23 07 07
Pas de pays pour les vieux hommes
On le sait depuis le dernier Festival de Cannes, les frères Coen ont adapté un des derniers romans de Cormac McCarthy, "Non ce n'est pas pour le vieil homme" (paru chez L'Olivier). "No country for the old men" qui a obtenu le prix Pullitzer cette année, a déjà vu son auteur depuis sortir un deuxième tome sur le même sujet, "The road". McCarthy avec sa plume acérée qui fait passer celle de Russel Banks pour du tendre duvet possède l'univers idéal à la verve de Joël et Ethan Coen : la violence déboulant dans la vie de paumés pathétiques au fin fond des Etats-Unis. L'association des trois est dérangeante et explosive.
Sortie du film en France prévue en février 2008.
Brice Depasse
Extrait : "" Il abaisse les jumelles et examine le terrain tout autour. Puis il les relève. On dirait qu'il y a des hommes allongés par terre. Il enfonce ses bottes dans la rocaille et règle les jumelles. Les véhicules sont des camionnettes à quatre roues motrices ou des Bronco avec de gros pneus tout-terrain et des treuils et des rampes de projecteurs sur le toit. Les hommes ont l'air d'être morts. Il abaisse les jumelles. Puis il les relève. Puis il les abaisse et reste assis là où il est. Rien ne bouge. Il reste ainsi un bon moment. " Lorsque Moss se rapproche, il ne rencontre que des morts et un agonisant. Ayant aperçu des traces de sang dans l'argile, il remonte la piste jusqu'à un nouveau macchabée. Il y a une lourde serviette contre le genou de l'homme mort. Quand il se décide enfin à la ramasser, Moss découvre qu'elle est pleine à ras bord de coupures de cent dollars, rangées par paquets entourés de rubans à billets, chaque paquet étant marqué d'un tampon indiquant un montant de dix mille dollars. " Sa vie tout entière est là devant lui. Jour après jour du matin au soir jusqu'à sa mort. Toute sa vie réduite à vingt kilos de papier dans une sacoche. " Moss sait désormais qu'il ne sera sans doute plus jamais en sécurité tant qu'il vivra. Une impitoyable traque commence, dont il est l'unique proie.Parce qu'il cueille le drame à la racine, Cormac McCarthy touche juste et peut tout dire.
Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (0) |
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