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Blood, sweat, tears… and defeat

 

Les guerres d’Indochine (tome 1).gifSaluons l’heureuse initiative des Éditions Tallandier à Paris qui ont réédité [1], dans une version de poche mise à jour, les deux tomes de la remarquable somme historique de Philippe Franchini – grand spécialiste s’il en est, par ailleurs né à Saigon d’un père corse et d’une mère vietnamienne – intitulée Les guerres d’Indochine, un ouvrage qui brille autant par son érudition que par la fluidité de son propos et la perspicacité de ses interprétations.

 

Le premier volume va des origines du pays (sept siècles avant Jésus-Christ) et des prémisses de la colonisation française (par le commerce et l’évangélisation dès le XVIIsiècle) jusqu’au soutien de la Chine maoïste à Ho Chi Minh en 1949, en passant par la conquête française au XIXsiècle, l’agitation nationaliste des années 1920, la naissance de la Ligue Viet-Minh en mai 1941, les accords franco-japonais signés par Vichy durant la Seconde Guerre mondiale, la résistance gaulliste au Japon à la fin de 1943, les accords de Potsdam en août 1945, la proclamation de l’indépendance du Vietnam à Hanoi le 2 septembre 1945, les premières violences antifrançaises en janvier 1946 suivies d’une généralisation du conflit en décembre de la même année, les tentatives politiques de résolution du conflit en 1947-48 et les lourds combats de l’année 1949.

 

Le tome 2 détaille l’internationalisation du conflit en raison de la reconnaissance mutuelle, en janvier 1950, du gouvernement vietminh et des régimes communistes chinois et soviétique d’une part, et de la reconnaissance du Vietnam baodaïste par la Grande-Bretagne et les États-Unis d’autre part, jusqu’à la chute apocalyptique de Saigon le 30 avril 1975, après une cascade de défaites occidentales (celles de la France à Caobang en 1950 et de Diên Biên Phù en 1954, à l’issue de la bataille la plus meurtrière et la plus longue de la guerre froide, suivie notamment de celles de Binghia à la fin de 1964, du Cambodge en juin 1970, de Huê et Danang en mars 1975, ou encore de Phnom Penh quelques jours plus tard), les USA ayant progressivement pris la relève des Français sur le terrain à partir de février 1955 pour se jeter dans une escalade militaire à l’impopularité croissante tant auprès de la jeunesse yankee que des bouddhistes sur le terrain – on se souviendra, par exemple, de l’immolation publique du bonze Quang Duc le 11 juin 1962.

 

Les guerres d’Indochine  (tome 2).gifOn retrouve dans cette saga bien des noms, comme ceux de Winston Churchill, de Charles de Gaulle, de Georges Bidault, d’Antoine Pinay, du commandant Marcel Bigeard, du colonel de Castries, des généraux Jean de Lattre de Tassigny, Alphonse Juin et Henri Navarre, des présidents Harry Truman, Dwight Eisenhower, John (et Robert) Kennedy, Lyndon Johnson, Richard Nixon et Gerald Ford, d’Averell Harriman, de Foster Dulles, de Henry Cabot-Lodge, de Robert Mac Namara, de Maxwell Taylor, de Michaël Forrestal, de William Fullbright, de Dean Rusk, de Hubert Humphrey, du général Westmoreland, de Henry Kissinger, de U Thant, de Nikita Krouchtchev, d’Alexis Kossyguine, des généraux vietminh Duong Van Minh et Vo Nguyen Giap, des politiciens Ngo Dinh Diem, Le Duc Tho, Pham Van Dong, Khieu Samphan, Le Van Kim, du maréchal Lon Nol, des princes Norodom Sihanouk et Souvanna Phouma, de Mao Zedong, de Zhou Enlai ainsi que d’une flopée de Nguyen et de Tran…

 

Qui rappelleront sûrement bien des choses à nos lecteurs quinquagénaires !

 

Bernard DELCORD

 

Les guerres d’Indochine Tome 1 : De la conquête française à 1949 Tome 2 : De 1949 à la chute de Saigon par Philippe Franchini, Paris, Éditions Tallandier, collection « Texto » dirigée par Jean-Claude Zylberstein, août 2011, 670 pp. + 780 pp. en noir et blanc au format 12 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € chacun (prix France)



[1] La version princeps date de 1988, aux Éditions Pygmalion, et n’était plus trouvable en librairie.

 

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