31 05 11

Gastronomie à Bruxelles

 

Guide Delta des hôtels et des restaurants de Bruxelles 2011.jpgComme à l’accoutumée, la 34édition (celle de 2011) du Guide Delta des hôtels et des restaurants de Bruxelles recense par ordre alphabétique les 1350 restaurants, hôtels et salles de séminaire de la capitale de l’Europe et de ses environs proches tout en permettant, par un système ingénieux de dix index placés en fin d’ouvrage, de sélectionner aussi les restaurants par commune d’implantation, par types de cuisine (belge, française, italienne, espagnole, portugaise, grecque, allemande, autrichienne, scandinave, serbe, croate, russe, suisse, japonaise, thaïe, chinoise, vietnamienne, iranienne, indienne, pakistanaise, caribéenne, latino-américaine, congolaise… mais aussi bio, bourgeoise, de bistrot, bruxelloise, familiale, de fusion, de terroir, à la bière, végétarienne…), par catégories de prix, en fonction de leur ouverture (non-stop, tard le soir ou le dimanche), disposant de salons particuliers VIP, proposant un service banquets, des tables en plein air ou des animations.

 

Pour chaque établissement, l’ouvrage fournit une quantité considérable d’informations objectives (coordonnées diverses, nom du propriétaire, date de fondation, type de cuisine, gamme de prix, exemples de propositions à la carte, origine des vins, nombre de couverts, types de cartes de crédit acceptées, facilités pour les personnes handicapées, présence d’une terrasse, d’un fumoir, d’un parking ou d’un service voiturier…) complétées, quand l’entreprise les mérite, d’appréciations sous forme de logos (nombre de toques, beau cadre, belle cave, bon rapport qualité-prix, coup de cœur Delta…) et de commentaires rédigés par les chroniqueurs de la maison– qui ont opéré en toute indépendance, nous pouvons l’attester !

 

Comme le veut la tradition, le guide mentionne les lauréats annuels de la profession [1], mais il fournit aussi un palmarès spécial des chefs qui ont brillé devant leurs fourneaux durant les 25 années écoulées [2].

 

Enfin, et l’initiative doit être soulignée, ce guide renferme un « Passeport Delta » permettant à son utilisateur de bénéficier (sans qu’il doive l’annoncer au moment de réserver…) d’une remise de 30% dans 60 restaurants de qualité, ce qui représente pour lui une économie potentielle de… 3 000 euros !

 

De quoi s’en donner à cœur-joie, non ?

 

Bernard DELCORD

 

Guide Delta des hôtels et des restaurants de Bruxelles 2011, Bruxelles, Les Guides Delta, mai 2011, 420 pp. en quadrichromie au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 22,75 €



[1] Delta d’Or : le San Daniele à Ganshoren ; Delta d’Argent : Le Coq en Pâte à Woluwe-Saint-Lambert ; Delta de Bronze : Parc Avenue à Etterbeek. Lauréats par type de cuisine : Le Domaine de Chavagnac à Bruxelles (cuisine du Sud-Ouest) ; Le Max à Schaerbeek (cuisine sarde) ; Kabu à Ixelles (cuisine japonaise) ; Babdar à Saint-Gilles (cuisine marocaine) et Dolce Amaro à Saint-Gilles (cuisine italienne).

[2] Antonio Di Siervi (Le Stelle à Schaerbeek), Odette & Paulette Fautré (Buls àWoluwe-Saint-Lambert), Tony & Pascal Romano (Les Frères Romano à Uccle), Ronald Stas (Lipsius à Overijse), Khaled Zoughlami (Les petits Oignons à Bruxelles) et Katia Nguyen (L’Orchidée Blanche à Ixelles).

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30 05 11

Voyage au bout de soi

252219_2085392015852_1276698338_2534209_5277341_n.jpg   Quelques vêtements, un peu d'argent, le strict minimum jeté dans un sac, la décision de Valérie est prise. Ce matin, aux aurores, elle quitte tout. Sans laisser de trace. Vers où ? Pourquoi ? Pour qui ? Si l'avenir la concernant est criblé d'incertitudes, le présent, lui, s'impose à elle comme une évidence : PARTIR. Oser quitter les siens, résister aux assauts de la culpabilité. Regarder droit devant. Ne surtout pas se retourner. 

      Car insidieusement le mal-être s'est installé. Une vie de couple où la routine ronge les liens aussi efficacement qu'une armée de termites, trois enfants à l'aube de prendre leur envol, ce sentiment de ne plus exister dans le regard des autres, de n'être plus que transparence. Valérie étouffe, suffoque.

      Seule la fugue porte en elle l'espoir de lui rendre son souffle. Acte de lâcheté? Non, de survie. « C'était partir ou mourir... » 

      De gare en gare, d'étape en étape, de la Lozère à la Rochelle en passant par le Lubéron, son périple sera aussi et surtout l'opportunité d'un cheminement intérieur. Une fuite dont toutes les rencontres faites en chemin vont converger vers un seul et même point de fuite : la rencontre avec elle-même. C'est en effet dans le miroir des autres, dans leur courage, dans leurs failles, qu'elle va voir ses propres blessures, se voir telle qu'elle est devenue. Et mieux percevoir ce qu'elle ne veut plus être. 

      Parviendra t-elle à mettre à plat les complexes ressorts de ce qui lui arrive aujourd'hui, à rebondir ?

      Ce roman est celui du combat, du courage et de l'espoir. Qui n'a pas un jour éprouvé cette envie de tout laisser derrière soi? Mais qui a osé le faire? Valérie, sur la brillante et sensible plume de Marie-Laure Bigand, a ce courage-là. Et nous emmène avec elle, dès ses premiers pas.

      Un roman sobre et touchant, sur la quête de soi, sur ce bonheur qui prend bien des détours parfois mais surgit toujours par delà les épreuves. Car il n'y a pas de personnes nées sous une mauvaise étoile, mais des personnes qui ne prennent pas le temps de déchiffrer le ciel...

 

Karine Fléjo

 

Et un jour, tout recommencer..., Marie-Laure Bigand, Editions Laura Mare, Mai 2011, 296p. , 19€00.

 

Bibliographie :

Le premier pas, Éditions Laura Mare 2010

D'une vie à l'autre, Éditions Laura Mare 2009

Mais qu'y a t-il derrière la porte ?, Album jeunesse, Éditions Laura Mare 2009

Pour un enfant, Éditions In Octavo 2005

L'auteur a également publié de nombreuses nouvelles aux Éditions in Octavo, Les mots migrateurs, Edilivre.

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29 05 11

Une visite guidée de haut vol

 

Le Palais des livres.gif« La vraie vie privée, c'est l'écriture. »

 

Avec, à son actif, une cinquantaine de romans, recueils de nouvelles, essais... Roger Grenier met au service de sa plume une érudition peu commune en matière de littérature. Une littérature qu'il nous propose de parcourir, en ses sommets, par le biais de thèmes tels l'attente, l'amour, l'impact de la vie privée, le testament artistique, l'inachèvement, l'essence de l'acte d'écriture…

À partir d'une longue pratique du journalisme, il nous démontre l'apport – nutritif – du fait divers à la construction d'un roman.

 

« Le paradoxe de l'écrivain est que, du fond de sa solitude, il ne peut travailler que s'il imagine un public. Ce public influence non seulement le fond, mais la forme. »

 

Puissions-nous être le public attendu d'une « visite guidée » menée de haut vol.

 

Apolline ELTER

 

Le Palais des livres par Roger Grenier, Paris, Gallimard, janvier 2011, 170 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 16.50 € (prix France)

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29 05 11

Les plumes ont la parole

 

Le grand siècle en mémoires.gifDémarche originale et intéressante qui préside à l'anthologie présentée par Thierry Sarmant, conservateur en chef du musée Carnavalet : présenter le Grand Siècle en cédant parole et plume à quelques-uns des mémorialistes, diaristes et épistoliers qui l'ont vécu.

 

« Car aimer les Mémoires, c'est ne pas vouloir choisir entre l'histoire et la littérature, c'est croire que l'une peut concourir à l'autre et inversement. C'est faire le pari que la communion des esprits peut se maintenir, malgré la distance du temps. »

 

Un tel pari ne pouvait que nous séduire, vous l'aurez compris.

 

Déclarons d'emblée que le défi est brillamment relevé : centré sur le long règne solaire de Louis XIV – du décès de son père, en 1643 à 1715, année de son propre trépas –, le recueil est divisé en quatre sections, Le Lever du Soleil, Le Règne glorieux, Tourments et Tourmentes et Déclin d'un âge.

 

Dépouillant – nous lui en savons gré – les colossales Correspondances d'une marquise de Sévigné, d’une Princesse Palatine ou d’un abbé de Choisy, les Mémoires de Saint-Simon et du Cardinal de Retz, le Journal de Dangeau... pour ne citer qu'eux, l'auteur suit chronologiquement les événements marquants du règne du Roi-Soleil et situe chaque extrait dans le contexte précis de l'époque : le mariage du jeune roi avec Marie-Thérèse, infante d'Espagne, l'arrestation, le procès de Nicolas Fouquet et l'avènement corollaire de Colbert, la Guerre de Dévolution, le mariage manqué de la grande Mademoiselle, l'Affaire des Poisons, la répression du protestantisme et la révocation de l'Édit de Nantes, la « grande opération » qui vit le souverain endurer héroïquement le traitement d'une fistule anale, l'entrée en dévotion de ce dernier et son mariage secret avec Madame de Maintenon...

 

Des extraits des Mémoires personnels de Louis XIV, adressés à son fils, le Grand Dauphin, éclairent d'un jour favorable la figure du monarque : « La première [ndlr : précaution] est que le temps que nous donnons à notre amour ne soit jamais pris au préjudice de nos affaires, parce que notre premier objet doit toujours être la conservation de notre gloire et de notre autorité, lesquelles ne peuvent absolument se maintenir que par un travail assidu. »

 

Une anthologie remarquable qui ouvrira le grand public à des saveurs qu'il ne soupçonnait peut-être pas…

 

Apolline ELTER

 

Le grand siècle en mémoires, anthologie présentée par Thierry Sarmant, Perrin, avril 2011, 512 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 24,50 € (prix France)

28 05 11

Restons amants…

 

Né quelque part.gifTandis que Sophie Delassein s'apprête à s'envoler – c'est jour d'Ascension – vers San Francisco pour y repeindre en bleu une certaine maison adossée à la colline... et que Maxime Le Forestier se promet d’y célébrer les quarante ans de son séjour et de l'album éponyme, penchons-nous sur la biographie qui lui est consacrée.

Remaniant, de concert avec l'artiste, les entretiens publiés en 2005 (Né quelque part, Éditions Hachette), Sophie Delassein nous propose une édition actualisée et augmentée en proportion de l'estime qui lie la journaliste à Maxime Le Forestier.

« Brassens aura été présent à trois moments clefs de ma carrière : à quatorze ans, quand j'ai découvert la chanson, à vingt-trois ans quand j'ai connu le succès en assurant sa première partie, et enfin en 1997-1998, à l'abord de la cinquantaine, lorsque j'ai fait le tour du monde avec ses chansons. »

Hommage à ses maîtres spirituels, à sa famille – en particulier, sa sœur Catherine, complice de ses premiers duos et du séjour à San Francisco – l'autoportrait auquel se livre Maxime Le Forestier semble avant tout empreint de simplicité et d'honnêteté L'artiste trace les composantes biographiques de ses textes, la genèse de ses premiers succès, la crise identitaire qui s'ensuivit, la traversée du désert et le retour de la faveur du public, à la sortie de Né quelque part, avec une lucidité chirurgicale. Homme d'affaires piètre mais heureusement entouré, philosophe farouchement extrait de tout mouvement collectif, souvent déconcerté par la tournure des interviews, enfoiré convaincu, l'artiste s'offre au lecteur tel qu'il est, enrobant quelques mises au point nécessaires d'une reconnaissance marquée envers les membres de sa profession.

Une série d’entretiens avec les proches de Maxime Le Forestier, ses sœurs, amis et collaborateurs intimes concluent d’éclairages favorables un portrait déjà très attachant.

On ne peut que souhaiter le plus grand succès à la maison redevenue bleue et à l'événement dont elle sera le cadre...

 

Apolline ELTER

 

Né quelque part par Maxime Le Forestier & Sophie Delassein, Paris, Éditions Don Quichotte, mai 2011, 344 pp. en noir et blanc au format 14 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,90 € (prix France)

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26 05 11

Bob et Johan ou le talent de père en fils…

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21 05 11

Une parodie kamasoutresque…

 

La première gorgée de sperme.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 21/05/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Les Éditions La Musardine à Paris ont réédité La première gorgée de sperme par Fellacia Dessert (!), un pastiche savoureux de La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, l’immense best-seller minimaliste de Philippe Delerm – le père de Vincent – paru chez Gallimard en 1997.

 

On retrouve dans ce texte érotique la transposition des thèmes de Delerm, avec un bonheur de plume qui amènerait presque à penser que Fellacia Dessert n’est autre que… Philippe Delerm himself !

 

Quoi qu’il en soit, on s’amuse, on sourit et on s’ébaudit à la lecture de ce petit livre (plein) de charme qui est suivi de La Salle de réveil par Marjorie Faust, un court récit dans lequel une femme très disgracieuse découvre l’orgasme en exerçant son métier d’infirmière dans une salle de réveil, et de Sept petites histoires de cul par Anne Cécile, qui rapporte des discussions féminines pleines de gouaille, de truculence et de culture physique.

 

Un petit bouquin marrant à siroter longuement…

 

PÉTRONE

 

La première gorgée de sperme et autres textes par Fellacia Dessert, Paris, Éditions La Musardine, collection « Lectures amoureuses », février 2011, 157 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,8 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 8,70 € (prix France)

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21 05 11

Sagas des racin(é)es…

 

L’immigration maghrébine dans la littérature française.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 21/05/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Luc Collès est professeur ordinaire à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve où il enseigne la didactique du français langue seconde et de l’interculturel et il a fait paraître tout récemment aux Éditions Modulaires Européennes à Fernelmont (Belgique) une passionnante compilation intitulée L’immigration maghrébine dans la littérature française, anthologie France-Belgique (1953-2010) dans laquelle il a rassemblé des textes exemplaires d’auteurs d’origine algérienne, marocaine, tunisienne, turque, française et belge présentant, sur le thème du déracinement, tout un éventail de récits (ainsi que deux études et un essai), depuis la fiction la plus pure et la mise en scène littéraire d’un fait divers authentique, jusqu’aux récits les plus explicitement autobiographiques.

 

Il les présente dans l’ordre chronologique, à partir de 1953, le temps de Feraoun où les expatriés partaient seuls et pour une période limitée, jusqu’à 2010 où leurs fils et leurs filles sont définitivement installés en Europe.

 

Si les premiers textes traitent souvent de la solitude affective de l’immigré séparé des siens, les derniers évoquent quant à eux les relations amoureuses entre jeunes maghrébines et jeunes français, tandis qu’un des sujets les plus fréquemment évoqués tient à l’expérience souvent désenchantée du retour ou d’une visite au Maghreb. Plus rare est la description du départ du pays et de l’arrivée (ou du retour) en France. On y trouve aussi d’autres préoccupations telles que l’alphabétisation, les conflits mari-femme et parents-enfants, les éducateurs, les fugues, la libération de la femme, les mariages mixtes, les nouveaux arrivés, les Pieds-noirs, les pratiques religieuses, le racisme, la vie associative traditionnelle, la violence.

 

Insistons au passage sur la grande qualité littéraire de bon nombre de ces témoignages, en plus de ceux des écrivains français et belges « de souche », preuve s’il en était besoin – mais par les temps qui courent, de résurrection de la bête immonde, c’est encore mieux en le disant – des indéniables qualités intellectuelles, morales et humaines de celles et ceux qui les ont produits…

 

PÉTRONE

 

L’immigration maghrébine dans la littérature française, anthologie France-Belgique (1953-2010) par Luc Collès, Fernelmont, Éditions Modulaires Européennes, collection « Proximités », avril 2011, 168 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 18 €

 

Liste des auteurs et des œuvres dont proviennent les extraits :

Mouloud Feraoun, La Terre et le sang (1953, 2010)

Driss Chraïbi, Les Boucs (1955, 1976, 1989)

Mouloud Feraoun, Les Chemins qui montent (1957, 1976)

Michel Grimaud, Le Paradis des autres (1973, 1983)

Bernard Barokas, La révolte d'Ayachi (1975)

Rachid Boudjedra, Topographie idéale (1975)

Tahar Ben Jelloun, La réclusion solitaire (1976)

Émile Ajar, La vie devant soi (1975, 1977)

Tahar Ben Jelloun, La Plus Haute des solitudes (1977, 1997)

Marie Féraud, Anne ici, Sélima là-bas (1978, 1993)

Ali Ghalem, Une femme pour mon fils (1979)

Mohand Khellil, L'exil kabyle (1980)

J.M.G. Le Clézio, Désert (1980)

Slaheddine Bhiri, L'espoir était pour demain (1982)

Leïla Sebbar, Shérazade (1982, 2010)

Mehdi Charef, Le thé au harem d'Archi Ahmed (1983)

Leïla Sebbar, Parle mon fils, parle à ta mère (1984, 2005)

Akli Tadjer, Les ANI du Tassili (1984)

Hélé Béji, L'œil du jour (1985)

Leïla Houari, Zeida de nulle part (1985)

Marie Féraud, Histoires maghrébines (1985)

Nacer Kettane, Le sourire de Brahim (1985)

Michel Tournier, La Goutte d'or (1985)

Ahmed Kalouaz, Point kilométrique 190 (1986)

Azouz Begag, Le Gone du Chaâba (1986, 2005)

Mehdi Lallaoui, Les Beurs de Seine (1986)

Mustapha Raïth, Palpitations intra muros (1986)

Frank Andriat, Journal de Jamila (1986, 1992, 2008)

Sakinna Boukhedenna, Journal « Nationalité: immigré(e) » (1987)

Antoinette Ben Kerroum-Covlet, Gardien du seuil (1988)

Azouz Begag, Béni ou le paradis privé (1989, 2005)

Tassadit Imache, Une fille sans histoire (1989)

Aicha Benaïssa, Née en France, histoire d’une jeune beur (1990)

Djura, Le voile du silence (1990)

Ferrudja Kessas, Beur's Story (1990)

Slaheddine Bhiri, De nulle part (1993)

Soraya Nini, Ils disent que je suis une Beurette (1993)

Malika Mokeddem, L'interdite (1993)

Muharrem Türkôz, Moutons sans bergers (1993)

Mounsi, Territoire d'outre-ville (1995)

Malika Madi, Nuit d'encre pour Farah (2000)

Saber Assal, À l'Ombre des Gouttes (2000)

Mina Oualdlhadj, Ti t'appelles Aïcha, pas Jouzifine (2008)

21 05 11

Paradoxalement positif

 

Éloge du contraire.gifUn éloge du contraire ? Pourquoi pas ?

 

Philosophe – le contraire eût été étonnant – ami du paradoxe, de la marquise (de Sévigné – voilà qui ne peut que nous plaire) et de sa concierge – elle ne se prénomme point Renée – François Bott a, à son actif, une trentaine de publications, romans, récits, essais, carnets et portraits (Autobiographie d'un autre, Éloge de l'égotisme, Le cousin de la Marquise…)

 

Pour la collection des Éloges, dirigée par François Cérésa, l'écrivain se fait ici l'apôtre d'une certaine modestie. Une modestie qui fustige les donneurs de leçons, « l'arrogance des opinions et des certitudes. » : (...) toute vérité porte en elle son contraire, comme nous l'enseignent la marquise et Paul Valéry ; c'est pourquoi la vérité (sans majuscule) est forcément paradoxale ».

 

Sublime marquise qui déclara : « Je ne suis pas toujours de mon avis », dénonçant avec la verve délicieuse que nous lui connaissons, l'insoutenable grossièreté des avis tranchés.

 

Un Éloge du contraire, brillant et... paradoxalement positif.

 

Apolline ELTER

 

Éloge du contraire par François Bott, Paris, Éditions du Rocher, mai 2011, 106 pp. en noir et blanc au format 11 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12,90 € (prix France). Signalons la parution conjointe, chez le même éditeur, d'un Éloge de la vulgarité, signé Claude Cabanes.

18 05 11

« Qui méprise sa vie est maître de celle d'autrui » (Sénèque)

 

Tragédies de Sénèque.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 18/05/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Une nouvelle traduction des Tragédies de Sénèque par Olivier Sers vient de paraître aux Éditions Les Belles Lettres à Paris en version bilingue latin-français, l’occasion de redécouvrir l’œuvre et la pensée d’un philosophe majeur de l’école des stoïciens qui fut aussi dramaturge et homme d’État.

 

Né dans l'actuelle Cordoue (Espagne) vers 4 avant J.-C. et mort le 12 avril 65 après J.-C., il fut conseiller à la cour impériale sous Caligula (né à Antium le 31 août 12 et mort à Rome le 24 janvier 41) et précepteur de Néron (le fils d’Agrippine et neveu de Caligula, né Lucius Domitius Ahenobarbus le 15 décembre 37 et mort le 9 juin 68, qui régna de 54 à 68), auprès de qui il joua un rôle important de mentor avant d'être discrédité et acculé au suicide.

 

Ses traités philosophiques comme De la colère (en latin, De ira), De la clémence (De clementia), Sur la vie heureuse (De Vita beata), Sur la tranquillité de l'âme (De tranquillitate animi), Consolation à Polybe (Ad Polybium consolatio) ou encore De la brièveté de la vie (De Brevitate vitæ), et surtout ses Lettres à Lucilius (Epistulae morales ad Lucilium) exposent ses conceptions stoïciennes : « Le souverain bien, c'est une âme qui méprise les événements extérieurs et se réjouit par la vertu » ; « Commence déjà à être l'ami de toi-même. Tu ne seras jamais seul » ; « Rien ne nous est plus utile que de vivre tranquille, de parler peu avec les autres et beaucoup avec nous-mêmes » ; « Les hommes apprennent en enseignant » ; « Après la mort, il n'y a rien, et la mort elle-même n'est rien ».

 

Ses tragédies constituent l'un des sommets du théâtre latin avec des œuvres comme Œdipe, Les Phéniciennes, Médée, Hercule furieux, Phèdre, Thyeste, Les Troyennes et Agamemnon, qui nourriront le théâtre classique français du XVIIsiècle et qui figurent toutes dans cette nouvelle et remarquable compilation.

 

PÉTRONE

 

Tragédies par Sénèque, traduction d’Olivier Sers, Paris, Les Belles Lettres, collection « Classiques en poche », mai 2011, 642 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 17,50 € (prix France)

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