23 07 06

Poche : Rien de grave

Les livres de la rentrée littéraire 2006 forment une pyramide dans mon bureau. Malgré cela, je m’empare pendant ces vacances d’un bouquin que lit ma femme, une édition de poche d’octobre dernier d’un roman que je n'avais pas lu non plus lors de sa sortie chez Stock en 2004.
Vous voyez, je vous dis tout. Comme Justine ! Elle a décidé d’écrire sa vie, son enfance, ses relations avec sa mère et son père, Bernard-Henri, sa grand-mère, son ex-mari, la compagne de son beau-père avec qui son ex-mari se barre (suivez, s’il vous plaît !), l'enfant qu'elle n'a pas eu avec son ex-mari et enfin et surtout son nouveau compagnon.
Je ne vous dirai pas qui se cache derrière les faux prénoms de Louise, Paula, Adrien, Pablo, car on en a assez parlé dans les milieux people à l'époque de la première publication de ce second roman de la fille de BHL, le seul cité nommément.
On ne voudrait être à la place de personne dans ce livre qui raconte la vraie vie. Celle d'une fille qui possède tout pour réussir et qui va tout rater, vie privée et professionnelle pour tout et pour rien ... de grave.
Sombre et pourtant optimiste, salvateur comme l'a écrit Patrick Besson, "Rien de grave", avec son écriture elliptique à la Nina Bourraoui (un degré en dessous, toutefois) est un solide témoignage de vie éclatée.

Extrait : "C'était un joli garçon mais on n'en voulait pas. On est trop jeune on disait d’une seule voix, la sienne en fait, moi je venais de publier un roman, je ne me trouvais ni trop jeune, ni pas trop jeune, j’avais vingt ans, le même âge que maman quand elle était enceinte de moi, elle aussi on avait dû lui dire qu’elle était trop jeune, mais elle m’avait gardée, elle. Adrien ne voulait pas d’enfant. Pas encore, on a le temps. Le temps de quoi ? Le temps de ne plus s’aimer, le temps de se séparer, le temps de se quitter, le temps de faire cet enfant avec une autre, le temps de lui donner le prénom qu’on avait choisi ensemble. C’est pas celui-là qu’il voulait. C’est pas avec moi qu’il le voulait ».

Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (1) |  Facebook | |

Commentaires

On en pleure et on en rit Il est vrai qu'à première vue, on est touché par ce livre. On voudrait en pleurer aussi, imaginer une souffrance au-delà de tout; on voudrait en rire doucement, timidement, non d'un rire gras et sonore, mais avec délicatesse; se mettre à la place de l'auteur nous est bien difficile; elle se raconte et nous raconte; elle n'invente rien et quand elle se livre, il vaut mieux être disponible; ouvert à toutes ces confidences; comprendre et ne pas juger; aimer sans retour; aimer...

Écrit par : Christian Jean Collard | 26.07.2006

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