13 01 08
Mc Carthy récompensé par le Pulitzer
Ce n’est pas tous les jours que le prestigieux Prix Pulitzer est attribué à un roman de genre ! Avec La Route, cette récompense littéraire incontournable de l’autre côté de l’Atlantique tombe dans l’escarcelle d’un auteur qui exploite avec brio les codes du « roman post-apocalyptique ». Un cataclysme dont on ne pourra que deviner l’origine, a réduit le monde à l’état de décor monochrome, où les cendres et la mort se disputent sous un ciel bas, quasiment dénué de soleil. Un homme et son fils, survivants improbables, cheminent au long d’une route qui les conduit vers un El Dorado… Point final fantasmé de toute équipée de ce genre depuis la nuit des temps.
Survivre, manger, échapper aux bandes organisées, avancer, toujours avancer au long d’un serpent de bitume que recouvrent la crasse, la boue, la neige, la poussière d’hommes broyés par on ne sait pas trop quoi… La seule chose que l’on sait c’est que l’écriture de McCarthy résonne au diapason de cet univers réduit à sa plus simple expression. Evacuant les codes d’écritures qui permettent aux lecteurs de structurer l’univers de la page blanche (chapitres, conventions de dialogues, noms de personnages, etc.) McCarthy parvient à fusionner le fond et la forme de son roman jusqu’au point ultime d’identification entre le spectateurs et les « héros » de son histoire.
Un tel parti pris formel, allié à un sujet que l’on a davantage l’habitude de retrouver sous la plume d’auteurs plus « populaires », constitue un véritable pari qui s’est avéré payant dans les pays anglo-saxons, moins frileux lorsqu’il s’agit de mêler genre et mainstream. Sous nos latitudes, un « buzz » électrise soudain le petit landerneau de la critique, attiré par le label Pulitzer… Et semble pousser le roman vers les sommets des listes de vente. Mais ne rêvons pas, dans un sursaut totalement attendu et tellement conventionnel, la plupart des journalistes s’empressent d’éluder l’aspect « genre » de l’œuvre pour n’en garder que le lustre primé. Le contraire eût été étonnant… Reste que « La Route » est un excellent roman. Ardu, âpre, glaçant et excellent.
Dr Corthouts
« La route », de Cormac McCarthy, L’Olivier, janvier 2008, 21€00
Acheter « La route » de Cormac McCarthy
Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (0) |
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