29 06 09

Chaaaaarrrrgggeeezzzzz !!!!

FORSTCHENLa littérature populaire américaine possède une tradition de « romans de guerre » qui prend sa source dans les divers conflits qui ont touché cette « jeune » nation. Fascination pour les faits d’armes, descriptions quasi chirurgicales des batailles les plus obscures, ou encore respect scrupuleux de l’organisation très codifiée des corps armés, les auteurs qui surfent sur cette vague connaissent les « ficelles » etl’attachement de leurs fans pour le détail… C’est donc avec une certaine méfiance que j’entrais dans ce Ralliement qui compte les aventures d’un bataillon de Yankees, précipité dans un monde parallèle au sortir d’une rude campagne de la Guerre de Sécession. Allais-je apprendre la longueur exacte des mousquets de l’époque ? Le poids, au gramme près, des dix sept chevaux ayant servis à hâler la pièce d’artillerie principale du siège de Walnut Groove ? Devoir m’extasier sur lesvictoires manichéennes d’un groupe de soldat à la mâchoire carrée ?
Heureusement non !
Les influences de William R.Forstchen sont évidentes dès les premiers chapitres : Le Monde du Fleuve de P. J. Farmer, Une Princesse de Mars de Burrough, une pincée de Moorcock… Le tout saupoudré de réflexions pertinentes sur le pouvoir, la religion, la politique et la morale. Saga épique qui s’étend sur plusieurs volumes (quatre sont déjà annoncés chez Bragelonne/Milady, mais huit bouquins existent en version originale), les aventures de ce Régiment Perdu aux confins d’un univers où se mêlent hommes venus de Russie médiévale, Mayas ou encore géants dévoreurs de chaire humaine ravivent avec bonheur les souvenirs des grandes aventures populaires… dénuées de toute pédanterie. Nerveux sans être hystérique, relevé sans pour autant se complaire dans la vulgarité ou les effetsfaciles, les exploits d’Andrew Keane et sa troupe de Tuniques Bleues allient avec maitrise le divertissement et juste ce qu’il faut de réflexion.
Que demander de plus ?
Dr Corthouts

Regiment Perdu T2 - Rassemblement, de William R. Forstchen, Milady, juillet 2009, 8€00.

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28 06 09

Back In Black !

CHATTAMNew York, mégapole de tous les possibles. De tous les excès. Où la verticalité des buildings s'oppose à celle des souterrains, toujours plus profonds, peuplés de SDF. Où des hommes se déguisent en vampires pour se repaître de la vie de leur partenaire. Où l'industrie pornographique underground se développe à une inquiétante vitesse. Où l'on vend la mort filmée en direct. Au cœur de ce maelström, le journaliste Brady O'Donnel cherche à comprendre le suicide violent de Rubis, actrice de film porno étrangement fascinante…
Maxime Chattam déboule dans le monde du thriller, au début des années 2000 avec la Trilogie du Mal, une somme qui n’a rien à envier aux meilleurs romans américain du genre. S’il laisse, ça et là dans son texte, les prémices de l’une ou l’autre aventure potentielle, l’auteur surprend pourtant son monde en se penchant ensuite sur les expressions diverses de la violence et de la manipulation. Avec Les Arcanes du Chaos ou encore La Théorie Gaïa, l’aventure haletante, les références au Grand Complot et aux manipulations de l’ordre mondial se substituent à l’ambiance policière des premiers romans.
2009 et Maxime Chattam replonge dans l’horreur sombre de la fin des nineties, dépoussière son kit d’expert médicolégal et nous conte la descente aux enfers d’un personnage évoqué lors de la Trilogie du Mal. Brady O’Donnel, reporter photographe et mari d’Annabelle, enquêtrice de choc et de charme. L’Enfer… C’est bien de cela qu’il s’agit, tant Chattam a décidé de ne rien nous épargner dans la description d’un monde souterrain (au propre comme au figuré) qui grouille sous la surface du quotidien. Décidé à nous démonter que le sexe est une des composantes essentielles de notre évolution (au même titre que la violence évoquée dans ses trois précédents romans) Chattam use de toutes les subtilitésde son art pour nous décrire les doutes, les errances et finalement les renoncements de son personnage principal. Moins référentiel que ses romans précédents, cette Promesse des Ténèbres prend des allures de roman de la maturité pour Maxime Chattam, réflexion profonde sur les pulsions humaines, portée par une écriture totalement maîtrisée et une véritable force d’évocation.
Un nouveau pas en avant pour un auteur qui ne cesse de grandir !
Dr Corthouts

  MAXIME CHATTAM - Chris Corthouts 1
  MAXIME CHATTAM - Chris Corthouts 2

La Promesse des Ténèbres, de Maxime Chattam, Albin Michel, mai 2009, 425p., 22€00.

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28 06 09

Génération sacrifiée

DESCOSSEDans une autre vie, François Marchand était psychanalyste. Un des meilleurs. Jusqu'au jour où sa femme fut étranglée par un de ses patients. Depuis, il est devenu flic, spécialisé dans l'étude des profils criminels. Aidé par le lieutenant Julia Drouot, jeune enquêtrice au caractère entier et au passé douloureux, il va être confronté à des meurtres barbares, sans logique apparente, commis aux quatre coins de la France sur des adolescents. Ensemble, les deux enquêteurs se lanceront sur la piste d'un tueur dont la folie et l'ingéniosité semblent n'avoir aucune limite. Pour le cerner, ils n'auront qu'un seul choix : percer les codes déroutants et complexes d'une génération sacrifiée. Membre émérite et fondateur de la Ligue de l'Imaginaire, cercle peu fermé des auteurs de thriller à la française, Olivier Descosse se trouve comme un poisson dans l'eau au coeur des courants troubles de l'âme torturée. Ici, il s'agit surtout de l'âme de la jeunesse d'aujourd'hui, perdue dans un monde où être c'est avoir et où les codes de reconnaissance sociale sont brouillés au jour le jour par les sursauts de la mode et du prêt-à-penser. Avec un sens aigu du suspense – nous sommes bien ici entre les couvertures d'un « page turner » comme dirait notre Brice de chef ! - et une caractérisation classique, mais efficace, Descosse décortique le malaise d'une jeunesse perdue, génération sacrifiée et scarifiée sur l'autel d'une étrange liberté voulue par des adultes eux-même frappés d'immaturité. Malin, l'auteur évite tout de même la pirouette finale et renvoie plutôt les générations non pas dos à dos, mais côté à côté sur le chemin d'une redécouverte réciproque... mais peut-être illusoire. Du thriller solide,pour s'interroger sous le parasol.
Dr Corthouts

Les Enfants du Néant, de Olivier Descosse, Michel Lafon, avril 2009, 435p., 20€00.

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28 06 09

Moi, Anne, mère du Roi

ALEXANDRELes oubliés de l'Histoire sont innombrables. D'autant plus oubliés quand ils ont vécu dans l'ombre du Roi soleil qui, question ombre, a du en faire pas mal, affublé d'un tel sobriquet.
Après le Montespan de Jean Teulé, c'est au tour de la reine Anne, mère de Louis XIV, d'avoir les honneurs de la littérature d'aujourd'hui : Anne d'Autriche, rendue célèbre par Alexandre Dumas dans Les trois mousquetaires à cause de son amour pour le duc de Buckingham. Qu'y a-t-il de vrai dans ses rapports mythiques avec Richelieu, Mazarin, Buckingham, son mari Louis XIII ou encore le Prince de Condé ? C'est le propos de Philippe Alexandre (journaliste politique popularisé par la radio périphérique et la télé) et Béatrix de l'Aulnoit dans ce livre qui n'est pas ans rappeler les grandes heures littéraires de Castelot et Decaux.
Brice Depasse

  PHILIPPE ALEXANDRE - Brice Depasse 1
  PHILIPPE ALEXANDRE - Brice Depasse 2

Pour Mon Fils pour Mon Roi, de Philippe Alexandre et Béatrix de l'Aulnoit, Robert Laffont, avril 2009, 365p., 21€00.

28 06 09

Et la tendresse, bordel ?

decorationPréfacé par Régine Deforges qui commença comme éditrice de livres X, l’ouvrage de Frank Spengler et Frédéric Ploton
(le bien nommé) qui a paru aux Éditions Blanche à Paris et s’intitule 1969-2009 années érotiques fait véritablement dans la dentelle : celle du frou-frou, des soutifs en satin de couleur, des porte-jarretelles sur bas cousus et des strings perdus dans la masse. Évoquant, moult photographies à l’appui, l’émergence, dans les années 70, d’une provocation radicale aux connotations de plus en plus explicitement sexuelles et violentes (Woodstock, le mouvement hippy, les pochettes des Doors, les chansons allusives de Gainsbourg avec Bardot puis avec Birkin, les gesticulations des Stones, les fesses de Polnareff placardées dans Paris, le succès de films comme Emmanuelle, Oh Calcutta !, Le dernier tango à Paris, Orange mécanique, L’Empire des sens et de magazines comme Lui, Charlie Hebdo ou L’Écho des savanes, les premiers triomphes de Brigitte Lahaie…), l’ouvrage montre sans le vouloir à quel glissement progressif du discours se livre la quête de plus en plus explicite et ostentatoire du désir et du plaisir physique qui abandonnent la sphère privée pour devenir outil de communication et pompe à fric. Les tenues de scène de Madonna ou celles de Grace Jones, le culte du corps instrumentalisé par la vieillissante Jane Fonda devenue papesse du fitness, les films 9 semaines et demi ou Tendres cousines de David Hamilton, la diffusion de films pornos sur Canal + ou les tenues de Jean-Paul Gaultier et de Chantal Thomass, L’Amant de Marguerite Duras ou l’élection de la Cicciolina ont constitué, dans les années 80, une transition vers la « gaytitude » des années 90, et le porno chic, et Doc et Difool à l’antenne de Fun Radio, et NTM, et Snoop Dog, et Basic Instinct, et l’actrice Katsumi, et les seins monstrueux de Lolo Ferrari, et la pipe de Mlle Lewinsky… Aujourd’hui, Internet et le sexe virtuel (le sida est passé par là), les Chippendales et Sex and the City, Rocco Siffredi et le zizi sexuel de Titeuf, les sextoys dans les hypermarchés et La Vie sexuelle de Catherine M. démontrent à suffisance que le mot « sexe » fait vendre tout et n’importe quoi… Sauf de l’amour et du rêve.
Bernard DELCORD

1969-2009 années érotiques par Frank Spengler et Frédéric Ploton, préface de Régine Deforges, Paris, Éditions Blanche, 2009, 21 €

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28 06 09

Non dire fregnacce ! (« Ne dis pas de conneries ! »)

cochonneAvec Je parle italien comme un(e) cochon(ne) rédigé par Béatrice Passera (cherchez la contrepèterie…), les Éditions Blanche à Paris poursuivent les expérimentations péripatético-pédagogiques entamées avec d’autres langues (l’anglais, l’allemand et l’espagnol) et avec les mathématiques. Fondant sa méthode d’apprentissage sur les éléments fédérateurs que sont « la famille, le sexe et la bouffe » et après avoir finement remarqué que « la plupart des mots désignant le sexe masculin sont au féminin en français mais pas en italien », l’auteure lance l’apprenant à la découverte des arcanes de la vie corporelle (de la tête aux… pieds), sexuelle (pour prendre son pied), fonctionnelle (pour aller où le roi va à pied) et sociale (pour partir du bon pied) de la Botte, sans omettre ce qui touche à l’argent, aux bagnoles, au boulot, aux animaux, à l’amusement, aux flics, aux voleurs et à la drogue tout en terminant par d’intéressantes listes d’injures (« bordel » se dit « casino » dans l’idiome du Dante, tandis qu’« idiot » s’y traduit par
« fesso » et qu’« imbécile » s’y dit « idiot », allez savoir pourquoi…).
Le vocabulaire abordé est riche et varié, les leçons passionnantes et les exercices pratiques plutôt créatifs. Attention toutefois aux faux amis, car il ne faut pas confondre « Pinocchio » et
« finoccio » (qui qualifie davantage les invertis que les marionnettes à long nez) ou « sono in sciopero » (« je suis en grève ») et « ti scopero » (« je vais te baiser »). C’est à ces petits détails qu’on devine qui use d’une bonne langue ou pas, non ?
Bernard DELCORD

Je parle italien comme un(e) cochon(ne) par Béatrice Passera, Paris, Éditions Blanche, avril 2009, 123 pp., broché, 12 €

27 06 09

New York ne répond plus…

PRESTON CHILD2Après Le Violon du Diable, voici donc venir le deuxième volume de latrilogie que Douglas Preston et Lincoln Child consacrent à la lutte à mort entre Aloysius Pendergast, génial agent du FBI et son frère Diogene, génial agent… dumal ! Cette fois, les choses prennent une toute autre dimension lorsque le lieutenant D’Agosta reçoit un courrier d’entre les morts. L’agent du FBI aurait-il passé l’arme à gauche, laissant le champ libre à son frère pour mettre New-York sens dessus dessous ?C’est évidemment bien mal connaître Pendergast, croisement improbable entre Sherlock Holmes, Bruce Lee et Fox Mulder !
Dans ce second volume des chroniques d’une lutte annoncée entre deux frères posés aux extrémités de l’échiquier moral, Preston et Child tissent une trame serrée, au rythme soutenu, où certains personnages de leur univers new-yorkais servent d’intelligents seconds rôles pour renforcer l’impression d’identification de la part des lecteurs. Parfois un peu trop auto-référentiel, cette Danse de Mort ne déroge pas à la règled’une deuxième partie plus sombre, équivalent littéraire du second acte d’un opéra où tout semble irrémédiablement perdu… avant l’intervention surprise d’une cavalerie pas comme les autres.
Une excellente lecture poche de l’été mais que l’on conseillera tout de même de précéder par un retour salutaire sur Le Violon du Diable qui jette les bases d’un univers riche et divertissant trouvant sa conclusion dans Le Livre des Trépassés, à paraître dans quelques mois au format poche.
Dr Corthouts

Danse de mort, Preston & Child, J'ai Lu, mai 2009, 510p., 8€00.

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27 06 09

La Croisière Maudite

PRESTON CHILDPreston et Child poursuivent donc les aventures de Pendergast, l’agent du FBI pas comme les autres, croisement improbable entre Sherlock Holmes, Bruce Lee et ce bout-en-train de Fox Mulder ! Cette fois, notre homme, accompagné de la douce Constance, retrouve le monastère tibétain où s’est forgée sa connaissance des arts martiaux. Son idée ? Convaincre les moines d’initier Constance. Ces choses faites, les événements étranges ne tardent pas à rattraper notre raffinéenquêteur, puisqu’il se lance sur les traces d’un artefact mystérieux, au pouvoir sans limite. Sur le pont du Britania, paquebot de luxe grand comme plusieurs millions de gondoles vénitiennes, le destin de Pendergast et Constance se mêle à celui d’une puissance maléfique… Et l’avenir du monde est dans la balance.
La formule de Preston et Child est aujourd’hui connue. Mystère, ancienne civilisation, une petite dose de fantastique, un peu d’humour et de tragédie familiale. Le tout rehaussé d’une bonne dose de technologie et/ou d’exotisme. Dans cet esprit, La Croisière Maudite coche toutes les cases… mais oublie parfois de progresser sur le plan narratif pour s’abandonner à une contemplation de mauvais aloi. Descriptions sans fin, décors fabuleux mais surexposés, enjeux dramatiques un peu légers, … Il faut arriver dans la dernière partie de l’intrigue pour que les deux auteurs écrasent soudain la pédale d’accélérateur et retrouvent la verve et le rythme qui ont fait le succès de Relic ou du Cabinet des Curiosité. Une Pendergast pour les fans donc. Et peut-être pas pour les novices du duo dynamique.
Dr Corthouts

Croisière maudite, Preston & Child, L'Archip'l, mai 2009, 472p., 23€95.

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27 06 09

Rage Hard !

RAGEVous êtes peut-être le prochain. Tout à coup, sans raison, vous assassinez vos voisins, vos amis, votre famille, de manière brutale, vicieuse et sans pitié. Est-ce un virus, une attaque terroriste ou quelque chose de plus primaire, tapi depuis toujours au fond de vous ? Mais ne paniquez pas. Mettez-vous à l'abri. Nous maîtrisons la situation. Attendez de nouvelles instructions. Ou nous vous maîtriserons, vous.
Rares sont les romans qui provoquent chez votre serviteur une réaction aussi contrastée que ce « Rage » de David Moody. Cet auteur anglais s’est fait connaître dans le petit monde de l’édition grâce à la distribution gratuite de son premier roman sur le net. Coup de poker payant, puisque le bonhomme tutoie aujourd’hui les producteurs hollywoodiens et est publié par un des géants du livre américain.Réaction contrastée, pourquoi ? Parce que les prémices, intéressantes, de ce roman, se muent rapidement en une répétition un peu soûlante (et systématique) de scènes chocs et de plongées tendues dans le quotidien du personnage principal. Certes, on ne peut nier que Moody sait entretenir le suspense et dépeint comme peu d’auteurs la lourdeur du quotidien… mais à la cinquième fausse alerte, le processus commence franchement à sentir le pâté. Il faut ensuite attendre la « surprise » centrale pour que l’intérêt renaisse quelque peu, sans pourtant sauver le roman d’une note en demi-teinte. Soit un auteur doué pour le suspense et la critique sociale mais qui aurait pu accrocher son propos sur unestructure rythmée de façon moins monotone.
Dr Corthouts

Rage, David Moody, Milady, juin 2009, 348p., 7€00.

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27 06 09

La reine des pastels

DUBOISDécouvrez J'ai très peur !, le dernier album de Claude K. Dubois (Pastel, Ecole des loisirs) mais aussi tout son univers dont le célèbre Puni-cagibi ! en compagnie de Nicky.
Entretien réalisé dans le cadre de notre émission Livre de bord.

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