18 02 10

Ciel, mes bijoux !

Sarah mourait si bienLa grande tragédienne française Sarah Bernhardt (1844-1923) excellait dans l’art de tuer ou de mourir sur scène, et cela n’a pas échappé à notre compatriote Martine Cardière puisqu’elle a fait paraître récemment un roman policier épatant autant que captivant intitulé Sarah mourait si bien... dans lequel une avocate belge d’origine corse se fait assassiner en 2008 à Bruxelles en raison du vol des bijoux de l’actrice parisienne commis par un malfrat américain… le 23 janvier 1899 !
Avec un joli brin de plume et un bel art de la narration, que nous situerions à l’intersection des talents de Georges Simenon et d’Agatha Christie, l’auteure mêle habilement le passé (quelques grandes représentations, à Paris, à Bruxelles et à New York de la star qui fut d’abord fichée en 1873 par la police parisienne dans le registre des courtisanes avant de concevoir un enfant avec le prince Henri de Ligne puis d’incarner Andromaque, Phèdre, Marguerite Gautier, Lady MacBeth, Théodora, Lorenzaccio, Médée, L’Aiglon, Pelléas, Athalie…) et le présent (l’enquête est menée par un gendarme originaire de l’Île de Beauté, parent éloigné de la défunte, et les rebondissements sont nombreux, les personnages surprenants, les pistes multiples, la solution inattendue…) dans un récit tout en nuances et en subtilité, excellemment dialogué. Une belle réussite !
Bernard DELCORD

Sarah mourait si bien… par Martine Cadière, Liège, Éditions Dricot, 2009, 244 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 20,7 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 15 €

Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (0) |  Facebook | |

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