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Un essai juridique pour le moins décoiffant…

le port du voile islamique dans l'enseignement.jpgLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 16/10/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

 Sous-titré Évolution juridique, sociologique et politique d’une controverse multiculturelle sensible, l’essai juridique très complet d’André Van de Weyer qui vient de paraître à Waterloo chez Kluwer sous le titre Le port du voile islamique dans l’enseignement traite avec une belle objectivité et une grande mesure d’un thème polémique s’il en est.

 

Car dans notre pays, en particulier au sein des régions où les Belges de culture musulmane sont établis, le moins que l’on puisse dire est que le vivre ensemble n’est pas toujours aisé, notamment quand, comme on vient de le voir ces jours-ci dans une école saint-gilloise mise à sac par de petites frappes téléguidées du dehors, les « barbus » se mêlent de vouloir imposer leur loi fasciste autant que rétrograde.

 

Car si, dans un certain nombre de cas éminemment respectables, le port du hidjab manifeste une foi authentique dans le chef de la femme qui le porte, on sait bien qu’il n’en va malheureusement pas toujours ainsi et que nombre de nos jeunes compatriotes musulmanes, d’ailleurs parfois elles-mêmes contraintes par un homme à le porter ou bien poussées dans le dos par la maffia islamiste – la quête étant, comme chacun sait, le seul point commun à toutes les religions du monde –, n’hésitent pas à s’adonner dans les cours de récréation ou à la sortie des établissements scolaires à un prosélytisme menaçant voire violent, en parfaite contradiction, soit dit en passant, avec les valeurs les plus sacrées de l’Islam.

 

Membre de la cellule juridique de la CSC-Enseignement et conseiller social à la Cour du travail, André Van de Weyer a longuement œuvré en faveur de l’intégration des plus faibles, notamment  en enseignant durant plusieurs dizaines d’années dans un établissement à « discriminations positives » d’un quartier défavorisé de Bruxelles. Il a ainsi eu l’occasion d’observer au quotidien les mutations sociologiques qui s’y sont succédé et les difficultés parfois spécifiques qu’elles ont engendrées.

 

Écoutons-le :

 

« Depuis la fin des années ’80, la question du port du voile islamique, particulièrement dans l’enseignement, a alimenté un grand nombre de discussions, de débats, de conflits et d’actions en justice. Le relatif mutisme des textes législatifs à ce propos a amené la plupart des écoles à pallier cette carence en définissant leurs propres règlements intérieurs. Se pose dès lors la question de l’opportunité de légiférer sur le port de signes religieux dans les établissements scolaires afin de sortir du flou juridique actuel.

 

Pour y répondre, j’ai rassemblé un maximum d’éléments sur le sujet : références religieuses à la base des requêtes concernant le voile islamique, législations nationales et internationales, jurisprudence européenne et belge, comparaison de la situation en Belgique francophone avec la communauté flamande ou d’autres pays européens, récapitulation des positions des différents partis politiques et des principales organisations et personnalités de la société civile.

 

Au-delà du débat sur le voile (…) les acteurs de l’enseignement sont confrontés à un certain nombre de questions complexes liées à la coexistence des citoyens dans une société multiculturelle, sans avoir beaucoup de prise sur l’élaboration de solutions de fond qui dépendent d’options à prendre par notre société dans son ensemble. (…) La visibilité particulière de la question du voile et les applications juridiques qu’elle a connues devraient permettre (…) la recherche de pistes nouvelles (…) ».

 

Soulignons et louons la grande modération de l’auteur qui, respectueux des points de vue de chacun, a produit une vaste et passionnante synthèse argumentative et alimente avec brio, dans un style clair et largement accessible loin des logorrhées de tant de juristes, une réflexion de fond qui va bien au-delà des clivages idéologiques ou religieux.

 

Qui sont, rappelons-le, bien trop souvent générateurs, chez les partisans autant que chez les adversaires du port du voile islamique dans l’espace public, d’outrances et de débordements suant la haine aveugle et puant le racisme antioccidental ou la xénophobie antimusulmane.

 

Voici donc – enfin ! – un ouvrage permettant de mieux comprendre les évolutions et les enjeux qui accompagne(ro)nt l’une des plus importantes mutations de la société belge depuis le règne de Charles-Quint...

 

PÉTRONE

 

Le port du voile islamique dans l’enseignement par André Van de Weyer, Waterloo, Éditions Wolters Kluwer Belgium, octobre 2011, 264 pp. en noir et blanc au format 16 x 24 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 55 €

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