29 11 11

Les éclaireurs de notre enfance…

 

La Patrouille des Castors, l’intégrale 2.gifLes Éditions Dupuis à Marcinelle poursuivent avec La Patrouille des Castors, l’intégrale 2 la réédition en fac-similé des aventures des boys scouts qui firent le bonheur des lecteurs du Journal de Spirou entre 1957 et 1960, à savoir, après « Le Mystère de Grosbois », « Le disparu de Ker-Aven », « L'Inconnu de la Villa Mystère » et « Sur la Piste de Mowgli » repris dans le premier volume, le récit de quatre nouvelles aventures palpitantes : « La bouteille à la mer », « Le trophée de Rochecombe », « Monts tabou » et « Le rocher englouti », parues en album entre 1958 et 1961.

 

Imaginée par Jean-Michel Charlier, le scénariste de Buck Danny, et dessinée par Michel Tacq alias MiTacq, cette série mythique apparue en novembre 1954, véritable monument de la bande dessinée franco-belge, avait trouvé immédiatement sa place auprès des jeunes lecteurs de l’hebdomadaire carolorégien, et elle la conserva durant quarante ans aux cours desquels, portant haut les valeurs du scoutisme, voyageant à travers le monde et affrontant tous les dangers, Mouche, Poulain, Faucon, Chat et Tapir n'ont cessé de démêler les mystères les plus touffus...

 

Et de tenir chaque semaine leurs aficionados – dont nous fûmes inconditionnellement – en haleine !

 

Bernard DELCORD

 

La Patrouille des Castors, l’intégrale 2 par MiTacq et Charlier, Marcinelle, Éditions Dupuis, septembre 2011, 234 pp. en quadrichromie au format 22 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 28 €

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29 11 11

Un duel dans les vignobles…

 

Les gouttes de Dieu, tome 19.gifPoursuivant, dans le tome 19 des Gouttes de Dieu, un manga de Tadashi Agi & Shu Okimoto paru chez Glénat à Grenoble, leur quête du nom et du millésime des treize bouteilles d’exception dont le défunt critique œnologique nippon Yutaka Kanzaki a fait la condition pour recueillir son héritage de 2 milliards de yens, son fils Shuzuku et son fils adoptif Issei s’affrontent une nouvelle fois dans un duel sans merci au cœur des plus beaux et des plus prestigieux domaines viticoles de l’hexagone et du monde.

 

Un récit palpitant, dont les renseignements fournis au détour des pages démontrent avec brio que le bon vin fortifie le cœur des vrais hommes !

 

Bernard DELCORD

 

Les gouttes de Dieu, tome 19, par Tadashi Agi & Shu Okimoto, Grenoble, Éditions Glénat, collection «  Seinen Manga », mai 2011, 226 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 18 cm sous couverture brochée monochrome et jaquette en quadrichromie, 8,99 € (prix France)

 

Pour vous, nous avons recueilli dans cette BD de choc les informations suivantes :

 

La production de vin au Japon

 

La culture de raisin de type européen au Japon a débuté en 1962 à Hosaka dans la ville de Nirasaki, préfecture de Yamanashi. Le Merlot, Cabernet-Sauvignon et Sémillon étaient cultivés sur des treilles, et pourtant on ne put obtenir un raisin de grande qualité.

 

Ensuite, la culture de Merlot débuta en 1976 à Kikyogahara dans la ville de Shiojiri, préfecture de Nagano. Après bien des vicissitudes naquit l’étendard de Mercian, le Kikyogahara Merlot, en 1985.

 

Quant à ce Nagano Merlot, son premier millésime date de 1989. Pour le désigner dans les termes employés dans le Médoc, à Bordeaux, il est une sorte de second vin du Kikyogahara Merlot.

 

Le directeur de Château Margaux, Paul Pontallier, laissa ces mots quand il se rendit sur ces terres : « Ce vin est brillant de vie, il y a de la jeunesse en lui, et il est délicat aussi. »

 

Le charme du Nagano Merlot 2005

 

Le 2005 est un excellent produit, le raisin ayant bien mûri grâce à un temps chaud et peu pluvieux. Sa robe est d’un riche rouge pourpré. Les attentes s’envolent, là !

 

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29 11 11

Un explorateur du monde et de l'homme !

jlouis Etienne.jpgJean-Louis Etienne est médecin et explorateur. Il a beaucoup écrit déjà sur ses expéditions et la place de l'homme sur terre et dans l'univers, sa survie. Ce qui est intéressant avec cet auteur (de terrain) c'est qu'il décrit, analyse et livre ensuite sa sagesse. Avant de le suivre vers l'Antarctique, où son prochain périple scientifique va l'entraîner, lisez cet ouvrage, qui se conclut par "L'homme porte en lui l'intelligence de la solution" ! Souvent les textes sont livrés sous forme de réponses à des questions simples posées par vous et moi. Il aborde ainsi l'air, les poissons, l'eau, le climat, la civilisation du carbone, le génie de la nature, le mystère du vivant, etc. Je ne vous proposerai que cet extrait final du livre, adressé aux enfants "Ce sera votre monde !". Parmi les conseils : "Aimer ce que l'on fait et conserver sa liberté de décision", "Persévérer, même si le chemin est difficile... car on construit sa vie sur des réalisations, fussent-elles minimes, et non sur les frustrations de rêves inachevés" et j'aime aussi cette évidence, qu'il faut répéter en notre époque d'apparence et d'image : "Faites attention aux miroirs aux alouettes, une histoire d'amour à Sarcelles vaut bien mieux qu'un chagrin dans un palace à Bora Bora" ! Génial ! Et puis ces derniers conseils, en forme de conclusion : "Soyez inventifs, entreprenants, audacieux, apprenez à vous servir de vos dix doigts pour être plus autonomes, soyez individuellement responsables et collectivement solidaires. Soyez terriens et visez l'univers, il y a matière à explorer pour l'éternité, dans cette autre partie de soi où se cache la solution existentielle." Encore un de ces livres essentiels pour ne pas perdre courage, pour comprendre, pour avancer dans la vie avec les autres.

 

Jacques MERCIER

 

Nouvelles histoires naturelles (Quand l'homme entre en scène), par Jean-Louis Etienne. Edition Jean-Claude Lattès, 2011. 216 pages. 15 euros.

28 11 11

Plus belle que celle de Buffon !

 

Histoire naturelle.gifL’ouvrage monumental intitulé The Natural History Book qui a paru initialement à Londres, chez le packager Dorling Kindersley, a été conçu et rédigé sous la direction de David Burnie avec le soutien de la fameuse Smithsonian Institution.

 

Sous le titre Histoire naturelle, les Éditions Flammarion à Paris en proposent la version traduite en français par Michel Beauvais, Marcel Guedj & Salem Issad, une compilation magistrale et somptueuse de plus de 5 000 articles remarquablement illustrés dressant un panorama complet de la diversité terrestre (les minéraux, les roches, les fossiles, les archées, les bactéries, les insectes et autres invertébrés, les mammifères, les oiseaux, les poissons, les amphibiens, les reptiles, les champignons, les arbres, les plantes de toutes sortes et les fleurs), le tout servi par des textes didactiques clairs qui ont reçu la caution d’une équipe d'experts scientifiques du monde entier.

 

Un ouvrage indispensable qui trônera en bonne place dans la bibliothèque de l’honnête homme du XXIsiècle !

 

Bernard DELCORD

 

Histoire naturelle sous la direction de David Burnie, traduction française de Michel Beauvais, Marcel Guedj & Salem Issad, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2011, 648 pp. en quadrichromie au format 26,5 x 39 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 31,50 € (prix France)

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28 11 11

Blood, sweat, tears… and defeat

 

Les guerres d’Indochine (tome 1).gifSaluons l’heureuse initiative des Éditions Tallandier à Paris qui ont réédité [1], dans une version de poche mise à jour, les deux tomes de la remarquable somme historique de Philippe Franchini – grand spécialiste s’il en est, par ailleurs né à Saigon d’un père corse et d’une mère vietnamienne – intitulée Les guerres d’Indochine, un ouvrage qui brille autant par son érudition que par la fluidité de son propos et la perspicacité de ses interprétations.

 

Le premier volume va des origines du pays (sept siècles avant Jésus-Christ) et des prémisses de la colonisation française (par le commerce et l’évangélisation dès le XVIIsiècle) jusqu’au soutien de la Chine maoïste à Ho Chi Minh en 1949, en passant par la conquête française au XIXsiècle, l’agitation nationaliste des années 1920, la naissance de la Ligue Viet-Minh en mai 1941, les accords franco-japonais signés par Vichy durant la Seconde Guerre mondiale, la résistance gaulliste au Japon à la fin de 1943, les accords de Potsdam en août 1945, la proclamation de l’indépendance du Vietnam à Hanoi le 2 septembre 1945, les premières violences antifrançaises en janvier 1946 suivies d’une généralisation du conflit en décembre de la même année, les tentatives politiques de résolution du conflit en 1947-48 et les lourds combats de l’année 1949.

 

Le tome 2 détaille l’internationalisation du conflit en raison de la reconnaissance mutuelle, en janvier 1950, du gouvernement vietminh et des régimes communistes chinois et soviétique d’une part, et de la reconnaissance du Vietnam baodaïste par la Grande-Bretagne et les États-Unis d’autre part, jusqu’à la chute apocalyptique de Saigon le 30 avril 1975, après une cascade de défaites occidentales (celles de la France à Caobang en 1950 et de Diên Biên Phù en 1954, à l’issue de la bataille la plus meurtrière et la plus longue de la guerre froide, suivie notamment de celles de Binghia à la fin de 1964, du Cambodge en juin 1970, de Huê et Danang en mars 1975, ou encore de Phnom Penh quelques jours plus tard), les USA ayant progressivement pris la relève des Français sur le terrain à partir de février 1955 pour se jeter dans une escalade militaire à l’impopularité croissante tant auprès de la jeunesse yankee que des bouddhistes sur le terrain – on se souviendra, par exemple, de l’immolation publique du bonze Quang Duc le 11 juin 1962.

 

Les guerres d’Indochine  (tome 2).gifOn retrouve dans cette saga bien des noms, comme ceux de Winston Churchill, de Charles de Gaulle, de Georges Bidault, d’Antoine Pinay, du commandant Marcel Bigeard, du colonel de Castries, des généraux Jean de Lattre de Tassigny, Alphonse Juin et Henri Navarre, des présidents Harry Truman, Dwight Eisenhower, John (et Robert) Kennedy, Lyndon Johnson, Richard Nixon et Gerald Ford, d’Averell Harriman, de Foster Dulles, de Henry Cabot-Lodge, de Robert Mac Namara, de Maxwell Taylor, de Michaël Forrestal, de William Fullbright, de Dean Rusk, de Hubert Humphrey, du général Westmoreland, de Henry Kissinger, de U Thant, de Nikita Krouchtchev, d’Alexis Kossyguine, des généraux vietminh Duong Van Minh et Vo Nguyen Giap, des politiciens Ngo Dinh Diem, Le Duc Tho, Pham Van Dong, Khieu Samphan, Le Van Kim, du maréchal Lon Nol, des princes Norodom Sihanouk et Souvanna Phouma, de Mao Zedong, de Zhou Enlai ainsi que d’une flopée de Nguyen et de Tran…

 

Qui rappelleront sûrement bien des choses à nos lecteurs quinquagénaires !

 

Bernard DELCORD

 

Les guerres d’Indochine Tome 1 : De la conquête française à 1949 Tome 2 : De 1949 à la chute de Saigon par Philippe Franchini, Paris, Éditions Tallandier, collection « Texto » dirigée par Jean-Claude Zylberstein, août 2011, 670 pp. + 780 pp. en noir et blanc au format 12 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € chacun (prix France)



[1] La version princeps date de 1988, aux Éditions Pygmalion, et n’était plus trouvable en librairie.

 

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26 11 11

Livre de bord du 10 novembre

Invités : Yasmina Khadra, Laurence Tardieu et Michel Quint.

 

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26 11 11

Une œuvre à la dynamite !

 

Retour à Killybegs.gifFort justement couronné en 2011 par le grand prix du roman de l’Académie française, le Retour à Killybegs du journaliste Sorj Chalandon – après être longuement passé par Libération, il collabore désormais à l’excellent Canard enchaîné – paru aux Éditions Grasset à Paris constitue une œuvre littéraire majeure, à l’instar du Trêtre de Vladimir Volkoff [1] qui abordait une problématique similaire quoique traitée différemment.

 

Grand connaisseur des coups fourrés de l’histoire (ses reportages sur l’Irlande du Nord et le procès Klaus Barbie lui ont valu le Prix Albert-Londres en 1988), Sorj Chalandon s’est fondé sur un double vécu personnel, le sien propre et celui d’un vieil ami, pour rédiger un texte époustouflant de maestria littéraire [2] et psychologique.

 

Écoutons-le :

 

« Une nuit de décembre 2005, j’ai écrit le mot effroi sur mon carnet. Le premier qui m’est venu. Je l’ai entouré de dizaines de cercles noirs, jusqu’à ce que le papier cède. Je venais d’apprendre que Denis [3], un ami irlandais, trahissait son pays depuis 20 ans. Et son combat, et sa famille, et tous ceux qu’il avait serrés dans ses bras. « Effroi », ce fut le premier mot. Il a donné naissance à Mon traître, publié chez Grasset en 2008.

 

Ce livre était un roman. Un masque. J’avais vieilli mon traître, changé son histoire. Je lui avais sculpté un autre visage, donné un autre regard que le sien. Et moi, je m’étais fait luthier. Pas journaliste. Surtout pas. Qu’est-ce qu’un journaliste pouvait bien faire dans une histoire d’amour ? (…), j’ai ainsi raconté l’histoire de Tyrone l’Irlandais.

 

En secret aussi, j’essayais de comprendre, d’accepter, de ne pas cesser de l’aimer. Avec la trahison, la confiance était pourtant morte, et aussi l’amitié, la dignité et tellement de certitudes. Quatre mois plus tard, Denis était assassiné. Alors j’ai tué [mon] Tyrone à sa suite.

 

Après la publication de Mon Traître, le tombeau est resté ouvert. J’avais écrit Tyrone pour pleurer Denis mais soudain, les deux fantômes me demandaient des comptes. Le vrai, abattu au fusil de chasse. L’autre, à peine masqué par mes mots. Je n’avais pourtant pas condamné mon traître et Antoine n’avait pas jugé le sien. J’avais essayé de les écouter, de les regarder, de les comprendre. Mais cela n’a pas suffit à leur repos. Et je n’étais pas apaisé.

 

Quelque chose manquait à la cérémonie des adieux. (…)

 

Pour écrire Retour à Killybegs, je me donc suis glissé deux ans dans la peau du traître. Il est le narrateur de ce roman. Il raconte son enfance misérable, les coups du père, les bombes allemandes, les balles anglaises, son amour de république, la première arme au creux de sa main, les humiliations, les privations, l’extrême violence, ses jours et ses nuits de cachot. Il raconte sa trahison. Le piège anglais refermé sur sa gorge. L’argent ennemi glissé dans sa poche. Sa crainte de mourir, sa terreur de vivre. Cette communauté qui était la sienne, ces amis devenus étrangers, cette fraternité qu’il frappe dans le dos. Il raconte une vie sans sommeil, sans appétit, sans goût, sans couleur, sans plus rien. Il raconte sa femme, qui dort à ses côtés et ne se doute pas. Il raconte son fils si fier de lui. Il raconte sa terre devenue grise, son ciel passé au noir, la pluie qui ne le quitte plus. Il raconte son drapeau délavé, sa république blessée. Il raconte l’Irlande brusquement hostile. Il raconte sa peur de traître, sa solitude de traître, son désarroi de traître. Et je l’accompagne jusqu’au bout de sa nuit.

 

Dans Mon traître, je demandais au lecteur de partager la douleur du trahi. Dans Retour à Killybegs, je lui offre de partager l’effroi de la trahison. »

 

On ne saurait mieux dire…

 

Ni mieux faire !

 

Bernard DELCORD

 

Retour à Killybegs par Sorj Chalandon, Paris, Éditions Grasset, août 2011, 334 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 € (prix France)



[1] Paru chez Julliard/L'Âge d'Homme en 1983). Le pitch : « Le gouvernement totalitaire d'un pays slave essaye depuis deux générations de détruire la foi religieuse du peuple. Les brimades quotidiennes ne réussissent pas mieux que les persécutions les plus sanglantes. Un seul moyen : introduire dans l'Église un agent qui deviendra un prêtre et qui la torpillera de l'intérieur. Le lieutenant Grigori, agent d'un service qui ressemble au KGB, reçoit cette mission. Mais vingt ans de prêtrise transforment un homme. Et les impératifs politiques ont changé, eux aussi. Grigori, qui a accepté sa mission par haine d'un prêtre par la faute de qui sa mère est morte, affrontera le martyre en essayant de ne rien brûler de ce qu'il a adoré, même s'il adore ce qu'il a brûlé ». (http://www.laporterie.com/p9419-tretre-par-vladimir-volkoff.htm)

[2] Nous insistons sur ce point…

[3] Il s’agit de Denis Donaldson (1950-2006), volontaire de l’IRA et membre important du Sinn Féin, impliqué en 2002 dans l’affaire du Stormontgate – des écoutes étaient opérées par les services de renseignement britanniques au sein des bâtiments du parlement nord-irlandais. Il avait été recruté par le MI5 ainsi que par la tristement célèbre Special Branch des services de police d’Irlande du Nord et il fut dénoncé comme traître par Gerry Adams le 16 décembre 2005 avant d’être assassiné par une branche dissidente de l’IRA le 4 avril 2006.

 

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26 11 11

Les bonnes histoires culinaires de « Monsieur Paul »

Toute la cuisine de Paul Bocuse.gifL'article ci-dessous a paru dans la newsletter de novembre 2011 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'avoir été mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

 

En ayant fait paraître récemment Toute la cuisine de Paul Bocuse, les Éditions Flammarion à Paris ont mis à la disposition des gastronomes un ouvrage magistral brossant le panorama complet de la cuisine française contemporaine, interprétée et revisitée par celui que la prestigieuse école culinaire américaine « Culinary Institute of America » a couronné en mars 2011 du titre de « Chef du siècle ».

 

En 1989, Paul Bocuse (né en 1926) avait déjà été désigné « Cuisinier du Siècle » par Gault-Millau et il est aujourd’hui unanimement considéré comme le « Pape de la cuisine ».

 

Cette publication est l’occasion rêvée, pour tous ceux qui n'ont pas eu la chance de déjeuner ou de dîner au moins une fois dans leur vie à l'Auberge – tri-étoilée depuis 1965 – du Pont de Collonges-au-Mont-d'Or (et son extraordinaire « façade framboise pistache ornée de plats à étages, de pièces montées et de pyramides de victuailles dont les illustrations sont empruntées aux dictionnaires d’Antonin Carême, le fondateur de la grande cuisine française » [1]) ainsi que pour tous ceux qui s'en souviennent encore, d’atteindre à la quintessence d'un art culinaire porté si haut et si loin que tout y paraît paradoxalement simple, accessible et sans tabou.

 

Tant il est vrai, concernant le chef emblématique de Lyon, que « le talent, c'est la hardiesse, l'esprit libre, les idées larges », comme l’a constaté Anton Tchekhov en son temps…

 

Bernard DELCORD

 

Toute la cuisine de Paul Bocuse par Paul Bocuse, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2011, 781 pp. en quadrichromie au format 18,5 x 26 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,90 € (prix France)

 

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil incontournable la recette suivante :

 

Blanquette de veau

 

Pour 4 à 6 personnes

Préparation : 20 minutes

Cuisson : 1h30

 

Ingrédients :

 

500 g de collet de veau

500 g de poitrine de veau

3 carottes

12 petits oignons blancs

1 bouquet garni (2 branches de céleri, ¼ de feuille de laurier et 1 brindille de thym)

3 grains de poivre noir

1 cuillerée à soupe de gros sel

 

Pour la sauce :

 

60 g de beurre

2 cuillerées à soupe de farine

2 jaunes d’œufs

10 cl de crème fleurette

1 citron

Persil

Poivre du moulin

 

Recette :

 

Demander à votre boucher de couper les viandes en morceaux de la grosseur d'un œuf.

 

Placer les viandes dans un faitout, couvrir d'eau froide, porter à ébullition.

Enlever avec une écumoire l'écume qui se forme à la surface de l'eau.

Éplucher les carottes, les rincer et les couper en bâtonnets.

Éplucher les oignons, les laisser entiers.

Ôter les parties ligneuses du céleri.

Puis lier ensemble céleri, thym et laurier.

Laver soigneusement le persil, l'égoutter, le hacher et le garder en réserve.

Dès que l'eau bout, ajouter à la viande les carottes, les oignons, le bouquet garni, les trois grains de poivre et le sel.

Couvrir et laisser cuire 1 heure à feu doux.

Mettre à chauffer un plat de service creux et les assiettes 15 minutes avant la fin de la cuisson.

Au bout de 1 heure de cuisson, retirer les viandes et les légumes que vous disposez dans le plat creux et garder au chaud.

Dans une casserole, faire fondre le beurre, ajouter la farine, remuer avec une cuillère en bois, ne pas laisser roussir, ajouter petit à petit le bouillon chaud de cuisson, tout en remuant avec un fouet.

Laisser bouillir quelques minutes.

Prélever de la sauce chaude que vous ajoutez dans un bol aux jaunes d'œufs mélangés à la crème, tout en remuant; ajouter ensuite le jus du citron, délayer bien.

Puis, hors du feu, incorporer la sauce du bol au bouillon, remuer bien, redonner un tour de moulin à poivre.

Verser la sauce chaude sur les viandes.

Saupoudrer de persil.

Servir bien chaud.



[1] Référence : site de Paul Bocuse (http://www.bocuse.fr/accueil.aspx)

 

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26 11 11

Le petit livre vert…

Le jardin en cent poèmes.gifL'article ci-dessous a paru dans la newsletter de novembre 2011 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'avoir été mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

 

« Le jardin est l'image du paradis sur terre, un univers où l'homme peut jouer à être Dieu. Il laboure, sème, coupe et taille – ce que relève La Fontaine. C'est aussi là qu'il voit mourir ce qu'il a lui-même planté. Et puisque le jardin est à taille humaine, c'est en le brodant qu'on parle le mieux du fil de la vie. À l'ombre des arbres, l'on y voit passer avec philosophie le rythme des saisons et le chemin des âges... Voici en cent poèmes l'espoir du printemps et des amours naissants, la maturité de l'été, saison de volupté et de mûrissement des fruits, qui glisse doucement vers l'automne mélancolique où les fleurs fanent, où les grilles rouillent sous la pluie, où seules les pommes arrachent un sourire à quelques facétieux comme Géo Norge. L'hiver plus silencieux "prépare en secret le printemps", selon Théophile Gautier, avant que tout recommence. Le jardin, c'est tout cela à la fois, et nul autre sujet ne peut prétendre être aussi proche de nous » écrit Isabelle Ebert-Cau pour présenter le beau recueil de vers qu’elle a réunis sous le titre Le jardin en cent poèmes, paru récemment aux Éditions Omnibus à Paris.

 

Elle y propose, mois par mois, des poèmes sur la nature d’auteurs aussi divers que Guillaume Apollinaire, Maurice Carême, Jean-Pierre Claris de Florian, Jean-Baptiste Clément, Clod’Aria, Jean Cocteau, François Coppée, Anna de Noailles, Henri de Régnier, Pierre de Ronsard, Lanza del Vasto, Marceline Desbordes-Valmore, Théophile Gautier, Rosemonde Gérard, Victor Hugo, Francis Jammes, Omar Khayyam, Tristan Klingsor, Stéphane Mallarmé, Pierre Menanteau, Jean Moréas, Vincent Muselli, Jules Renard, Arthur Rimbaud, Edmond Rostand, Charles Rouvin, Georges Schéhadé, Jules Supervielle, Émile Verhaeren et Paul Verlaine, célébrant chacun à sa façon la nature, ses produits et ses bienfaits.

 

Un almanach subtil et bien troussé !

 

Bernard DELCORD


Le jardin en cent poèmes, textes réunis et présentés par Isabelle Ebert-Cau, Paris, Éditions Omnibus, septembre 2011, 216 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 25,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 29 € (prix France)

 

Pour vous, nous avons recopié dans cette anthologie botanique les quelques lignes suivantes :

 

Salades

(Pierre de Ronsard)

 

Lave ta main, blanche, gaillarde et nette,

Trace mes pas, apporte une serviette,

Allons cueillir la salade, et faison

Part à nos ans des fruits de la saison.

D'un vague pied, d'une vue écartée,

Deçà delà jetée et rejetée

Or’ sur la rive, ores sur un fossé,

Or’ sur un champ en paresse laissé

Du laboureur, qui de lui-même apporte

Sans cultiver herbes de toute sorte,

Je m'en irai solitaire à l'écart.

 

Tu t'en iras, Jamyn, d'une autre part

Chercher soigneux la boursette touffue,

La pâquerette à la feuille menue,

La pimprenelle heureuse pour le sang

Et pour la rate, et pour le mal de flanc ;

Je cueillerai, compagne de la mousse,

La réponsette à la racine douce,

Et le bouton des nouveaux groseliers,

Qui le Printemps annoncent les premiers.

 

Puis, en lisant l'ingénieux Ovide

En ces beaux vers où d'amour il est guide,

Regagnerons le logis pas à pas.

Là recoursant jusqu'au coude nos bras,

Nous laverons nos herbes à main pleine

Au cours sacré de ma belle fontaine,

La blanchirons de sel en mainte part,

L'arroserons de vinaigre rosart,

L'engraisserons de l'huile de Provence ;

L'huile qui vient aux oliviers de France

Rompt l'estomac, et ne vaut du tout rien.

 

 

 


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26 11 11

Le dernier amour de George Sand

images.jpg"Voilà peut-être ce que l'on appelle la maturité: le sentiment du bonheur, la capacité d'en jouir, la conscience de sa fragilité."

 

C'est à la figure d'Alexandre Manceau - le "dernier amour" de George Sand que la biographe Evelyne Bloch-Dano s'attache, dans un essai vivant, brillant, passionnant.

 

La célèbre écrivain a 45 ans quand Alexandre Manceau entre dans sa vie; il en a 13 de moins. A première vue, il paraît son valet, attentif à ses moindres désirs, lui qui "se met tout entier dans un verre d'eau qu'il m'apporte ou dans une cigarette qu'il m'allume." Mais la relation est bien plus riche qu'il n'y paraît: "seul homme à la mesure de la générosité [sandienne]", Alexandre sera 15 ans durant le compagnon "à la fois homme et femme comme elle",  d'une George Sand apaisée, simplement heureuse d'aimer. La période est  féconde pour l'écrivain qui publiera alors  pas moins de cinquante ouvrages. Seule la mort d'Alexandre, en 1865, rompra l'harmonie du couple.

 

Au départ de cette période de quinze ans et d'une analyse approfondie du couple Sand - Manceau, Evelyne Bloch-Dano autopsie la relation violente qui unit George Sand à Solange, sa fille: fille présumée  de Stéphane d'Ajasson de Grandsagne, Solange restera toute sa vie, « la part d'ombre » (et d'échec) de sa mère.

 

En parallèle et écho contrasté, la relation tendre, généreuse, passionnée qui lie  l'écrivain à son fils chéri, Maurice, alias "Bibi",  à ses petits-enfants, dont sa chère Nini, tragiquement décédée,  à sa belle –fille, Lina Calamatta - "J'adore ma nouvelle fille » - et à  tous ces enfants d'adoption que George Sand couvera de son aile bienveillante.

 

Et puis, il y a le  portrait de Nohant,  la demeure qui incarne l'hospitalité légendaire de sa propriétaire (rendez-vous, demain à 17 heures pour un High Tea centré sur un magnifique passage de l'ouvrage). Nohant qui aura vu tant de personnalités de prestige, Balzac, Flaubert, Tourgueniev, Liszt, Marie d'Agoult, Théophile Gauthier, Edmond Plauchut.... s'assoir à sa table, goûter aux joies d'un séjour qui pouvait parfois se prolonger plusieurs années...

 

Merveilleuse George Sand, sincère, altruiste et entière dans ses engagements.

 

Une lecture hautement recommandée

 

Apolline Elter

 

Le dernier amour de George Sand, Evelyne Bloch-Dano, biographie, Grasset, septembre 2010, 320 pp, 20 € 

 

Billet de ferveur

 

AE: Evelyne Bloch-Dano,  vous voyez en Nohant, la "texture du paysage mental" de George Sand. Le lecteur sent battre le coeur de la demeure, à travers les passages que vous lui consacrez. (Quand) nous concocterez-vous  une biographie de Nohant?

 

Evelyne Bloch-Dano: Ce n’est pas dans mes projets ! J’ai jadis consacré un livre à la maison d’Émile Zola (Le roman d’une maison – Chez les Zola à Médan Payot), mais on a déjà beaucoup écrit sur Médan…

 

 AE: George Sand se serait-elle éprise d'Alexandre Manceau si elle l'avait rencontré, dix ans plus tôt?

 

Evelyne Bloch-Dano:  Comment savoir ? Probablement, non.  Dix ans plus tôt, à peu de choses près, elle rencontrait Chopin…

 

AE: A votre avis, quelle serait la "madeleine de Proust" de George Sand?

 

Evelyne Bloch-Dano: Je renvoie vos lecteurs au très beau début du chapitre 11 de la deuxième partie de Histoire de ma vie, dans lequel elle évoque la mémoire et les souvenirs d’enfance…

 

Écrit par Apolline Elter dans Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |