08 03 10

L’amour, la guerre, la mort…

Lettres à LouVoilà que les Éditions Gallimard sortent une nouvelle édition des Lettres à Lou de Guillaume Apollinaire, complétée de quelques missives inédites. On sait que l’artiste, de son vrai nom Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary de Wąż-Kostrowicki, était né polonais le 26 août 1880 à Rome, qu’il demanda à être naturalisé français en décembre 1914 (il le fut en mars 1916), qu’il s’engagea aussitôt comme volontaire (il fut affecté à Nîmes,
le 6 décembre, au 38e régiment d’artillerie de campagne) et qu’il est mort à Paris le 9 novembre 1918, miné par une blessure à la tête et terrassé par la grippe espagnole.
En septembre 1914, il avait fait la connaissance à Nice de Louise de Coligny-Châtillon (qu’il appellera Lou), dont il fut grandement épris et avec qui il entretint une relation compliquée.
Certaines des lettres qu’il lui écrivit — les poèmes — ont été publiées en 1947 sous le titre d’Ombres de mon amour puis en 1959 sous celui de Poèmes à Lou, et l’ensemble de cette correspondance a paru en 1990 sous le titre de Lettres à Lou.Apollinaire est l'un des plus grands poètes français du début du XXe siècle, auteur notamment du Pont Mirabeau. Il a écrit également des nouvelles et des romans érotiques tout en pratiquant le calligramme (un terme de son invention, qui désigne ses poèmes écrits en forme de dessins et non sous l’apparence classique de vers groupés en strophes). Ami de Picasso, de Marie Laurencin, d’André Derain, de Maurice de Vlaminck et du Douanier Rousseau, il fut le chantre de toutes les avant-gardes artistiques, notamment le cubisme, et le précurseur du surréalisme dont il a créé l’appellation.
Ses Lettres à Lou constituent un témoignage amoureux émouvant autant qu’une mine de renseignements sur la Première Guerre mondiale vécue par un « pousse-caillou » de base doté d’un sens aigu de l’observation et d’un immense talent de narration. Une sorte de « Make love, not war » d’un demi-siècle avant mai 68…
Bernard DELCORD

Lettres à Lou par Guillaume Apollinaire, Paris, Éditions Gallimard, collection
« L’imaginaire », 531 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleur, 2010, 12 €

Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (0) |  Facebook | |

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