24 09 17

Jacques a dit ... les secrets de vos rêves

Tobie Nathan, revesDans ce Mémo, Jacques Mercier vous explique les secrets de vos rêves, en décortiquant ce livre passionnant de Tobie Nathan. Enfin, Monsieur Dictionnaire préfère utiliser le terme picorer que décortiquer, ce verbe sied mieux à cet exercice radiophonique auquel il s'adonne chaque semaine avec Nicky Depasse dans Café de Flore sur Radio Judaïca.


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23 09 17

Dans la bibliothèque d'Eric-Emmanuel Schmitt ...

eric emmanel, schmitt, vengeance du pardon, albin michelVous ne trouverez pas son dernier livre, La vengeance du pardon, ni aucun autre d’ailleurs. Ils sont tous rangés dans son bureau, à Uccle, dans toutes leurs traductions. Pourquoi ? Parce que je ne peux pas vivre avec mes livres. Je fais les miens, je suis heureux qu’on les lise mais je vis avec les livres des autres.

Ecoutez notre entretien dans son intégralité (diffusé dans Café de Flore sur Judaïca et publié en images dans le numéro de novembre du Elle Belgique) :


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La vengeance du pardon, Eric Emmanuel Schmitt, Albin Michel, août 2017, 336 pages, 21€50 env.

Eric Emmanuel Schmitt, Nicky Depasse, comme au cinéma, Populaire

Photo et Artwork, tirée de ma série "Comme au cinéma" : Nicolas Draps

 

 

23 09 17

La vie en blanc

Sophie Fontanel, L'apparition, Robert LaffontSe teindre les cheveux pour tuer le gris, c’est out depuis que certaines influenceuses ont décidé de laisser les produits dans les rayons et mieux encore, d’afficher leur bonheur.

Sophie Fontanel, journaliste et auteure française, est devenue la figure de proue de cette nouvelle génération branchée gris et sel. Son nouveau roman, Une apparition, est un manifeste à la liberté de se montrer belle, telle quelle, à quarante, cinquante ans et plus.

Nicky Depasse

Ecoutez le podcast de notre interview qui a été diffusée sur Judaïca.


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L'autre partie de cet entretien est publiée dans le Elle du mois d'octobre sous le titre, L'Instagram way of life de Sophie Fontanel.

Une apparition, Sophie Fontanel, Robert Laffont, août 2017, 252 pages, env. 19 euros

Sophie Fontanel, Nicky Depasse, Nicolas Draps, Une apparitionPhoto : Nicolas Draps

 

 

23 09 17

Opé-rats

"Ainsi Degas franchit-il, avec cette sculpture, une double frontière symbolique: celle de la bienséance et celle des règles académiques de l'art. Il accomplit une révolution à la fois morale et esthétique, il brise les tabous."

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Bronze posthume d'Edgar Degas (1834-1917) - entendez par là que la statuette végétait à l'état de cire en son atelier,  que c'est Albert Bartholomé, son fidèle sculpteur qui en tira les bronzes -  La petite danseuse de quatorze ans a d'emblée diffusé un parfum de scandale et fait couler des rivières d'encre.

Sa première exposition date d'avril 1881, au Salon des Indépendants.  Le visage disgracieux de la fillette  - une certaine Marie Geneviève Van Goethem - le port d'un tutu de gaze et de tulle et d'une chevelure - de poupée - spécialement commandée pour l'occasion, la nudité crue habillée,  l'aura de misère qui se dégage de l'oeuvre... offusquent la bienséance .. tant que l'hypocrisie ambiantes.

Car sous le mythe du " gracieux petit rat de l'opéra " se révèle une réalité glauque de libertinage, pédophilie,  imposés à des enfants issus de milieux misérables.

Petite Danseuse.JPG

 

Fascinée par le bronze dont on peut admirer un exemplaire au musée d'Orsay, la romancière Camille Laurens a mené un travail d'investigation de longue haleine - deux années - et de grand intérêt, pour comprendre les motivations de l'artiste : Edgar Degas voulait-il provoquer le public, le sensibiliser à une réalité choquante, dénaturant de la sorte sciemment le vrai visage de son modèle? 

Cette enquête au coeur de la création permet de mieux cerner la place de Degas au sein du mouvement impressionniste. En imposant ainsi une réalité crue et sans filtre, le sculpteur offre à sa réalisation une place à part , qui tient davantage de l'oeuvre naturaliste.

Elle permet au lecteur d'approcher une réalité sociale perverse - la statut de petit rat -  et l'épreuve que constituent les séances de pose, sous le regard clinique quand il n'est cruel de l'artiste un peu ermite, grandement énigmatique qu'est Degas.

 Une approche ..fascinante

Apolline Elter

La petite danseuse de quatorze ans, Camille Laurens, essai, Ed. Stock, août 2017, 176 pp

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

21 09 17

Petit Tom de ma vie

couv jacobs.jpgVoilà un livre extraordinaire et touchant. Il est conçu sous la forme d'un journal, de lettres écrites en temps réel par une maman à son petit garçon Tom. L'idée forte de l'auteure, Céline Jacobs, est de transmettre à son enfant sa mémoire, celle à laquelle il n'a pas accès, soit depuis le moment de la grossesse jusqu'à ses 4 ans. Nous avons tous rêvé de lire un tel document qu'on retrouverait dans les archives maternelles. Mais « Petit Tom de ma vie » est bien plus qu'un compte-rendu. L'auteure y livre une analyse psychologique et des pensées philosophiques pertinentes : sur la vie de couple, sur sa propre vie, sur la maladie, l'école et bien sûr sur le bouleversement d'une naissance. Plus tard, Tom pourra répondre à la question « Qui suis-je ? » puisque l'essentiel de notre existence est influencée par ces années-là !

Voici quelques exemples, presque pris au hasard, mais qui vous donneront le ton général du livre, d'une fort belle écriture au demeurant.

« Mardi 13 décembre 2011, 12h30

La nouvelle année arrive à grands pas. Et toi aussi. ! Voilà que je commence à te sentir bouger... C'est stupéfiant. Je ressens des sortes de « bulles » dans mon ventre quand tu remues, c'est plutôt agréable »

« En fait, tu as deux parents plutôt marginaux. Si tu devais ne retenir qu'une chose, sache que nous sommes deux jeunes adultes qui ont eu une enfance difficile pour différentes raisons. Cela nous a beaucoup fait souffrir. Mais aujourd'hui, on essaye de comprendre ce qui s'est passé pour apprendre qui on est et tâcher de retrouver un équilibre. »

Tom passe par de multiples désagréments, maladies, etc. Cela s'ajoute aux soucis des deux parents.

« Mercredi 26 mars 2014, 1h30

Mon petit bout, Tom, On va être obligé de t'opérer, après ton deuxième anniversaire. Sinon, ça deviendra encore plus grave. Plus on attend, plus ce sera difficile. Je suis désolée que tu doives traverser cette expérience. Ton papa et moi, nous sommes très attristés mais forcés d'agir « dès que possible ».

« Ton papa et moi, on prend du recul. Comme il le dit lui-même, de toute manière, il n'y a pas d'espace ici pour vivre bien à trois. C'est une maison pour toi et moi. Mais il est toujours là. Il m'aide à faire la vaisselle et les courses, très gentiment. On s'aime beaucoup. C'est sûr. Mais on se sent mieux ainsi. »

« Pour l'instant, tu apprends que c'est pas facile de s'exprimer et d'être contrarié mais je souhaite que tu intègres le plus tôt possible que c'est dans ton intérêt de comprendre la réalité. Ta réalité surtout, savoir qui tu es (c'est aussi pour cela que je t'écris ce livre) pour te connaître et ne pas te laisser piéger par des personnes qui pourraient abuser de ta crédulité ou de ta naïveté. Il est capital que tu aies confiance en toi pour cela. »

Et bien sûr, la vie extérieure, hors l'école et la maison, fait aussi irruption avec sa réalité.

« Mardi 22 mars 2016, 20h02

Catastrophe à Bruxelles ! Attentat-suicide à Zaventem et explosion dans le Métro à Maelbeek, au cœur de l'Europe... Est-ce qu'il va y en avoir d'autres ? »

Réellement il s'agit d'un livre touchant et qui fait réfléchir, qui rappelle nos propres souvenirs, nos existences d'enfant ou de parent. Céline Jacobs, qui a étudié le journalisme, écrit avec justesse. Elle-même a vécu la maladie, la souffrance, l'hospitalisation, elle connaît de l'intérieur ce monde qu'elle décrit.

 

Jacques MERCIER

 

Petit Tom de ma vie, Céline Jacobs, récit, Netbook 2017, 14,8cm/21 cm, 204 pp. 17 euros. www.editions-netbook.com

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Jacques Mercier, Livre de Bord, Récits, Société | Commentaires (0) |  Facebook | |

21 09 17

Une union durable

 

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" Le mariage de plaisir" est terme consacré. Il marque la possibilité pour un musulman éloigné de son domicile de contracter une union éphémère, évitant de la sorte un recours à la prostitution.

Ainsi Amir,homme bon,  honorable commerçant fassi, contracte-t-il avec Nabou, une Peule sénégalaise, un mariage de plaisir. Fait non prévu, il en tombe amoureux et décide de l'emmener dans sa famille, à la grande ire de son épouse.

Nabou donne naissance à des jumeaux, un blanc, un noir - sans déroger aux lois de Mendel - qui vont stigmatiser, par leur différence - l'injustice du regard porté sur les noirs,  le racisme ambiant. Mais ce n'est pas la seule différence que ce conte beau et poignant met en exergue.  Le personnage central et lumineux de Karim, enfant du premier lit, atteint d'un léger handicap mental, partage avec Nabou , humanité et bienveillance qui fondent la vraie intelligence humaine.

Une audition recommandée.

A. Elter

Le mariage de plaisir, Tahar Ben Jelloun, roman, Ed Gallimard 2016 - Ecoutez lire, juin 2017, texte intégral lu par Hervé Pierre, durée d'écoute +/- 7 h

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Audio Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |

20 09 17

« On admire toujours ce qu'on ne peut pas vraiment comprendre. » (Eleanor Roosevelt)

Ils admiraient Hitler.jpgAprès Léon Degrelle 1906-1994, Hitler et la franc-maçonnerie et La religion d’Hitler, trois textes très documentés et de haute volée parus aux Éditions Racine à Bruxelles, le philosophe et historien belge Arnaud de la Croix publie aujourd’hui, toujours dans la même maison, un nouvel essai intitulé Ils admiraient Hitler – Portraits de 12 disciples du dictateur dans lequel il se penche avec sagacité sur le cas de personnages très divers unis par l’adulation du monstre nazi.
 
Il s’agit du roi Édouard VIII d’Angleterre (1894-1972), de la cinéaste allemande Leni Riefenstahl (1902-2003), du philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976), de l’industriel américain Henry Ford (1863-1947), de l’aviateur américain Charles Lindbergh (1902-1974), de l’écrivain et publiciste français Robert Brasillach (1909-1945), du grand mufti de Jérusalem Mohammed Amin al-Husseini (1895-1974), de l’instituteur et dictateur fasciste italien Benito Mussolini (1883-1945), du politicien belge Léon Degrelle (1906-1994), de l’écrivain norvégien Knut Hamsun (1859-1952, lauréat du prix Nobel de littérature en 1920), de l’évêque catholique autrichien Alois Hudal (1885-1963) et de l’écrivain américain Howard Phillips Lovecraft (1890-1937) qui, pour des raisons diverses clairement et sobrement expliquées par l’auteur, ont versé dans l’adulation du maître du IIIe Reich et de son « œuvre ».
 
Un condensé de racisme, de nationalisme, d’antisémitisme, de totalitarisme et d’antiparlementarisme, mais aussi d’égotisme, de carriérisme, de veulerie, d’exaltation aveugle, d’admiration de la force ou d’espérances insensées, bref, d’idées grandement stupides et gravement criminelles, que d’aucuns ont camouflées derrière une apparence plus honorable d’anticommunisme et d’antistalinisme.
 
Remarquable, mais forcément lacunaire – tant le sujet est immense –, l’excellent travail d’Arnaud de la Croix ouvre la porte à d’autres recherches, par exemple sur les laudateurs de gauche du caporal bavarois, comme les députés français Jacques Doriot (communiste), et Marcel Déat (socialiste), les auteurs belges d’extrême gauche du groupe des écrivains prolétariens, le romancier et médecin suisse John Knittel…
 
Et, pour ceux qui lisent l’allemand, l’étude qui n’a pas été traduite en français d’Hans Werner Neulen intitulée Europas Verratene Sohne (Les Fils trahis de l’Europe, Éditions Universitas, 1980) fera naître un abîme de réflexions sur l’engagement des non-Allemands dans la Waffen-SS – y compris des Indiens – durant la Seconde Guerre mondiale…
 
Bernard DELCORD
 
Ils admiraient Hitler – Portraits de 12 disciples du dictateur par Arnaud de la Croix, Bruxelles, Éditions Racine, septembre 2017, 160 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,95 €

20 09 17

Un certain questionnaire

9782234075696-001-T.jpeg "  Je  n'oublie pas qu'à l'origine de mon projet il y a cette interrogation: le «question- 
naire de Proust» est toujours présenté et analysé seul. Qu'en est-il quand on compare les réponses de Marcel à celles de ses congénères? Est-il vraiment si exceptionnel? Sa singularité saute-t-elle déjà aux yeux?" 

C'est à une démarche inédite,  partant, primordiale, que se livre Evelyne Bloch-Dano, biographe chère à notre blog: analyser les réponses de Marcel Proust à ce "fameux" questionnaire -  qui portera son nom même si l'écrivain n'en est pas le concepteur - dans le contexte exact de sa rédaction et d'une datation portée au 4 septembre 1887. Marcel Proust avait seize ans quand il remplit aimablement l'album " Confessions" que lui tendait sa jeune amie, Antoinette  fille de Félix Faure, futur Président français. Les questions étaient rédigées en anglais -  souvenez-vous, nous l'avons évoqué:  Camille Claudel se prêtera elle-même, avec facétie,  au jeu de questions que lui soumet son amie anglaise Florence Jeans, fin des années '80.  Marcel Proust y répond en français avec une maturité qui d'emblée le distingue des camarades de son âge  et de leurs questionnaires passés sous la loupe vigilante de la biographe.

L'enjeu de l'enquête, longue et minutieuse, est donc de taille qui nous permet de discerner la singularité qu'affiche l'adolescent Proust et les germes de thèmes que nous retrouverons dans La Recherche.  C"'est certain, ces réponses sont formulées à une période-clef, capitale,  de son évolution: celle d'un adolescent bousculé par ses condisciples et les questions identitaires, sexuelles qui le taraudent.  Nous devons à André Berge,  fils d'Antoinette Faure, la découverte providentielle, en 1924,  de l'album de sa mère et la confirmation par cette dernière de l'auteur du questionnaire.

Quelques années plus tard, Marcel Proust répondra à un second questionnaire qui paraîtra sous la forme de Confidences de salon. Le fac similé en est reproduit en fin d'essai.

Nous associant à une démarche - et ses tâtonnements- empreinte de rigueur et d'honnêteté intellectuelle, Evelyne Bloch-Dano nous ouvre une voie d'accès fondamentale à la jeunesse de Marcel Proust.

Apolline Elter

Une jeunesse de Marcel Proust- Enquête sur le questionnaire,  Evelyne Bloch-Dano, essai, Ed. Stock, septembre 2017, 288 pp

 

Écrit par Apolline Elter dans Biographies, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

19 09 17

Un chef-d’œuvre classique… mais pas seulement !

Le Massacre des Innocents – Poussin, Picasso, Bacon (cover).jpgPierre Rosenberg est membre de l'Académie française. Ancien directeur du Louvre, il a organisé de nombreuses expositions. Spécialiste de l'art français et italien des XVIIe et XVIIIe siècles, il a fait de Nicolas Poussin l'un de ses sujets de prédilection.
 
Il est par ailleurs l’un des commissaires de l’exposition Le Massacre des Innocents – Poussin, Picasso, Bacon qui se tient jusqu’au 7 janvier 2018 au Jeu de Paume du château de Chantilly – riche de la deuxième plus importante collection de peintures anciennes après le musée du Louvre – et il a dirigé la publication de son catalogue paru sous le même titre aux Éditions Flammarion à Paris, un superbe ouvrage fort de 180 belles illustrations.
 
Nicolas Poussin (1594-1665) est un peintre français du XVIIe siècle, représentant majeur du classicisme pictural. Formé à Paris, il est surtout actif à Rome à partir de 1624. Il a peint aussi bien des scènes d'histoire que religieuses ou mythologiques, mais aussi des paysages animés. Sa renommée lui permet de devenir peintre du roi et de revenir en France entre 1640 et 1642. Il préfère finalement repartir à Rome où il réside jusqu'à sa mort. Il est l'un des plus grands maîtres classiques de la peinture française et son influence est considérable, de son vivant et jusqu'à nos jours.
 
Outre 400 dessins, entre 220 et 260 tableaux lui sont attribués, parmi lesquels Le Massacre des Innocents (circa 1627-1628) (1). 
 
Cette œuvre représente une scène du massacre des Innocents, issue du Nouveau testament et citée dans l'Évangile selon Matthieu, chapitre 2, versets 16-18. Il s’agit du meurtre de tous les enfants de moins de deux ans dans la région de Bethléem, ordonné par Hérode, craignant la concurrence d'un roi des Juifs dont la venue lui avait été annoncée par les Mages, peu après la naissance de Jésus.

Le Massacre des Innocents – Poussin, Picasso, Bacon (tableau).jpg

 Le Massacre des Innocents
Huile sur toile, 147 × 171 cm
 
Pablo Picasso (1881-1973) étudiera la composition de l'œuvre lors de sa période méditerranéenne de 1920-1922, et il reprendra le personnage à l'étoffe bleue à droite dans plusieurs de ses dessins. L'attitude et la posture des femmes du tableau se retrouvent notamment dans divers personnages féminins de Guernica (2).
 
L’exposition se concentre sur le chef-d’œuvre de Nicolas Poussin. À travers les prêts prestigieux d’une cinquantaine d’œuvres, elle met en lumière sa postérité en accordant une large place à l’art moderne et contemporain.
 
Le visiteur y découvre tout d’abord l’histoire du tableau et de ses propriétaires, de son commanditaire italien, le marquis Vincenzo Giustiniani (1564-1637) au duc d’Aumale (1822-1897), de Rome à Chantilly en passant par Londres.
 
Puis le chef-d’œuvre est confronté à des grands maîtres du XVIIe siècle (Guido Reni, Pietro Testa), à une version antérieure du tableau provenant du Petit Palais et à un dessin préparatoire.
 
Le parcours se poursuit par différentes interprétations allant du XVIIIe au début du XIXe siècle (Jean-Baptiste-Marie-Pierre, Léon Cogniet).
 
Les dernières salles montrent les relectures modernes et contemporaines du Massacre des Innocents. Le Charnier (1945) de Pablo Picasso y côtoie Head II (1949) de Francis Bacon ainsi que des œuvres d’artistes contemporains (Henri Cueco, Jean-Michel Alberola…)
 
Enfin, des propositions inédites d’Annette Messager, Pierre Buraglio ou Jérôme Zonder démontrent toute la force et l’actualité du chef-d’œuvre de Chantilly.
 
Un événement à ne pas manquer !
 
Bernard DELCORD
 
Le Massacre des Innocents – Poussin, Picasso, Bacon sous la direction dr Pierre Rosenberg, Paris, Éditions Flammarion, septembre 2017, 192 pp. en quadrichromie au format 22 x 28 cm sous couverture brochée en couleurs, 45,00 € (prix France)
 
Informations pratiques :
 
Lieu : Salle du Jeu de Paume du Domaine de Chantilly
 
Coordonnées : en voiture, le Domaine de Chantilly est à 20 min de l’aéroport Paris Charles de Gaulle et 40 km de Paris centre.
Depuis Paris : autoroutes A3 et/ou A1 sortie Chantilly ou D316 et D317
Depuis Lille et Bruxelles : autoroute A1 sortie Senlis
 
Coordonnées GPS (DD) :
Latitude : 49.193854
Longitude : 2.485316
 
Horaires :
Jusqu’au 1er novembre inclus :
Ouvert 7J/7
10h-18h / 20h pour le parc
Du 2 novembre au 7 janvier inclus :
Tous les jours sauf le mardi
10h30-17h / 18h pour le parc
 
Billets et tarifs :
Exposition incluse sans supplément dans le billet Domaine.
Billet Domaine (château, parc, grandes écuries + exposition) : 17€ Plein tarif / 10€ Tarif réduit
Billet Exposition + Parc : 10€ Plein tarif / 6€ Tarif réduit
 
Visite guidée de l'exposition : 3€ en supplément du billet d'entrée
Tous les week-ends et jours fériés à 11h, 15h et 16h
Inscription sur place dans la limite de 20 personnes par créneau horaire
Aucune visite guidée le 25 décembre
 
Parking (à régler sur place) : 4€
 
 
(1) Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Poussin
 
(2) Guernica : capitale historique et spirituelle du Pays basque, elle est particulièrement connue pour sa destruction, le 26 avril 1937, par les aviateurs de la légion Condor, envoyés par Hitler afin de soutenir le général Franco durant la guerre civile d’Espagne (1936-1939). Guernica est aussi le titre d’une célébrissime huile sur toile monumentale de style cubiste réalisée entre le 1er mai et le 4 juin 1937, à Paris, par Pablo Picasso pour dénoncer le bombardement de la ville, qui fit de nombreuses victimes civiles.

Écrit par Brice dans Arts, Bernard Delcord, Expositions | Commentaires (0) |  Facebook | |

19 09 17

Le talent d'Isabelle Wéry !

03_Fumer_des_Gitanes_HD_bord_noir.jpgLe talent d'Isabelle Wéry : celui de nous plonger efficacement et avec un tel bonheur dans l'histoire qu'elle nous raconte. C'est une voix qui nous berce, nous bouscule, nous charme et nous étonne. "Fumer des Gitanes" est le troisième numéro de la collection Opuscules, qui nous plaît dans sa diversité et sa régularité (sortie tous les vendredis), mais aussi par le format court et pourtant semblable à un roman. La quatrième de couverture est toujours une belle accroche, qui n'en dévoile pas trop, mais nous donne envie de poursuivre :

Imagine... Tu gardes le manoir de tes amis. Une baraque inouïe. Avec parc immense et piscine. C'est l'été flamboyant. Et ce soir, tu invites une femme, belle comme une italienne. Tu espères bien l'impressionner. Tu t'es ruiné en viande rouge maturée, en vins fous. Ce soir, tu le sens, tu emballes sec. Un paquet de Gitanes traîne dans le petit salon...

On y trouve de superbes pages sur la rencontre amoureuse, on s'en serait douté (lire ses textes pour le théâtre (La Mort du Cochon, Mademoiselle Ari Nue...) ou son second roman :  Marilyn Désossée (Editions Maelström) qui a été finaliste du Prix Victor Rossel et a reçu l'European Union Prize for Literature en 2013. 

J'adore aussi les détails vrais comme la mort de Simone Veil ou le passage de Julien Doré chez Ruquier. 

A savourer en attendant le métro, dans les encombrements ou dans son lit avant de s'endormir. Le plaisir est le même.

 

Jacques MERCIER

 

Fumer des gitanes, Isabelle Wéry, Edition Eric Lamiroy, collection Opsucules N°3, 36 pp, 10X14cm, Prix : 4€ ( + 1€ en envoi postal)www.lamiroy.net 

 

 

 

 

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Jacques Mercier, Nouvelles, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |