elle pas seulement une belle aventure industrielle, mais surtout le fruit d’un esprit très français de dérision pendant la Première Guerre mondiale ?

C’est ce que vous saurez, et bien d’autres choses encore, à la lecture de La Petite Histoire – 60 faits insolites de l'histoire de France paru sous la plume de Marie et Hubert Deveaux chez Flammarion au sein de la collection de poche « Librio », des anecdotes savoureuses qu’ils exposent avec précision en deux pages et un encadré.

Une version nouvelle du gai savoir cher à Frédéric Nietzsche !

Bernard DELCORD

La Petite Histoire – 60 faits insolites de l'histoire de France par Marie et Hubert Deveaux, Paris, Éditions Flammarion, collection « Librio », avril 2016, 96 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 3 €

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25 04 16

Le pouvoir des fleurs…

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Frans Ykens (1601-1692)

Couronne de fleurs avec La Sainte Famille (Huile sur toile)

Le MSK Gand achève les préparatifs de l’exposition Flower Power présentée dans le cadre des Floralies de Gand.

FLOWER POWER

Floralies : 22.04 - 01.05.2016

Bonne nouvelle pour les visiteurs qui souhaitent découvrir Flower Power au MSK en toute quiétude : la durée des installations sera prolongée au-delà des Floralies.

Cette année, les Floralies retournent au centre-ville de Gand après une absence de 26 ans. Dans le cadre de l’événement, le Musée des Beaux-Arts présente Flower Power – fusion parfaite entre l’art et le pouvoir et la beauté de la nature.

L’ART ANCIEN ET NOUVEAU

Flower Power réunit des œuvres d’art ancien et des installations contemporaines. Dans la grande salle, le MSK présente des peintures de fleurs datant du XVIIe au XXe siècle auxquelles font écho les créations florales de Frederiek Van Pamel disposées sur une table d’apparat.

Quatre artistes contemporains proposent des créations s’inspirant de la nature.

 atherine de Zegher, directrice du MSK, a invité quatre artistes contemporains à présenter leurs installations s’articulant autour de plantes et de fleurs qui explorent l’interaction entre l’art et la nature.

Gerda Steiner et Jörg Lenzlinger proposent une magnifique installation organique qui invite les visiteurs à se laisser aller à la rêverie dans un univers imaginaire. Simryn Gill décrit comment la plante se fait papier et, inversement, comment le papier se fait matière organique. Gert Robijns crée un tourbillon magique de pétales au sein de la grandeur historique de la collection du musée.

 

Gerda Steiner et Jörg Lenzlinger

MÉTAFLORISTIQUE

RÊVER DANS UN PAYSAGE IMAGINAIRE

22.04 - 22.10.2017

Les artistes suisses Gerda Steiner (née en 1964) et Jörg Lenzlinger (né en 1967) sont connus pour leurs installations hors du commun où s’enchevêtrent plantes, branches et objets. Ils créent des paysages fantastiques dans lesquels une multitude d’éléments apparaissent comme autant de produits d’une croissance spontanée. Leur paysage imaginaire occupera l’hémicycle du MSK.

Steiner et Lenzlinger brouillent les frontières entre le rêve et la réalité. Ils imaginent un processus évolutif au sein duquel tous les aspects de la réalité se sont spontanément enchevêtrés, affranchis de toutes contradictions apparentes. Un enchevêtrement de fils métalliques et de branches se fond dans une structure cristalline, tandis que d’étranges champignons émergent de flaques d’engrais liquides. En permettant aux visiteurs de déambuler dans l’installation, les artistes les encouragent à renoncer à la réalité et, tout simplement, à s’abandonner à leurs rêves. Ils invitent quiconque entre dans ce paysage à entreprendre un voyage lyrique.

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© Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger

 

Simryn Gill

L’(HÉMI)CYCLE DE FEUILLES ET PAPIER

LE PAPIER ET L’ÉPHÉMÈRE

22.04 - 04.09.2016

En 2014, Simryn Gill (Malaisie/Australie, née en 1959) a fait don au MSK de son monumental dessin Let Go, Lets Go. Les douze panneaux, qui faisaient partie de son installation dans le pavillon de l’Australie lors de la 55e Biennale de Venise, sont présentés au public belge pour la première fois.

Plusieurs œuvres de Gill rendent compte de la suppression ou de la transformation de l’écrit en tant que critique poétique des textes qui font autorité. Ainsi, dans Pearls (en cours depuis 2000), Gill transforme des pages de ses livres préférés en perles de pâte à papier. Elle commence généralement sur une petite échelle, utilisant des objets de tous les jours. Elle réunit ses minuscules interventions dans un ensemble encyclopédique, la répétition et l’amplification prêtant au message sa pleine résonance.

UN CYCLE ORGANIQUE

Let Go, Lets Go s’inscrit dans le cadre cette démarche. L’œuvre se présente comme un collage organique de minuscules bouts de papier imprimé représentant une nuée de petits insectes. L’artiste met ici l’accent sur la nature organique et éphémère du papier.

L’œuvre est née d’une matière végétale et finira par retourner à l’état végétal dans un cycle organique qui joue un rôle essentiel dans l’imaginaire non linéaire de Simryn Gill.

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 © Simryn Gill

 

L’ART DU XVIIe AU XXe SIÈCLE PREND VIE

De nombreuses peintures dans la collection représentent des assemblages de fleurs qui en réalité fleurissaient à des saisons différentes ou venaient d’autres continents. Du XVIIe au XXe siècle, les artistes ont donc peint, sur panneau ou sur toile, des bouquets idéalisés en s’inspirant de traités de botanique.

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Gustave Van de Woestyne (1881-1947)

Balcon aux cinéraires, 1929 (Huile sur toile)

 

Les bouquets qui jadis étaient le fruit de l’imaginaire de l’artiste sont aujourd’hui monnaie courante grâce aux serres et au transport international.

Les bouquets imaginaires d’antan sont une source d’inspiration pour le décorateur floral Frederiek Van Pamel. Dans la grande salle du musée, il dresse une table d’apparat chargée de fleurs et de plantes qui amorcent un dialogue avec les peintures de fleurs.

Gerrie SOETAERT

 

Renseignements pratiques :

Pour la durée des Floralies, exceptionnellement, le MSK est ouvert de 8h30 à 17h30 (dernière entrée : 30 minutes avant la fermeture). Les heures d’ouverture du musée restent inchangées pour les autres visiteurs.

Pour des raisons de sécurité et de confort, nous recommandons aux visiteurs d’éviter de porter des sacs volumineux.

Renseignements et billets : http://www.floralien.be/fr

Écrit par Brice dans Arts, Bernard Delcord, Expositions | Commentaires (0) |  Facebook | |

23 04 16

Royale introspection

charmer_s_egarer_et_mourir_01 (1).jpg" Marie-Antoinette, où es-tu?  Derrière les rideaux de son théâtre, elle semble attendre le rôle tragique, le seul qu'elle saura interpréter, qui donnera la mesure, non pas de l'actrice, mais de la vaillante héroïne que la Révolution française va débusquer."

 Tout est dit.

Une rencontre fortuite avec la célèbre reine de France, puis des Français, par la lecture de la  (merveilleuse) biographie que Zweig lui consacre fait entrer Marie-Antoinette dans la vie de la romancière, Christine Orban. 

L'intrusion n'est pas anodine qui risque  la confusion entre deux intimités, malgré les siècles qui séparent les deux femmes. 

 Mais il faut rendre justice à l'Autrichienne, cette femme-enfant, prisonnière de la cour de Versailles, d'une étiquette contraignante, humiliante, écrasante.  Une femme enviée, calomniée...   qui n'eut ni le feeling ni l'adresse de se rendre justice quand il était encore temps. Une femme éprise de liberté, notion bien incompatible avec celui de sa royale fonction.

 

Sondant de l'intérieur les éléments, événements que devra affronter la jeune archiduchesse, débarquée à 14 ans et demi de son Autriche natale pour épouser le Dauphin, futur Louis XVI, l'Inquisition matriarcale opérée par sa célèbre mère, l'impératrice Marie-Thérèse,  la très tardive consommation du mariage - après sept ans d'union - , l'exutoire, havre de liberté que constitua l'usage du Trianon et l'abolition, en ses murs,  de l'étiquette ... Christine Orban nous offre un portrait magistral d'une victime d'un système, certes enfantine et frivole - qui ne se réveillera, ne se révèlera à elle-même que dans l'adversité, la solitude de  la Conciergerie, puis de la prison du Temple. 

  " A quoi pensait-elle, seule dans sa chambre de la Conciergerie, le fil de laine enroulé autour de l'index, à planter ses aiguilles dans d'interminables écharpes ? Que la Révolution l'a sauvée d'elle-même pour la tuer en pleine conscience? "

 Mais encore:

"Déjà dans le premier isolement de sa vie, aux Tuileries, seule ou presque, elle commence à comprendre enfin. Rien ne lui aura été plus fatal que les facilités dont le destin l'a comblée, l'encourageant à la paresse dès la naissance "

 Et enfin :

" Marie-Antoinette a fui dans le batifolage et se retrouve dans la solitude. "

 Le travail d'investigation accompli par la romancière est colossal. Magistral. Il s'inscrit dans la digne lignée de celui accompli par Stefan Zweig,  ajoutant à l'introspection, à l'empathie cette fusion, cette révélation (habitation ?)  d'intimité que seule, je crois, une femme peut accomplir

Une lecture que je vous recommande haut et fort

Apolline Elter

Charmer, s'égarer et mourir, Christine Orban, roman, Ed. Albin Michel, avril 2016, 300 pp

 

Billet de ferveur :

  AE: Christine Orban, au-delà du portrait de Marie-Antoinette, c'est la dignité du couple royal que vous réhabilitez. Louis XVI avait la réputation d'un roi apathique, assez inconsistant...  Vous insistez sur sa tolérance, l'estime, l'affection qu'il porte à son épouse et le courage royal dont il fait montre au moment de monter sur l'échafaud.

 Christine Orban: Marie-Antoinette comme Louis XVI, n’ont pas su vivre, mais, ils sauront mourir. Ils n’ont pas compris leur temps. Ils n’ont pas su s’adapter… Si Louis XVI avait voulu rester au pouvoir il aurait d’emblée accepté la monarchie Constitutionnelle. Ils accèdent au trône à vingt ans,  aussitôt agenouillés ils demandent à dieu de les protéger «  nous sommes trop jeunes pour régner… » Louis XVI est un brave homme. Ils ne sauront pas vivre mais sauront mourir, avec une grande dignité. Ce mariage forcé, finira en mariage d’amour et d’estime. C’est à son mari que M.A pense, quand Fouquier-Tinville l’accuse d’avoir eu des relations sexuelles avec son fils de sept ans, elle « en appelle à toutes les mères… » . Louis avait demandé si il n’y avait pas de pères dans cette assemblée du tiers ? » alors que le dauphin venait de mourir et que le temps du deuil leur était refusé. 

Leurs testaments font preuve de leur grandeur d’âme. Je vous livre un extrait de celui de Louis XVI, pour qui aurait encore des doutes sur la relation qui la liait à Fersen… « Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher. »

  

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

21 04 16

Montmartre est triste sans toi

_marianne levaux.jpgMarianne Levaux nous plonge corps et âme dans une histoire d'aujourd'hui, qui pourtant a des résonances de toujours. Excellent roman que "Montmartre est triste ce soir" !

La disposition des phrases est particulière – comme une respiration, un halètement - et nous aide à mieux suivre le cours du récit et des réflexions.

Elle a du style et s'y entend pour décrire : « On discernait l'haleine mouillée d'un jardin en contrebas » ou ce trait : « Nathan disait toujours en riant que le pire n'est jamais décevant ».

Les phrases mises en exergue devant chaque chapitre jettent à chaque fois une lumière, une teinte, une intensité différentes sur le décor où l'on va pénétrer. Comme cette citation « Notre défiance justifie la tromperie d'autrui » de La Rochefoucauld.

Laissez-vous prendre par la main, découvrez Eve, peintre, Fernand, le fils du concierge, Juan, le voisin entreprenant, Andréï, le voyeur, Bianca, la galeriste... Des personnages qu'on semble déjà connaître après quelques jours – car l'histoire se déroule entre mars et septembre – et qui vont nous entraîner dans le mystère et la création de Marianne.

Enfin, un dernier mot : j'adore le titre ! « Montmartre est triste sans toi » est une trouvaille. Le roman en recèle bien d'autres.

Jacques MERCIER

"Montmartre est triste sans toi", roman, Marianne Levaux, Edilivre, 240 pp. 19 euros.

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21 04 16

Voyage en âme nippone

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Quelle belle image que celle de l'éventail - surtout ne pensez pas que je suis de parti-pris -  pour déployer les richesses de la littérature japonaise à travers le temps, les siècles, genres, ..  ambivalences,  mystères, correspondances entre les auteurs. 

Le parcours est d'autant plus neuf  qu'à part Kawabata (Prix Nobel de littérature 1968), nous devons avouer rien n'y connaître en matière de classiques japonais. Mythologies, Théâtre Nô, analyses et anecdotes ponctuent ce riche voyage en âme nippone. 

Une enquête richement étayée de lectures  - Diane de Margerie maîtrise le sujet - guidée par le mantra "qu'il y a toujours un sens caché derrière les apparences."

Mon éventail japonais, Diane de Margerie, essai, Ed. Philippe Rey, mars 2016, 208 pp

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20 04 16

Vins de garde

 

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Je ne vous apprends rien: la course à la nouveauté éditoriale est édifiante.

Essoufflante

J'en suis la preuve vivante.

Alors oui, mille fois oui, il est bon de se pencher sur les "classiques", sur ces ouvrages  - et leurs auteurs- qui ont franchi le cap de la mode, des années , tels de bons vins de garde.

Collectif de critiques signées de nos confrères de La Libre Belgique, Eric de Bellefroid, Guy Duplat, Jacques Franck, Francis Matthys et Monique Verdussen, sous l'orchestration de Geneviève Simon, l'ouvrage vous propose un voyage à la rencontre de Louis Aragon, Honoré de Balzac, Fédor Dostoïevski,  Alexandre Dumas,  Marguerite Duras,  Nathaniel  Hawthorne, Molière, Oscar Wilde, ... et de textes majeurs de leurs plumes, à picorer au gré de vos envies, dissertations et centres d'intérêt.

Ainsi la correspondance des frères Van Gogh, Théo et Vincent - quelque 660 lettres d'un échange long de dix-huit ans - retient-elle toute notre attention

L'article est signé Geneviève Simon

Gageons que nous y reviendrons.

Apolline Elter

Lire et relire les classiques, collectif sous la direction de Geneviève Simon, Ed. Avant-Propos, février 2016, , 224 pp

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Littérature générale | Commentaires (0) |  Facebook | |