11 09 05
La possibilité d'une île
Quant à "La possibilité d'une île", je dirai : trop de passions venant de trop de gens qui ne lisent pas assez. Pourquoi s'ériger en censeur et proclamer provocateur un écrivain qui n'est pas plus hard que Sollers, pas plus innovateur que Céline, pas plus misanthrope que Lovecraft, pas plus étranger que Camus ? Parce que "on" parle sans connaître le background contemporain de la littérature depuis l'entre deux guerres, tout simplement. A part cela, la trame de "La possibilité d'une île" est une vraie trouvaille : un livre de science-fiction à vocation idéologico-mystique (la référence à Daniel 24, 11 n'est sûrement pas innocente), très proche du trop vite oublié Philip K. Dick. Le personnage central, Daniel (fusion de Michael Youn et de Dieudonné), est un humoriste à succès qui a tout osé dans sa carrière. Riche et célèbre grâce à ses one-man-show vitriolés et à ses films iconoclastes, il s'isole dans sa maison perdue des collines arides de l'Espagne suite à une rupture avec sa femme. Parallèlement à son récit autobiographique, Daniel 24, fait le point sur 24 générations de clônes de Daniel et l'évolution de la Terre depuis notre époque ainsi que sur la triste réalité des néo-humains. Daniel aura-t-il atteint l'immortalité grâce à sa "descendance"? A lire. Moi je dis que je trouve ce roman digne d'intérêt, captivant, intelligent, moderne. Et je me moque bien de savoir si son auteur est invivable, asocial, dédaigneux. Il n'entre, de toute façon, pas dans mes intentions de vivre avec lui. Je me contente de le lire et d'y prendre plaisir. N'est-ce pas cela l'essentiel ?
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11 09 05
La provocation permanente
S'il n'en fallait qu'un, ce serait celui-là : Michel Houellebecq, bouc-émissaire favori des lettres françaises, autoproclamé démolisseur du roman contemporain, écrivain maudit et maître ès-provocations alimentaires... Et si, loin d'être le petit-fils putatif de Céline et Lovecraft, l'auteur de La Possibilité d'une île n'était qu'un luxueux résidu de la société du spectacle ?Exilé volontaire, misanthrope déclaré, Houellebecq est le chef-d'œuvre du marketing littéraire, qui de non-conformisme fait profession, " surfant avec maestria sur l'imaginaire majoritaire ". Car comment expliquer qu'un revuiste ordinaire soit aujourd'hui l'écrivain le plus sulfureux, mais aussi le plus courtisé par les médias ? Par quels canaux quitte-t-on un fanzine confidentiel pour décrocher des contrats à sept chiffres ? Comment passe-t-on de la poésie underground au roman à sensation ? Houellebecq, en somme, est-il un bluffeur génial travesti en épouvantail, ou bien le sociologue impitoyable de l'ère mondialisée ? Dans cet essai, Jean-François Patricola tombe les masques. Il dévoile les ficelles d'un iconoclaste de métier, dont la stratégie de l'" oser dire " est aussi celle d'un Maurice G. Dantec ou d'un Dieudonné. Trônant entre posture et imposture, jamais le roi Houellebecq n'avait été si nu. (Paroles de l'auteur et de l'éditeur).
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11 09 05
A vous de juger (celui qui juge)
C'est la rentrée littéraire ! Les dindons de cette farce annuelle : quelques centaines d'ouvrages voués à l'indifférence générale. Le roi de la basse-cour: Michel Houellebecq et son nouveau roman, promu au rang de chef-d'œuvre avant même d'être lu ! Quand le coq devient la poule aux neufs d'or, le capitalisme littéraire est en marche. Au-delà d'une analyse serrée du cas de l'auteur des Particules élémentaires, textes et citations à l'appui, Eric Naulleau déplore ici, non sans humour, l'évacuation progressive de la littérature au profit des " non-livres ". Dans le pays où tout le monde écrit, il était temps de remettre notre nouvel écrivain national à sa juste place celle d'un romancier de gare.
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11 09 05
Dans le sillon du phénomène
Ceux qui analysent et ceux qui démolissent. Vous en avez probablement entendu parler : trois livres sont sortis fin août ayant pour thème Houellebecq et le phénomène médiatique autour de lui. Pour Denis Demonpion, on a traité Houellebecq de tous les noms : fasciste, raciste, eugéniste, antiféministe, réactionnaire, pervers... Mais au fond, qui est-il ? Intrigué par ce personnage emblématique, devenu avec Les Particules élémentaires, l'auteur culte de la fin du deuxième millénaire, il a mené l'enquête. A partir de documents et d'une centaine de témoignages inédits, il retrace le " corpus " que Houellebecq s'est évertué à dissimuler pour mieux fabriquer son personnage, cultivant un brouillard sulfureux qui en fait aujourd'hui le symbole de la littérature postmoderne. (paroles de l'éditeur. amen).
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11 09 05
Plateforme
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11 09 05
Les particules élémentaires
Vient ensuite « Les particules élémentaires ». Houellebecq maîtrise à présent parfaitement ce style si particulier, faussement neutre, parfois à la limite de l’administratif, pour rendre compte de l’univers qui entoure les protagonistes. A travers l’histoire de deux demi-frères, Michel et Bruno, il s’attaque cette fois à la misère sexuelle trente ans après la prétendue libération des mœurs. Plus largement, Houellebecq examine au scalpel les conditions du malheur contemporain. Et devient l’un des écrivains les plus emblématiques, les plus significatifs de notre temps.
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11 09 05
Extension du domaine de la lutte
Le succès vient en 1994, avec son premier roman « Extension du domaine de la lutte ». A noter que ce succès est intervenu en dehors de toute promotion littéraire ! Un livre à la fois désespéré, comique et ambigu. Il suffisait d’en lire deux pages pour comprendre qu’on était en face de quelque chose de différent, de nouveau, de fort, de très fort. La guerre continuait, ambitieuse et systématique. Avec une précision imparable, Houellebecq entend prendre à revers le discours général ambiant. Une satire implacable de la culture d’Entreprise. Une autopsie méticuleuse du monde du travail et de son imbécilité triomphante. Dont acte 2 !
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11 09 05
Poésies et textes
Houellebecq publie ensuite deux recueils de poèmes, « rester vivant, méthode » , et « la poursuite du bonheur ». Alors qu’il travaille dans une entreprise parfaitement traditionnelle comme informaticien, Houellebecq commet là un acte de dissidence dangereux qui le place de manière définitive dans le rang des combattants. Houellebecq déclare à la face du monde ni plus ni moins que la guerre. Avec déjà cet espèce de lyrisme quasi-asseptisé, il prévient : « Toute société a ses points de résistance, ses plaies. Mettez le doigt sur la plaie, et appuyez bien fort. Creusez les sujets dont personne ne veut entendre parler. L’envers du décor. Insistez sur la maladie, l’agonie, la laideur. Parlez de la mort et de l’oubli. De la jalousie, de l’indifférence, de la frustration, de l’absence d’amour ».
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11 09 05
HP Lovecraft, contre le monde, contre la vie
Au début des années 90, Michel Houellebecq publie de manière quasi-confidentielle « Lovecraft, contre le monde, contre la vie », un essai assez court consacré à l’américain Howard Phillips Lovecraft, auteur de littérature fantastique. Au travers de la fascination exercée par Lovecraft sur Houellebecq, on mesure avec quelle clarté le projet d’écriture de ce dernier est en marche. « Une haine absolue du monde en général, aggravée d’un dégoût particulier pour le monde moderne. Voilà qui résume bien l’attitude de Lovecraft » Dont acte !
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11 09 05
"L'injustice Houellebecq" par Wado
Michel Houellebecq est aujourd’hui un auteur contemporain incontournable. Avec un véritable univers personnel. Point !Regardons les choses simplement, c’est-à-dire bien en face. En littérature, comme dans tout art dit « majeur », ce qui compte, c’est l’Oeuvre. Au moins dans les premières années de sa construction, tout ce qui se dit, tout ce qui s’écrit autour, c’est du bruit… Du bruit, de la spéculation, et du marketing. Parlons-en… Les marketeers ont mis au point (c’est leur job) au cours des quarantes dernières années des techniques de communication et de manipulation efficace qui font vendre, plus, et plus vite. Il n’existe aucune raison valable pour que ce phénomène échappe au monde de l’art. Et il n’existe d’ailleurs aucune raison valable pour que l’artiste lui-même ne s’empare de ces techniques pour servir son ambition. A l’arrivée, c’est plutôt une bonne nouvelle, puisqu’un des résultats induits est la diffusion de l’ Oeuvre auprès du plus grand nombre. Et comme toujours il y a les envieux…Ils brandiront leurs étendards, dont celui de l’injustice bien entendu, diront que le succès de Houellebecq, fabriqué par tel ou tel groupe de presse, empêche ce qu’ils appellent la « vraie littérature » de parvenir au public… L’injustice, parlons-en. Il existe plus de 900 millions d’humains qui vivent (ou plutôt sont supposés vivre) avec moins d’un dollar par jour. Et ce nombre va grandissant. Contre l’injustice, malheureusement, on n’a pas encore mis au point de technique efficace… ça se saurait, et ça se verrait !
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