24 02 18

Ados-rables

Couverture-Champ-de-bataille-Jerome-Colin-Allary-Editions.pngL'ennui avec les enfants, c'est qu'ils grandissent. C'est qu'un beau matin, sans prévenir, ils mettent des trainings, répondent par onomatopées, écoutent de la mauvaise musique, claquent les portes et ne parlent plus qu'avec des mots de moins de six lettres. Ça mange, ça dort, ça prend des douches, ça transpire, ça pue, ça coûte une fortune en crème antiboutons, ça change d'humeur toutes les six minutes, ça a le nez qui pousse. Ça se traîne du divan au lit en mettant un point d'honneur à vous rappeler que vous n'êtes absolument pas à la hauteur de votre rôle de père.

Saisi par la subite entrée de son aîné, Paul, dans le monde ingrat de l’adolescence,  le narrateur,  quadragénaire, père aimant, totalement dépassé par les événements, confie son désarroi, son sentiment d’inaptitude, hélas confirmé par son entourage. Le couple qu’il forme avec Léa se délite d’incompréhension mutuelle.

«  Un enfant, on ne devrait jamais lui permettre de dépasser douze ans »

Entre l’école qui rejette son fils, Léa et Paul qui le repoussent, la psy qui se borne à l’écouter et ..encaisser ses honoraires,  notre homme  ne sait plus à quel « sein » se vouer, car oui, il aurait bien besoin d’un réconfort en sa vie conjugale et sexuelle .  Alors il se replie dans le seul (petit) coin de la maison pour opérer le bilan de sa vie.  Un bilan aussi  honnête, désabusé que ..  jubilatoire. Menant à leur paroxysme la description des situations que vivent les parents d’ados, le narrateur entraîne le lecteur dans un imbroglio tout simplement désopilant. Il faut avouer qu’il fait grand bien, tant aux pères qu’aux mères d’ados, ce constat cathartique d’un combat pour lequel nous sommes plutôt mal armés.

Mené d’un style alerte, cru, incisif, ce deuxième roman, mêle humour et tendresse en un cocktail subtil et réussi 

Une lecture recommandée

 Apolline Elter

Le champ de bataille, Jérôme Colin, roman, Allary Editions, mars 2018, 208 pp

Billet de faveur

AE : Acteur – majeur-  de l’éducation de nos enfants, l’école en prend pour son grade, dans votre roman. Sa réponse – par voix de « Mollasson » -  paraît particulièrement inadaptée à la crise de l’adolescence . Et à celle des «  adulescents », leurs parents.

Jérôme Colin:Elle l’est totalement. les sciences cognitives sont passées par là et l’école ne semble pas en tenir compte. On dit que le temps de concentration maximal d’un être humain est de 25 minutes. Or, l’heure de cours académique est toujours de rigueur !!!! Pourquoi. Et ce n’est qu’un exemple Les sciences ont aussi prouvé que les cerveaux de nos enfants avaient besoin de mouvement pour être oxygénés. Or, on leur demande (ordonne) de s’asseoir sur une chaise huit heures par jour ? Comme je le dis dans le roman : l’époque a changé. la race a muté. Et l’école est restée dans les cavernes »… 

AE: Nous sommes tous démunis, face à ces martiens qui font soudain irruption dans notre quotidien de parents dévoués.  Devons- nous, à l’instar de Léa,   faire le gros dos, en attendant que l’orage passe, que le terrain de bataille laisse champ libre à leur sortie de crise ?  Ou en profiter, à l’instar de * , pour « brandir notre droit à l’irresponsabilité »,  s’offrir aussi une petite crise. Avouez que vous nous tentez..

Jérôme Colin :Je crois qu’il faut de tout pour parfaire une éducation..; De éduquer… educare en latin… C’est à dire élever… tirer vers le haut ! J’aime cette idée qu’élever nos enfants, c’est les tirer vers le haut. Je crois qu’il faut un peu de rigueur évidemment… Pour ne pas totalement se faire piétiner par ces drôles de bestioles… mais ce que m’a appris ma paternité, c’est qu’on n’est pas parfaits… Que nous ne sommes jamais vraiment non plus des adultes. Et que nous aussi, comme eux, nous avons le droit de brandir notre droit à l’irresponsabilité. Ce n’est pas parce que j’ai un boulot, une maison et des enfants que je suis responsable. Je le suis en partie, évidemment… mais l’adolescent que j’étais brule encore en moi… J’espère que c’est aussi le cas pour vous ! 

 

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21 02 18

Société forestière

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 " Suivez-moi. Partageons ensemble le bonheur que les arbres peuvent nous donner"

C'est, en effet, à une balade forestière que nous entraîne le ...forestier allemand Peter Wohlleben. Une balade un peu particulière, à portée largement documentaire,  fruit de son expérience et de nombreuses découvertes scientifiques.

Dotés de capacités sensorielles, cognitives assez extraordinaires, les arbres ont une vie, une organisation générationnelle et sociale qui feraient pâlir d'envie bien des sociétés humaines.  Ils sont également pourvus de langage et d'un réseau de communication radiculaire - par voie de champignons - qui feront défaillir, jaloux, bien des usagers de la toile.

Dotés d'intelligence, d'esprit prévisionnel, certains arbres émettent une substance répulsive, voire toxique pour leurs prédateurs.

Fascinante, cette approche anthropomorphique change, de manière drastique, notre vision du règne végétal. 

La lecture du texte est soutenue de l'impeccable diction de Thibault de Montalembert.

Que cette promenade porte ses fruits!

Apolline Elter

La vie secrète des arbres,  Ce qu'ils ressentent, comment ils communiquent,  Peter Wollheben, texte traduit de l'allemand par Corinne Tresca, lu itégralement par Thibault de Montalembert, Ed. Les Arènes, mars 2017 / Ed. Audiolib, nov. 2017 - 1 CD MP3 - durée d'écoute : 7h06min.

 

10 02 18

Théo

51R9W6KYfzL._SX195_.jpg" Très vite, Théo a appris à jouer le rôle qu'on attendait de lui. Mots délivrés au compte-goutte, expression neutre, regard baissé. Ne pas donner prise. Des deux côtés de la frontière, le silence s'est imposé comme la meilleure posture, la moins périlleuse.'

 Hélène, professeur de sciences au collège de Théo, croit reconnaître en son élève les signes de maltraitance parentale dont elle a elle-même été victime durant son enfance. Très vite, elle en alerte ses collègues, l'infirmière, .. et outrepasse le cadre de ses fonctions.

S'il ne souffre pas de sévices physiques,  le jeune Théo, pré-ado,  est l'enjeu et le jouet de la haine viscérale que sa mère porte à son père dont elle est divorcée. Il doit lui taire la déchéance physique, alcoolique et morale que connaît ce dernier sous peine de lui voir retirer  sa part de garde alternée, sans doute son ultime raison de vivre.

Alors Théo se tait et "boit de l'alcool comme s'il voulait en mourir" . Il tente d'atteindre ce coma éthylique qui seul pourra dénouer le drame qui le dépasse.

Centré sur l'abyssale difficulté de communication qui saisit certains couples - les parents de THéo, certes, mais aussi Cécile et Wiliam, parents de Mathis -  le roman de Delphine de Vigan est plombé de souffrance. 

Une souffrance si justement exprimée qu'elle suscite l'immédiate, la nécessaire empathie du lecteur

Apolline Elter 

Les loyautés, Delphine de Vigan, roman, Ed. JC Lattès, janvier 2018, 206 pp

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08 02 18

Pacte d'amitié

On l'attendait avec ferveur ce deuxième roman d'Olivier Bourdeaut. 

C'en était presque mise sous pression

A l'écrivain toutefois peu chaut

De chefs-d'oeuvre seuls, fait profession.

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Après le succès d'En attendant Bojanglès qui avait ravi de fantaisie, d'humour,de gravité et de folie, ses innombrables lecteurs (billet fervent sur votre blog préféré)  l'écrivain nantais parsème de grains d'absurde et ...de sel, la relation d'un pacte d'amitié tout à fait incongru: celui que scellent Jean, Parisien trentenaire converti en paludier de Guérande et Michel, agent immobilier arriviste, imbibé d'alcool et d'argent.

Très mal engagée, leur rencontre sur tas de sel se mue et s'aimante rapidement en une tentative d'apprivoisement sur fond de fascination. Jean fait signer à Michel, ivre et dépossédé de ses facultés, un contrat de cueillette de sel qui vaudra au lecteur des descriptions d'anthologie des marais salants.

Si l'amitié entre les deux hommes peine à s'épanouir, il n'en va pas de même de l'écriture bourdeautienne, puissante,  visuelle, maîtrisée qui allie à une facture classique, diantrement soignée, les effets surprenants de syncopes rythmiques ,d 'économie verbale et d'un humour condensé.

Un défi de deuxième roman relevé haut la plume

Apolline Elter

Pactum salis, Olivier Bourdeaut, roman, Ed. Finitude, janvier 2018, 254 pp

 

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07 02 18

The call of the Wild

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On l'appelait naguère L'Appel de la forêt.  Nouvellement (re)traduit de l'américain par les bons soins de Frédéric Klein, le  roman de Jack London The call of the Wild  lui vaut grand succès lors de sa parution en 1903. Il  n'a rien perdu de sa prestance, de sa magistrale puissance. Une puissance évocatrice sublimement soutenue -et je pèse mes mots - par la lecture que l'acteur Jean Reno opère du texte.

Une leçon de lecture qui s'invite dans tous les pavillons....

Je vous engage à l'écouter.

Choyé par les bons soins de son maître, le juge californien Miller,  Buck mène la vie confortable, citadine et paisible d'un bon chien domestique. Issu du croisement entre un terre-neuve et une colley, le chien développe une intelligence humaine hors du commun.

Trahi, kidnappé par l'aide-jardinier de son maître, Buck est vendu à des trafiquants de chien, violents,  peu scrupuleux et intègre les attelages de chercheurs d'or dans le Grand Nord canadien.  Il lui faudra alors renouer avec les instincts sauvages et loups qui sommeillent en lui pour se faire respecter de ses congénères, lutter pour sa simple survie. 

Un destin de chien qui personnifie le struggle for life propre à de nombreux êtres humains.

Un texte qui nous parle, aujourd'hui encore.

L'Appel sauvage, Jack London, roman traduit de l'américain par Frédéric Klein. Texte intégral lu par Jean Reno. Ed. Audiolib, 2017,   1 CD MP 3 - durée d'écoute: 3h 44

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06 02 18

Dada au coeur

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La recherche d'une esthétique nouvelle, au sortir de la Grande Guerre, va susciter les élans d'amitié d'un André Breton (1896-1966), jeune et fougueux envers le "dadaïste"  roumain Tristan Tzara (1896-1963), son contemporain,  et le peintre-  poète Francis Picabia (1879-1953), son aîné.

Si les lettres demeurent assez policées pour ces hommes qui "avaient dada au coeur" - ils auraient pu davantage s'éclater dans leur correspondance - elles révèlent, de façon éloquente, débats à l'appui, la constitution du mouvement dada et les prises de distances postérieures.

Tel un Emile Zola, André Breton est fédérateur d'amitié et d'échanges artistiques. Il n'hésite pas à placer ces derniers sur un plan affectif déclaré, parfaitement assumé.

"Vous savez que vos lettres sont ce qui m'arrive de meilleur"  affirme André Breton à Tristan Tzara ( 8 nov. 1919) 

 Dûment annotés et mls en perspective par Henri Béhar, les échanges entre Breton et Tzara s'étalent sur une période de  plus de quinze ans  - de début 1919 à  fin 1934. Ils sont suivis par la correspondance échangée entre Breton et Picabia, de fin 1919 à mai 1924.

André Breton - Correspondance avec Tristan Tzara  et Francis Picabia 1919-1924, présentée et éditée par Henri Béhar,  Ed. Gallimard, déc. 2017, 256 pp

 

 

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03 02 18

Adrienne

 

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Faut-il réveiller les secrets des morts et révéler le secret-même de leur mort? 

Telle est la double  question qui parcourt et taraude le nouveau roman d'Armel Job.

Lorsque Claude Jansens, le narrateur et neveu d'Adrienne, découvre, dans la soirée du 26 mars 1994,  le corps inanimé de sa tante tant aimée, il est troublé: la sublime quinquagénaire souhaitait lui révéler un secret existentiel. Claude n'arrive pas à conclure à une mort naturelle ...

S'ensuit alors une quête de vérité, une de ces enquêtes bien ficelées dont l'écrivain a le secret, qui de court-circuits en rebondissements, nous mène à sonder les sentiments des hommes qui ont approché cette femme mystérieuse, l'ont aimée - forcément -  et  l'âme de tous ceux qui se sont trouvés sur sa route.

Avec son style vif, efficace volontiers corrosif, Armel Job signe un thriller parfaitement ..addictif.

Apolline Elter

Une femme que j'aimais, Armel Job, roman, ed. Robert Laffont, février 2018, 300 pp

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31 01 18

Vous prendrez bien un peu de Witz

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 C'est autour de la notion de Witz  intraduisible en français  - mettons que c'est un trait d'esprit - qu'Adam Biro articule ce plaisant abécédaire.

   Rappelons que, chère à notre blog, la collection des Dictionnaires amoureux laisse libre cours, subjectif parcours à son auteur.  Partant, le nombre des entrées, longueur et  prisme thématique relèvent, dans ce nouvel opus,  de l'arbitre pétillant d'Adam Biro, juif athée et d'une distinction bien établie entre les philosémites et ceux qui ne le sont pas. Ainsi "hitler" et sinistre compagnie se voient-ils privés de leur majuscule patronymique. Reconnaissons qu'il ne l'ont pas volé.

 Longue  et bavarde  ballade -  l'ouvrage compte  800 pages! -  le recueil nous révèle qu'il y a plusieurs variétés d'humour juif,  le séfarade, l'ashkenaze - mais aussi celui  qui est lié au continent, au pays de résidence.

   Un point commun : le lien que l'humour entretient avec le tragique. Dieu sait comme l'Histoire en a nourri le peuple juif. Une dimension mystique, également.

Jalonné du portrait de nombreuses personnalités, pimenté de nombreuses plaisanteries, le dictionnaire offre une incursion passionnante sur la mentalité juive et l'affirmation de la valeur suprême du judaïsme qu'est la vie.

 Apolline Elter

 Dictionnaire amoureux de l'Humour juif, Adam Biro, abécédaire, Ed. Plon,  sept. 2017,  800 pp

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27 01 18

Le drame ..Mayerling

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 Oppressant, paranoïaque, ce roman mélange un argument fantastique avec une satire de l'habitat- 
prison, où chacun surveille les autres et récrimine. Comme il est impossible, dans ces immeubles mal 
insonorisés où l'on s'entasse à la verticale, de ne déranger personne, on devient tous un peu fous.

On jurerait que le narrateur évoque " l'affaire Mayerling";  il se contente de résumer l'argument du Locataire chimérique, de Roland Topor (1964) et .... de nous emmener plus loin encore dans le récit d'un enchaînement inéluctable: la satire d'un désastre de copropriété.

 Heureux d'investir leurs deniers dans l'acquisition sur plan d'appartements cossus au sein de la résidence Mayerling, à Rouvières,  une série de couples et personnes isolées,  aimables, bien éduqués,  vont rapidement déchanter.

L'immeuble semble émettre des ondes maléfiques qui provoquent querelles intestines, maux, comportements fantasques, déjantés quand ils ne sont agressifs, corrompent les aliments, refoulent les "étrons"  peu engageants de WC mal connectés,  les odeurs  pestilentielles de déchets non évacués...

Spécialiste de l'accumulation loufoque et de la logique irrémédiablement destructrice de situations,  en apparence, banales, Bernard Quiriny nous offre un précipité de tous les problèmes d'acquisition immobilière partagée.

Le rendu en est incisif, drôle, ..jubilatoire

Une lecture  recommandée

Apolline Elter

L'affaire Mayerling, Bernard Quiriny, roman, Ed. Rivages, janvier 2018,  22 pp

 

Billet de faveur

AE : personnage aimable et attachant, Monsieur Paul développe une sorte de névrose acoustique face au comportement désinvolte et grossier des occupants de l’étage supérieur. S’ensuit un véritable rendu d’expertise en matière de protection sonore.  Ca sent le vécu ! Votre récit s’inspire-t-il d’expériences personnelles ?   

 Bernard Quiriny: ... De l'expérience personnelle de beaucoup de gens.

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25 01 18

Madeleines proustiennes d'une enfance soviétique

Le déjeuner de Pâques était l'un des cinq grands festins familiaux de l'année (les déjeuners du samedi et les thés vespéraux avec les amis qui débarquaient chez nous parce qu'ils avaient vu de la lumière, ne comptaient pas) et occupait la première place pour les efforts déployés.

Les préparatifs commençaient un an à l'avance, parce qu'il fallait dénicher les denrées indispensables.

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S'il est coutume d'associer le régime communiste, qui sévit dans l'ex-Union soviétique , à son cortège de privations, de frustrations, il est moyen aussi de le  considérer sous un autre angle et par le prisme d'une petite fille, gourmande, qui s"éveille à la vie et la la tendresse d'une famille aimante.

La fillette qu'est l'auteur, dans les années soixante,  s'extasie des merveilles d'inventivité de son entourage et des spécialités quotidiennes, saisonnières et festives qui évoquent à son palais tant de madeleines proustiennes .

Vif, joyeux et frais, le récit est doté d'un carnet de recettes et d'un précieux glossaire

Souvenirs culinaires d'une enfance heureuse, Alice Danchokh, récit traduit du russe par Anne Coldefy-Foucard,  Ed. du Rocher,  janvier 2018, 220 pp

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