06 04 09

"J'écris ton nom : liberté !"

pamphletsPar ces temps de libéralisme chancelant, il n’est pas inutile de relire l’un de ses chantres les plus pointus, Frédéric Bastiat (1801-1850), dont les Éditions Les Belles Lettres à Paris rééditent les Pamphlets, un classique jubilatoire composé de textes dont la brièveté n’enlève rien à l’aspect percutant…
Il faut dire que l’auteur s’en prend avec une joie certaine aux dérives de la révolution de 1848 et au caractère foncièrement spoliateur du socialisme et de l’étatisme moderne nés à cette époque. Il y développe au passage une théorie de la justice sociale basée sur la liberté individuelle, prônant la solidarité interpersonnelle, examinant la fonction de l’impôt, de l’enseignement ou de l’argent (il soutiendra en 1849-50 une vive polémique avec Proudhon dans La Voix du peuple au sujet de la gratuité du crédit) et se penchant sur l’exercice du droit de propriété, sur les rapports du droit et de la loi voire sur les interventions de l’État. Au passage, il règle son compte à l’humanisme classique idolâtrant le latin, fondateur de tant de préceptes occidentaux via la civilisation chrétienne, alors que les Romains basaient leur économie, leur morale et leur organisation politique sur le pillage des peuples étrangers, dont l’État romain partageait le butin entre les seuls citoyens (il en résulte depuis lors que « l’État, c’est le vol », que « le patriotisme, c’est l’infamie » et que « la loi supprime les droits »…). Le moins que l’on puisse dire, même si on ne partage pas les options politiques plutôt radicales de l’auteur, c’est qu’il a mis « Émile dans le pan », comme disait Coluche !
Bernard DELCORD

Pamphlets par Frédéric Bastiat, préface de Michel Leter, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Bibliothèque classique de la liberté », mars 2009, 412 pp., 27 €

Écrit par Brice dans Classiques | Commentaires (0) |  Facebook | |

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