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Pan dans la tronche !

Silence, les agneauxL'article ci-dessous a paru le 10 mars 2010 dans les colonnes de l'hebdomadaire satirique bruxellois PAN :

Dans Silence, les agneaux qui vient de paraître aux Éditions Luc Pire, le chroniqueur économique de Bel RTL Ludovic Delory flanque une fameuse (et hilarante) volée de bois vert à la gens politica de Ce Pays et daube la façon dont elle entube, tous partis confondus, les braves électeurs systématiquement et perpétuellement pris pour des cons. Car l’État, ce n’est pas moi, ce n’est pas nous, c’est eux ! Entre ceux qui affectent de croire à la main invisible du vote, ceux qui taxent le travail pour encourager le chômage, ceux qui pensent que la loi peut tout réguler, y compris les sentiments et les opinions (mais pas la connerie, semble-t-il, ni de ceux qui l’édictent ni de ceux qui l’appliquent…), ceux qui, déjà riches, spolient les pauvres au nom du réchauffement climatique, ceux qui se fondent sur de
« savants » experts tenant des propos off records opposés à ce qu’ils énoncent froidement à l’antenne, ceux qui organisent la pénurie de logements sociaux par clientélisme électoral, ceux qui génèrent le chômage par leur politique d’investissements « verts », ceux qui veulent censurer Internet pour faire taire les citoyens, ceux qui pervertissent Voltaire en s’exclamant, au nom de la liberté et de la tolérance : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites et je me battrai jusqu’au bout pour que vous ne puissiez plus le dire », ceux qui font sous eux à l’idée que la science « interfère avec la nature » (comme si cette dernière était parée de toutes les perfections, idée de bobos urbains qui n’en connaissent que ce qu’ils en voient durant leurs vacances ou durant le week-end depuis la terrasse de leur maison de campagne), ceux qui approuvent toutes les grèves par principe, ceux qui claquent des sommes astronomiques pour des happenings artistiques regardés seulement par des SDF et des mendiants, ceux qui pensent avec le publicitaire pour politiciens Jacques Séguéla que « si à 50 ans on n’a pas une Rolex, on a raté sa vie », les coups de Kalachnikov ne se perdent pas pour tout le monde dans ce petit essai salutaire et jubilatoire… rédigé par un tonton flingueur de première !
PANTHOTAL

Silence, les agneaux par Ludovic Delory, Bruxelles, Éditions Luc Pire, février 2010, 304 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleur, 13 €

Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (10) |  Facebook | |

Commentaires

Je ne partage pas du tout votre point de vue enthousiaste sur cet ouvrage. Delory flingue, certes, à la mitrailleuse, même, mais à quel prix? Cet ouvrage est une escroquerie intellectuelle, une somme de tours de passe-passe propres aux baratineurs: quelques exemples ponctuels supposés démontrer le désastre de toute intervention publique (mais ça ne démontre rien du tout, si ce n'est que ce sont des exemples), censés prouver (sans aucune argumentation) que le marché est automatiquement supérieur. C'est comme si on prenait l'exemple de quelques accidents de la route pour prouver que le code de la route est catastrophique et, surtout, que sans lui on aurait beaucoup moins d'accidents. Le mode de raisonnement de Delory, c'est le cogito interruptus: l'accumulation de "preuves" supposées démontrer quelque chose, mais sans démonstration, sans argument rationnel, et surtout en laissant au lecteur le soin de créer (ou inventer) les liens logiques manquant à la démonstration, que suggère l'auteur par allusions, sans pouvoir les avancer lui-même car ils sont imaginaires ou faux. Ce faisant, l'auteur se contredit de nombreuses fois, tout étant bon pour asséner sa conception néo-libérale de la société, la cohérence étant moins nécessaire que prouver à tout prix la supériorité du "marché libre" sur toute forme d'organisation sociale, c'est-à-dire, au fond, sur la civilisation. Delory nous convie à un acte de foi: la foi en le marché, la foi car il ne prouve rien, mais transmet une vérité prétendument révélée par les instigateurs de la pensée néo-libérale.
Pour couronner le tout, l'ensemble du bouquin est traversé par des relents certains de poujadisme (mais qui ne vous dérangera sans doute pas), et de populisme consistant à opposer les élites —savants, politiciens...— trompeuses et aveuglées par une idéologie aux "vrais gens" qui seraient dans la réalité, avec un vocabulaire qui ne dépareillerait pas dans un discours d'extrême-droite.
En résumé, ramenons ce bouquin à de plus justes proportions: plus qu'un brûlot dénonçant une fois pour toutes la gabegie de l'état, c'est juste un énième livre paraphrasant les thèses sur l'état de von Mises, Hayek et compagnie, illustré avec des faits divers wallons, et emballé dans un langage pseudo-intellectuel (citations ronflantes et nombreuses notes en bas de page) qui peut faire illusion voire flatter le lecteur qui croira lire un traité universitaire, mais qui est creux, de peu d'intérêt et résiste assez peu à tout examen critique rationnel un peu honnête.

Écrit par : Jérôme I. | 13.03.2010

J'ai souri en lisant votre texte, surtout la fin de la dernière phrase, que vous n'appliquez pas à vous-même, j'espère ?

Écrit par : PANTHOTAL | 21.03.2010

Panthotal,
Je suis prêt à vous prendre au mot. Expliquez-moi en quoi l'argumentaire de Ludovic Delory est un argumentaire rationnel. Expliquez-moi son mode de raisonnement en me montrant en quoi il ne consisterait pas à tirer des conclusions déconnectées des prémisses ou exemples, et je suis prêt à nuancer ma critique, car tout n'est pas débile, dans ce livre, loin de là, mais la construction est scabreuse (amateurisme?) et a des relents nauséabonds quand il adopte le ton du censeur moraliste qui dit ses 4 vérités au monde.

Je n'ai rien de particulier contre Ludovic Delory, que je n'ai jamais rencontré et dont j'apprécie par ailleurs le style des reportages. Par contre, je conteste la lecture que vous faites de son ouvrage. Vous dites que Delory dénonce une série de choses, et c'est vrai, mais c'est une dénonciation "gratuite": deux faits divers, aussi scandaleux soient-ils, ne font pas une règle générale. Les problèmes qu'il aborde sont des problèmes importants et sur lesquels on voit qu'il a travaillé, mais une argumentation fallacieuse laisse penser que les conclusions qu'il en tire sont fondées par ses observations, alors qu'elles ne le sont que par ses convictions idéologiques. Delory a le droit d'avoir ces convictions-là (même si je suis en désaccord), mais il faut les assumer comme telles, des opinions, pas comme des faits qui seraient fondés sur l'expérience. J'ai 59 ans et 35 ans de syndicalisme derrière moi. Delory raisonne comme certains de mes vieux camarades: "le directeur du personnel est un con incompétent" (ce qui était vrai), dans d'autres entreprises des connaissances disent pareil du leur, par conséquent "il faut abolir la fonction de directeur du personnel". Un peu de sérieux! Et vous tombez dans le panneau...

J.Igor

Écrit par : Jérôme I. | 24.03.2010

Monsieur Igor,
Il était inutile de dire que vous êtes syndicaliste, j'avais compris. Moi, je suis aussi syndicaliste (depuis 1978) et prof en milieu immigré (par choix personnel), et je vois au quotidien les ravages de l'État qui marginalise mes élèves à longueur de temps à coups de combines, de passe-droits, de réformes bidons et d'idéologie ringarde en s'arrangeant pour ne pas leur donner de perspectives d'avenir, préférant tout faire pour les installer dans un système d'assistance.
Les exemples de Delory, je pourrais les multiplier par cinquante, cent, deux cents...
Quant à la faillite du système, elle est patente : c'est le règne généralisé des combinards, parasites et autres tordus qui, prétendant agir au nom du bien commun, se gobergent, essentiellement sur le dos des plus faibles (j'ai un enfant handicapé, et je pourrais vous bombarder de faits, de preuves, de condamnations judiciaires demeurées sans le moindre effet : vous vous rappelez du salopard socialiste qui partait trois fois par an avecsa bobonne à travers le monde au frais de l'Awiph et dont la seule sanction fut une promotion avant sa mise à la pension - pour que celle-ci soit plus rondelette ?).
Le livre de Delory présente cet avantage incontestable de dire tout haut ce que bien des gens pensent tout bas : que le roi est nu, comme dans le conte d'Andersen.
Pour le surplus, libre à vous de croire ce que vous voulez...

Écrit par : PANTHOTAL | 24.03.2010

Nous sommes d'accord sur certains éléments, et je suis d'accord en partie avec Delory quand il dit que le système actuel présente des limites, des effets pervers ou des abus. Par contre, on ne peut pas conclure, comme il le fait, et comme vous le reprenez à votre compte, que le système "état" est en faillite par nature même. Beaucoup est à faire, beaucoup est à changer. Mais Delory part du constat des limites d'un système pour laisser entendre qu'un système autre (qu'il nomme "le marché libre") serait nécessairement plus performant qu'un système d'organisation politique. C'est l'escroquerie que je dénonce: ce n'est pas parce que A est mauvais que B est bon. Le monde que Delory oppose à cet état (supposé) pourri et corrompu est un univers selon moi bien plus effrayant encore, pour ne pas dire inhumain: le chacun-pour-soi, la compétition, l'autodéfense, l'abolition de toute règle, la "régulation" du marché pour toutes les activités humaines. Si c'est ce que vous voulez, alors oui, le livre de Delory est formidable; si vous voulez juste crier votre révolte par rapport au monde actuel et le rendre meilleur, le livre de Delory est un mauvais cheval. Le roi est nu, mais tuer le roi rendra-t-il la société plus juste et plus humaine? Delory laisse croire, dans une absence de raisonnement travestie en "démonstration" que oui. Quiconque a une connaissance un peu nuancée de la vie en général —et comme syndicaliste et père vous êtes sûrement bien placés pour le savoir— sait que le "marché libre" tel que le conçoit Delory, une sorte de talibanisme néolibéral, a rarement été et est rarement facteur de progrès. Les constats faits par Delory dans son livre sont à 70 ou 80%corrects et répondent à de vraies questions; les conséquences qu'il en tire sont purement idéologiques et totalement déconnectées de ses constats. Il ne fat rien d'autre que les curés qui disent "le monde est imparfait mais Dieu est là et arrangera tout à la fin des temps", sauf qu'en lieu et place de Dieu, on a le marché...

Écrit par : Jérôme I. | 26.03.2010

Je suis moins enthousiaste sur ce livre que Penthotal, mais moins critique que J.Igor. Tout dépend,a u fond, ce qu'on cherche d'un tel essai.
Ludovic Delory entend montrer les limites d'un certain étatisme et la manière dont le recours systématique à la loi, à la norme, à l'intervention s'oppose, quelque part, au libre-arbitre et à l'autonomie des individus. Et cela, Delory le fait plutôt pas mal, se basant sur des exemples tirés d'une actualité riche et féconde, puisque la loi est devenue un instrument de communication politique plus qu'autre chose (le voile, la sécurité, le droit des victimes), et on peut se demander légitimement quel sens cela a encore, parfois, d'ajouter des couches supplémentaires sur le mille-feuilles. La réflexion de Delory dépasse donc une simple apologie du marché libre --qu'il fait par ailleurs-- que dénonce Jérôme Igor.
Par contre, de là à considérer, comme Panthotal, que l'ouvrage a une dimension salutaire parce qu'il dirait "tout haut ce que certains pensent tout bas", il y a un pas que je ne franchirai pas. Comme le dit J.Igor, dénonciation ne vaut pas démonstration. L'ouvrage de Ludovic Delory n'est pas, je pense, une démonstration, mais est une réflexion idéologique sur la société. L'auteur endosse les lunettes du (néo) libéralisme, via ses auteurs de référence (Bastiat, von Mises, Hayek...), et détaille une lecture critique et néolibérale de nos sociétés sociales-démocrates de ce début de 21° siècle. Si l'on se garde bien de considérer que l'ouvrage vise à démontrer quelque chose, mais qu'on accepte l'idée que l'auteur compare ce qu'il observe à ce qu'il voudraitq ue le monde soit, il n'y a pas l'escroquerie que dénonce J.Igor: on a seulement un auteur libéral s'appuyant sur des textes libéraux critiquant, de façon assez attendue, finalement, l'interventionnisme.
L'auteur est-il poujadiste et populiste? Personnellement, je ne le pense pas, même si on retrouve dans sa rhétorique des classiques du genre: l'idée d'une classe politique corrompue qui agirait pour son propre compte au nom d'un prétendu intérêt général, l'opposition des élites (scientifiques, économistes, politiciens...) et leurs certitudes idéologiques au bon peuple et au bon sens. Mais ce que J.Igor considère comme des "dérives" ne sont pas, à mon sens, des trucs de tribun cherchant à s'attirer les faveurs du peuple. Il s'agit d'une conséquence logique de la lecture idéologique qu'il fait de la société. Concerant le poujadisme: puisque dans son positionnement néolibéral, l'idée même de collectif est une fiction car il n'y aurait que des cow-boys solitaires cherchant leur propre intérêt, il est logique que l'auteur dénonce l'idée même d'organisation politique. De même, concernant le populisme: puisque l'auteur se revendique de l'"école autrichienne" d'économie, qui est une une philisophie plus qu'une science, et qui prétend que l'action humaine est trop imprévisible pour être comprise globalement, l'opposition entre les "modéliseurs" et les "vrais gens" est inévitable.
Au final, que penser de cet ouvrage? Celui qui aime les flingueurs y trouvera sans doute son bonheur car l'auteur n'y va pas avec le dos de la cuillère. Celui qui cherche une démonstration argumentée restera totalement sur sa faim car ce n'est pas l'objectif de l'ouvrage. Le propos se veut une ode à la liberté, mais c'est aussi, et peut-être surtout, une ode à l'impuissance et au "laissez pisser le mouton": découragé par ses constats quant aux limites de l'intervention étatique, l'auteur en vient à préférer l'inaction sur un marché imparfait mais qu'il croit plus efficace (sans le démontrer nullement, on est dans l'acte de foi) que l'organisation collective. C'est une vision très pessimiste de la société basée sur une attention louable portée à ce qu'il nomme "la liberté".

Écrit par : Bat | 28.03.2010

Jérôme Igor,

Votre premier commentaire hargneux a laissé place à un peu plus de mesure, et je m'en réjouis. J'interviens ici pour clarifier certaines choses qui, visiblement, vous ont échappé à la lecture de mon livre.

Tout au long de mon travail, je me suis inspiré des expériences rencontrées sur le terrain. Mon travail, ne vous en déplaise, est un travail journalistique avant d'être un travail idéologique. Si j'ai multiplié les exemples, c'est parce que je les ai vécus de près dans le cadre de ma profession.
Evidemment, les exemples ne font pas la généralité. Si vous lisez bien mon livre, je mets en avant la supériorité [i]morale[/i] du marché, tout en reconnaissant son imperfection. Si vous ne parvenez pas à comprendre que l'ordre spontané, l'apprentissage par essais/erreurs vaut moralement mieux, pour la liberté, que la planification autoritaire et aveugle, vous ne comprendrez pas le sens de mon propos.
C'est d'ailleurs assez amusant : je passe mon temps à dénoncer les idéologies, je prends le temps de m'attarder sur des faits à partir de nombreux exemples, et vous me reprochez... de faire de l'idéologie ! Cessez, de grâce, de penser qu'il existe une recette pour modeler un monde parfait. Le libéralisme est une doctrine en évolution permanente, mais pas une idéologie.
Concernant les accusations de "populisme" ou de "poujadisme", elles sont assez ridicules.
Défendre les chômeurs face aux mesures gouvernementales prises "au nom du social" mais qui ne font en réalité que réduire l'accès des moins productifs au marché du travail, est-ce populiste ?
Défendre les sans-logis face aux absurdités du système de logement social qui favorise les "copains", est-ce poujadiste ?
Défendre les pauvres qui voient leur facture d'électricité augmenter parce que le gouvernement octroie aux ménages privilégiés des réductions d'impôt sur la production d'énergie, ça ne vous fait pas bondir, ça, vous le syndicaliste ?
Quant à vos sous-entendus concernant "l'extrême-droite" (sic), cela prouve encore une fois que vous franchissez les limites rhétoriques.
Enfin, citez-moi quelques exemples de contradictions, et je vous rétorquerai volontiers. Vous restez trop vague et trop gratuit dans vos accusations pour que je vous réponde sur des points précis.

Pour répondre à Bat et à sa remarque sur la supposée négation du collectif, je l'envoie directement à la bibliothèque pour qu'il s'offre quelques ouvrages des auteurs que je cite. Ni Mises ni Hayek ni Bastiat (qui était de gauche) ne nient l'impact de la société sur l'individu, c'est évidemment ridicule. J'ajouterai que seuls les philosophes libéraux (que l'on aime à présenter comme des "gens sans coeur") ont réellement tenté de mettre sur pied une théorie cohérente de la justice sociale (Rawls, Nozick et même Hayek, si, si...).
Je terminerai en disant qu'effectivement, le livre se clôt sur une fin ouverte. "Silence, les agneaux" est un livre de constats, pas de recettes. Il incite néanmoins à la réflexion, et je suis heureux qu'elle se poursuive ici, sur la toile, entre gens civilisés.

(Les recettes, ça fera peut-être l'objet d'un autre livre...)

Écrit par : Ludovic Delory | 05.04.2010

Cher Ludovic Delory,

Merci de ces précisions.
Je me permets toutefois de préciser ma remarque/critique sur la "négation du collectif". Je ne dis pas que les penseurs libéraux ont nié l'influence de la société sur l'individu. Je critique une vision, que vous développez, qui considère a priori que toute forme d'organisation collective comme contraire à la liberté.
En ce sens, votre propos est bien celui du renoncement: tout en acceptant l'idée de l'influence société-individu, au nom de ce que vous nommez la "supériorité morale" de "l'ordre spontané" du marché, toute forme d'organisation institutionnalisée de l'action collective serait problématique car "autoritaire" et "planificatrice". En somme, vous ne considérez que les mouvements top-down ou bottom-up, mais pas l'interaction entre les deux, or, entre la Corée du Nord ou l'Allemagne Nazie où chaque individu n'est qu'un rouage du système totalitaire qui les broie, et le far-west post-apocalyptique du "Survivant" où toute forme de structure sociale a disparu, il y a une grande marge dans laquelle se situent en réalité la plupart des sociétés contemporaines. Or, la lecture de votre ouvrage me laisse penser que vous considérez qu'on est soit dans l'un, soit dans l'autre, et qu'à tout prendre le chaos individualiste est préférable au cauchemar totalitaire collectiviste. Et vous utilisez cette opposition entre deux modèles qui ne correspondent pas à nos sociétés actuelles (la Wallonie est quand même assez loin de Pyongyang!) pour avancer l'idée que l'organisation politique de la société, dans un sens large, serait vaine (car "inefficace") et moralement contestable (car limitant la liberté, autoritaire et spoliatrice).
C'est une conception de la société qui manque de nuance, selon moi, mais surtout qui est conservatrice alors que vous vous revendiques du progressisme libéral (ne rien faire est préférable à faire car cela va s'arranger tout seul), pessimiste (au nom de la liberté l'Homme serait condamné à subir et non à organiser son environnement, dans l'attente de l'hypothétique équilibre spontané et optimal) et —je suis d'accord avec M.Igor sur ce point— idéologique (c'est-à-dire relevant d'un système construit d'idées imaginées supposées régir le monde, en référence à une vision normative): "l'ordre spontané" du marché (même en y apposant les qualificatifs d'"imparfait" et "par essai et erreur") est une construction intellectuelle ne correspondant à aucune "réalité". C'est une lecture a posteriori de ce qui est fluctuations et évolutions continues et contradictoire. La tromperie de l'idéologie du marché, c'est d'une part de faire croire que le marché existe (or c'est simplement un système d'analyse défini a posteriori par un observateur sur base de critères d'observation, mais qui n'a pas d'existence intrinsèque), d'autre part à considérer que ce qu'il produit serait "optimal" (alors qu'en réalité, c'est juste un état de son évolution à un moment donné: il n'est pas plus "optimal" que n'importe quelle autre situation qui sera appréciée avec des critères propres au système idéologique dans lequel on lira son évolution).

Ravi de contribuer à ce débat,
Bat

Écrit par : Bat | 14.04.2010

"Bat",

Je ne sais pas qui vous êtes et ai apprécié vos interventions, mais je n'ai par contre pas aimé du tout que vous signiez votre dernier message avec mon adresse électronique! Si vous avez peur des critiques, assumez-les en mettant votre propre adresse!

J'ose espérer qu'il s'agit d'une erreur de manipulation et non d'une tentative (assez mal menée) vous faire passer pour moi! L'anonymat du web ne permet pas tout. Je vous demanderais de bien vouloir faire en sorte de corriger cela.

Cordialement,

Jérôme Igor

Écrit par : Jérôme Igor | 15.04.2010

Bat s'étant expliqué et excusé par mail sur son erreur (il s'agissait d'une erreur de manipulation), l'incident est clos. Merci pour son message et merci à vous.

J.I.

Écrit par : Jérôme Igor | 15.04.2010

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