21 03 10
Naissance d’un nouvel écrivain !
Un premier roman ! On imagine l’émotion de l’auteur, son cheminement dans la conception, la création, celle des idées, puis l’arrivée du manuscrit, ensuite la recherche d’un éditeur, enfin le plaisir de la concrétisation : le choix des caractères, de la couverture, les corrections sans doute… la première apparition chez un libraire, les premières réactions des lecteurs, de la presse. Edgar Kosma attend-il celle-ci ? Qu’il se rassure : c’est un excellent roman plein de trouvailles littéraires et de rebondissements. Et même, pour suivre la phrase de Jean d’Ormesson, c’est un bon roman, car « C’est un livre qui change un peu celui qui le lit et celui qui l’a écrit » ! Je n’entrerai pas dans le détail des thèmes du livre, ni dans ses clés qui amènent aux dénouements inattendus, mais sachez qu’on peut y lire des réflexions aussi profondes que « Si d’un point de vue horizontal, chaque être humain fait partie de l’humanité, d’un point de vue vertical, l’humanité fait partie de chaque homme » ou aussi drôles que cette recette pour faire un roman : « Il suffirait de plonger un dictionnaire d’une langue au choix dans une grande casserole, de laisser bouillir un temps suffisant pour que chacun des mots puisse se détacher de l’ordre tyrannique de l’alphabet, ensuite, il faudrait mélanger longuement, en attendant qu’un roman sorte de cette chaude mixture lexicale… ». On y croise aussi des personnages insolites, attachants comme cette clocharde (l’auteur évite le sigle SDF !) qui relit pour la troisième fois un dictionnaire de A à Z ou comme Constance Azed (décidément les noms puisés dans le langage !). On y découvre des néologismes, et c’est bien le rôle des écrivains d’inventer des mots, tel ce « sentimenteur ». Vous découvrirez au fil des pages pourquoi des paragraphes entiers sont repris, pourquoi des « clics » de claviers d’ordinateurs noircissent soudain le papier du livre et évidemment vous suivrez avec passion le destin (tragique) de la famille Eugen… On ne s’étonne pas d’apprendre que ce jeune auteur namurois, puis bruxellois, a étudié la philosophie et le journalisme et qu’il soit musicien. Il est maintenant écrivain et nous sommes heureux de souligner et d’applaudir son apparition dans ce monde si convoité des Lettres ! Voici encore deux courtes phrases d’Edgar Kosma, que j’ai notées au fil de la lecture, et qu’on peut savourer : « Le hasard est une chose dont nous ne connaissons que le nom » et « Une question n’a nul besoin de réponse pour exister »…
Jacques MERCIER
Eternels instants ? par Edgar Kosma. Edition Luc Pire. Coll Le grand Miroir. Février 2010. 240 pp. 16 euros.
Écrit par Brice dans Jacques Mercier | Commentaires (3) |
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Commentaires
un beau roman!!!
Écrit par : marylène | 21.03.2010
Bravo Bienvenu dans la cours des grand Mister Kosma, félicitation !!
Écrit par : Spailier David | 22.03.2010
J'envie cette superbe critique.
Hâte d'avoir les lignes sous les yeux !
Écrit par : balland | 23.03.2010
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