03 09 09
Ecriture Automatique
Et oui ! Parfois il m’arrive de laisser tomber la vieille blouse blanche et le scalpel du Dr Corthouts pour me laisser aller à lire d’autres trucs. Vous savez, ces romans avec des couvertures toutes simples (ici, elle est jaune pâle…) dotée d’un bandeau qui hurle à la face du monde le nom de l’auteur (parce que, de toute façon, le titre, y a des chances que personne ne va le retenir) et dont les journaux/radio/télés parleront durant les quinze premiers jours de la rentrée littéraire (cetétrange embouteillage livresque qui ne semble se définir qu’en nombre detitres sortis, en polémiquettes et autres « premier roman » de jeune femme apparemment propre sur elle qui ont passé leur été à se faire prendre par des Danois (les chiens, pas les étudiants au(x) paire(s)), ça y est je viens d’inaugurer l’effet de la parenthèse dans la parenthèse, je vous dis pas le bazar quand je fais devoir refermer tout cela… Il va y avoir des courants d’air, c’est certain.)
Où en étais-je ? Ah oui, j’ai lu le dernier roman de Fred. Ahlala. Fred, je l’aime bien. Oui. Lorsqu’il prend la pose sur la plateau de Canal + ou qu’il s’amuse à mettre notre époque en boite, au fil de magnifiques mises en abîme où les publicitaires shootés et les femmes faciles défilent comme à la parade entre deux name-droping bien casse burnes pour le landerneau du show-bizzzzz. C’est blinquant, c’est drôle et surtout cela dit pas mal de choses sur notre époque. Mais là, Fred, je dois bien avouer que j’ai trouvé la lame un peu émoussée. Tu me dirasque tu préviens dés le départ. Tu vas te retourner sur une enfance plutôt banale, tu avoues que tu as plutôt vécu le cul dans le beurre et que tes jérémiades risquent de passer pour les braillements un peu ridicules d’un pauvre petit garçon riche qui n’ose pas regarder la réalité en face. Et surtout tu t’empresses à tour de pages d’accuser, de façon un peu bateau tu en conviendras, la société, l’évolution des mœurs ou encore les résurgences psychanalytiques de tous tes maux. Ce que j’ai adoré dans ce roman c’est lorsque tu t’accuses d’avoir été un enfant avec un esprit d’adulte… Puis un adulte avec un esprit d’enfant. Je n’ai pas ton sens de la formule, mais tu te souviens du passage, je suppose ?
Ailleurs, c’est toi qui hurle aussi que les parents s’explosent l’esprit à force de tout sacrifier à leur progéniture, de s’oublier dans un obligatoire sacrifice sur l’autel de la génération qui vient. Tu ne m’en voudras donc pas de reprendre l’argument et de ne pas sacrifier mon esprit critique et mon plaisir de lecteur à l’enfant-gâté de la littérature qui a rédigé ce roman français. Il y a des fulgurances dans tes pages de rentrée Fred, des vrais morceaux de tendresse et d’émotion. Mais il y aussi des accès de nombrilisme fatiguant, des croisades puériles, des clichés que tu as toi-même trop bien explosés/exposés dans tes autres romans. Je crois que tu as écrit ce roman avec sincérité, mais avec le nez collé contre le rétroviseur… Du coup,la route devant, l’intérieur de la berline, le décor, tout ça. C’est de l'écriture automatique, de la provoc’ de prisu et du bon mot en boîte.
Je voudrais bien que tu oses, Fred. Ecrire un autre livre de Beigbeder. Comme Windows of The World tiens…
Chris Corthouts
Un roman français, Frédéric Beigbeder, Grasset, août 2009, 281p., 18€00
Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (2) |
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Commentaires
Un roman français… une notion bien médiocre du genre En se permettant de titrer sa prose ainsi, Fred — comme l'appelle Chris — prend son seul risque littéraire de la rentrée, à savoir, penser que ce qu'il vient de pondre correspond au genre littéraire de notre époque. Fred va nous donner une leçon de littérature contemporaine, après "le nouveau roman", voici "le roman français".
Chris a raison, qu'en a-t-on à faire de l'enfance de ce gaté-pourri qui n'a souffert que du manque de souffrance? A force d'écrire en se regardant le nombril dans le miroir, Beigbeder finit par écrire à l'envers, à l'envers des possibilités qu'il possède très certainement. Fallait-il qu'il rende une copie en temps voulu? Devait-il entretenir une machine marketée à outrance qui lui imposait de produire "just in time"?
Ce livre souffre d'un manque de style, c'est du brut de conversation. Le seul point qui le sauve, c'est que Fred en a, de la conversation.
Que peut nous importer de savoir que certains nantis finissent leur soirée au commissariat parce qu'ils se sont rebellé — oh, la, la! — en se shootant les narines sur le capot d'une voiture… en pleine rue… quelle aventure! Quel héritage socio-culturel nous livre là l'auteur! Lisez petits consolecteurs, je fais partie du cercle des écrivains — d'ailleurs, je le répète haut et fort plusieurs fois pour vous le rappeler, je suis un éccccrivvvvain! —, de ceux qui se droguent, de ceux qui bravent la maréchaussée, comme le font tous les pochards en fin de nuit, quand leur esprit embué n'arrive plus à contrôler un flux de mots désemparés, celui des alcooliques, des camés, des pochtrons. Écoutez, je cite des grands auteurs — dont je fais partie puisque je les connais et que j'écrivaille. Regardez-moi, écoutez-moi, moi, moi, celui qui vampirise les médias quand j'ai besoin de vendre, d'exister, de prétendre à la notoriété.
Fred, tu vaux certainement plus que cela, mais tu choisis ton monde, tu modèles ton image selon tes fantasmes. On te dit beau, intelligent, cultivé… (en veux-tu encore?). Alors, pour un instant, pense à ton épitaphe. "J'ai fais le clown durant ma vie, mais je n'ai pas fait rire", ou bien "j'ai visé le caniveau quand je pouvais atteindre les sommets". Tu attendras les sommets que tu t'autoriseras. Tu te crois libre, grand et fort, maître du monde, mais voilà, on n'est jamais maître que de son petit monde.
Écrit par : Dominique | 12.09.2009
roman Bonjour,
Puis-je vous suggérer le dernier roman d’Hayat El Yamani (je suis un de ces amis), « REVE D’ENVOL », publié aux éditions Anne Carrière.
Cet auteur écrivain et ingénieur ne fait pas partie du top 10 des romanciers qui font la une de tous les journaux, et qui ne laissent bien peu de place aux débutants,
mais son livre est déjà classé 9eme (selon la Fnac), un mois après sa publication, parmi les 529 livres de son éditeur .
Pour vous donner envie de le lire, vous pouvez consulter www.revedenvol.com ou www.elyamani.com
Merci de votre attention et je suis preneur de toute l’aide ou conseils que vous pourriez nous apporter.
Cordialement
Roger BOSCHER
Écrit par : boscher | 18.09.2009
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