29 09 09
Vae victis !
En mai 1940, les séides soviétiques du NKVD (la Gestapo de Staline) procédaient à la « liquidation » de 27 500 officiers et résistants polonais qu’ils avaient faits prisonniers et dont on retrouverait 4500 cadavres trois ans plus tard, dans une forêt proche d’un des innombrables villages affublés du nom de Katyn en souvenir de la Grande Catherine. C’était quelques mois après l’ignominieuse agression de la Pologne par l’URSS, venue à la curée en septembre 1939, durant la Blitzkrieg hitlérienne contre la patrie de Chopin. Quand on découvrit les premiers corps en janvier 1943, les nazis, parce qu’ils savaient pertinemment qu’ils n’avaient pas commis le crime, s’empressèrent de le faire connaître à la terre entière en faisant visiter le charnier par des experts internationaux réunis sous la bannière de la Croix-Rouge et par des délégations de toutes sortes venues de toute l’Europe occupée. Après 1945, les vainqueurs soviétiques voulurent faire endosser par les Allemands la responsabilité du massacre, mais le tribunal de Nuremberg ne les suivit pas dans cette voie. Ils persistèrent néanmoins dans leurs allégations, soutenus en Occident par les intellectuels communistes, jusqu’à ce que, le 13 avril 1990, la Russie fasse enfin contrition. Saluons la parution récente, chez André Versaille éditeur à Bruxelles sous le titre Katyn, la vérité sur un crime de guerre, d’une fort percutante étude de la question par l’historienne Alexandra Viatteau. Avec une précision remarquable, elle remonte le fil de cette histoire sanglante et assène quelques vérités qu’il est bon de rappeler en ces temps de « devoir de mémoire ». Ajoutons, en nous fondant sur le témoignage que nous avons reçu de Pierre Hubermont, un écrivain belge d’extrême gauche (et collabo…) qui assista à l’ouverture des fosses de Katyn en 1943, qu’il est probable que ce crime stalinien visait à laver l’affront subi en 1920 par l’Armée Rouge avec la défaite de la 1e armée de cavalerie de Boudienny (consécutive d’intrigues de Staline himself), quand les troupes polonaises, menées par Pilsudski, Sikorski et Weygand, manquèrent de peu leur tentative d’écrasement du régime des Soviets qui en fut réduit à mendier la paix en 1921.
Bernard DELCORD
Katyn, la vérité sur un crime de guerre par Alexandra Viatteau, Bruxelles, André Versaille éditeur, juin 2009, 224 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 21 cm sous couverture souple en quadrichromie, 19,90 €
Écrit par Brice dans Histoire | Commentaires (0) |
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