26 02 10

Harlan as-tu du coeur ? Oui.

cobenAh ! Quel farceur ce Harlan Coben ! Mais si... Tenez à longueur d'interview, il nous assure que ses romans sont toujours des histoires simples, d'hommes ordinaires, qui, sous l'influence de leur passé, doivent se coltiner d'étranges et dangereux bouleversements. Les tueurs en série indestructibles, ou encore les grands complots internationaux, c'est pas son truc ! Du tout. C'est d'ailleurs pour cela que Sans Laisser d'Adresse est une histoire... de grand complot international ! Bon...
Toute taquinerie mise à part, Harlan est donc de retour en terrefrancophone (il sera à Paris dans quelques jours...) avec sa livraisonannuelle de suspense, de retournement de situation à vous arracher lesyeux de la tête et de personnages terriblement attachants.
Bien décidé à bousculer quelque peu la formule qui a fait son succès,Harlan Coben prend la précaution de se lancer dans l'aventure en bonnecompagnie. Plutôt que de nous forger une nouvelle galerie depersonnages, il fait appel à Myron Bolitar, afin d'asseoir son histoiredans un univers au minimum familier.
Après sept ans de silence, Terese Collins, une ex-petite amie du"détective privé agent sportif amateur de lait chocolaté", donne enfinde ses nouvelles. Elle appelle Myron au secours, emmêlée qu'elle estdans une affaire pas très claire sur les bords de la Seine. A peine letemps pour Bolitar de traverser l'Atlantique que les cadavres commencentà fleurir sur les trottoirs de Paris... et que la police française severrait bien en train de jeter le fier Amerloque au fond d'une geôle. Lasituation ne s'améliore pas lorsque Myron se retrouve entre les mains desombres individus versés dans l'art de la torture...
Pied au plancher. Cela semble avoir été le mot d'ordre pour Coben lorsde l'écriture de ce roman. Après un Sans un mot un rien pédestre,qui ressemblait davantage à un « best of » qu'à un vrai « nouveau »roman, Sans Laisser d'Adresse prouve de façon magistrale que Coben aencore quelques cartouches dans son long-rifle ! Plongeant tête lapremière dans un univers mille fois visité par les auteurs de thrillers,Harlan le double-mètre parvient à se jouer des codes, à éclairer dessituations mille fois vues de façon originale... Et surtout injecte unebonne dose de coeur dans un cadre de référence où l'efficacité se mesuredavantage à l'aune de l'épaisseur des muscles du héros qu'à la subtilitéde sa psychologie. De l'action Sans Laisser d'Adresse n'en manquepas non plus... On peut pour cela faire confiance au personnage de Win,double amoral de Bolitar et jouissif élagueur de criminels en toutgenre. Mais au final, c'est l'humanisme du propos que le lecteurretiendra en refermant, aux petites heures, cette palpitante livraisonannuelle.
Dr Corthouts

Sans laisser d'adresse, Harlan Coben, Belfond, mars 2010, 399p., 17€50.

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