31 07 11

Un continent incontinent ?

 

Les 100 mots de l’Europe.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 31/07/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Qui est Jerzy Buzek, quelle fonction occupe-t-il et pour combien de temps encore ? Quel est le rôle du Conseil européen présidé par Herman Van Rompuy, et quelles différences y a-t-il entre lui, le Conseil de l’Union européenne et le Conseil de l’Europe ? Quand sont entrés en vigueur les accords de Schengen ? Et le traité d’Amsterdam ? Et celui de Lisbonne ? Pourquoi au juste déjà ? Qu’a été la « Crise de la chaise vide » ? Et l’échec de la CED ?

 

Vous donnez votre langue au chat ?

 

Rien d’étonnant à cela, rassurez-vous ! Car, pour la plupart d’entre nous, l’Europe, en construction depuis près de soixante ans, s’apparente à une usine à gaz aux ramifications d’une complexité dantesque, accouchant trop souvent…d’un pet de souris.

 

D’autres esprits (chagrins ou réalistes ?) voient dans ce continent divisé une Tour de Babel au sein de laquelle, à l’instar du Plat Pays, on communique et on se comprend de moins en moins.

 

Mais l’Europe, pourtant, existe bel et bien. Pourquoi, dès lors, ne pas essayer de faire un peu mieux connaissance avec elle, ses acteurs et ses institutions ? C’est l’objectif de l’ouvrage intitulé Les 100 mots de l’Europe cosigné par deux spécialistes de la chose publique, Jean-Paul Betbèze et Jean-Dominique Giuliani, que les Presses Universitaires de France ont eu la bonne idée de publier récemment dans la célèbre collection « Que sais-je ? ». Ce petit livre pratico-pratique explore dans tous les azimuts les différentes institutions (leur origine, leurs transformations et leurs raisons d’être), les grandes personnalités de la construction européenne ainsi que les politiques menées depuis les bureaux du Berlaymont, de Strasbourg ou de Luxembourg, sans oublier les défis futurs qui attendent le Vieux continent et ses citoyens dans un monde globalisé.

 

Rédigé dans un style clair et précis (ce qui constitue une réussite en soi, s’agissant d’un sujet quelque peu pointu), ce livre permettra à l’étudiant, au connaisseur ou au simple curieux d’en savoir beaucoup sur cette machinerie parfois surréaliste mais qui ne cesse de faire parler d’elle, et de prendre connaissance des échecs, mais aussi des réussites (il y en a eu…) de la politique européenne depuis l’après-guerre.

 

Parce qu’une Europe forte constitue le rempart contre tous les extrémismes, voilà un ouvrage qui trouvera bien vite sa place dans la bibliothèque de tout honnête homme, ou sur la tronche des fachos de tous bords qui attendent au coin du bois qu’on leur fasse leur fête une bonne fois pour toutes… Pas vrai, Breivik ?

 

EUTROPE

 

Les 100 mots de l’Europe par Jean-Paul Betbèze & Jean-Dominique Giuliani, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Que sais-je ? », avril 2011, 128 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,5 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 9 € (prix France)

28 07 11

Le langage des tableaux

 

La_Gitane_4dd8d308833bd.jpgLilou, artiste peintre gitane, a disparu depuis dix mois dans les environs de Marseille. Tandis que Paco, son cousin, tente vainement de la retrouver, il croise Livia Paoli. Cette jeune femme corse est venue sur le continent poursuivre des études de détective privé et lui offre aussitôt son aide. Mais se lancer sur les traces de Lilou va la mener sur des pistes très dangereuses. Cette disparition n’est pas une simple fugue mais une intrigue mêlée à de sombres trafics. Pour autant, rien n’arrête Livia dans sa détermination à retrouver cette femme dont elle est le troublant sosie. Pas même la prise de risques inconsidérés.

Intimement convaincue, sans parvenir à expliquer rationnellement pourquoi, que Lilou se servira de ses toiles pour faire passer des messages si elle est en vie et retenue de force, Livia écume les galeries d’art. Et cette enquête de la mener à Paul Vineux, avocat de renom, lequel a en sa possession nombre des tableaux de Lilou. Quelles circonstances l’ont conduit à entrer en possession desdites peintures ? Et si ces toiles ont bien un message à délivrer tel les cailloux semés par le Petit Poucet pour baliser le chemin jusqu’à Lilou, comment le décoder ?

C’est avec un art maîtrisé du suspens que l’auteur nous fait entrer dans l’univers peu connu des gitans. Un milieu  qui dérange, plus par l’abondance des clichés le concernant que par la réelle connaissance de sa spécificité, de ses idéaux, de ses valeurs, de ses traditions. Ou quand la mise à l’écart naît de l’ignorance…

La gitane est un thriller haletant riche en rebondissements mais aussi une belle ode à la tolérance sous la sensible plume de l'auteur. 

 

La gitane, de Marie Olivier-Ziglioli, Editions Volpilière, Juin 2011, 246p., 18€.

Site de l'auteur : http://ziglioli.over-blog.com

 

 

  Karine Fléjo

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21 07 11

Les bonnes (ré)solutions…

 

Spirou (Sauvez la Belgique).jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 21/07/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

À l’occasion de la (possible) dernière fête nationale de la Belgique moribonde, le magazine « Spirou » s’est fendu d’un numéro spécial dans lequel les membres de sa rédaction proposent leurs solutions pour la formation d’un gouvernement et l’évitement de la partition du pays.

 

Les plus originales ? Celle de Nix qui propose de démonter la Belgique puis de la reconstruire en la repeuplant de manière aléatoire avec des Flamands et des Francophones… Et celle de Salma et Libon suggérant de recourir aux services d’un Manneken Peace…

 

Sans intérêt, penserez-vous peut-être ?

 

Oui mais non, hein !

 

Au pays du surréalisme, il est grand temps de faire appel aux solutions les moins rationnelles : elles ont toutes les chances d’aboutir !

 

La preuve ?

 

Quand un type comme Bar(s)t De Wever est l’homme politique le plus populaire de Flandre, un ketsje comme Manneken Peace devrait forcément tenir la corde ! [1]

 

PÉTRONE



[1] Pas pour le pendre, quand même ? (ndlr).

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21 07 11

Pottermore ouvrira en octobre

Mais vous pouvez déjà vous inscrire.

JK Rowling herself vous en parle : 

 

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17 07 11

De véritables reconstitutions historiques

 

Quand les peintres peignaient l’histoire de France.gifEn parcourant Quand les artistes peignaient l’histoire de France par Béatrice Fontanel & Daniel Wolfromm, un magnifique ouvrage publié par Éditions du Seuil à Paris, le lecteur se voit convié à revivre aux premières loges les grandes heures de l’hexagone par l’entremise d’immenses toiles, œuvres remarquables de peintres du XIXsiècle et du début du XXe qui, pour académiques qu’ils fussent, savaient ce que représenter veut dire : Vercingétorix se rendant à César (Henri Paul Motte, 1886), Le baptême de Clovis (François-Louis Dejuinne, 1837), L’Excommunication de Robert le Pieux (Jean-Paul Laurens, 1875), La Bataille de Taillebourg (Eugène Delacroix, 1837), L’agitateur du Languedoc [1] (Jean-Paul Laurens, 1887), le sacrifice des Bourgeois de Calais (Ary Scheffer, 1819), L’Assassinat du duc de Guise (Paul Delaroche, 1834), L’Assassinat d’Henri IV (Charles-Gustave Housez, 1860), Louis XVI donnant des instructions à La Pérouse (Nicolas André Monsiaux, 1817), L’Assassinat de Marat (Jean Joseph Weerts, 1880), Le Coup d’État du Dix-huit Brumaire (François Bouchot,1840), Combat sur une voie ferrée (Alphonse de Neuville, 1874), La Grève au Creusot (Jules Adler, 1899), L’Armistice (Jules Adler, 1918)…

 

Mais aussi les invasions vikings, les croisades, la guerre de Cent ans, la victoire de Marignan, le massacre de la Saint-Barthélemy, les guerres de Vendée, la Commune, la Première Guerre mondiale…

 

Pour chaque œuvre présentée, les auteurs se sont enquis d’éclaircissements auprès d’historiens de grand format, spécialistes de l’époque : Maurice Agulhon, Didier Busson, Denis Crouzet, Jacques Le Goff, Christian Goudineau, Danielle Haase-Dubosc, Guy Lobrichon, Antoine Prost, Pierre Riché et Michel Vovelle.

 

Un album superbement passionnant !

 

Bernard DELCORD

 

Quand les artistes peignaient l’histoire de France par Béatrice Fontanel & Daniel Wolfromm, Paris, Éditions du Seuil, mars 2011, 144 pp. en quadrichromie au format 24,5 x 28,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 25 € (prix France)



[1] Il s’agit du procès devant l’Inquisition du moine franciscain Bernard Délicieux, poursuivi en 1319 pour avoir dénoncé les manigances des inquisiteurs bénédictins d’Albi ; il mourra dans un cachot en 1320, des suites des tortures qu’il aura subies.

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17 07 11

Les mots de chez nous…

 

Façons belges de parler.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 13/07/2011 sur le site des guides gastronomiques belges DELTA (www.deltaweb.be) :

 

Professeur émérite de l’Université catholique de Louvain, secrétaire perpétuel (1996-2001) de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, président du Conseil international de la langue française (depuis 1991), continuateur depuis 1986 du Bon usage de Maurice Grevisse dont il était le gendre, André Goosse est sans contredit l’un des plus gros calibres de la linguistique française contemporaine.

 

Il a en outre publié dans le quotidien belge La Libre Belgique, entre 1966 et 1990, plusieurs centaines de chroniques de langage intitulées « Façons de parler », qui ont séduit un large public tant en raison de la richesse de leur documentation que de la précision de leurs raisonnements, mais surtout parce qu’elles étaient rédigées dans un style simple et souriant, accessible à tous.

 

Bien que devenus inaccessibles (sauf aux chercheurs et aux rats de bibliothèque), ces textes n’ont pas pris une ride, et ils demeurent largement pertinents.

 

C’est pourquoi deux membres belges du Conseil international de la langue française[1], Christian Delcourt (à qui l’on doit le Dictionnaire du français de Belgique) et Michèle Lenoble-Pinson (co-auteure, avec six autres linguistes – dont André Goosse…– de Belgicismes. Inventaire des particularités lexicales du français en Belgique), en ont rassemblé la quintessence dans un recueil intitulé Façons belges de parler paru récemment aux Éditions Le Cri à Bruxelles.

 

À titre « exemplatif », on y apprend tout sur les verbes « prester », « stater » et « gréer », sur les origines du mot « estaminet », d’où viennent les « flamingants » (sans que cela empêche pour autant les gens d’« aller promener » « à la côte »), ce que sont une « aubette », un « abribus », un « bac » – éventuellement « à schnick » –, des « crolles », une « dringuelle », un « parastatal », une « plate buse », une « loque », une « clicotte », un « djok », « l’amigo », un « façadeclacher », une « potale », une « chaire de vérité », une « macrale », un « auditoire », une « buse », des « valves », le « régendat » ou un « doctorand », l’origine et l’usage de « septante » et de « nonante », les particularités du parler de Comines et Warneton, les raisons pour lesquelles nous consommons « à la bonne flanquette » (et parfois comme des « goulafs ») des « chiques », des « pralines », des « pistolets », des « « cougnous », de la « maquée », des « vitoulets », du « ramonach » et des « bouquettes » parfois arrosés de « péquet » ou de « faro », quand sonne l’heure du souper ou encore comment nous mélangeons artistement l’usage des verbes « savoir », « pouvoir » et « devoir »…

 

« Qué n’affaire ! À Lidje et amon nos autes… »

 

Bernard DELCORD

 

Façons belges de parler par André Goosse, Bruxelles, Éditions Le Cri, collection « Langue et linguistique », mars 2011, 658 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 25 €

 

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage plaisamment érudit l’explication suivante :

 

À la bonne franquette

 

J’ouvre une parenthèse à l’intention d’un lecteur de Jette qui m’interroge sur l’origine de la locution à la bonne franquette. Celle-ci n’est pas dans la liste des régionalismes. Pourtant la question n’est pas si éloignée des observations que nous venons de faire.

 

Les dictionnaires présentent à la bonne franquette (attesté depuis 1741) comme issu de la formule synonyme à la franquette (depuis 1650 environ), elle-même dérivée de l’adjectif franc « sincère ». À la réflexion, cela n’est pas si évident : pourquoi qu et non ch, puisque les autres dérivés de franc sont, outre franche, franchement et franchise ? Franquette ne viendrait-il pas de régions où le k est normal, soit du Midi, soit de Normandie ou de Picardie ?

 

À la bonne franquette a une variante à la bonne flanquette (attestée en 1808), que Wartburg considère comme une altération de la première, sous l’influence de flanquer. Mais n’est-il pas surprenant que dans toutes les mentions dialectales (sauf dans la vallée d’Yères, dans la Seine-Maritime), en Picardie, à Nantes, à Langres, dans les Ardennes, en Lorraine, en Franche-Comté ou en Savoie, on ait des formes avec fl- ou fi ? Si l’on ne tient compte que de la géographie, on a l’impression que flanquette est la forme « normale », non pas du point de vue de la correction, naturellement, mais quant à l’origine.

 

J’espère que mon correspondant ne sera pas choqué que je réponde à sa question par des points d’interrogation. N’est-il pas utile de montrer que les étymologies reçues ne sont pas pour cela hors de conteste ?



[1] Christian Delcourt est l’auteur du Dictionnaire du français de Belgique (Éditions Le Cri). Michèle Lenoble-Pinson est, avec six autres linguistes (dont André Goosse lui-même), l’auteur de Belgicismes. Inventaire des particularités lexicales du français en Belgique (Éditions Duculot/CILF). Ils ont édité en 2006 un volume d’hommage à André Goosse : Le point sur la langue française (Revue belge de philologie et d’histoire/Le Livre Timperman).

 

17 07 11

Spirou et les Kollabos

 

Le kastar des Marolles.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 17/07/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Avec Le groom vert-de-gris (par Schwartz et Yann) paru en 2009 chez Dupuis à Marcinelle, Spirou et Fantasio avaient replongé dans des aventures à la Franquin, durant la Seconde Guerre mondiale, à Bruxelles sous la botte allemande. Groom au Moustic Hôtel réquisitionné par la Gestapo, le maître de Spip y était poursuivi par une blonde Ursula quelque peu nymphomane et informait la Résistance sur les intentions du colonel von Knochen mais il se faisait doubler par celui-ci, tandis que Fantasio, zazou en diable, cachait dans sa garçonnière des aviateurs alliés tombés du ciel. Ajoutez à cela un savant fou qui dressait des chauves-souris pour abattre les bombardiers nazis, un robot particulièrement autonome et efficace, un pittoresque boxeur des Marolles, des collabos sans scrupules ainsi que des clins d’œil à toutes les pages, et vous aviez la recette d’un agréable divertissement, joliment troussé et habilement dessiné.

 

Pour la fête nationale belge (le 21 juillet, pour ceux qui l’ignoreraient) de l’an de grâce 2011 – qui sera peut-être la dernière, les petits-fils et neveux de collabos ayant investi la tête de la très philo-nazie N-VA –, l’éditeur a remis sur le marché la version en bruxellois de cette excellente BD, habilement traduite par Georges Lebouc, spécialiste s’il en est du parler des places Sainte-Catherine et du Jeu de Balle.

 

Le résultat ? Le kastar des Marolles, une clache joyeuse et hilarante sur le snotneus de ceux qui croivent que la culture brusseleire, ça est que du flamand ou de la crotte !

 

PÉTRONE

 

Le kastar des Marollespar Schwartz et Yann, Marcinelle, Éditions Dupuis, collection « Une aventure de Spirou et Fantasio par… », mai 2009, 64 pp. en quadrichromie sous couverture cartonnée et pages de garde, 13,50 €

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15 07 11

Le prix de l'amitié

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      « Le principal ennemi de l'amitié ce n'est pas l'amour. C'est l'ambition. » Philippe Soupault, en ces termes, illustre le dilemme qui aurait pu être celui de Christophe Beaupré, trentenaire, dirigeant d'une jeune agence de communication prometteuse Dream Line. En effet, alors qu'il est en passe de décrocher deux très gros marchés, son meilleur ami d'enfance, Virgile, disparu de la circulation depuis plus de dix années, sollicite son aide. Sa soeur Audrey a mystérieusement disparu, vraisemblablement enlevée. Mais pour quelles raisons ? Et par qui ? Aucune demande de rançon, aucun indice. Rien. Juste l'angoisse de la famille Delatour qui pressent qu'un malheur est arrivé à leur fille et soeur.  

      Pour Christophe, aucune hésitation possible. La priorité est Audrey. Mais alors qu'il met tout en œuvre pour retrouver sa trace, voilà que piste professionnelle et piste privée s'entremêlent. La société UGM dirigée par Martin Meyer, société avec laquelle Dream Line vient de passer un très gros contrat, a des comportements pour le moins non déontologiques. Et ce n'est pas l'une de ses têtes pensantes, Sonia Katelinder, au regard de tueuse, à la voix grave et suave, à la poitrine insolente et au sourire carnassier, qui va dissiper le trouble. Cette disparition est-elle le fruit de procédés crapuleux entre Martin Meyer et son rival Paul Delatour ? Une voie à ne pas négliger, mais pour autant, est-ce la bonne ? Car Guy Jacquemelle nous emporte à toute plume dans un thriller au suspens savamment entretenu, aux rebondissements magistralement orchestrés, le tout sur la trame d'une bouleversante amitié que ni la distance ni les années n'ont altérée.  

      Un roman d'action mais aussi un très bel éloge de l'amitié, menés par une plume d'une sensibilité et d'une fluidité remarquables.

Karine Fléjo

 

  Les années insouciantes, Guy Jacquemelle. Editions Beaurepaire, Juillet 2011, 19€, 363p.

 

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14 07 11

« De la musique avant toute chose… » (Paul Verlaine)

 

Histoire de la musique au Moyen Âge et à la Renaissance.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 13/07/2011 sur le site des guides gastronomiques belges DELTA (www.deltaweb.be) :

 

Dans son Histoire de la musique au Moyen Âge et à la Renaissance parue aux Éditions Ellipses à Paris, la professeure Isabelle Handy (elle enseigne à l’université du Maine et à l’Institut technologique européen de métiers de la musique, au Mans) aborde avec un talent de conteuse exceptionnel cette période de l'histoire musicale largement méconnue du grand public.

 

Resituant la création et l’évolution musicales d’alors dans leurs rapports avec l'histoire, les arts, la littérature, la philosophie, la scolastique médiévale, l'humanisme renaissant mais aussi dans leurs liens avec les costumes, les danses à la mode, les jeux – qui furent premières grandes formes théâtrales – les chansons, les danses ou les instruments aux noms parfois étranges (chalemie, clavicorde, mandore, régale, rebec, théorbe, virginal…), l’auteure montre comment, en mille ans, entre le Ve et le XVIsiècles, à un moment où la société moderne se construisait, où l'Europe entrait dans une première grande ère de construction, la musique s’est insérée tout naturellement dans la vie quotidienne, à la cour comme à l'église, dans les demeures ou sur les routes, dans l'atelier d'un luthier et sur les places publiques, pour la prière, le faste ou le divertissement.

 

Prenant le lecteur par la main à la manière d’une Mary Poppins de musicologie, Isabelle Handy l’entraîne à travers le temps et l’espace et lui fait découvrir la musique du temps des mérovingiens et des carolingiens, lui donne à entendre celle du temps des cathédrales avec son répertoire gothique, lui fait connaître l’amour avec les trouvères et les troubadours, l’emmène par la Bourgogne de Castille en Bavière, décrypte pour lui les Carmina Burana et lui présente Rémy Belleau, Gilles Binchois, Guillaume Dufay, Roland de Lassus, Guillaume de Machaut, Johannes Ockeghem, Giovanni Palestrina ou Adrian Willaert…

 

Bravissimo !

 

Bernard DELCORD

 

Histoire de la musique au Moyen Âge et à la Renaissance par Isabelle Handy, Paris, Éditions Ellipses, collection « Le monde : une histoire », mars 2009, 312 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,50 € (prix France)

 

Pour vous, nous avons recopié dans cet essai captivant les quelques lignes suivantes :

 

La liturgie des « Heures » selon la règle bénédictine

 

Selon la règle de Saint-Benoît, la journée d’un moine est divisée en cinq heures de travail manuel, quatre heures d’étude des écritures et six heures de prières. Ces dernières sont ordonnées selon un emploi du temps très strict (= la liturgie des « Heures »). Huit réunions journalières (sept le jour, une la nuit) ponctuent rigoureusement le rituel témoignant de la volonté de prier Dieu nuit et jour…

 

Office nocturne (Grandes Heures)

- Matines (ad matutinem = matin) : avant le lever du jour ou à la fin de la nuit. Appelées dans les premiers temps du christianisme vigilia (vigile = cérémonie de la nuit).

- Laudes (ad laudes, louanges) : à l’aurore. Selon la saison, y est chantée une grande antienne mariale tel le Salve regina.

 

Office diurne (Petites Heures, presque 20 minutes chacune ; se caractérisent par leur simplicité, leur dépouillement)

- Prime (ad primam, à la 1re heure). À 6 heures du matin.

- Tierce (ad tertiam, à la 3e heure). À 9 heures du matin.

- Messe : célébrée à 10 heures, parfois après Sexte ou None.

- Sexte (ad sextam, à la 6e heure). À midi, c’est-à-dire au milieu du jour.

- None (ad nonam, à la 9e heure). À 15 heures.

 

Office vespéral (Grandes Heures)

- Vêpres (ad Vesperas). À la tombée du jour, à 18 heures. On peut y chanter le cantique de louange à la Vierge appelé Magnificat. Le cantique (lat. canticum = chant biblique) est un petit texte court, simple dans sa conception et populaire (Il est né le divin enfant est un cantique interprété le jour de Noël).

- Complies (ad completorium, achèvement). Avant le coucher (vers 21 heures), à la fin de la journée. Les antiennes mariales y sont chantées à partir du XIIIsiècle.

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14 07 11

« C'est grâce à l'héritage du jazz que l'homme singe devient l'homme sage. » (MC Solaar)

 

Le jazz dans tous ses états.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 13/07/2011 sur le site des guides gastronomiques belges DELTA (www.deltaweb.be) :

 

Faisant le tour de son sujet dont il décrit l’histoire, les styles, les foyers et les grandes figures, Le jazz dans tous ses états de Franck Bergerot paru aux Éditions Larousse à Paris constitue un guide indispensable à tout amateur de musique qui balance.

 

Des premiers work songs aux métissages multiethniques, des gospels aux expériences électroniques, du blues aux rapprochements avec le hip-hop, cet ouvrage très complet aborde, en suivant la chronologie, les grandes phases de l'histoire du jazz : spirituals, gospel, ragtime, jazz hot, swing, bop, cool, hard bop, free, fusion...

 

Il révèle aussi combien l'évolution du jazz a été conditionnée par la place faite aux Noirs dans la société américaine, infléchie par le poids du passé, par le voisinage d'autres musiques, par l'apparition de nouvelles techniques d'enregistrement et de nouveaux instruments...

 

Et il présente les grandes figures qui ont contribué à son histoire : de Louis Armstrong à Ornette Coleman, Wynton Marsalis et Louis Sclavis, en passant par King Oliver, Duke Ellington, Lionel Hampton, Count Basie, Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Art Tatum, Django Reinhardt, Teddy Wilson, Charlie Parker, Erroll Garner, Thelonious Monk, Oscar Peterson, Charles Mingus, John Coltrane, Bill Evans ou Miles Davis, notamment.

 

Last but not least, il est rédigé dans un langage simple et présente avec brio, parfois à l'aide de schémas, le vocabulaire du jazz et son évolution tout en invitant à l'écoute par la fourniture d’une importante discographie mise à jour.

 

De quoi se réchauffer l’âme… et les oreilles !

 

Bernard DELCORD

 

Le jazz dans tous ses états par Franck Bergerot, Paris, Éditions Larousse collection « Reconnaître et comprendre », mars 2011, 287 pp. en quadrichromie au format 14,5 x 25 cm sous couverture brochée en couleurs, 27 € (prix France)

 

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage qui swingue les lignes suivantes :

 

Le big band de Dizzy Gillespie

 

Le big band de Billy Eckstine, où s’étaient retrouvés en 1944 les principaux chefs de file du bop, était plus un rassemblement de boppers qu’un véritable grand orchestre bop. À partir de 1945, Dizzy Gillespie fit appel à l’arrangeur Gil Fuller, pour une première expérience en big band lors de la tournée de la revue Hepsations of 1945, pour son sextette, puis pour le grand orchestre qu’il monta en 1946.

 

Dans un manifeste intitulé What Is Bebop ? et distribué au public du club le Royal Roost, Walter Gil Fuller citait Igor Stravinsky. On trouve en effet de nombreuses analogies entre les préoccupations des boppers et celles dont témoigne le Sacre du Printemps : refus de l’épanchement romantique, volonté d’exaspérer les contrastes, recours à la tension harmonique et à la dissonance. Autant d’éléments repérables tant dans le chef-d’œuvre de Gil Fuller Things to Come (« choses à venir ») que dans le final de l’arrangeur blanc George Russel pour Cubana Bop. Les pianistes Tadd Dameron et John Lewis participèrent également aux arrangements du répertoire de Dizzy Gillespie dans une veine assez voisine où l’on ne peut s’empêcher d’y voir l’aboutissement d’aspirations antérieures, déjà à l’œuvre dans Queer Notions (chez Fletcher Henderson) ou Stratosphere (chez Jimmie Lunceford).

 

À l’inverse, l’introduction en 1947 des percussions afro-cubaines de Chano Pozo dans l’orchestre de Dizzy Gillespie constitua la première véritable rupture d’avec le jazz des origines. Pour la première fois, le phrasé inégal, qui jusque-là avait caractérisé le swing, était mis en péril par le battement égal des mains du percussionniste.

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