31 05 07

Voir Naples et puis y vivre

SCHIFANOLe dictionnaire amoureux de Naples de Jean-Noël Schifano va vous réconcilier avec une ville qui a toujours suscité crainte et méfiance. Naples n'est pas ce que l'on croit, ce qu'on fait croire. Naples ne se visite pas. Naples se vit. Naples se lit depuis que Schifano écrit. Avec la plume dont il sert pour nous traduire les romans d'Umberto Eco depuis "Le nom de la Rose", Schifano nous plonge avec verbe et littérature dans la beauté de la métropole du sud de l'Italie, un pays qui ne parvient pas à l'assimiler depuis un siècle et demi.
Passionant.

JEAN-NOEL SCHIFANO - Brice Depasse


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31 05 07

Naples, ville des sangs

MONTEDIDIOPuisque je l'évoque dans l'interview de Jean-Noël Schifano, "Montedidio" d'Erri De Luca évoque on ne peut mieux la réalité napolitaine à travers ce jeune homme de Montedidio, un des sommets de la ville. Prix Femina Etranger en 2002, ce roman est le chef d'oeuvre d'Erri De Luca. Pour vous en convaincre : "
"Mast'Errico dit que les pêcheurs ne savent pas nager, que c'est bon pour les estivants qui vont au milieu des vagues pour s'amuser et qui se mettent exprès au soleil. Le soleil est agréable pour celui qui le prend allongé, immobile. Pour celui qui le porte sur son dos de la première lueur jusqu'au soir, le soleil est un sac de charbon."
"Aucun prince n'a les bénédictions que les pauvres ont dans leurs os, qui partent des pieds, prennent leur élan le long du corps et jaillisent de la bouche. Les pauvres ont une gratitude qu'aucun roi n'a jamais entendue."
"A force d'insister, Dieu est contraint d'exister, à force de prières son oreille se forme, à force de larmes ses yeux voient, à force de gaieté son sourire point."

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31 05 07

Manitou, Manitou, tout est Manitou

MASTERTONAvec Du Sang pour Manitou, Graham Masterton retourne aux origines de son style et effectue une fois encore la fusion presque parfaite entre la terreur, l’humour british totalement décalé et des préoccupations contemporaines.
L’histoire débute comme un thriller horrifique « classique » alors qu’une étrange et meurtrière épidémie semble frapper New-York. Certains habitants souffrent de fièvre et vomissent des flots de sang … qui s’avère ne pas être le leur.
Entre en scène Harry Erskine, le héros des trois premiers romans de la série « Manitou » (et de quelques autres épisodes), sorte de détective de l’étrange, vrai médium, faux diseur de bonne aventure, ayant déjà tant souffert de ses excursions dans le paranormal qu’il finit par regarder la vie avec un détachement hilarant. C’est évidemment à travers les yeux de Harry que nous allons vivre cette nouvelle aventure où le Manitou, méchant de service, semble dans un premier temps, ne pas avoir sa place… Je n’irai pas plus loin dans le résumé pour ne pas vous casser le suspense ou vous priver de la découverte de quelques scènes horrifiques pas piquées des hannetons. Car s’il est bien un auteur qui, depuis sa première publication il y a plus de 30 ans, n’a jamais succombé aux sirènes du politiquement correct, d’une horreur « light » ou d’un gore dilué c’est bien Masterton. « J’aime les romans courts, avoue-t-il. Les romans qui vont à l’essentiel… Et par le passé je me suis parfois laissé aller à me regarder écrire. Ce qui a donné des romans un peu longuets, je l’avoue. Avec Du sang pour Manitou, je reviens aux sources. Et aux sources du personnage de Harry Erskine également, avec ce côté décalé et son humour macabre ».
De fait, le roman vous prend à la gorge dès les premières pages et se transforme rapidement en un véritable roller-coaster. On crie, on frisonne et on est agréablement surpris de voir comment Masterton parvient encore à renouveler une formule que l’on imaginerait usée jusqu’à la corde.
Dr Corthouts

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30 05 07

Une hussarde à Paris

MARTIN CHAUFFIER

Par Vincent Engel (visitez son site).


Le dernier roman de Gilles Martin-Chauffier est construit sur le paradoxe, et ce dès le titre : que peut être “une vraie Parisienne” quand les Parisiens qu’il évoque vivent une existence bâtie sur le mensonge, la dissimulation et la tartuferie ?
L’histoire d’Agnès, vraie fausse aristocrate qui séduit Bruce, vraie star du rock, le roule dans la farine puis se roule dans ses bras, sa fortune et son bonheur, se déroule dans le microcosme le plus anodin et le plus superficiel sans doute de la planète. Mais c’est aussi celui dont on parle le plus. Le petit monde de la frime, de la presse “people”, du fric, du pouvoir. Ces “vrais Parisiens” sont quelques centaines dans une ville de 10.000.000 de faux Parisiens.
La plume de Martin-Chauffier est digne d’un Hussard : mordante, drôle et ambiguë. Ambiguë, parce qu’elle se tire une balle dans le pied : n’est-il pas, rédacteur en chef de Paris-Match, un de ces “vrais Parisiens” ? Drôle, parce qu’on ne l’est jamais autant que lorsqu’on se prend comme cible. Quant aux opinions politiques de l’auteur, on les devine aisément : tout le roman peut se lire comme une brillante action dans le processus de dédiabolisation de Sarkozy…


L’interview que nous accordé Gilles Martin-Chauffier se clôt de manière abrupte sur un vrai-faux scoop digne de Paris-Match !


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30 05 07

La Victoire de l'imaginaire ?

FITOUSSI

Par Vincent Engel (visitez son site).


Que sont nos vies ? Sur le mur d’une prison, je lisais récemment : “ma vie est ce que mes pensées en font”. Nos pensées, nos rêves… Le roman de Fitoussi décline cette idée autour d’une aventure très contemporaine : à l’instigation d’un journal à sensation, une famille bourgeoise de base adopte un vieillard en perdition, Victor. Au début, tout va bien, c’est le quart d’heure de gloire promis par saint Warhol. Et puis, petit à petit, le cauchemar se met en place…
Tous les travers de notre société (et de ses acteurs : nous) y sont pointés avec humour et habileté, même si, parfois la caricature n’est pas loin. Mais le coeur du roman repose sur une question clé : celle du mensonge. Que vaut une vie construite sur un mensonge ? Beaucoup d’argent pour une société soumise aux médias ; beaucoup de drames pour les individus qui la subissent de plein fouet, sans le filtre déformant de la presse. Mais la vie reprend, vaille que vaille. Et sera ce que nos réflexions en feront.


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29 05 07

Lecture pour esprits libres

SADESade, chantre de la littérature libertine du XVIII°, ouvre pour nous une brèche dans le siècle des lumières en réinventant l'érotisme.
"La philosophie dans le boudoir" (publié anonymement en 1795 par un marquis de Sade tout juste sorti de prison et ayant échappé à la guillotine) met en scène Eugénie, une élève innocente que trois hommes vont débaucher. Si les propos de ce livre sont parfois choquants, ils le sont moins que dans "Les 120 jours de Sodome", l'ouvrage le plus violent de Sade. Ce livre qui s'adresse à toutes les femmes qui ont des fantasmes, fera penser aux liaisons dangeureuses par son histoire de trio entreprenant l'éducation sexuelle d'une ingénue sortie du couvent. Il ne faut cependant pas oublier son contenu politique (et oui!) : "Je viens offrir de grandes idées", commente-t-il au terme du cinquième dialogue, "on les écoutera, elles seront réfléchies ; si toutes ne plaisent pas, au moins en restera-t-il quelques-unes ; j'aurai contribué en quelque chose au siècle des lumières, et j'en serai content."
Philippe Sollers l'écrirait mieux que moi: Sade ne doit pas se réduire à sa réputation sulfureuse mais à un nombre : XVIII°. Liberté. Libertin. Libertaire.
Nicky Depasse

Extrait :
"Et vous, aimables débauchés, vous qui, depuis votre jeunesse, n'avez plus d'autres freins que vos désirs, et d'autres lois que vos caprices, que le cynique Dolmancé vous serve d'exemple; allez aussi loin que lui, si, comme lui, vous voulez parcourir toutes les routes de fleurs que la lubricité vous prépare; convainquez-vous à son école que ce n'est qu'en étendant la sphère de ses goûts et de ses fantaisies, que ce n'est qu'en sacrifiant tout à la volupté, que le malheureux individu connu sous le nom d'homme, et jeté malgré lui sur ce triste univers, peut réussir à semer quelques roses sur les épines de la vie.

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28 05 07

Un scaphandre et un papillon à Cannes

SCAPHANDRE pocheJean-Dominique Bauby nous avait boulversé il y a une dizaine d'années avec son récit, le premier livre écrit d'un battement de cils. Rédigé lettre par lettre selon le principe du oui et non par un auteur muré dans un corps inerte, "Le scaphandre et le papillon" est aujourd'hui porté à l'écran.
Sélection officielle du Festival de Cannes 2007, le film a valu à son réalisateur, Julian Schnabel, le prix de la mise en scène. Prix évident tant l'adaptation cinématographique respecte la narration si particulière, la réalité si cruelle.
A noter l'excellente distribution des rôles : Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner, Marie-Josée Croze, Hiam Abbass, Niels Arestrup, Marina Hands (qui vient de recevoir un César), Fiorella Campanella, Jean-Pierre Cassel (dont il s'agit de la dernière apparition à l'écran) et Emma de Caunes.
SCAPHANDRENous ne saurions trop vous recommander la lecture de ce livre poignant qui est un hurlement au "carpe diem", une leçon de vie phé-no-mé-na-le.
Disponible chez Pocket, il vient de reparaître en grand format chez Robert Laffont.
Brice Depasse

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27 05 07

Le nouveau Musso : vous savez pourquoi

MUSSOJ'avoue n'avoir pas pu m'arrêter de lire "Parce que je t'aime" avant d'en tourner la dernière page. Nicky non plus. Résultat : deux nuits blanches.
Guillaume Musso n'a peur de rien. Non content d'aller chercher Dan Brown sur son propre terrain, il l'y bat car il mêle à sa trame une dimension humaine dont le lecteur, d'instinct, perçoit la sincérité.
Au passage, l'auteur (qui a atteint les deux millions d'exemplaires pour quatre romans édités) évoque William Faulkner et Khalil Gibran, la distance entre le mythe de l'Amérique et la réalité, l'inanité de la vengeance sans perdre une once de rythme et de suspense. Beau livre. Chapeau. Le succès populaire de Guillaume Musso va croître de manière exponentielle. Nous savons pourquoi. Si pas vous, l'écouter vous convaincra.
Et dire qu'il va falloir attendre un an avant de lire le prochain !

GUILLAUME MUSSO - Brice Depasse 1
GUILLAUME MUSSO - Brice Depasse 2

_N2E9458_N2E9456 Photos : Nicolas Wibaut (Writer pictures)

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27 05 07

La face cachée du mont Ararat

CORTESAprès l'expédition vers Kaboul, après un Paris-Saïgon en 2CV, la nouvelle aventure d'Edouard Cortès est plus spirituelle, quoique très physique : l'ascension du mont Ararat à la recherche des vestiges de l'Arche de Noé.
Ni naïf, ni mystificateur, le jeune baroudeur emmène le lecteur dans son enquête et dans escalade de la montagne mythique, mythologique.

EDOUARD CORTES - Brice Depasse


ARARAT

Photo : Edouard Cortes

27 05 07

Plongée dans un passé effroyable

CAUVINLe nouveau roman de Patrick Cauvin est un livre majeur dans la bibliographie d'un écrivain qui ne compte pourtant plus les succès. Ecrire un roman pareil après autant d'oeuvres publiées prouve que le feu sacré brûle toujours.
"Venge-moi!" : le dernier souffle d'une mère que la persécution nazie a marquée pour le restant de ses jours. La plaie laissée béante par la barbarie qu'elle a subie dans les camps ne lui a pas permis de mener une vie normale d'autant plus que le mari, lui, n'est jamais revenu. L'enfant unique, dernière victime du drame, auteur des lignes de ce livre a eu une jeunesse sacrifiée par sa mère, malgré elle.
"Venge-moi !" est un tout grand best seller qui s'annonce. Des milliers de lecteurs vont, à n'en pas douter, comme moi, communiquer leur enthousiasme à leur entourage.

PATRCIK CAUVIN - Brice Depasse 1
PATRCIK CAUVIN - Brice Depasse 2

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Photo : Nicolas Wibaut (Writer pictures)

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