30 04 10

Pour ne plus devoir prendre le buzz…

99 mots et expressions à foutre à la poubelleFaisant (apparemment seulement) la nique au cher Bernard Pivot qui s’évertue dans des ouvrages comme 100 mots à sauver (paru au Livre de poche) à préserver de la déchéance et de l’oubli moult vocables et locutions d’antan, le grammairien iconoclaste Jean-Loup Chiflet a recensé 99 mots et expressions à foutre à la poubelle, qui donnent un petit essai d’une belle drôlerie publié chez Points à Paris, où les vrais et faux « jeunes » sont appelés à réinvestir dans la langue française correcte. Foin donc des à plus et à très vite, des au jour d’aujourd’hui et des au niveau de, des c’est clair et des c’est classe, de la dangerosité et des effectivement, des Blacks et du jeunisme ou des seniors, des moi personnellement et de la globalisation, du microcosme et des erreurs de casting, des tout à fait et des t’es où, des y a pas de souci ou y a pas photo
Car, quelque part, il faut cesser de booster, de causer, de connoter, de décrypter, de demander après, de disjoncter, d’impacter, d’instrumentaliser, de nominer, d’optimiser, de percuter, de positiver, de rebondir, de sécuriser ou de solutionner à tout-va et en dépit du bon sens lexical. Telle est en tout cas la problématique de l’auteur, qui bien qu’il soit actuellement sur Paris (et non pas dans le 9-3), n’a aucune envie de surfer sur la mode ni de prendre le buzz en pleine poitrine, et le signal fort qu’il envoie au lecteur lambda est que, quelque part, bien parler la langue de l’hexagone n’est que du bonheur
Un bel opus donc, parfaitement jubilatoire, et qui s’inscrit en faux contre une quelconque dangerosité, pour l’usager de l’idiome franco-français, de causer d’une manière pas trop formatée par le sociétal, vous voyez ce que je veux dire... Faute de quoi, on ira dans le mur, et rien que d’y penser, ça m’interpelle et ça me gave
Par conséquent, une réaction citoyenne s’impose d’urgence : point barre et bisou à tous !
Bernard DELCORD

99 mots et expressions à foutre à la poubelle par Jean-Loup Chiflet, illustrations de Pascal Le Brun, Paris, Éditions Points, collection « Le goût des mots » dirigée par Philippe Delerm, novembre 2009, 128 pp. en noir et blanc au format 13 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleur, 10 € (prix France)

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29 04 10

Ce que bien parler veut dire…

Un mot pour un autreRecensant et illustrant les principales difficultés d’usage des paronymes français dans un amusant petit essai intitulé Un mot pour un autre paru récemment aux Éditions Points à Paris, le Carolorégien Rémi Bertrand établit avec verve et humour les distinguos utiles au bon usage de termes comme acception et acceptation, affection et affectation, agonir et agoniser, agréer et agréger, aïeuls et aïeux, armistice et amnistie (deux termes d’actualité politique en Belgique, soit dit en passant), blanchiment, blanchissement et blanchissage, collision et collusion, dédier et dédicacer, dénoter, détoner et détonner, effleurer et affleurer, empreint et emprunt, événement et avènement, fugitif et furtif, harde et horde, injonction et injection, intention et attention, mystifier et mythifier, notable et notoire, original, originel et originaire, perpétrer et perpétuer, personnifier et personnaliser, prodige et prodigue, rabattre et rebattre, ou encore suggestion et sujétion…
Recourant à un style certes fort éloigné de celui de nos maîtres Maurice Grevisse, André Goosse ou Joseph Hanse, mais ô combien vivant, spirituel et actuel, il donne à voir et à comprendre avec précision ce qui différencie ces mots apparemment proches et régulièrement intervertis. Un exemple de sa verve ? « Mystifier et mythifier : Il était une fois deux mots qui se ressemblaient comme deux gouttes d’eau… L’un était toujours à son S, l’autre fumait sans arrêt son H. Outre cette apparence débonnaire, ils partageaient une passion : raconter des histoires. Mais ils n’excellaient pas dans le même registre. Mystifier appréciait les mystères. Mythifier préférait les mythes… Et c’était là la seule manière de distinguer ces deux Grecs : l’un né de μυοτης, “initié aux… mystères”, l’autre de μυθος, “parole, fable”. Mystifier menait son public en bateau, tantôt par simple plaisir, tantôt pour se tirer d’affaire : un jour il s’amusait aux dépens de ses spectateurs en leur faisant avaler n’importe quoi, le lendemain il parvenait à embellir une réalité difficile pour regagner la confiance de son auditoire aveuglé. Mythifier enrobait le monde de superlatifs et de majuscules, statufiant à tout-va, transformant le particulier en universel, l’ordinaire en extraordinaire, lui donnant une dimension “mythique”, ne parlant plus de lui que par allégories, et finissant par croire lui-même à sa “mythologie”. Mythifier glorifiait ; mystifier manipulait. Mythifier se racontait des histoires ; mystifier “en” racontait ». Joli, non ?
Bernard DELCORD

Un mot pour un autre par Rémi Bertrand avec des dessins au trait de l’auteur, Paris, Éditions Points, collection « Le goût des mots » dirigée par Philippe Delerm, septembre 2009, 188 pp. en noir et blanc au format 13 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleur, 6,50 € (prix France)

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28 04 10

Le deuil, révélateur des désirs refoulés?

KERNELAoût 1999. Deux couples d’amis se retrouvent pour dîner. La narratrice et son mari Olivier, reçoivent Léa et Louise. L’atmosphère est détendue, chaleureuse, paisible, à l’image de Paris déserté par ses habitants en ce mois. Tous travaillent dans le milieu du journalisme, dans des secteurs différents. Louise a choisi le plus risqué : reporter de guerre. Le lendemain, elle part pour le Moyen-Orient. Dans cette atmosphère feutrée, Léa, radieuse, est enchantée de présenter Louise à ses amis. De fait, ces derniers tombent sous le charme de la jeune femme et sont infiniment attendris par l’amour qui l’unit à Léa.
Chacun parle de ce phénomène rare, l’éclipse solaire, qui doit avoir lieu le lendemain. Nul ne se doute qu’une autre éclipse va survenir, laquelle va ôter tout soleil dans leur existence et les plonger dans les pires ténèbres : la mort de Louise. Braquée dans sa voiture en plein reportage en Irak. Mise à genoux. Exécutée.
Le récit alors s’emballe, rédigé au rythme fou des tirs en rafale d’une kalachnikov. Cacher la nouvelle le plus longtemps possible à Léa. La préserver, la protéger, lui dissimuler cette mort atroce, encore, encore un peu. Quelques heures, quelques minutes, quelques secondes. La laisser souffler, vivre, respirer, sourire, aimer. Gagner du temps. Et la narratrice elle-même de refuser d’y croire : dire les choses, les nommer, c’est les rendre réelles. Non, Louise n’est pas morte. Non, Louise ne peut pas être morte. Non, non, non ! Eviter, anagramme de vérité. Éviter de dire, pour éviter de réaliser. Fuir l’intolérable, l’insupportable, l’inhumain. Mais radio, journaux, télévision, se relaient qui font leur Une avec la mort des trois journalistes, dont Louise. La réalité est bien là, incontournable. Et la vie de ne plus être comme avant. Rire, faire des projets, faire l’amour, devient indécent. Rien n’a plus la saveur du bonheur.
Tandis que colère, incompréhension, géhenne se succèdent et s’entremêlent en eux, Olivier et sa femme se mobilisent pour soutenir Léa. Ils lui offrent leur toit, leur écoute, leur présence, leur réconfort. Et c’est dans ce contexte de chaos que l’invraisemblable se produit : à la douleur qui est sienne, la narratrice doit aussi faire face à des sentiments inattendus , ceux d’une ineffable attirance pour … Léa. Ses sens, telle une boussole à l’approche d’un champ magnétique, s’affolent. L’amante l’aimante. Impossible de lutter. Le dessin de ses hanches, la finesse de sa taille, ses petits seins, l’odeur de sa peau, la douceur de ses lèvres l’attirent. Léa l’attire. Et c’est là que se trouve toute la force du roman. Avec une précision d’une justesse chirurgicale, Brigitte Kernel dissèque magnifiquement l’âme de cette femme écartelée entre son amour profond pour son mari et ses pulsions irrépressibles et nouvelles envers une autre femme. Le tout dans un contexte de deuil de surcroît. Sujet tabou s’il en est un, que celui du rapport ambigu entre la mort et le désir, traité ici avec une pudeur, une sensualité et une beauté extrêmes. L’auteur nous montre que si la perte d’un être cher peut conduire à se laisser dépérir dans le manque, elle peut aussi générer un surcroît de vie. Or y a-t-il plus grande force de vie que l’amour ?
Le deuil, révélateur de pulsions enfouies ou dérégulateur des sens ?
Un roman poignant, vibrant, vivant, qui contrairement à l’appel de son titre, ne se fera pas oublier...
Karine FLÉJO

Fais-moi oublier, Brigitte Kernel, J'ai Lu, mars 2010, 251p., 5€70.

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28 04 10

N’est pas breughelien qui veut…

Comment parler le belgeL'article ci-dessous a paru dans la livraisons du 28/04/10 de l'hebdomadaire satirique bruxellois PAN :

Avec Comment parler le belge et le comprendre (ce qui est moins simple) qu’il vient de faire paraître aux Éditions Points à Paris, le Carolorégien Philippe Genion se pique de vouloir présenter avec humour (?) et irrévérence (??) aux Parisiens de la rive gauche le vocabulaire et les tournures de phrases propres à la langue de Voltaire telle qu’elle se pratique dans Ce Pays. Le résultat est, bien entendu, à la mesure des attentes : pitoyable et lamentable. Outre que, on se demande pourquoi, il consacre force notices à des personnalités plus ou moins belges (il présente comme tel feu l’humoriste Édouard Caillau, en l’appelant « Cailleau », alors qu’il s’agit d’un Français qui fit carrière à la RTB pas encore « F » ; il parle de l’acteur Jacques Lip –au lieu de Jacques Lippe– et René Magritte est exclusivement décrit comme
« Peintre belge, grand amateur de pipes », KOLOSSALE FINESSE !), ses définitions de mots pourtant habilement choisis sont épaisses, régulièrement graveleuses, assez souvent imprécises (il laisse, par exemple, accroire que c’est en voyant Christiane Lenain, née en 1935, jouer dans Le mariage de Mlle Beulemans que Marcel Pagnol a eu l’idée de rédiger sa trilogie marseillaise, alors que Marius a été joué en 1929 ; c’est toutefois bien en voyant la pièce belge en 1926 que Pagnol a eu ce coup de génie, mais sans avoir applaudi Christiane Lenain, évidemment…), voire carrément fausses (« à se taper le cul par terre » n’est pas un belgicisme et on retrouve cette expression chez Georges Brassens, entre autres…) ainsi que constamment truffées d’appréciations personnelles de mauvais aloi (il distribue les bravos à ses copains comme Stéphane Steeman ou Jacques Careuil et vilipende ceux qu’il n’aime pas comme les frères Taloche ou Sandra Kim, vous voyez le niveau ?), de goût douteux –les attaques sur le physique des gens fusent, à prétexte que l’auteur, qui parle sans cesse de lui-même, est obèse– ou hors de propos (il consacre une notice à… son conjoint). Tout cela aurait cependant pu être compensé par de la zwanze ou de la gouaille, façon Coluche, Bob Dechamps ou Le Grand Jojo. Oui, en effet. Cela aurait pu…
PANTHOTAL

Comment parler le belge et le comprendre (ce qui est moins simple) par Philippe Genion, Paris, Éditions Points, collection « Le goût des mots » dirigée par Philippe Delerm, avril 2010, 176 pp. en noir et blanc au format 13 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleur, 10 € (prix France)

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26 04 10

19 septembre 1969 : les Soviétiques sont sur la Lune !

JOUR JEt si le 21 juillet 1969, Apollo XI avait explosé à cause d'une météorite ? Les Russes auraient aluni les premiers changeant le cours de l'Histoire. Et que se passerait-il à partir de là ? On appelle cela une uchronie, à laquelle nous invitent Fred Duval et Jean-Pierre Pécaud dans cette BD (géniale) où les blocs est et ouest se font la guerre froide sur notre satellite. Car pour reprendre la main, le président Nixon a décrété que la victoire se jouerait dans l'occupation de la Lune.
Cela nous vaut un passé-présent très différent de celui que nous avons connu-connaissons, passé-présent qui est le cadre d'une aventure en un tome. Génial, je vous dis.
Et ce n'est pas fini : écoutez Fred Duval, le co-scénariste de cette série sur un même thème qui s'annonce. Bien des surprises et du plaisir nous attendent.

  FRED DUVAL - Brice Depasse 1
  FRED DUVAL - Brice Depasse 2

Jour J : les Russes sur la Lune, Duval, Pécau & Buchet, Delcourt, avril 2010, 56p., 13€95.

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26 04 10

L'affaire Lorenzo Rienzi

WEBERPour Hans Memling, un portrait devait avant tout souligner le visage - la fenêtre de l'âme -, qu'il dessinait, modelait et lissait à la manière d'un sculpteur.
C'est à une enquête policière avec, pour toile de fond, l'atelier du célèbre peintre Hans Memling, que Patrick Weber nous convie, avec la ré-édition, ces jours, dans la collection Masque, d'un polar paru chez Hachette en 1999. Introduit comme apprenti chez le peintre, Pieter Linden doit affronter un défi double: faire valoir, auprès du Maître, une passion et un talent réels tout en déjouant une machination meurtrière orchestrée contre Lorenzo Rienzi, un riche Florentin.
Conjuguant à son tour sa formation d'historien de l'art et son talent de romancier, Patrick Weber propose au lecteur une approche intéressante d'un peintre longtemps oublié de l'Histoire: Formé par le grand maître bruxellois Rogier Wan der Weyden, Hans Memling n'en avait pas moins exploré sa propre voie artistique en rejetant les types pathétiques et le réalisme exacerbé qu'affectionnait son maître, pour composer un univers qui tendait à l'idéalisation. Tout l'art du peintre consistait à adoucir les formes sans tomber dans la mièvrerie, à révéler le beau que chacun porte en soi sans nuire à la personnalisation de l'oeuvre.
Apolline ELTER

La vierge de Bruges, Patrick Weber, roman, Ed. du Masque, coll. Labyrinthes, mars 2010, 190 pp, 6€50

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26 04 10

La serial killer du Grand siècle

BRINVILLIERSEtrange, suspecte destinée que celle d'une femme frêle, belle, bien née, riche et même courageuse qui mena à trépas son père et ses deux frères, avant de s'en prendre à son mari et heureusement changer d'avis. La célèbre empoisonneuse avait-elle agi seule, de son plein gré ou sur le coup de l'influence démoniaque de son amant, de Sainte-Croix?
C'est la question que pose l'ouvrage, savamment documenté, de l'historienne Agnès Walch. Réunissant le maximum de sources que notre époque possède, l'auteur s'interroge sur la prime jeunesse de la marquise, marquée par les décès de sa mère, indifférence de son père, viol et inceste. De là à tomber sous la coupe d'un Sainte-Croix....
Et si le seul interlocuteur sincère fut son confesseur, Edmond Pirot, de son nom, qui lui fit consigner ses forfaits et l'encouragea dans la voie d'un digne repentir. Marie-Madeleine d'Aubray, marquise de Brinvilliers, mourra, le 17 juillet 1676, sous l'échafaud et la curiosité d'une foule impressionnante. Son procès sera le prélude de la célèbre "Affaire des poisons" qui devait bientôt…empoisonner le Royaume.
Un récit tout en nuances qui remet les pendules de l'Histoire, à l'heure d'une plus juste compréhension des faits. Une lecture recommandée.
Apolline ELTER

La marquise de Brinvilliers, Agnès Walch, Perrin, mars 2010, 257p, 20€00.

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24 04 10

Delenda Francia est


Quand Zemmour sort de l'argumentation au lance-pierre imposé par le langage télévisuel, il peut donner toute la mesure de son raisonnement et de sa démarche intellectuelle. Penché sur l'Histoire de son pays, la France, il évoque l'empire romain, sa chute et les candidats à sa succession pour mieux comparer leur destin.Je me garderai bien de vous en faire quelque résumé laconique pour lui laisser vous développer lui-même son analyse qui, si elle ne sera pas partagée par tous, a au moins un mérite : apporter une autre grille de lecture sérieuse de l'Histoire dont notre présent est l'inéluctable reflet.
Brice DEPASSE

Mélancolie française, Eric Zemmour, Fayard, 251p., 17€00.

 

22 04 10

La (nouvelle) vie devant soi

BOISSARDTandis que son couple s'enlise et se rompt - Olivia, la brillante avocate internationale ne supporte plus le tempérament de son époux - Jean-Rémi  Le Guen est amené, sous l'injonction de Cédric, son fils aîné - lui-même en perdition - de prendre sa vie en main.
Tu ne t'es jamais demandé par hasard si c'était pas ton petit monde minable à toi que tu essayais de protéger, on se demande pourquoi? Dans la vie, mon GRAND, il faut parfois savoir choisir, se bouger un peu, merde!
C'est ce qu'il fait, sous le regard attentif de Tom, son fils de douze ans, narrateur partiel du récit. Rompant avec la confortable situation professionnelle offerte par son beau-père, Jean-Rémi renoue avec ses racines, son vrai métier de jardinier et sauve par la-même celles de ses enfants et d'un ginkgo bicentenaire.
On n'enterre pas comme ça des années de tricherie avec soi-même. Et les tricheries des grandes personnes crèvent les yeux des enfants et brisent leur élan.
Un récit agréablement orchestré par la plume féconde et résolument "tendance" de Janine Boissard, qui pose, autour du thème des racines, celui du dialogue entre les générations.
Apolline ELTER

Sois un homme, papa, Janine Boissard, roman, Fayard, 312 pp, 19€90

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22 04 10

Le roman du patriarche

NATAFMon nom est Abraham. Je suis venu au monde il y a très très longtemps.
Le défi est de taille : extraire la figure mythique d'Abraham des tréfonds de la Bible, lui donner la parole d'un récit vivant, sympathique et de surcroît étonnamment intéressant. Corollaire au propos, c'est la Genèse de l'Humanité, Adam, Eve et Noé, ...que l'auteur aborde, ainsi que celle des pratiques sociales et religieuses.
Soutenu par une connaissance biblique fouillée, le récit est comblé en ses - nombreux - manques "historiques" par les effets heureux d'une imagination vraisemblable.
Et c'est en cela qu'il prend tout son sens: nous faire réfléchir sur notre condition humaine, notre relation au sacré au départ du compte rendu de la Création.
Apolline ELTER

Moi, Abraham, Eric Nataf, roman, Odile Jacob, avril 2010, 360 pp, 19,90 €

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