04 03 09

Les haïkus du désir

les_minutes_celibataires_425D'une écriture remarquable et usant d’une langue fraîche et pure, les micro-nouvelles de Valérie Nimal qui viennent de paraître chez Luce Wilquin à Bruxelles sous le titre Les minutes célibataires expriment, avec une belle minutie et en usant de subtils raccourcis narratifs rappelant les haïkus japonais, l’évanescence des vibrations du désir,
ce balancement entre tête et reins, entre regard et aveuglement, entre douceur et agitation, entre grande vivacité et petite mort…
Chacun de ces 39 textes minuscules (de 2 ou 3 pages à peine, aux titres habilement suggestifs dont le contenu est aux antipodes de ce que l’on s’attend à lire en ouvrant La Bouche, L’agence, Le lit à deux places, L’oreille, L’année du monokini, Les dessous chics, L’ascenseur, La chambre 17, Les frontières de la peau, La fenêtre entrebâillée, La cabine téléphonique…) est une belle bouffée d’oxygène pour l’imagination, une injection de phéromones pour le cerveau droit, une dose d’ecstasy (évidemment…) pour le cerveau gauche, de quoi mettre le lecteur dans tous ses états ! Pas une seule obscénité, bien entendu ; tout dans la suggestion, le non-dit, le tangage vers l’après, vers le « et ensuite » et surtout vers le « ça alors ! »
Un coup magnifique, de plume et de cœur, gracieusement littéraire !
Bernard DELCORD

Les minutes célibataires par Valérie Nimal, Bruxelles, Éditions Luce Wilquin, 107 pp., 12 €

Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (0) |  Facebook | |

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