07 03 11

Enfin, je comprends la Belgique !

bricman.jpgEnfin un livre qui explique ce qu'est la Belgique, ce qu'est être belge, ce que sont les problèmes qui nous occupent, nous minent la vie ! D'une plume claire, précise, Charles Bricman réussit ce tour de force d'expliquer en 120 pages toute la "problématique" (comme on dit aujourd'hui !) du pays. Je ne peux que le féliciter et vous engager à prendre connaissance de ce texte qui balaie toute l'histoire, les ruptures, les points de vue jusqu'à ces toutes dernières semaines ! "La Belgique, si elle existe vraiment, est une éponge" dit-il d'entrée de jeu. Plus loin, et cette considération pourra être appliquée à bien des situations : "On souffre toujours plus de ce que l'on concède que l'on ne jouit de ce qu'on obtient." Charles Bricman, en excellent journaliste, redonne les faits objectifs : du "Walen buiten" qui aurait dû être "De Walen eruit !" en bon néerlandais, au ridicule "plan B" de ces dernières semaines. De la séparation linguistique des grands partis au dossier BHV. Il esquisse aussi les deux solutions que l'Etat belge possédait pour éviter que ne dégénère la question des langues en un problème de nationalités. Il eût fallu instituer et propager un bilinguisme généralisé. Mais les Wallons n'ont pas voulu apprendre "le flamand" pour conserver leurs emplois publics. L'Etat pouvait aussi (comme l'abbé Grégoire en 1794) conclure qu'il faut pour lier un Etat une identité de langage. Mais cette fois l'Eglise n'aurait pas accepté qu'on se mêlât de mettre en oeuvre une véritable politique d'éducation nationale. Quand l'auteur met le doigt sur le vrai problème d'aujourd'hui c'est pour confirmer qu'un Etat fédéral se construit de la base vers le sommet. Or, on tente l'inverse depuis quarante ans ! Au passage il qualifie de "saugrenue" l'émission de politique-fiction de la RTBF en décembre 2007 ! Il écrit aussi : "Notre terre produit en nombre raisonnable des artistes, des inventeurs et des coureurs cyclistes. Elle est beaucoup moins généreuse s'agissant des penseurs." Oh, cette citation de Rik Torfs (CD&V) ! : "Le vrai problème entre Flamands et francophones n'est pas le désaccord, c'est l'indifférence". Charles Bricman situe le "moment" où tout bascula en février 1970, le jour où Gaston Eyskens à la tribune de la Chambre des représentants déclare que l'Etat unitaire était dépassé par les faits !  "Les Communautés et les Régions doivent prendre leur place dans les structures rénovées de l'Etat, mieux adaptées aux situations spécifiques du pays".  Ainsi commença la réforme de l'Etat belge... toujours en cours !

Jacques MERCIER

 

Comment peut-on être belge ? Charles Bricman. Edition Flammarion. Collection Café Voltaire. 128 pages. 12 euros. Suite du dialogue : http://blog.charlesbricman.be

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