30 08 11

Florilège de..souvenirs

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«  Il ne fallait pas forcément courir après des idées, s’acharner sur des brouillons, c’était au roman de faire les premiers pas. Il fallait être dans de bonnes conditions pour le recevoir quand il frapperait à la porte de l’imagination. Les mots avançaient vers moi avec la grâce de leur invisibilité. »

 

Les fans de David Foenkinos ne seront pas déçus qui retrouveront leur écrivain-fétiche au rendez-vous de la rentrée et de lui-même.

 Excellant dans la veine de l’attachante (auto)-dérision,  d’un quotidien plutôt terne et d’un loufoque irrésistible, le narrateur propose un florilège de …souvenirs, mus par le  départ de sa grand-mère pour une maison de retraite- il lui est très dévoué - une idylle naissante et une vocation embryonnaire pour le métier d'écrivain.

 

Soixante-huit chapitres s’enchaînent comme les mailles d’un récit ininterrompu- exeunt les sauts de pages -  conclu chacun de l’évocation d’un souvenir attaché au narrateur  ou à un surprenant protagoniste : Lazare, Claude Lelouch,  Aloïs Alzheimer, Vincent Van Gogh..

 Une fresque émouvante, déconcertante et drôle de la complicité qui peut unir des générations éloignées.

 

 Apolline Elter

  Les souvenirs, David Foenkinos, roman, Gallimard, août 2011, 266 pp, 18,5 €

 

27 08 11

Osez Delphine

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Retenez ce titre, énigmatique, tout droit jailli de la célèbre chanson d'Alain Bashung ,"Osez Joséphine" car il ouvre les pages d'un roman magnifique. Bouleversant. Un roman fort de la rentrée littéraire. Je vous le recommande sans restriction aucune.

 

Un roman? Vraiment?

 

« J’écris  à cause du 31 janvier 1980 »


« Lucile est devenue cette femme fragile, d’une beauté singulière, drôle, silencieuse, souvent subversive, qui longtemps s’est tenue au bord du gouffre, sans jamais le quitter tout à fait des yeux, cette femme admirée, désirée, qui suscita les passions, cette femme meurtrie, blessée,  humiliée, qui perdit tout en une journée et fit plusieurs séjours en hôpital psychiatrique, cette femme inconsolable, coupable à perpétuité,  murée dans sa solitude. »

 

Découvrant le cadavre de Lucile, sa mère, cinq jours après son suicide, la narratrice entreprend de reconstruire sa vie, au départ des témoignages qu'elle peut rassembler à son sujet: photos, lettres, fragments de manuscrits, souvenirs ancrés dans la mémoire familiale, ... Il lui faut, pour ce faire, étirer le fil d’une jeunesse, en apparence  joyeuse et bohème, au sein d’une fratrie nombreuse et d’une famille un peu fantasque.

 

«  J 'aurais voulu donner à lire les multiples étés que Liane et Georges ont passés avec leurs enfants sur les plages du sud, en France, en Italie ou en Espagne, cette capacité que Georges avait de vivre au-dessus de ses moyens, de dénicher des endroits  à sa démesure et au moindre coût, d’y entraîner sa tribu, sur laquelle se greffait toujours quelque cousin jugé pâlichon ou voisin carencé en globules rouges. » 

 

Mais derrière l’imagerie d’Epinal des grandes tablées familiales, bruyantes et enjouées,  se tissent les éléments d’une malédiction et d’un naufrage inéluctable. En point de mire, Georges, patriarche de la famille Poirier, dont le portrait, contrasté, porte en lui, le germe des dérives.

 

Oscillant entre l’émotion forte de descriptions denses et construites –  l’écriture de Delphine  de Vigan est précise, travaillée, loyale …royale, son style, lumineux - et le soulagement amusé de descriptions légères, comiques de scènes de la mythologie familiale, le lecteur se sent peu à peu aspiré dans la tribu « Poirier », ses non-dits, son humanité.

 

L’hommage tragique, honnête et beau d’une fille à sa mère.

 

A découvrir de toute évidence. Un ouvrage-phare et fort de la rentrée littéraire. De votre bibliothèque personnelle.

 

Apolline Elter

Rien ne s’oppose à  la nuit, Delphine de Vigan, roman, JC Lattès, 438 pp, 19 €

 

Billet de ferveur

(Interview de Delphine de Vigan)

 

« J’écris ce livre parce que j’ai la force aujourd’hui de m’arrêter sur ce qui me traverse et parfois m’envahit, parce que je veux savoir ce que je transmets, parce que je veux cesser d’avoir peur qu’il nous arrive quelque chose comme si nous vivions sous l’emprise d’une malédiction, pouvoir profiter de ma chance, mon énergie, ma joie, sans penser que quelque chose de terrible va nous anéantir et que la douleur, toujours, nous attendra dans l’ombre. »

 

AE : Delphine de Vigan, à plusieurs reprises, vous vous interrogez sur le bien-fondé de votre démarche ; avoir mené à bien (à tellement bien…) la rédaction de ce récit vous apporte-t-il cette sérénité escomptée ?

 

Delphine de Vigan : Je n’envisageais pas l’écriture de ce livre comme une démarche thérapeutique mais il est vrai qu’il s’est imposé à moi comme quelque chose d’incontournable. Je suis fière que ce livre existe, c’est important pour moi d’être allée au bout. En tant qu’auteur, il me semble que chaque livre achevé est une victoire, celui-ci peut-être un peu plus qu’un autre.

AE : Votre sœur, vos tantes.., ont collaboré à votre entreprise. Comment accueillent-elles la publication ?

 

Delphine de Vigan: Ma sœur est la seule à avoir lu le texte sur manuscrit et elle est la seule qui aurait pu m’arrêter dans ma démarche. J’ai modifié quelques détails à sa demande. Les frères et sœurs de ma mère ont accueilli le livre avec beaucoup de chaleur, de respect pour mon travail d’écriture malgré leurs inquiétudes. Ils ont été formidables.


AE : Dans l’ombre de Georges, le patriarche, le tout-puissant, abusif et attachant   « cet homme  qui aurait pu se contenter d’être un père merveilleux », il y a Liane, lumineuse grand-mère, dont le portrait (il ne manque à son prénom que le « p » d’Epinal)  a juste un goût de « trop peu » : une femme amoureuse, stoïque et soumise, sportive, excentrique et généreuse, mère de famille nombreuse, …. Saura-t-on jamais ce qu’elle a  réellement  enduré à travers les épreuves et deuils que la vie lui a réservés ?

 

Delphine de Vigan : Non, nous ne le saurons jamais. Ma grand-mère était, je crois, telle que je la décris et mes proches ont aimé ce portrait d’elle, haut en couleurs au sens propre du terme. Ma grand-mère était la personne la plus solaire, la plus lumineuse que j’ai rencontrée, la plus limpide en apparence. Sa foi et sa candeur l’ont protégée, et son énergie n’avait d’égale que sa gaité. Mais elle abritait aussi sans aucun doute une part d’ombre, à laquelle nous avons rarement eu accès. Il est évident qu’elle a beaucoup souffert. Elle avait décidé une bonne fois pour toutes de se tenir debout, et, consciemment ou pas, de ne pas voir un certain nombre de choses qui l’auraient littéralement tuée.


AE : Il y a Georges, il y a Pierremont. LA maison familiale, sa salle de bains bleue, sa cuisine jaune et ses  grandes tablées familiales, toutes générations confondues. Qu’est-elle aujourd’hui devenue ?

 

Delphine de Vigan : Lorsque ma grand-mère est morte, la maison était en très mauvais état. Aucun des frères et sœurs de ma mère n’avait les moyens de l’entretenir. Elle a été mise en vente et elle était préemptée par la Mairie. Comme je le raconte dans le livre, cette maison se trouve (ou se trouvait) dans le prolongement d’une route et le projet de la raser pour prolonger cette route existait depuis des années. Mon grand-père s’est énormément battu pour l’éviter. Une fois achetée par la Mairie, il était prévu que la maison soit rasée. Aucun de nous ne s’est renseigné pour savoir si cela avait déjà été fait. Je crois que l’idée est trop douloureuse.

AE : Quelle est votre madeleine de Proust ?

 

Delphine de Vigan : en ce qui concerne Pierremont et ma famille, ma madeleine s’appelle le Gâteau Anna. C’est un gâteau aux fruits que ma grand-mère faisait et que nous faisons tous, avec beaucoup de beurre !

 

25 08 11

Un jour je suis morte

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" Les femmes qui n'enfantent pas sont des erreurs. Des déviantes, veuves d'elles-mêmes."

Verdict fatal, impitoyable que s'assène l'écrivain, actrice, face à son "infertilité mortifère". Depuis ce jour où une fausse couche met un terme irrévocable à  son espoir de maternité, sa vie devient sursis, mascarade d'euphorie, masque d'énergie mise au service des autres.

" Je suis de la race des troubadours. Je suis là pour vous distraire, pour vous émouvoir, et vous apaiser. Votre paix sera la mienne, mon succès est dans vos yeux pétillants de rire ou de larmes sans conséquences."

Promu destinataire d'une confidence vitale, d'un cri de douleur modulé avec une poignante lucidité, le lecteur ne devrait-il protester? La vie n'a-t-elle de sens que dans l'enfantement?

" Ma déveine ne sert à rien, mais ma souffrance peut servir. Si une seule femme hésitante, en me lisant, prend la décision de faire un enfant, si elle va, le coeur léger, accomplir son destin de femme, alors j'aurai servi à quelque chose.

   Alors tous les enfants de la Terre seront mes enfants, j'aurai gagné ma mort prématurée."

Une lettre longue, saisissante, dérangeante, sincère et ...bouleversante.

Apolline Elter

Un jour, je suis morte, Macha Méril, Albin Michel, 2008, 113 pp, 12 €

 

 

24 08 11

Le nouveau Christophe Marmorat : "exaltant" !

Marmorat.jpgLe sixième tome de la série "Ancrage" de Christophe Marmorat est exaltant, enthousiasmant, enrichissant... "La direction des risques" (vivre au féminin masculin) est une de ces lectures qui vous change, vous rend heureux ! Le livre mêle au fond beaucoup de genres : le journal, le dialogue, la nouvelle, les poèmes, le "blog" pour utiliser un terme à la mode... Avec toujours cette musique qui accompagne, qui souligne, qui explique la création de l'auteur. Son procédé consiste, comme vous le savez sans doute, à écouter en boucle un fond sonore qui produit une écriture minimaliste et fluide. Comme il l'écrit dans "A propos de l'écriture musicale" (en écoutant "A song of you" des Carpenters, dont il est question au début du livre) : "Je n'invente rien, je n'imagine rien, non. Je me contente de décrire, de reproduire ce que je vois et ressens (...) Le tempo est une des clés de cette écoute éveillée." On se laisse porter par le rythme de Marmorat, par le fil de ses pensées et nous traversons des paysages magnifiques et des descriptions superbes ("Maintenant il pleut très fort. J'adore ce temps qui nous rend les jours de soleil plus délicieux qu'ils devraient nous paraître, normalement.") : l'égo ("A ceux qui me disent que c'est égocentrique, nombriliste, je réponds qu'avez-vous à apporter de riche aux autres si vous êtes pauvres de vous-mêmes ?", la mort, l'instant esthétique, le discernement (grâce aux Jésuites), l'écriture elle-même ("J'ai observé un phénomène étrange depuis que j'écris et publie mes livres : Je n'ai plus d'âge dans la vie. Je n'ai plus que deux bornes : L'instant et l'infini.")... Et puis nous revient son admiration pour Elodie Frégé ( Mais oui !) et de la poésie aussi, comme ceci : "Mais, / Tu as une longue chevelure brune, / Et des yeux de la même couleur que ces larmes / Qui tapissent le Jardin du Luxembourg à l'automne." Enfin, ce qui semble l'évidence du livre "Vivre au féminin masculin", la part féminine qu'il se découvre : "Le masculin et le féminin existent en grammaire et en médecine." Et n'exisent que là, insiste l'auteur en quête de son identité. Mais le texte est encore riche d'autres réflexions sur des peintres, de textes sur des femmes, du chamanisme, de l'âme et de l'esprit... J'utilise l'adjectif "riche", car en effet on s'en sort enrichi de cette très belle lecture ! Exaltant, oui ! Vraiment ! Et enfin cet "autoportrait" superbe : "Un sourire, De l'enfance. / Un enthousiasme Adolescent. / Des mots Adultes." Qui fait mieux ?

Jacques MERCIER

 

La Direction des risques, vivre au féminin masculin, une écriture musicale de Christophe Marmorat, édition Ancrage 2011. cmarmorat@yahoo.fr 278 pages. 20 Euros.

23 08 11

« Krieg ? Gross Malheur… »

 

Osrfront Stalingrad.gifDécrivant de manière saisissante l’atmosphère dantesque qui régnait sur le front de l'est entre 1942 et 1943, le bédéiste Fabrice Le Henanff a livré, dans Ostfront Stalingrad paru aux Éditions 12 bis à Paris, une œuvre particulièrement aboutie sur les plans du scénario et du graphisme.

Entraînant le lecteur à suivre les péripéties guerrières, débouchant sur la défaite, de trois soldats allemands pris au cœur de la tourmente (l'Oberleutnant Tomas von Vilshofen, un jeune officier exerçant son premier commandement à Stalingrad, l’Unteroffizier Max Dinger, un vétéran aguerri des campagnes de Pologne et de France, et l'ex-Unterfeldwebel Sepp Steiner, un dur-à-cuire des bataillons disciplinaires), l’auteur jette un regard cru sur le nazisme, le fanatisme, les crimes, les massacres, les viols, les destructions, la faim, le froid, la puanteur, la souffrance, les amputations, le typhus, la mort, mais aussi sur l’héroïsme et la petite lueur qui peut encore briller – parfois – dans l’esprit d’hommes confrontés à l’inhumain…

Une bande dessinée mémorable et impressionnante !

 

Bernard DELCORD

 

Ostfront Stalingrad par Fabrice Le Henanff, Paris, Éditions 12 bis, mai 2011, 64 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 13,50 € (prix France)

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23 08 11

La brûlure

9782259212908.2.jpgMariée à Henri de Jouvenel, rédacteur en chef du journal Le Matinet politicien de renom, Colette découvre que ce dernier la trompe. Meurtrie, déjà échaudée par les frasques de son précédent mari Willy, elle se réfugie dans sa propriété bretonne. C'est alors que Bertrand, le fils d'Henri,17 ans, de trente ans son cadet, la rejoint et lui déclare sa flamme...

      Que faire ? L'aimer ou le fuir?

      Un dilemme insoutenable pour Colette, chantre de la liberté, de la transgression des règles, à la vie rythmée par les battements de son cœur et l'assouvissement de ses désirs bien davantage que par la voix de la morale bien pensante. Une femme qui a toujours inventé la mode et prend comme un reniement à ses valeurs le fait de se plier à la norme. Car si la raison lui dicte de maintenir ce jeune homme promis à un grand avenir à distance, force lui est de reconnaître qu'il l'attire. Fortement. Et ce n'est pas tant l'écart d'âge qui soit un problème, que le fait qu'il soit son beau-fils.

      Avec une infinie sensibilité, une ineffable sensualité et une plume d'une justesse chirurgicale, Delphine de Malherbe nous livre les réflexions de Colette, lors d'une unique séance de psychanalyse fictive. Une séance où le lecteur est pris à témoin des émotions contradictoires qui l'animent, où les failles de cette femme « alchimie subtile de fragilité humaine et de force inhumaine », s'ouvrent sous nos yeux. Car si tous voient en elle un génie, une personne élégante, solide, c'est une vision bien restrictive de sa personnalité. Esclave de la tyrannie de Willy pendant des années, lequel lui a volé son travail, son nom, son talent, l'a trompée à tout va, Colette est restée une écorchée vive. «  Une souffrance aussi aiguë demeure égale au fil du temps. »

      L'amour de Bertrand pourrait-il être un baume lénifiant, un remède à ses blessures ?

      Des interrogations que Delphine de Malherbe mène à un rythme effréné, avec une énergie absolument époustouflante.

Un livre MAGISTRAL.  

Citations :

p. 81: «  Aimer quelqu'un, c'est chercher cruellement ce qui le tire vers le haut. Pas de responsabilité, mais du cœur, oui, du cœur à l'état brut ».

p. 87 : « J'existe trop fort dans le présent. Exister ou exciter c'est pareil. Quand je danse, j'écris, j'existe et j'excite. (…) Oui, moi, Colette, j'existe trop fort. Je donne vie à la vie. »

 

L'aimer ou le fuir, de Delphine de Malherbe. Editions Plon, août 2011, 125 p., 17€.

Karine FLEJO

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21 08 11

Grand dilettante et vrai écrivain

 

Un livre à soi.gifLe talentueux éditeur français Jean-Claude Zylberstein a rassemblé, dans la collection « Le goût des idées » qu’il dirige aux Belles Lettres à Paris et sous le titre Un livre à soi et autres récits personnels, divers textes peu fréquents (certains furent publiés après la mort de leur auteur par Edmund Wilson dans The Crack-up) voire inconnus du chef de file de la « Génération Perdue » [1] et chantre de l’« Ère du jazz », Francis Scott Fitzgerald (1896-1940), le père fameux de Un diamant gros comme le Ritz (1922), Gatsby le magnifique (1925) et Tendre est la nuit (1934), qui brûla la chandelle par les deux bouts, ce qui ne l’empêcha d’ailleurs nullement de produire des œuvres impérissables.

 

On y trouve, produites sur un ton faussement détaché, des lignes saisissantes sur des thèmes divers (« Ce que je pense et ressens à 25 ans », « Comment vivre de rien ou presque à l’année », « Auto-interview », « Ma ville perdue », « L’art de la vente sur les Champs-Élysées », « La mère d’un auteur », « La mort de mon père »…) prouvant, s’il en était besoin, que le dilettantisme et la plongée dans les plaisirs et l’alcool, s’ils peuvent être une vraie noyade, mènent parfois à la rédemption par les mots…

 

Bernard DELCORD

 

Un livre à soi et autres récits personnels par Francis Scott Fitzgerald, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Le goût des idées » dirigée par Jean-Claude Zylberstein, février 2011, 320 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 13,50 € (prix France)



[1] Un mouvement informel d’écrivains américains passés par Paris dans l’entre-deux-guerres, fondé par Gertrude Stein et qui compta dans ses rangs de grosses pointures : Ernest Hemingway, John Steinbeck, Ezra Pound, T.S. Eliot, John Dos Passos… Ils avaient en commun un profond sentiment de déréliction né de la perte des valeurs fondatrices de leur pays consécutive des horreurs de la Grande Guerre et des mutations économiques et sociales qui la suivirent.

Écrit par Brice dans Littérature générale | Commentaires (0) |  Facebook | |

20 08 11

Et te voici permise à tout homme

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"Sacha me respectait, même s'il ne me comprenait pas. C'était la première fois depuis longtemps qu'un homme me traitait avec cette considération et j'en étais tout étonnée."

 

Légalement divorcée de Simon, Anna  pourrait vivre une merveilleuse histoire d'amour aux côtés de Sacha. C'est compter sans le "guet" - aval religieux (judaïque) – qu’elle doit obtenir de son ex-mari et l'odieux chantage dont il la persécute.

 

Un difficile - et poignant - combat se fait roman : il s'agit pour la narratrice, soumise à l’arbitraire exclusif de son ancien conjoint,  d'obtenir le document, par lequel Simon lui rendra sa liberté, la faculté de se marier et d'à nouveau enfanter. Un combat qui, assorti d'importants sacrifices financiers,  menacera gravement son équilibre affectif, celui de Noami, sa fille, cadenassant son amour pour Sacha au point d'en rendre la clandestinité néfaste.

 

"Aujourd'hui, plus que jamais, nous étions en péril, non pas à cause du monde extérieur, mais parce que certains rabbins orthodoxes avaient oublié qu'ils étaient juifs: c'est-à-dire des êtres assoiffés de liberté. Cette liberté chèrement acquise depuis la sortie d'Egypte: notre récit fondateur."

Dénonçant le scandale d'une règle inique,  le nouveau roman d'Eliette Abécassis constitue également une réflexion sur les racines du judaïsme.

 

 Apolline Elter

 

Et te voici permise à tout homme, Eliette Abécassis, roman, Albin Michel, août 2011, 198 pp, 17 €

 

 

20 08 11

Les larmes de Véronique Biefnot sous la pluie



Comme les larmes sous la pluie, Véronique Biefnot

14 08 11

Livre de Bord au D'Arville

Une séquence de Livre de Bord dans un des meilleurs restaurants de Belgique :

 


Livre de Bord au D'Arville par BriceDepasse

Destinations : Une faim d'ogre de Jean Lerot et Matthieu Maudet (Loulou et cie), Le dîner (Pastel), Le déjeuner des Loups de Geoffroy de Pennart (Pastel), Une soupe au caillou d'Anais Vaugelade (Pastel), Le grand petit déjeuner de Yann Coridian (Mouche de l'Ecole des loisirs), Je change de fréquence de Muriel Lona (Option santé), Guide gourmand de Namur (Renaissance du livre), Les secrets du Vatican de Bernard Lecomte (Tempus), La librairie des ombres de Mikkel Birkegaard (10:18), Golgotha de Carine Geerts (Brumerge).

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