30 09 07

Cet obscur objet ...

LABRUNERéalisatrice de "Si je t'aime prends garde à toi", "Ca ira mieux demain" ou encore "Cause toujours", Jeanne Labrune a dirigé Victoria Abril, Jean-Pierre Darroussin ou encore Nathalie Baye. Avant cela, elle avait écrit Vatel qui fut mis en scène par Roland Joffé.
Aujourd'hui, il ne s'agit plus de scénario mais de roman, le premier, "L'obscur", un livre écrit dans la foulée d'un film qui ne sera jamais réalisé faute de financement (dixit la production).
Abattue mais pas découragée, Jeanne Labrune s'aperçoit qu'elle ne peut s'arrêter d'écrire. Naît alors cette histoire de plusieurs personnages autour d'un homme violent, Tarquette, alias Georges Bourdon, interné dans un hôpital psychiatrique.
Si "L'obscur" comporte quelques scènes difficilement supportables, l'auteure n'abandonne pas ses personnages à leur triste sort : le désespoir. Un premier roman particulièrement réussi.
Nicky Depasse

  JEANNE LABRUNE - Nicky Depasse 1
  JEANNE LABRUNE - Nicky Depasse 2


« L’obscur », Jeanne Labrune, Grasset, 411p, 19,90€

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30 09 07

Verre cassé : dernière

AFFICHEMABANCKOUDu 2 au 24 octobre, ce sera la dernière reprise de "Verre Cassé" au théâtre Poche à Bruxelles. Cette pièce d'après le roman d'Alain Mabanckou, le Prix Renaudot 2006, est un petit bijou de drôlerie, regard impitoyable mais souriant sur le monde social et politique de l’Afrique centrale.
Le Poche vous offre 3 x 2 places pour la représentation du 13 octobre. Participez au tirage au sort, cliquez ici.
Ecoutez l'interview d'Alain Mabanckou en cliquant sur la couverture de son livre.

MABANCKOU

« Verre cassé », Alain Mabanckou, Points, 248p, 6,65€

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29 09 07

L'ère Musso

MUSSO photo jpgMalgré la lame de fond des 727 nouveaux romans de la rentrée littéraire, "Parce que je t'aime" de Guillaume Musso est toujours quatrième des ventes de livres grand format. Mais en édition de poche ... c'est pire : ses trois premiers romans figurent parmi les cinq livres les plus vendus actuellement. Un véritable triomphe public que nous annoncions déjà au printemps 2005 (cliquez sur la photo) et que le Dr Corthouts décortique dans l'article ci-après à la lumière du petit dernier.

« Seras-tu là ? », Guillaume Musso, Pocket, 356p, 5,70€ : Acheter Et après ?

« Et après ? », Guillaume Musso, Pocket, 336p, 5,99€ : Acheter Seras-tu là ?

« Sauve-moi ? », Guillaume Musso, Pocket, 403p, 6,60€ : Acheter Sauve-moi

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29 09 07

Autopsie d'un triomphe par le Dr Corthouts

MUSSOBaignés dans la culture cinématographique anglo-saxonne autant que dans littérature d’outre-atlantique, ceux que l’on nomme « les auteurs de la nouvelle génération française » appellent au fil du temps une comparaison assez amusante avec les metteurs en scène qui les ont inévitablement influencés. A ce petit jeu, idiot je vous l’accorde mais sympathique, Guillaume Musso est sans doute celui qui se rapproche le plus de Steven Spielberg ! A la fois grand public, merveilleux, doté d’un cœur gros comme ça et piqué d’effets un rien appuyés, les romans du « prof de science-éco » ne cesse d’attirer de nouveaux lecteurs… à raison !
Cette fois, le roman démarre dans un Manhattan glacé de poudreuse, le soir de Noël, alors qu’une jolie concertiste échappe de peu à une agression. Elle ne doit son salut qu’à l’intervention d’un SDF qui s’avère être… son mari ! On apprend alors que cinq ans plus tôt, la petite fille de ce couple éclaté a disparu sans laisser de trace, anéantissant par là même le quotidien d’un père psy et d’une mère violoncelliste.
Ce qui pourrait être une « simple » histoire de deuil prend un tour totalement différent lorsque la fillette réapparaît, saine et sauve, sur un trottoir de Los Angeles.
Alors que son artificiel concurrent, Marc Levy, tente l’aventure des oscars en pourchassant une éventuelle légitimité littéraire, Guillaume continue de creuser le sillon du roman populaire, assaisonne son histoire de références qui feront les délices des amateurs et termine par un « twist » que n’aurait pas renié M. Night Shyamalan au temps où il respectait encore les spectateurs. En parfait artisan d’une mécanique de précision qui ne vous lâche pas une seule seconde, Musso parvient à écrire le best-seller presque parfait, celui que l’on ne peut vraiment pas lâcher avant d’avoir enfin compris de quoi il retourne. Champion des fausses pistes (il faut voir comment il joue avec les attentes des lecteurs et évoque la théorie des grands complots), tout à la fois maître des clés et cerbère de la grande porte, ce sacré Guillaume distille non pas un suspense policier, mais bien un roman dont l’atmosphère tout entière baigne dans un subtil mélange de fantastique, de malaise et d’amour pur. On revient alors inévitablement à Spielberg qui, dans le même long métrage est capable de vous arracher quelques larmes, avant de vous terrifier, pour finir dans un éclat de rire… sans que jamais, et c’est là toute la science de ces artisans populaires, qu’un sentiment vienne désamorcer la force d’un autre.
Au fil des interviews, Guillaume Musso répète souvent qu’il écrit « des livres qu’il voudrait lire ». Alors, cela ne fait aucun doute… nous avons les mêmes goûts !
Dr Corthouts

« Parce que je t’aime », Guillaume Musso, XO, 300p, 19,90€

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29 09 07

Deux fils de pub pour 99 F

BEIGBEDER 99FLe "99 francs" de Frédéric Beigbeder est un livre très controversé, culte. Il suffit pour vous en convaincre de lire les 70 (!) commentaires de lecteurs sur Fnac.com. On adore ou on déteste. Je ne parlerai pas de l'image de l'auteur. Aucune influence sur moi. Je ne regarde pas la télévision. Je ne l'y ai jamais vu.
Et donc, j'ai vraiment beaucoup aimé "99 francs". Je ne comprends pas ceux qui prétendent que Beigbeder n'a aucun style. Ils auraient peut-être été de ceux qui, leurs contemporains, vilipendèrent Zola, Céline, Camus. Pour le reste, nous verrons si tout cela vieillira aussi bien. Ce n'est pas à nous d'en décider.
Et le film ? Avec Jan Kounen à la réalisation, les producteurs ont fait un pari : un écrivain controversé + un metteur en scène très controversé = un grand film ou un désastre.
Courez voir "99 francs", soyez smart, quoi !
Brice Depasse

  FREDERIC BEGBEIDER - Brice Depasse


BEIGBEDER Le manuel
Si vous avez apprécié le film, les éditions Télémaque publient "99 francs, le manuel d'utilisation de la société d'hyperconsommation". Dans ce livre, Frédéric Beigbeder (l'auteur - comédien) et Jan Kounen (le réalisateur) ont glissé "tout ce qu’ils n’ont pas pu écrire dans le roman ou montrer dans le film «99 F» : textes et témoignages inédits, fausses publicités, chiffres effarants, dessins exclusifs… "
En couverture, l'affiche du film voulue par Beigbeder et refusée par les producteurs.

Acheter 99 francs, le manuel d'utilisation de la société d'hyperconsommation de Beigbeder et Kounen

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29 09 07

Attention, un G.S. peut en cacher un autre

LIBERSKI G.S.Stefan Liberski, l'ex-Snuls de Canal+, éternel complice de Fred Jannin, mais aussi le réalisateur de Bunker Parardise, est aussi écrivain. Il vient de republier au Grand Miroir son excellent « G.S., écrivain tout simplement » édité à l'origine par Albin Michel en 1996 (lisez notre critique et écoutez Amélie Nothomb en parler en cliquant sur la couverture).
Entretien avec S.L., pardon, avec Stefan Liberski, l'occasion de réentendre une voix très familière mais cette fois, il ne s'agit pas d'un sketch :

  STEFAN LIBERSKI - Brice Depasse

LIBERSKI

Stefan Liberski, « G.S., écrivain tout simplement », Le Grand Miroir, 15 €.

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29 09 07

L'écume des mots

EMMANUEL

Par Vincent Engel (visitez son site).


Dès le titre et l’épigraphe, la présence de Bauchau, oncle de François Emmanuel, se fait sentir. Pourtant, a priori, l’histoire n’appartient pas à l’univers de Bauchau : une noce dans une famille à mystères et à nombreux enfants, au moment où le père a disparu en mer. Un professeur de piano aveugle joue Œdipe, Hyacinthe, la petite-fille, réinvente Antigone cherchant pour son grand-père une impossible sépulture. Cinq enfants de la tribu Fougeray, des petits-enfants, de pesants non-dits. Des morts : les parents, un frère. En quatre parties – la veille, le jour de la noce, la nuit, le lendemain –, à travers un boléro magnifiquement écrit et envoûtant où chaque personnage transmet la parole au suivant, on approche des secrets de cette famille, mais on n’y pénètre jamais. C’est magiquement frustrant, une vague littéraire portée par le courant d’un style parfaitement maîtrisé, parfois lancinant, qui laisse souvent le lecteur sur le seuil. Mais faut-il toujours tout comprendre pour aimer un livre ?

"Regarde la vague", François Emmanuel, Paris : Seuil, 2007, 197p, 17 €

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27 09 07

De Gaulle en maillot de bain

de CortanzeCe titre vous intrigue, n'est-ce pas ? Et pourtant, Gérard de Cortanze n'est pas devenu fou ni provocateur. Tel un Philippe Roth français (dont il n'a d'ailleurs nul besoin de suivre l'exemple), le petit Roero de Cortanze décrit la France d'après-guerre depuis sa conception jusqu'à l'arrivée des Beatles à l'Olympia. A la hauteur de sa famille. Belles années 50 ? Pas autant que ce que la nostalgie du passé voudrait nous faire croire.
Ce livre brillant, chaleureux, intelligent, lucide et nostalgique n'est pas un roman mais un dictionnaire amoureux, intime de la France d'un émigré de la troisième génération, le livre d'un homme qui n'en finit pas de raconter sa famille pour découvrir qui il est.
Brice Depasse

  GERARD DE CORTANZE - Brice Depasse 1
  GERARD DE CORTANZE - Brice Depasse 2


"De Gaulle en maillot de bain", Gérard de Cortanze, Plon, 348p, 21€.

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27 09 07

Sceptique devant la fosse commune

GORGUNJe connais Kenan Görgün. Enfin… Je ne vais pas vous jouer ici le couplet du copinage sauvage, voire de la complicité inévitable entre les critiques et les auteurs. Non. Je connais Kenan Görgün pour l’avoir croisé à plusieurs reprises, lors d’une célèbre Foire du Livre de Bruxelles, sous les pyramides, où l’équipe de Phénix (une revue de l’imaginaire dirigée par Marc Bailly, dont la signature croise parfois dans les eaux bouillantes de Lire est un Plaisir) s’était fait un plaisir d’organiser quelques rencontres avec des écrivains de ce que certains appellent encore de la paralittérature. A l’époque, Kenan Görgün écrivait beaucoup, débordait de projets de toutes sortes et brûlait de ce désir d’être lu et publié.
Vorace lecteur, j’avais eu l’occasion de parcourir certains de ses textes et d’en retirer au moins une certitude : le bougre ne manquait pas d’énergie, ni de style… Mais se foutait comme de sa dernière chemise des règles les plus élémentaires de la narration, bien décidé à secouer le lecteur… pour le simple plaisir de le secouer.
Ses premiers écrits publiés, ce ne fut guère une surprise, prirent la forme de nouvelles. Parce dans cette forme concentrée, où l’histoire a parfois moins d’importance au cœur de la folie des sentiments, ou dans les méandres brûlants d’une idée délirante, Kenan Görgün excelle. L’énergie, déjà citée plus haut, vous explose à la figure, les phrases vous maltraitent avec la force d’un boxeur poids lourd et votre esprit s’extasie devant tant de maîtrise de l’art de la déflagration littéraire.
Aujourd’hui, Kenan Görgün débarque chez Fayard avec ce « Fosse Commune ». Et là, au fil d’un récit qui n’en est pas vraiment un, la faille narrative s’élargit soudain pour engloutir totalement le lecteur et le recracher au bout de cinquante pages… s’il tient jusque-là. N’est pas Dantec qui veut. Et si même l’auteur d’Artefact (dont Brice vous parle ci-avant) épuise au fil de ses disgressions aux odeurs douteuses, que dire d’un « jeune auteur » dont c’est la première tentative de harponner le lecteur dans la cour des grands ? Je connais Kenan Görgün. Et je trouve dommage qu’une grande maison comme Fayard publie en l’état cette brique qui ne manque pas de « moments » mais entérine une espèce de marche folle vers des textes qui confondent style et substance, réflexions et vaines disgressions. Au point de flirter avec les frontières de la fumisterie pure et simple. Evidemment, la cervelle farcie de thrillers et de romans à la mécanique parfaitement huilée, je suis peut-être imperméable au chef-d’œuvre, incapable de surprendre le génie au cœur d’un texte qui n’est pas fait « pour tout le monde ». Mais on touche alors à un élitisme littéraire qui m’énerve encore davantage et qui consiste à porter au pinacle tout ce qui est obscur et torturé, ampoulé et chiadé, dans une espèce d’ultime snobisme qui voudrait que ne plus rien dire, ni raconter, constitue forcément un aboutissement et une réussite.
Je connais Kenan Görgün. Je suis déçu que l’énergie et le talent qu’il possède, se déversent dans cette littérature de poseur.
Ah zut, du coup, je crois que j’ai omis de vous expliquer ce que raconte « Fosse Commune »… Et bien justement, à force de vouloir m’éblouir et me secouer, l’auteur est parvenu à me le faire oublier.
Dr Corthouts

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26 09 07

C'est lui qui le dit

140907_404016_edsAlors qu'il met la dernière main à son prochain livre qui paraîtra en janvier prochain, Eric Zemmour a rempilé pour une nouvelle saison chez Ruquier version "On n'est pas couché". Chargé de casser ou de titiller, disons de critiquer des écrivains, auteurs, gens qui écrivent ou font écrire un livre, Zemmour continue son chemin médiatique sur la télévision grand public entamé avec son livre "Le premier sexe" (écoutez notre interview à ce sujet en cliquant sur la photo ci-contre).
Questions et réponses autour de son prochain roman, de Michel Polac, Eric Naulleau, de son machisme et surtout du rapport à la littérature à la terrasse d'un bistrot de Montparnasse juste après un enregistrement télé.
Nicky Depasse

  ERIC ZEMMOUR - Nicky Depasse 2

Photos : Edouard Smekens / Writer Pictures

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