20 11 08
Un OVNI littéraire
Dès le début des années 1950, une belle amitié s’est nouée entre Salvador Dali, l’artiste catalan aux talents multiples, et son éditeur français Michel Déon, qui publia sa Vie secrète en 1951 aux Éditions de la Table Ronde à Paris, avant Les cocus du vieil art moderne chez Fasquelle en 1956, puis le Journal d’un génie, à nouveau à la Table Ronde, en 1964.
Entre les deux, le peintre de et à moustaches lui avait confié, consigné dans un cahier d’écolier ligné, le manuscrit d’une nouvelle surréaliste intitulée Trifolie, que Déon adapta en vue de la publier sous le titre de L’Esputnic du Paubre, avant que le manuscrit ne s’égare… Il a été retrouvé tout récemment, mal classé qu’il était avec d’autres documents, et les Éditions de la Table Ronde viennent de le faire paraître dans une édition en fac-similé du plus bel effet, complétée d’un extrait d’Un bagage pour Vancouver, le livre de souvenirs de Déon paru en 1985, et de pièces d’archives de la maison d’édition (projets de couvertures, rapports de lecture, maquettes et courriers internes divers…). Il en résulte un ouvrage inclassable et inrésumable, surprenant et agaçant, truffé de fautes d’orthographe et de traits de génie, parfaitement dalinien, dans lequel les déchets terrestres finissent par se retrouver dans un satellite lunaire. Le texte commence par un vibrant « Olé ! Tu es belle parce que tes yeux sont plus grands que tes pieds ! » et il se conclut sur un retentissant « Seul Dieu pouvait intervenir, et il intervint comme toujours dans ces moments de pitié cosmique, avec le miracle de la guérison, car à ce moment-là, on aurait dû encore attendre les services des psychopathologues…! » Du grand art (?) (!)
Bernard DELCORD
L’Esputnic du Paubre par Salvador Dali, Paris, Éditions de la Table Ronde, 169 pp.
au format 21 x 31 cm, 45,00 €
Écrit par Brice dans Documents, récits, essais | Commentaires (0) |
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