31 01 12
Les jolis délires de Jean-Luc !
Voilà un livre qui fait du bien ! Qui vous fait sourire, rire, revenir en arrière pour être sûr que vous avez bien saisi l'allusion, le calembour, le jeu de mot... Et c'est du Jean-Luc Fonck ! C'est dire que plus c'est "vaseux", mieux c'est ! Du plaisir à longueur de phrases, de pages, d'histoires ! Le titre est bien à la mesure du propos : "Rêvéveillez-moi" ! Il s'agit de 25 courts texte qui racontent chacun un rêve. Un rêve où l'auteur se retrouve chien, poisson, fermier ou même Laura Ingalls ! Comme toujours, Jean-Luc, qu'on le veuille ou non, que l'on le ressente ou pas, va plus loin que l'anecdote. Je l'ai comparé, dès que j'eus l'honneur de lire ces premiers écrits en avant-première (c'était à la fois dans la DH et dans "Le jeu des Dictionnaires"), à un Boris Vian belge. Je pensais à l'imagination, au délire, mais aussi à l'aspect plus littéraire et de fond. Alors, laissons-nous aller, quel que soit le degré de lecture, aux jeux de mots. Rencontrons donc, prenons l'exemple du rêve où Jean-Luc est chien, en début de volume : "Shirley Basset, Joe Cocker, Danois Summer, La Bande à Basile ("C'est le chenil qui redémarre..."), Michel Berger... et Desireless, parce que tous les chiens qui veulent sortir désirent laisse !" Pour s'endormir le soir, il y a pas meilleure lecture ! Et puisqu'il faut une âme d'enfant, l'édition propose - en sus - de feuilletter très vite les pages pour voir la photo de Jean-Luc s'animer... Vous vous souvenez de votre enfance ? C'est aussi un grand jeu de références musicales et télévisuelles ! Sacré Jean-Luc ! Encore une fois bravo !
Jacques MERCIER
"Rêvéveillez-moi", Jean-Luc Fonck, Luc Pire éditions(Editions Naimette), 2012, 160 pages, www.sttellla.be
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31 01 12
A bâtons amènes et rompus
Entrer de plain-pied dans une conversation un peu décousue peut - un brin- agacer... Zauraient tout de même pu formater le texte avant de nous le présenter...
Cela est vrai. Mais vous oubliez vite cette petite humeur réalisant qu'il n'y a sans doute pas meilleure méthode pour aborder Patrick Bruel, le saisir, d'un ping-pong verbal, dans sa sincérité...plénière.
Une conversation saisie au moment du tournage du film "Le Prénom" (sortie en salle le 25 avril 2012 - voir billet sur ce blog) et du "martyre " de la préparation d'un prochain album
Retour sur une vie bien animée - l'artiste a roulé sa bosse avec entrain, depuis cette Algérie que le jeune Patrick Benguigui quitte à l'âge de 3 ans - la conversation menée de façon amicale et tonique par son ami, le journaliste Claude Askolovitch dévoile, dans le désordre, les facettes multiples d'un être chaleureux, doué, qui fonctionne à l'instinct, au coup de coeur, décuplant, avec les années, le capital de sympathie qui est son carburant premier.
Jeune père attentif - il affiche l'âge des parents des amis de [ses] enfants - il partage sa vie entre Oscar, Léon, sa nouvelle compagne Céline [Bosquet], le cinéma, le théâtre, le poker, les chansons, ..rendant un hommage appuyé à, tous ses "référents", toutes ces personnalités - Patrick Sébastien, Alain Souchon, Jean-Jacques Goldman, Michel Drucker,ses jeunes frères David et Fabrice, sa maman Augusta - Nathalie, son grand-père Elie, son (beau) grand-père, René Moreau.. - qui ont balisé sa route. Impressionnante, la liste de ses amitiés bouclerait à elle seule l'annuaire d'un fan-club. Car Bruel "invite la générosité des autres pour pouvoir exister, (...) s'offre tout entier pour recevoir ceux qu'il choisit."
Conscient de la responsabilité qu'implique son image , l'acteur-chanteur-pokériste -touche-à-tout de génie fait le point sur ses doutes, sur certains sujets politiques et délicats ... accentuant , au fil d'une conversation et de confidences bien aiguillées, ce sentiment de proximité qu'il sait si bien donner...
Sincère, direct, grand garçon, Gontran Bonheur du succès...bougrement sympathique, Patrick Bruel a la séduction généreuse et enthousiaste, bougrement..fondante.
Apolline Elter
Patrick Bruel - Conversation avec Claude Askolovitch - éd. Plon, novembre 2011, 286 pp, 18,9€
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30 01 12
Art de vivre...
Le texte ci-dessous a paru dans la newsletter de janvier 2012 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :
Dans Les 50 règles d'or du savoir-vivre qu'elle a fait paraître aux Éditions Larousse à Paris, Sabine Denuelle propose à ses lecteurs un concentré de bonne éducation qui leur permettra d'évoluer avec aisance dans tous les milieux et de faire face aux situations les plus diverses en évitant les impairs.
Qu'il s'agisse par exemple de soigner son apparence, de revêtir une tenue correcte, d'être ponctuel, de s'exercer à l'art de la conversation, de faire preuve d'humour, de connaître le langage des fleurs, de savoir offrir ou recevoir un cadeau, de penser aux pourboires ou aux étrennes, de maîtriser les formules de politesse, de faire preuve de galanterie, de payer l'addition au restaurant, de se comporter en invité idéal, de lancer ses invitations comme il faut, de dresser une jolie table, de se conformer à l'ordre des préséances, de respecter les usages en faisant le service, de présenter le pain, de bien servir le vin, d'utiliser son téléphone mobile avec discernement, d'être vigilant avec ses e-mails, de vivre en bonne intelligence avec ses voisins, de se comporter en voyage voire de maîtriser les nuances du « vous » et du « tu », l'auteure va droit au but et expose en quelques mots les règles à connaître et à appliquer en société.
Pour y briller !
Bernard DELCORD
Les 50 règles d'or du savoir-vivre par Sabine Denuelle, Paris, Éditions Larousse, collection « Les mini Larousse », janvier 2012, 89 pp. en quadrichromie au format 10 x 13 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 3,50 € (prix France)
Pour vous, nous avons recopié dans ce petit livre bien élevé les quelques lignes suivantes :
Se tenir à table convenablement
La tenue à table a toujours été le premier des tests des bonnes manières. Ci-dessous, quelques principes intangibles.
• Attendez pour manger la première bouchée que la maîtresse de maison commence : c'est elle qui donne le signal.
• Posez votre serviette sur vos genoux.
• Posez les mains au bord de la table de chaque côté de l'assiette et évitez les grands gestes.
• Ne parlez pas en mangeant.
• Mastiquez en fermant la bouche et ne faites pas de bruit de succion.
• Ne mangez pas avec les doigts.
• Utilisez les couverts de service pour vous servir, et non les vôtres.
• Ne gardez pas le petit doigt en l'air en tenant votre couvert.
• Ne portez jamais à votre bouche un couteau.
• Coupez les aliments au fur et à mesure que vous les mangez.
• Si l'on vous demande de passer un couvert, présentez-le par le manche.
• Essuyez-vous la bouche avant de boire.
• Quand vous avez fini votre assiette, rassemblez vos couverts pointe en bas sur le côté de l'assiette.
• Ne vous balancez pas sur la chaise.
• Ne vous curez pas les dents en public.
• S'il y a un rince-doigts, trempez seulement le bout des doigts et essuyez-les avec votre serviette.
• Si vous êtes invité, ne pliez pas votre serviette en sortant de table, cela semblerait dire que vous vous attendez à être invité au repas suivant.
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30 01 12
« Bonum vinum laetificat cor hominis »
Le texte ci-dessous a paru dans la newsletter de janvier 2012 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :
Best-seller paru en 1974, traduit dans de nombreuses langues et maintes fois réédité avant de devenir introuvable depuis 15 ans (le politiquement correct étant passé par là), le fameux compendium intitulé Soignez-vous par le vin du docteur E. A. Maury vient de reparaître chez NiL éditions à Paris, pour le plus grand plaisir des épicuriens et sous les grimaces des pisse-vinaigres et autres buveurs d'eau.
Toubib – comme Rabelais le fut, ne l'oublions pas –, le docteur Maury, était diplômé de la Faculté de Médecine de Paris et il fut médecin résident au Royal Homeopathic Hospital de Londres où, à partir de 1931, il s'est consacré à l'homéopathie et à l'acupuncture. Il prônait le vin au double titre d'aliment et surtout de médication « adjuvante » aux divers traitements médicamenteux. Selon lui, à chaque organe déficient convient un cru précis.
Bien entendu, ressortir cet ouvrage par les temps qui courent exposait l'éditeur à de belles volées de bois vert. Aussi, pour s'en prémunir, a-t-il adopté le ridicule mais efficace (auprès des bobos...) principe de précaution en le présentant à la manière de Tartuffe :
« Un sommet d'humour involontaire qui en dit long sur notre rapport au vin.
Vous avez du cholestérol ? Buvez des vins de Loire ou des Côtes de Provence. Vous êtes pris des bronches ? Descendez vite à la cave chercher une bouteille de bordeaux rouge ou de bourgogne titrant à 10°. Vous avez des calculs biliaires ? Privilégiez le sancerre ou le pouilly. Vous êtes enceinte ? N'oubliez pas vos deux verres de bordeaux rouge à chaque repas. Vous avez une angine ? Un peu de médoc ou de beaujolais et ça ira mieux. Vous présentez des risques d'infarctus ? Carburez au champagne sec. Vous avez des problèmes de vue ? Il vous faut un vin rouge léger de Bordeaux ou de Bourgogne. Vous êtes neurasthénique ? Mais qu'est-ce que vous attendez pour déboucher une blanquette de Limoux ?
Ce ne sont pas des blagues. Ce sont les très sérieuses recommandations de l'éminent docteur Maury qui ont fait le succès de Soignez-vous par le vin. (...) Pour ne pas réserver cette lecture désopilante aux quelques initiés qui le chinaient aux Puces ou chez les bouquinistes, les Éditions NiL ont décidé de le republier, dans sa version d'origine, et donc avec son lot de "perles". Vous apprendrez ainsi que le vin n'est pas une "boisson alcoolique", que les discours anti-vin détournent l'attention des vrais dangers que sont la consommation excessive d'eau et de jus de fruits, et que si les Français buvaient plus de vin... l'alcoolisme... ne serait plus un problème !
Les best-sellers disent quelque chose de leur époque. Guide médical au moment de sa sortie, Soignez-vous par le vin est devenu un édifiant et stupéfiant témoignage sur les rapports passionnés que nous entretenons avec le "jus fermenté de la vigne" ».
Pourtant, l'essayer (avec modération tout de même), c'est l'adopter !
Bernard DELCORD
Soignez-vous par le vin par le docteur E. A. Maury, Paris, NiL éditions, novembre 2011, 156 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 21 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 15 € (prix France)
Pour vous, nous avons recopié dans ce petit ouvrage les précieux conseils suivants :
LES MALADIES
(lettre A)
AÉROPHAGIE
La déglutition exagérée d’air qui se traduit, dans une grande majorité de cas, par un gonflement pénible de l’estomac survenant au cours des repas ou peu après, se manifeste le plus souvent chez les sujets nerveux, inquiets, insatisfaits de leur vie et que tourmente un problème d’origine affective ou professionnelle.
Cru conseillé :
Champagne sec ou brut.
Pourquoi ?
Du fait, d’abord, de l’influence euphorisante de ce vin sur le tonus psychique, sans avoir les inconvénients des « tranquillisants » classiques. Du fait, également, sur le plan physique, de l’action mécanique produite par le gaz naturel sur la paroi gastrique, ce qui favorise la remise en route de la contraction physiologique de l’estomac ; ainsi, l’excès d’air avalé est évacué par la bouche.
Il convient de noter, à ce propos, que la gazéification du gaz carbonique contenu dans le champagne, au cours des trois ou quatre années de maturation dans les caves, diffère totalement de la gazéification artificiellement obtenue pour certain mousseux et certaines eaux minérales, et qui est trop brutale et trop rapide ; de toute façon, ce type de produit est toujours contre-indiqué chez les sujet souffrants d’aérophagie.
Doses :
Deux flûtes au cours des repas.
ALLERGIE (Tendance à l’)
Les réactions allergiques, si communes de nos jours et liées le plus souvent aux intoxications médicamenteuses qui « sensibilisent » le sujet non seulement aux médicaments, mais encore maintenant aux produits naturels jadis et naguère inoffensifs, représentent l’expression de médications apportées à l’économie sous l’influence de substances étrangères à cette dernière et dites « allergènes » ; elles se traduisent par une exsudation de la muqueuse ou par un œdème du tissu cellulaire sous-cutané, donc par un excès de production séreuse ; ces réactions désagréables n’interdisent toutefois pas au sujet qui en souffre l’usage raisonnable d’un vin approprié.
Cru conseillé :
Médoc.
Pourquoi ?
Parce que ce cru est riche en potassium naturel ; or, ce métal alcalin à doses faibles agit sur les troubles du métabolisme de l’eau, donc sur les phénomènes de rétention hydrique qui s’observent dans les phénomènes allergiques.
Doses :
Un demi-verre à bordeaux au cours des repas.
AMAIGRISSEMENT
Toute perte de poids corporel peut reconnaître une série de causes qui vont de la perte normale d’appétit jusqu’aux troubles métaboliques plus profonds et plus sérieux.
Indépendamment de la thérapeutique appropriée et naturellement prescrite par le médecin traitant après qu’il a établi son diagnostic causal, on ne peut que conseiller au sujet atteint d’amaigrissement un cru convenant à son cas particulier.
Crus conseillés :
Vins de la côte de Beaune.
Pourquoi ?
Parce que ces vins sont riches en fer ainsi qu’en extraits minéraux, dont le calcium, réparateur de la cellule osseuse.
Doses :
Deux verres à Bourgogne de ce vin au cours des repas.
AMAIGRISSANT (Régime)
Tout excès de poids demande la prescription d’un régime alimentaire correctement dosé et pauvre en glucides et en corps gras.
Le vin qui est susceptible d’accompagner ce type de diète répondra donc aux mêmes impératifs ; d’autre part, son absorption, au cours des repas souvent ascétiques, permettra de pallier la sévérité du régime imposé pour combattre cet excès pondéral.
Crus conseillés :
Vins de la Côte-d’Or.
Pourquoi ?
Parce que ces vins, peu colorés, favorisent, de par leur composition même, le métabolisme des graisses, tout en gardant leurs qualités nutritives.
Doses :
Deux verres à Bourgogne au cours des repas.
ANÉMIE
La diminution pathologique du nombre des globules rouges dans le sang se manifeste par toute une série de troubles, dont, entre autres, une fatigue constante, des vertiges, un manque de tonus général, parfois même des hémorragies.
Il convient donc, indépendamment toujours d’un traitement approprié à ce type de maladies, de donner au sujet un apport supplémentaire de fer dans son alimentation.
Crus conseillés :
Vins de Graves
Pourquoi ?
Du fait de leur teneur en fer, car la vigne productrice de ce type de vin est cultivée sur du sable pur contenant des particules de fer sous forme soluble dont le taux peut parfois atteindre 10 mg par litre.
Doses :
Deux verres à Bordeaux au cours des repas.
ANGOISSE (Névrose d’)
Certaines manifestations psychiques, telles que l’angoisse à base de peurs irraisonnées, peuvent être, dans bien des cas, en carence de sels organiques normalement présents dans l’économie ; dans la majorité des cas, ces carences portent surtout sur le phosphore, aliment de base du système nerveux.
Un vin bien choisi sera donc d’un réel secours pour le sujet victime de ce type d’affection.
Cru conseillé :
Médoc
Pourquoi ?
Du fait de sa richesse en phosphore dont les concentrations peuvent atteindre 0,03 à 0,05 g dont le quart se trouve sous forme organique ; cet élément représente un médicament de choix pour la cellule nerveuse.
Doses :
Deux verres à Bordeaux au cours des repas.
ANGINES
Les affections inflammatoires du pharynx et des amygdales s’accompagnent habituellement d’une certaine gêne à la déglutition ainsi que de température qui peut être plus ou moins élevée ; ces malades peuvent facilement bénéficier de l’adjonction de vins au traitement médicamenteux, d’autant que le jus de la treille apporte au malade ses propriétés bactéricides.
Crus conseillés :
Vins rouge de Bordeaux de la région du Médoc.
Vins rouges de la région du Beaujolais.
Pourquoi ?
Parce que le contenu de ces vins en tanin leur confère des propriétés décongestionnantes et également parce que, comme tous les jus de vigne fermentés, ils sont bactéricides, antiseptiques, toniques et diaphorétiques.
Doses :
Faire chauffer 500 g du vin choisi, selon le goût personnel du malade et titrant 10° ; Y ajouter 10 g de cannelle, du sucre et de l’écorce de citron ; en boire deux demi-bols, trois fois par jour.
Écrit par Bernard Delcord dans Bien-être | Commentaires (0) |
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29 01 12
Comment échapper à la "sélection naturelle" !
Comme il n'y a pas de hasard, il était logique qu'après avoir lu "Jésus" de Petitfils (Voir dans les rubriques précédentes), je suive avec intérêt la présentation du livre "De Jésus à Jésus en passant par Darwin" du professeur Christian de Duve, prix Nobel de médecine. Dans cet essai, relativement court, l'éminent scientifique nous raconte le cheminement de sa croyance depuis le Jésus de son enfance jusqu'aux plus récentes réflexions scientifiques. "Tous ces enseignements étaient présentés dans un contexte religieux que je ne songeais pas à mettre en doute, d'autant plus qu'il répondait sentimentalement à une disposition qui me portait naturellement vers la ferveur." écrit-il. Beaucoup se reconnaîtront ! Et puis : "Il y eut néanmoins un prix à payer : les convictions religieuses qui avaient inspiré mes premières années ne résistèrent pas aux impératifs de raisonnement scientifique, au souci d'une perpétuelle remise en question et au refus des affirmations sans preuve." Et d'expliquer sa vue actuelle de l'évolution de l'espèce humaine. L'auteur raconte la sélection naturelle et notre seul espoir qui est l'épigénétique, le seul espoir de s'opposer à cette loi naturelle. Pour cela, il faut éduquer, avoir des éducateurs et c'est dans ce contexte qu'il présente les maîtres, les guides, les sages et donc Jésus. "Ce que Jésus enseigne, c'est exactement le comportement qu'il faut pour contrecarrer les méfaits de la sélection naturelle et sauver l'humanité de la perte à laquelle ses gènes la condamnent." Christian de Duve nous parle encore de cette notion de "l'ultime réalité", qui englobe l'ensemble de tout ce qui existe; un monde étrange qui pourrait sans doute un jour nous être accessible. Les poètes peuvent parfois y parvenir, par leur capacité émotive. Et de conclure sur le mot "Amour" ! (Une fois encore, j'ai pu immédiatement acheter, télécharger le livre en numérique et le lire... Je ne me lasse pas de cette facilité dans la transmission de l'art !)
Jacques MERCIER
"De Jésus à Jésus, en passant par Darwin", par Christian de Duve, Edition Odile Jacob, 2011. 91 pages. Broché: 8,55 euros. Numérique : 6,99 euros sur Kindle.
Écrit par Jacques Mercier dans Documents, récits, essais, Jacques Mercier | Commentaires (0) |
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28 01 12
Ne jetez pas l'anathème !
Les Éditions Casterman à Bruxelles ont pris l'heureuse initiative de rééditer l'intégrale d'une série culte, les aventures de Sibylline, la petite souris pétillante née en mars 1965 (et disparue en 1990) dans l'hebdomadaire Spirou sous les pinceaux de Raymond Macherot (1924-2008), qu'Hergé tenait « pour l'égal de Walt Disney dans sa manière de camper le caractère des animaux ».
Les aventures au Bosquet Joyeux de la pétulante fiancée de Taboum, du corbeau Flouzemaker, du lapin Clothaire, du brigadier Verboten (un hérisson policier), du perroquet ventriloque Gloglo, en butte aux attaques du chat Pantoufle, du rat noir Anathème, du renard Pistolard ou du furet Croque-Monsieur, reparaissent donc en cinq volumes qui comporteront près de 1000 pages et qui ont fait l’objet d’un travail très soigné de restauration des planches, afin de leur redonner la chaleur des couleurs originelles.
Les deux premiers tomes ont paru sous les titres respectifs de Sibylline 1965-1969 & Sibylline 1969-1974 et ils rassemblent chacun neuf histoires, dont certaines inédites en album comme Mission "Chèvrefeuille" (1953), sorte de prolégomènes de la série qui finira, bien plus tard, en se teintant de fantastique et de surnaturel.
Un petit monde foisonnant à (re)découvrir au plus vite !
Bernard DELCORD
Sibylline 1965-1969 & Sibylline 1969-1974 par Raymond Macherot, Bruxelles, Éditions Casterman, collection « Univers d'auteurs », octobre 2011 et janvier 2012, 200 pp. et 191 pp. en quadrichromie au format 21,3 x 28,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 25 € chacun
Écrit par Bernard Delcord dans B.D. | Commentaires (1) |
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28 01 12
Michel Galabru ne sait pas dire non
Entretien réalisé au théâtre de Paris pour Ciné Clip Clap et Livre de bord
Une émission de Nicky Depasse sur Liberty TV
Janvier 2012
Michel Galabru, Je ne sais pas dire non !, Michel Lafon, novembre 2011, 18€95, 317p.
Écrit par Brice dans Biographies, Cinéma et littérature, Livre de Bord, Vidéos | Commentaires (0) |
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28 01 12
A la Cour d'Amboise

Paru fin 2011, ce premier volet de la nouvelle saga culinaire et criminelle de Michèle Barrière nous invite à la Cour d'Amboise, au début du règne d'un François Ier, tout frais auréolé de sa victoire à la bataille de Marignan (14 septembre 1515, comme tout le monde le sait).
Maître d'hôtel du jeune et sémillant souverain, son ami d'enfance, Quentin du Mesnil a pour mission de quérir et amener à Amboise un vieillard récalcitrant, peu commode et encombré d'une réputation sulfureuse... vous aurez reconnu Léonard de Vinci.
La mission s'avère périlleuse car le fantasque génie, gaucher - ce n'est bon signe - quoiqu'un tantinet ambidextre, est la cible d'une sombre vengeance et de pièges sanglants.. Quentin en fera les frais qui sera propulsé du sommet d'une montagne, à bord de la machine volante imaginée par le savant...
Un séjour contraint à la cour de Mantoue, régie par la terrible Isabelle d'Este, dévoile le faste d'une société dont le raffinement subjugue le jeune maître d'hôtel.
Une qualité majeure des polars gastronomiques de Michèle Barrière est d'allier la fiabilité historique, la table des pratiques alimentaires à un rythme narratif et sens du suspens savamment maîtrisés. Cela donne des romans à la fois didactiques et captivants. Un carnet de recettes conclut l'ouvrage qui ne demandent qu'à être mises en pratique.
Que demander de plus?
Le deuxième volet de la saga..assurément!
Apolline Elter
Le sang de l'hermine, Michèle Barrière, roman, JC Lattès, nov.2011, 350 pp, 18 €
Billet de faveur
AE : Le Chambord de François Ier qui s’ébauche , en filigranes du roman, c’est le Versailles de Louis XIV ?
Michèle Barrière : non, François Ier n'a que très peu séjourné à Chambord alors que Louis XIv n'a pas quitté Versailles. Il aurait d'ailleurs été très difficile d'y vivre. Chambord est un rêve, un magnifique objet d'apparat et il l'est resté à travers les siècles.
AE : Arrivé au Clos Lucé, où le roi compte l’établir, Léonard de Vinci s’écrie ; « Les petites demeures favorisent l’éclosion des grandes pensées. » Sublime. A-t-il vraiment prononcé ces paroles - et à quelle occasion – ou cette exclamation rentre-t-elle dans la logique romancée du personnage ?
Michèle Barrière :Il semblerait que oui, mais je ne peux pas le certifier. Par contre, de nombreuses tirades de Léonard sont directement tirées de ses Carnets.
AE : En marge de la quête et des péripéties qui adviennent aux deux héros, il y a la perte répétée de l’ouvrage de Platine, De Honesta Voluptate. Il semble que vous accordez une importance majeure à cet ouvrage :
Michèle Barrière : c'est l'ouvrage essentiel en matière culinaire datant de la fin du XV° siècle mais traduit en français en 1505 et qui place l'art de la table dans la perspective des penseurs humanistes.
AE : Combien de volets comportera cette nouvelle saga ? Pouvez-vous nous préciser la date de parution de la suite attendue des « Enquêtes de Quentin du Mesnil, maître d’hôtel à la cour de François Ier » ?
Michèle Barrière : cela dépendra de l'inspiration! Le suivant est déjà en chantier. Il se passera en 1520, lors du Camp du Drap d'or, rencontre au sommet entre François Ier et Henri VII. Il y en aura un après le désastre de Pavie où on retrouvera le roi de France prisonnier de Charles-Quint en Espagne. Un autre où Quentin s'adjoindra les services d'un certain Rabelais pour enquêter sur la mort du dauphin. Voilà, pour le moment!
Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Histoire, Thriller, Polar | Commentaires (2) |
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26 01 12
Jésus a existé !
C'est un travail remarquable de synthèse historique qu'a réalisé dans "Jésus" Jean-Christian Petitfils ! Se plaçant volontairement en dehors du champ religieux, il a confronté toutes les sources fiables, celles de ses confrères archéologues, ethnologues, etc. et bien entendu celles des textes, s'appuyant en particulier sur l'Evangile de Jean, le témoin privilégié. On apprend, par exemple, que l'expression "fils de Dieu" était largement utilisée avant l'avènement du Christ : "Dans les anciens royaumes d'Israël et de Juda, les rois étaient considérés comme "fils de Dieu"... L'auteur fait la part des choses entre la symbolique, les allégories et ce qui semble la vérité. Ce qui reste est l'essentiel, de toutes façons : "Dieu est amour" écrit dans sa première épître Jean l'évangéliste qui a le mieux compris son message. Sa bonté est infinie. Elle va au-delà de toute représentation." On y apprend aussi (avant la religion) ce qu'est la morale de Jésus : "Jésus vise l'intention qui renferme déjà en elle le mal. C'est dans la haine du prochain, plus encore dans la colère, la rancune, l'animosité que réside la racine du meurtre. C'est cette racine qui doit être éradiquée. D'où la nécessité d'une réconciliation des hommes entre eux, préalables à toute prière." On parle évidemment aussi de l'expression ambigüe "le fils de l'homme", des femmes, de la vie future. Un livre passionnant que j'ai lu (est-ce un détail) avec attention en version numérique ! Cela dit, a-t-on un message, aujourd'hui plus que njamais, plus vital que "Aimons-nous les uns les autres..." ?
Jacques MERCIER
"Jésus", par Jean-Christian Petitfils, Edition Fayard, 2011, 690 pages en version brochée, 23,75 euros.- en version kindle 18,99 euros.
Écrit par Jacques Mercier dans Biographies, Documents, récits, essais, Histoire, Jacques Mercier | Commentaires (2) |
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26 01 12
Echappée de l'âme
" Elle vivait seule en dessous de sa vie.
Mourir devenait une question de sincérité."
Il est des solitudes d'autant plus poignantes que vous vivez, entourée d'un mari aimant et de deux magnifiques enfants.
Il est des détresses à ce point indicibles qu'elles vous isolent du monde des vivants, vous projetant, tel un ballon gonflé d'hélium, dans l'infinie galaxie. Le seul moyen de revenir sur terre s'inscrit dans la perspective morbide de votre ...enterrement.
"Il sera très facile pour tes biographes de te décrire comme une personne répétitivement suicidaire et obsédée par la mort. Ils auront tort, tu le sais bien. Ils parleront de haine, et ils auront tort, tu le sais bien aussi. Il n'y a rien de plus haineux qu'un biographe, comme il n'y a plus menteur que le mémorialiste. Tu n'as jamais eu que l'amour en vue, du moins depuis le jour où tu l'as rencontré."
Dévastée intérieurement par une expérience amoureuse, avortée de façon inexpliquée, Ariana, ravissante jeune femme d'origine espagnole épouse le séduisant Axel, issu d'une famille norvégienne, aisée. Le couple s'installe dans une coquette maison de la banlieue bruxelloise...
" Ta future belle-mère, à Voss, en Norvège, dit que tu es typiquement la personne qui a l'air de fuir quelque chose et c'est pourquoi, sans le déclarer positivement, elle ne se réjouit pas que son fils veuille t'épouser. Alors que c'est tout le contraire, puisque tu ne fuis pas, tu cherches ce point fixe en toi, qui est toi-même, loin au-dessus duquel le temps te fait flotter et dont il menace toujours de t'exiler définitivement".
Au-delà des sentiments et de manifestations extérieures incomprises de son entourage, c'est l'âme d'Ariana que Grégoire Polet tente de cerner, multipliant les focus, les interpellations et points de vue. Affinant la perspective toujours et encore, du cisellement d'une plume finement taillée, trempée de métaphores et d'énumérations qui progressent, par petites touches, dans une quête essentielle de la vérité. La vérité de l'âme aspirée par une réalité qui n'a plus place sur terre, qui rend Ariana étrange, étrangère.
" Tu es une comète qui approche du soleil et qui se détruit progressivement en nuages de météores pas plus grands que des grains de sable."
Apolline Elter
Les ballons d'hélium, roman, Grégoire Polet, Gallimard, janvier 2012, 174 pp, 16 €
Billet de faveur
AE: Après le cycle lisse et lumineux de vos trois premiers romans [Madrid ne dort pas, Excusez les fautes du copiste, Leurs vies éclatantes] vous semblez entrer, avec Chucho [votre précédent roman] et les présents Ballons d'hélium, dans le cycle d'une réalité plus sombre mais aussi plus profonde. L'écriture doit en être encore plus exigeante. Plus engagée?
Grégoire Polet: L’inspiration sombre ou claire ne se choisit pas vraiment: on suit la marche de sa pensée et son évolution, qui nous font traverser parfois le jour, parfois la nuit. Les deux valent la peine d’être explorés.
Dans Chucho, nous avions un personnage fragile, qui mettait en question notre capacité de modifier notre vie pour accueillir l’autre.
Dans Les Ballons d’hélium, nous avons un personnage, une jeune femme, qui est déçue, insatisfaite, par la vie telle que le monde aujourd’hui la programme, et qui est poussée irrésistiblement à chercher plus loin, non plus dans la vie extérieure, mais du côté de la vie intérieure. Et le monde qu’elle découvre dans sa vie intérieure est très différent du monde matériel, superficiel. Tout est différent; le passage du temps est différent; l’espace est différent; la présence, l’absence sont différentes. Et surtout semblent beaucoup plus vrais que les mesquines réalités extérieures, faites d’oubli, de séparations, de propriétés, d’exclusions, d’irrémédiable. Elle fait l’expérience d’une très forte spiritualisation de l’existence, qui provoque la perte de ses repères habituels, et ne lui permet pas d’en trouver de nouveaux. Ou du moins pas facilement. C’est cette aventure dans l’intériorité, dans l’en-dessous des choses, qu’Ariana vit, guidée par une blessure d’amour. Aventure dramatique, exploration, tourbillon, c’est une trajectoire vitale qui tient à la fois de l’ascension et de la chute libre.
Est-ce une écriture exigeante? Oui. Parce qu’il s’agit de suivre au plus près une démarche vraiment radicale, avec la plus grande sincérité et la plus grande exactitude. De plus, techniquement, il s’agissait de rendre un développement narratif qui épouse les formes de la perception spiritualisante du monde: temporalité non linéaire mais mémorielle; points de vue changeants et glissants, comme dans les rêves.
Est-ce une écriture engagée? En un certain sens, oui. Car indirectement elle milite pour un changement de mentalité, que par ailleurs je vois à l’œuvre autour de moi et que ce roman reflète. C’est un changement du modèle du bonheur. Les crises actuelles accentuent ce mouvement de déception par rapport à un modèle de bonheur attaché à la réussite matérielle et sociale. Ma génération a été élevée dans l’idée du bonheur (d’autres générations avaient été élevées dans l’idée du travail, ou de la liberté, ou de la foi, etc.), et particulièrement du bonheur par la commodité matérielle et le bien-être physique. Ce modèle, très bien intentionné, a pourtant de cruelles limites. Surtout quand l’argent et la prospérité viennent à être incertains. En temps de crise, le confort et la commodité deviennent soit de plus en plus inaccessibles, et donc angoissants; soit, pour ceux qui les obtiennent tout de même, ils deviennent des “blindeurs” d’individus. Or, le bonheur ne prend pas rendez-vous avec les angoissés, et ne pénètre pas les blindages. Devant les failles (la faillite?) de ce modèle de bonheur, la recherche d’autre chose est partout perceptible. Et cette recherche va dans le sens de l’Evolution, telle que l’ont montré les philosophes et paléonthologues (Teilhard de Chardin, par exemple, cité en début de roman). C’est-à-dire dans le sens de: moins de matière, plus d’esprit. Moins de masse, plus d’énergie. Cette fameuse spiritualisation en marche depuis les origines et qui a conduit la matière jusqu’à la vie, et la vie jusqu’à la conscience. Et la conscience jusque… là où nous voudrons bien la mener.
AE: "....mais l'euphorie pourtant était là, congelant momentanément toute possibilité de vie intérieure, et la jetant avec appétit vers le monde extérieur... "
Cette euphorie, singulièrement absente - du moins rare - dans le parcours d'Ariana , n'aurait-elle pas pu, au contraire, renverser le cours de sa vie, insuffler un peu de légèreté à la gravité ressentie, injecter de l'hélium dans des ballons qui, du coup, auraient revêtu une signification diamétralement opposée, celle de l'espoir et de la légèreté de la vie?
Grégoire Polet:
L’euphorie en question dans cette citation, si on se réfère au contexte du roman, est l’euphorie d’avoir gagné 1000 euros. Cette euphorie de la possession l’exile justement de la vie intérieure qui l’intéresse et la jette vers la vie extérieure qui la déçoit, et la pousse à acheter et à s’approprier, “à donner des coups d’euro comme des coups de hache dans le réel pour s’en approprier quelque chose.” Mais Ariana pense que cette euphorie-là en fin de compte ne gonfle que de décevantes baudruches. Avez-vous lu, à ce propos, le passage sur les courses et le shopping dans L’Art français de la guerre, d’Alexis Jenni?
AE: Je ne l'ai pas encore lu mais vais foncer sur ce passage!
Enrobée de mystère, Ariana échappe à la vie et parfois à la logique du lecteur, tel un ballon, gonflé d'hélium vous fausse compagnie. Vous tentez de la cerner de la manière la plus juste, la plus analytique possible; ne vous échappe-t-elle pas, par moments, à vous aussi?
Grégoire Polet: Ariana reflète un changement, une évadée du modèle, et à cause de cela elle subvertit ce modèle et échappe aux grilles habituelles. Après, il y a toutes les circonstances dramatiques de sa psychologie personnelle, qui ne sont certes pas généralisables, et qui la mènent à frôler la limite d’actes terribles. Car Les Ballons d’hélium est d’abord et avant tout un roman d’amour, une histoire d’amour passionnée et tragique.
Ce que j’ai répondu dans cette entrevue ne constitue qu’un commentaire, donne une piste, un éclairage. Mais, évidemment, le roman ne peut pas se résumer à cela.
Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Romans | Commentaires (0) |
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