17 03 10

Un mécanicien de génie

Sept machines à rêverCet article a paru dans la livraison du 17 mars 2010 de l’hebdomadaire satirique bruxellois PAN :

Saluons la réédition aux Éditions Luc Pire à Bruxelles des Sept machines à rêver de Gaston Compère (1924-2008) qui tint avec un brio incontestable la chronique des livres dans PAN au début des années 1990. C’est que l’auteur de La femme de Putiphar (Prix Jean Ray 1975), de Portrait d’un roi dépossédé (Prix Rossel 1978), de De l’art de parler en public pour ne rien dire et, surtout, de Je soussigné, Charles le Téméraire, duc de Bourgogne – qui fit forte impression sur un Bernard Pivot pourtant habitué des découvertes, lequel en chanta les louanges dans sa fameuse émission Apostrophes – , alliait tous les talents : docteur ès lettres (avec une thèse retentissante sur l’œuvre de Maeterlinck, défendue à Liège), poète, compositeur classique, dramaturge, nouvelliste et romancier, doté d’une puissance évocatrice inouïe dans une langue merveilleuse. Au point qu’en 1988, il a obtenu, pour l'ensemble de son œuvre, le Grand Prix international d'expression française décerné par la Fédération internationale des Écrivains de langue française… Professeur à l’athénée d’Ixelles, il avait composé pour ses élèves des dictées remarquables, à la façon des Histoires naturelles de Jules Renard, sur les plantes qui poussaient dans les jardins de son enfance, dictées qui furent réunies plus tard dans Les jardins de ma mère, un émouvant recueil de souvenirs.
Les Sept machines à rêver, parues chez Belfond à Paris en 1974, étaient devenues introuvables. Gageons que les lecteurs d’aujourd’hui, amateurs de ce réalisme magique qui sied si bien à l’esprit et aux lettres de nos contrées, s’enthousiasmeront pour Les marécages de l’air, La brume noire, Inge, Le guillaume et ses parasites, Le temps fluide, Angelika, ou encore No man’s land, ces petits bijoux traitant d’un amour qui n’en finit pas de mourir, d’un homme que l’on attend et qui frappe à la porte tandis qu’on agonise, d’un oiseau qui n’existe pas, d’une ange démoniaque, d’un meurtre extatique ou d’une ville de Germanie que l’on a peut-être connue…
PANTHOTAL

Sept machines à rêver par Gaston Compère, Bruxelles, Éditions Luc Pire, collection « Espace Nord », mars 2010, 315 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 8 €

Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (1) |  Facebook | |

Commentaires

je lirai!!!

Écrit par : marylène | 17.03.2010

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