29 02 12
Sex and books and rock'n'roll
La Foire du Livre de Bruxelles ouvre ses portes ce jeudi 1er mars. Avec un thème pareil, Brice Depasse se devait d'en parler. Il reçoit Ana Garcia, la Commissaire générale de la Foire, avec qui il parle de livres, de rock et ... de sexe. Ecoutez les six podcasts de l'émission en cliquant sur la photo.
Écrit par Brice dans Brice Depasse, Foire du Livre 2012 | Commentaires (0) |
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25 02 12
Rosa...Sand

" (...) fut-elle seulement un peintre animalier ou un peintre de paysages mettant en scène des animaux? Le problème est plus complexe qu'il n'y paraît au premier regard, comme toujours chez cette femme qui ne ressemble à aucune autre ou presque."
Biographie magistrale de Rosa Bonheur (1822- 1899) peintre des Labourage nivernais et Marché aux chevaux, l'ouvrage de Gonzague Saint Bris trace l'extraordinaire force rebelle et tranquille qui permit à cette femme hors normes d'acquérir et de conserver une indépendance à tout crin, une totale émancipation et de se distinguer de la plupart de ses contemporaines.
Mondialement connue de son vivant, particulièrement appréciée des milieux anglo-saxons, cette adepte de la pensée saint-simonienne, acharnée du travail, frénétique de la Nature, chimiste des couleurs - qu'elle fabriquait elle-même, "toujours très perspicace dans la gestion de sa carrière" adopta, à l'instar de George Sand, l'allure vestimentaire masculine et vécut de longues années de discrète idylle avec son amie Nathalie Micas, puis, à la mort de celle-ci, avec l'Américaine, Anna Klumpke, qu'elle institua légataire universelle.
Spécialiste de la célèbre épistolière de Nohant (chère à notre blog...) Gonzague Saint-Bris traque les multiples traits qui rapprochent Rosa Bonheur d'une George Sand, de dix-huit ans son aînée, dans la fraternité d'un génie paysagiste commun. Une George dont Rosa lira avec..bonheur les œuvres et qu'elle qualifiera de "sœur de plume'
"Et pourtant, à aucun moment, ne semble-t-il, ces deux femmes ne vont se rencontrer"
Mais telle la demeure de Nohant, le château de By garde intacte l'âme de son occupante:
"Si Rosa Bonheur - tous ses contemporains en témoignent - passe pour une femme exceptionnelle, exceptionnelle est aussi la conservation, pratiquement intacte, de son atelier de By, qui nous permet, plus d'un siècle après sa mort, de pénétrer dans son intimité, comme les privilégiés, admis à son époque, dans ce véritable sanctuaire de la nature et qu'elle recevait avec une hauteur courtoise, à la manière de ces princesses habituées dès l'enfance, à recevoir les hommages publics, même si, dans son cas, ceux-ci étaient dus à son génie et non à sa naissance."
Une lecture recommandée
Apolline Elter
Rosa Bonheur - Liberté est son nom, Gonzague Saint-Bris, biographie, Robert Laffont, février 2012, 250 pp + 8 pages de reproductions, 20 €
Billet de faveur
AE – Gonzague Saint-Bris, vous déplorez le « rendez-vous manqué » de George Sand et de Rosa Bonheur. Devriez-vous organiser une rencontre entre les deux châtelaines, choisiriez-vous le cadre de Nohant ou de By ?
Gonzague Saint-Bris : Evidemment Rosa aurait certainement trouvé son bonheur à Nohant. De même Sand, qui partageait les mêmes passions, aurait sans doute trouvé son compte au château de By.
Mais il est des rendez-vous manqués du passé que l'avenir peut réparer ou que le présent peut même mettre en scène. Ayant écrit d'abord sur George Sand, la dame de Nohant et ensuite sur Rosa Bonheur, la dame de Thomery, je suis en mesure de vous inviter à assister à leurs retrouvailles virtuelles dans un lieu merveilleux, inspirant, enthousiasmant et exotique à Paris où l'on grignotte au bar avec bonheur : LE ROSA BONHEUR, une guinguette de tradition au 2 allée de la Cascade au bord du parc des Buttes Chaumont.
Le soir de la Journée de la Femme, le 8 mars 2012 à partir de 18h00, sera donné au ROSA BONHEUR (01 42 00 00 45) une LECTURE-SIGNATURE-DEDICACE en l'honneur de la sortie de mon livre : Rosa Bonheur, Liberté est son nom (éd. Robert Laffont) . Venez tous à cette fête de l'esprit où vous pourrez assouvir toutes vos gourmandises et fêter à la fois la Femme, George, Rosa et les autres...
Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Arts, Biographies, Patrimoine | Commentaires (0) |
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23 02 12
Les feux de l'amour...
Se penchant, avec la complicité de l'artiste Liliroze qui a produit pour l'occasion des photographies magnifiques, sur les « petites scènes du désordre amoureux », la journaliste et écrivain Catherine Sauvat propose dans Fol amour, un beau livre paru aux Éditions de La Martinière à Paris, des textes de fiction d'auteurs célèbres dont les personnages se font inlassablement le vecteur de nos émotions et de nos sentiments en nous enseignant les règles de la séduction ou en nous dévoilant les paradoxes du désir.
Les innombrables facettes de l'amour y sont vues à travers des prismes comme Emma Bovary, Ariane et Solal ou Jules et Jim et au moyen de 45 mots-clés (apparition, attente, aveu, badinage, beauté, communion, conquête, conversation, corps, désordre, embrasement, exaltation, illusion, innocence, inquiétude, jalousie, jeux, libertinage, offrande, provocation, renoncement, rêve, rougissement, rupture, soumission, surprise, travestissement...) soutenus par des extraits de l'œuvre d'Aragon, de Casanova, de Cocteau, de Colette, de Duras, de Dostoïevski, de Flaubert, de Kawabata, de Kundera, de Laclos, de Lawrence, de Carson McCullers, de Marivaux, de Maupassant, de Mérimée, de Henry Miller, de Molière, de Moravia, de Nabokov, d'Anaïs Nin, de Pavese, de Proust, de Radiguet, de Philip Roth, de Sacher-Masoch, de Jean-Philippe Toussaint, de Vargas Llosa, de Zweig et de bien d'autres encore...
Un livre éblouissant !
Bernard DELCORD
Fol amour par Catherine Sauvat, illustrations de Liliroze, Paris, Éditions de La Martinière, octobre 2011, 232 pp. en quadrichromie au format 17,5 x 22,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 € (prix France)
Écrit par Bernard Delcord dans Beaux Livres | Commentaires (0) |
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23 02 12
Les couleurs de la ville...
Le texte ci-dessous a été envoyé dans la newsletter de février 2012 des guides gastronomiques DELTA avant d'être mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be)
Poursuivant, à travers les activités de l'asbl DÉDALE [1] dont il est l'un des fondateurs – cette association a pour but de permettre au plus grand nombre d'amateurs d'aborder le domaine de l'art et de la culture de manière plaisante et conviviale – sa démarche de découverte de Bruxelles à travers des œuvres picturales, Fabien de Roose propose, toujours aux Éditions Racine à Bruxelles, un nouveau guide intitulé Bruxelles vue par les peintres 2 dans lequel il propose sept promenades dans le temps et dans l’espace de la capitale de l’Europe [2], à la rencontre des œuvres que lui consacrèrent des peintres aussi divers que Marc De Coster, Anne-Pierre De Kat, Paul Delvaux François Gailliard, Dany Gilson, Jane Graverol, Jacano, Jacques Laudy, Auguste Oleffe, Herman Richir, Henri Somers, Émile Thysebaert, Rik Wouters...
En regard de chaque peinture, une photographie actuelle prise sous le même angle de vue permet au lecteur de saisir les différences entre le tableau et la vue urbaine actuelle, et de constater les multiples évolutions de la ville et de la vie de ses habitants.
Un festival de couleurs et de lumières !
Bernard DELCORD
Bruxelles vue par les peintres 2 par Fabien De Roose, Bruxelles, Éditions Racine, collection « Promenades au cœur de la ville », décembre 2011, 176 pp. en quadrichromie au format 16 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 24,95 €
Pour vous, nous avons recopié dans ce bel ouvrage les lignes suivantes, consacrées à un tableau de Jacano (1923-1995) peint en 1951 :
L'étang de Boitsfort

Pendant la guerre, Jacques Hanot a suivi des cours aux académies de Bruxelles et d'Ixelles. À la même époque, il commence à signer ses dessins et tableaux du nom de Jacano, pseudonyme phonétique de son nom et de son prénom. Après la Libération, il illustre des reportages et des romans-feuilletons au journal Le Soir. En 1947, il voyage en Égypte. Le jeune peintre est ébloui, au sens propre comme au sens figuré, par la lumière du continent nord-africain. Il en ramène une « palette réchauffée» par des tonalités éblouissantes. Bruxelles ne le retient pas très longtemps. Jacano part au Congo pour six mois. Il n'en revient que trois ans plus tard. avec une palette davantage colorée. Dès son retour, une exposition de ses œuvres africaines remporte beaucoup de succès. La reine Élisabeth, grande amatrice de peinture, acquiert un de ses tableaux.
Les tonalités audacieuses de cette vue de l'étang de Boitsfort caractérisent la période qui suit ses voyages en Afrique. Les couleurs douces dominent dans un environnement savamment nuancé. À cette vue, une impression de quiétude envahit le spectateur. Les automobilistes pressés ne se doutent pas qu'ils roulent sur une route qui a été construite en partie sur l'étang. Jusqu'en 1957, la chaussée de La Hulpe longe en partie l'étang. Le percement de l'avenue de la Foresterie sonne le glas de cette promenade dominicale fort appréciée par les Boitsfortois. Le muret de la terrasse du Restaurant de l'Étang se reflète sur la surface de l'eau. Un immeuble à appartements le remplace désavantageusement. Ni ses proportions, ni son style ne s'harmonisent avec son environnement. À l'avant-plan, un pêcheur et un passant animent la composition. Aujourd'hui, le flot des voitures a remplacé l'onde qui courait sur l'étang. À chaque époque sa poésie.

[1] Avenue de la Nivéole, 10 à 1020 Laeken.
[2] Promenade 1 : du Botanique à la place Saint-Josse ; Promenade 2 : Schaerbeek de Sainte-Marie à Saint-Servais ; Promenade 3 : Schaerbeek des Bienfaiteurs à Josaphat ; Promenade 4 : le long de la Woluwe, entre passé et présent 5 : Woluwe de Saint-Pierre à Saint-Lambert ; Promenade 6 : Auderghem et le Rouge-Cloître ; Promenade 7 : de Watermael à Boitsfort.
Écrit par Bernard Delcord dans Arts | Commentaires (0) |
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23 02 12
Parmentières
Vous parler pommes de terre
Sur un blog littéraire?
Va falloir argumenter.
Je l'avoue, je n'ai pu résister:
- à l'historique qui vit apparaître les premiers tubercules, il y a de cela quelque 8000 années, aux "papas" incas, à la parmentière de d'Antoine-Augustin jusqu'à cette "frite" qui colle à notre belgitude comme un chewing-gum sur le revers d'une chaise
- à la nomenclature délicieuse, féminine (et parfois inconnue) de nos céciles, francelines, gourmandines, charlottes, nicolas, annabelles, plate de Florenville, victorias, milvas, marabels, exemplas, bintjes, ukamas...et prodigieuses vitelottes.
- à l'énoncé de leurs qualités nutritives et d'un label "Terra Nostra" dûment protégé, si clairement exposé , judicieusement illustré, par l'auteur de l'ouvrage, Michel Boreux, ardent défenseur de la gastronomie ardennaise, propriétaire du complexe hôtelier, l'Auberge de la Ferme (à Rochehaut-sur-Semois), animateur de l'émission Table & Terroir, diffusée sur les ondes hertziennes de la région.
- à celui des recettes, fondantes, séduisantes, incontournables, provocantes...dans leur présentation photographiques.
A nous, à vous, les potiquet de moules, croustillants, tortillas,dauphines et javanais de bintjes, rattes en sucettes, cannelloni, millefeuilles, velouté de vitelottes, madeleines, boulettes, brioches craquettes de victorias ou leurs samosas farcis aux ris-de-veau, sushis de cécile - elle en sera consolée - francelines soufflées -il me semblait bien - et tarte tatin de foie gras.
Il ne fait pas de doute, la pomme de terre a recouvré ses lettres de noblesse
Apolline Elter
Pommes de terre - 100 délicieuses recettes par Michel Boreux - éditions Weyrich, février 2012 - livre cartonné 226 pp - 29 €
Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Vie pratique | Commentaires (0) |
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22 02 12
« Une pierre donnée par un ami est une pomme. » (Proverbe marocain)
Le texte ci-dessous a été envoyé dans la newsletter de février 2012 des guides gastronomiques DELTA avant d'être mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :
Constituant la plus en vogue des destinations touristiques d'Afrique du Nord, le royaume chérifien évoque pour beaucoup d'entre nous de splendides palais entourés de somptueux jardins, des souks animés desquels s'échappe l'odeur mystérieuse des épices, de fascinants charmeurs de serpents à Marrakech...
Mais ce grand pays – dans tous les sens du terme –est bien plus que cela, comme le montre Philippe Gloaguen dans Maroc 2012, l'ouvrage très documenté et très complet qu'il a fait paraître tout récemment chez Hachette à Paris dans la fameuse collection des « Guides du routard » dont il est l'initiateur et le directeur.
Grâce à lui, même ceux de nos compatriotes qui en sont originaires pourront découvrir mille et une merveilles culturelles, historiques, géographiques ou gastronomiques insoupçonnées et se prendront à vouloir passer une nuit dans un riad ou déguster une traditionnelle pastilla au pigeon au son de la musique arabo-andalouse.
Mais un « routard », c'est aussi une mine d'informations pratiques et de cartes pour voyager hors des sentiers battus, pour découvrir les pépites cachées au coin bord du chemin (nombre d'adresses recensées dans l'ouvrage sont introuvables ailleurs) et pour aller à la rencontre d'hommes et de femmes simples et authentiques dans le respect mutuel.
Du tourisme éthique, ça ne court pas les rues !
Bernard DELCORD
Maroc 2012 par Philippe Gloaguen, Paris, Éditions Hachette, collection « Les guides du routard », janvier 2012, 638 pp. en bichromie au format 11,5 x 19,2 cm sous couverture brochée en couleurs, 13,90 € (prix France)
Pour vous, nous avons recopié dans ce guide très empathique les informations suivantes :
Les coups de cœur du routard
• Prendre le thé à la menthe sur une terrasse dominant la place Jemaa-el-Fna à Marrakech à la tombée du jour, en observant l'animation et en écoutant monter la rumeur.
• Vivre le temps d'une nuit comme un pacha en dormant dans un petit riad restauré et décoré dans les règles de l'art. Puis s'en souvenir pendant 1 001 nuits ...
• Découvrir les vallées de l'Atlas au printemps (comme celle qui mène à Imlil) lorsque les contrastes des couleurs sont saisissants : blancheur des cimes enneigées, rose des fleurs des arbres fruitiers, vert de l'herbe tendre, rouge orangé de la terre...
• Traverser l'oued au petit matin et flâner dans le ksar d'Aït-Benhaddou à la rencontre de ses habitants. Puis prendre de la hauteur en grimpant jusqu'au grenier collectif.
• Humer l'atmosphère d'Essaouira, une ville corsetée dans ses remparts, arrosée par les embruns et qui rappelle une Bretagne lointaine.
• Parcourir Fès, ville impériale à plus d'un titre, embellie par les dynasties successives et abritant toujours l'un des plus fascinants souks du pays.
• Poser son panier pique-nique dans le parc national de Tazzeka, à l'est de Fès, entre une visite dans les entrailles de la terre (gouffre de Friouato) et l'observation attentive de la faune.
• Arpenter de bon matin les ruines romaines de Volubilis, inscrites au Patrimoine mondial de l'Unesco. Ce sont les plus importantes du Maroc.
• Faire un petit tour au hammam pour transpirer, se libérer des toxines, se faire masser la couenne et accessoirement découvrir un univers insoupçonné au travers d'improbables vapeurs.
• Déambuler dans la kasbah des Oudaïa, au cœur de Rabat, un dédale de ruelles blanc et bleu qui dominent les flots de l'Atlantique. S'attarder dans son jardin andalou, véritable havre de paix.
• Effectuer une promenade nocturne sur le petit souk de Larache pour partager le paseo avec les habitants tout en flânant entre les échoppes colorées du bazar.
• Apprécier les gestes millénaires des artisans tanneurs à Tétouan, devant le camaïeu des bassins de teintures creusés dans le sol.
• Découvrir l'étonnante vitalité de Casablanca, en allant visiter la mosquée Hassan-II qui fit couler beaucoup d'encre lors de sa construction.
• Se faufiler dans la vallée des Aït-Bougmez, appelée aussi « la vallée heureuse », refuge aux affres de la vie moderne, paradis pour randonneurs.
• Admirer les cascades d'Ouzoud au printemps (et en semaine), une belle chute d'eau au cœur d'une végétation luxuriante.
• Méditer devant les vagues de la côte atlantique qui viennent se fracasser contre les falaises, près de Tan-Tan.
• Partir en trekking dans la vallée des Ammeln, au cœur de l'Anti-Atlas, pour gravir la Tête du Lion et rugir de plaisir.
• Se laisser bercer par le bruissement de l'eau qui sourd dans l'atrium de la grande source de Lalla Mimouna à Tinejdad, puis pousser la curiosité jusqu'au musée des Oasis, situé en plein cœur d'un ksar bordé de champs de blé. Visite incontournable pour ceux et celles qui veulent en savoir plus sur les conditions de vie des Berbères du Maroc à travers les siècles.
• Sillonner la route entre Rich (ou EI-Ksiba) et Imilchil, alternance de paysages arides et verdoyants, avec ses panoramas grandioses et sauvages. L'Atlas dans toute sa splendeur.
• Grimper jusqu'au col qui domine la vallée des Roses pour la vue sur les cimes enneigées du M'Goun.
• Partir à la découverte de la palmeraie de Tineghir, ses vergers et ses cours d'eau qui alimentent tout un réseau de petits villages. Au coucher du soleil, la vue sur ce labyrinthe végétal est somptueuse.
• S'égarer le dimanche dans les allées du souk de Rissani, entre les montagnes de dattes, le marché aux bestiaux et la pharmacie berbère. Puis prendre le temps du thé pour, chiffre à chiffre, marchander.
• Se sentir tout petit au creux des majestueuses gorges du Dadès ou de celles de Todgha.
Écrit par Bernard Delcord dans Guides | Commentaires (0) |
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22 02 12
A Sylvie
" Sylvie est partie discrètement sur la pointe des pieds , en faisant un entrechat et le bruit que fait le bonheur en partant"
A son épouse dont il a partagé la vie durant 40 ans, Jean-Louis Fournier rend l'hommage d'une longue, très longue lettre, rythmée de courtes apostrophes. Tendre, percutant, lapidaire mais surtout très affligé par le départ de Sylvie, l'auteur évoque les situations inévitables, ironiques ou absurdes, auquel un veuf est confronté mais aussi la nostalgie des bons moments passés ensemble.
" J'ai des moments de répit dans mon chagrin quand j'écris. J'ai l'impression de t'écrire et que tu lis par-dessus mon épaule.
J'espère que mon livre va te plaire. Je voudrais que ce soit un livre en couleurs. J'ai l'impression de raviver nos souvenirs.
Avec le temps, les couleurs avaient un peu pâli."
Veuf, Jean-Louis Fournier, récit, Ed Stock, octobre 2011, 160 pp, 15, 5 €
Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Biographies | Commentaires (2) |
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20 02 12
Un anticyclone sur la dépression
Simon est un petit garçon de neuf ans terriblement attachant. Fils unique, il est le complice de toujours de son papa, écrivain, plus exactement nègre de profession. Sa maman, Carole, femme très ambitieuse, a décroché un poste à hautes responsabilités en Australie. Elle s'y rend donc fréquemment pour des missions. Une mère souvent absente, y compris quand elle est physiquement présente, faute de savoir montrer son amour à son fils. Faute de lui faire sentir qu'il existe dans son regard autrement que par la transparence. « Je vois si peu maman. Elle fait à peine attention à moi. Jamais de caresse sur la tête comme papa. Elle m'embrasse toujours sur ses doigts. (…) Un baiser sur ses doigts et elle souffle dessus pour qu'il s'envole vers moi. Mais le vent est toujours mauvais avec maman, et son baiser disparaît avant de m'atteindre. » D'où cette proximité d'autant plus grande avec Paul, son papa. Jusqu'à ce matin où Simon le retrouve dans le lave-vaisselle. « En entrant dans la cuisine, j'ai vu le panier en plastique sur le sol, avec le reste de la vaisselle d'hier soir. J'ai ouvert le lave-vaisselle, papa était dedans. (…) il était tout coincé de partout. Et je ne sais pas comment il a pu rentrer dedans : il est grand mon papa. »
Paul est alors hospitalisé. Carole absente, c'est Lola, la grand-mère maternelle un peu excentrique et très aimante qui prend Simon délicatement sous son aile.
Et les interrogations de submerger l'enfant. De quoi souffre son père? Pourquoi ce regard éteint et effrayé ? Pourquoi cette fatigue intense? Pourquoi ces médicaments ? Pourquoi l'hôpital? Et la chambre de son papa dont on lui interdit l'accès, que cache t-elle ? Des questions obsédantes auxquelles les grands n'apportent pas de réponse. Ou tout du moins pas de vraie réponse. Par désir de protéger Simon. Parce que la dépression dont son père souffre est une maladie difficile à comprendre pour les adultes eux-mêmes, une maladie qui fait peur, qui dérange, comme si l'angoisse et le désespoir perçus dans le regard du malade risquaient d'être contagieux, non seulement en le croisant, mais même simplement en l'évoquant.
La dépression, sa mère, le monde des adultes, tout ce qui lui est lointain, physiquement ou par la compréhension, relève pour lui du pays des kangourous : un autre monde. Un monde dans lequel Simon veut entrer, qu'il veut comprendre. Et c'est Lily, une fille mystérieuse à l'air grave, au beau regard violet et à la voix douce qu'il croise dans les différents hôpitaux fréquentés par son père, qui lui ouvrira la porte sur ce monde de la dépression avec un parler vrai, accessible, sans faux-fuyants. La dépression, cet autre qui entre en soi, ce poison qui teinte tout de noir, qui garde éveillé jour et nuit et coupe des autres.
La dépression, cette maladie du mal à dire. Ces bleus à l'âme dont on ne voit pas les ecchymoses.
C'est avec un regard plein de fraîcheur, de poésie, de douceur, celui d'un enfant de 9 ans, que Gilles Paris nous emmène dans ce bouleversant voyage : celui de la compréhension de cette pathologie . Un roman plein d'amour, de tendresse, d'humour. Une véritable ode à la tolérance sur ce mal de vivre trop souvent considéré à tort comme un simple laisser-aller, quand il s'agit en réalité d'une vraie maladie.
Poignant, magnifique, rédigé d'une plume à la sensibilité aussi vibrante que belle, ce roman de Gilles Paris est un anticyclone sur la dépression. A lire absolument !
Au pays des kangourous, de Gilles Paris. Editions Don Quichotte, Janvier 2012, 18€, 248 P.
Karine Fléjo
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18 02 12
Jocelyne et Jocelyn

"Parce que l'amour ne résisterait pas à la vérité"
C'est bien l'enjeu de ce deuxième et tout frais roman de Grégoire Delacourt.
Nous l'attendions quelque peu au tournant, ce sympathique auteur, après le succès colossal de L'écrivain de la famille (cliquer sur la couverture du livre en vitrine du blog). Allait-il creuser la même veine d'inspiration - avec le risque du réchauffé - s'en écarter radicalement - avec le risque du sans filet ..? En fait, la question ne se pose pas, La Liste de me envies est un très bon roman, tout simplement, qui revêt, cette fois, l'allure d'un conte philosophique.
Jocelyne Guerbette, 47 ans, est mercière à Arras et anime un blog consacré à la couture, fort d'un succès de 2000 visites par jour... . Elle et mariée à Jo(celyn) - Guerbette - technicien chez Häagen-Dazs. Le couple a deux enfants devenus adultes et vit une union paisible et monotone, après la crise conjugale provoquée par la mort de leur bébé Nadège.
" Il y avait une chance sur un million pour que j'épouse un Jocelyn et il a fallu que ça tombe sur moi. Jocelyne et Jocelyn."
Il y avait "une chance sur soixante-seize millions" que Jocelyne remporte la cagnotte de l'Euro-Millions - surtout qu'elle y jouait pour la première fois - "et ça tombait sur moi" ...
Véritable pavé jeté dans une petite vie bien établie, le chèque de 18.547.301 euros et 28 centimes va remettre en question le fonctionnement du couple et ses principes philosophiques les plus fondamentaux.
Analyse brillante du paradoxe du bonheur, le roman de Grégoire Delacourt entraîne le lecteur à considérer d'un œil neuf la hiérarchie des besoins, folies et simples ..envies.
Avec tendresse, humour -non dénué de cynisme - l'écrivain confirme sa maîtrise du style, de l’enchaînement des situations et des images bien distillées.
Un roman placé sous le signe d’un nouveau succès.
Mérité.
Apolline Elter
La Liste de mes envies, Grégoire Delacourt, roman, JC Lattès, février 2012, 188 pp, 16 €
Billet de faveur
AE: Grégoire Delacourt, ravie de vous retrouver sur ce blog. Pour votre nouveau roman, vous vous glissez dans la peau d'une femme - Jocelyne - en prise avec des problèmes de surpoids - séquelles des maternités - de violence conjugale - Jo a essuyé sur elle sa culpabilité d'alcoolique - et les préoccupations palpitantes d'un commerce de mercerie. Avez-vous bénéficié de conseils en la matière?
Grégoire Delacourt: Merci (pour ces retrouvailles). Et non, je n’ai pas bénéficié de conseils pour me glisser dans la peau d’une femme comme vous dites, ni faire face en son nom à quelques kilos de trop et une conjugalité parfois délicate. J’ai par contre bénéficié de l’amour de ma mère qui disait qu’un homme pouvait pleurer, qu’il n’en était pas moins homme ; qu’il avait le droit d’avoir et surtout de faire savoir ses sentiments. Ce fut un cadeau dont je me suis souvenu en écrivant ce personnage de Jocelyne. Oser l’impudeur. Oser la tendresse. Et pour la mercerie, je me suis souvenu du magasin que mon père tenait à Valenciennes, où les vendeuses parlaient de boutons, de guipures et autres cordons tressés avec une bouleversante passion.
AE: Le drame - et le ...fil conducteur - du roman est l'absence de communication, cristallisée par le silence qui enveloppe le chèque. Vous travaillez précisément dans le secteur de la communication, si je ne m'abuse...
Grégoire Delacourt: Oui, je travaille dans la réclame. C’est un endroit assez passionnant où les mots s’usent vite parce qu’ils disent souvent la même chose. Alors il faut les ré-assembler, les ré-inventer en permanence pour qu’ils retrouvent leur force, leur efficacité.
Dans mes deux romans, c’est vrai qu’on est confronté à des problèmes de la communication. De la relation. De la parole. Dans le premier Dumbo ne veut rien entendre. Dans celui ci, Jocelyne ne veut rien dire. J’aime bien ces moments délicats, où se tromper de mot peut faire se tromper de route. C’est dangereux. Excitant.
AE: Et puis, il y a ce poignant portrait du père de Jocelyne. Suite à un AVC, il ne dispose que d'une mémoire de 6 minutes... Cet état crée des situations frustrantes dont la révélation comique frise le cynisme.. Nouveau drame de la (non-)communication?
Grégoire Delacourt: Exactement. Lorsque j’ai appris que ce genre de symptôme existait, j’ai tout de suite pensé à en accabler un personnage. Une mémoire de six minutes, c’est la possibilité romanesque extraordinaire de renaître toutes les six minutes, de tout effacer, tout recommencer, tout rendre possible. C’est se reconnecter à l’enfance. La vraie. J’aime bien que dans cette relation, ce soit le père qui est l’enfant et Jocelyne l’adulte.
AE : Quelques scènes du récit se passent à Bruxelles. Vous avez vécu quelques années en notre Capitale, n’est-ce pas ?
Grégoire Delacourt : En effet, j’ai eu la chance d’étudier une année à Saint-Luc et surtout d’y trouver en 1982 mon premier emploi chez Intermarco-Farner (agence de publicité devenue Publicis). J’y ai passé plusieurs années heureuses, malgré le souvenir noir du Heysel (que j’évoque dans « L’Ecrivain de la Famille »). J’aime retourner à Bruxelles, pas assez souvent à mon goût….
AE : Ferez-vous une présentation de votre roman, à la Librairie Tropismes ?
Grégoire Delacourt : J’adorerais. D’autant que je cite cette magnifique librairie dans le livre…
Écrit par Apolline Elter dans Romans | Commentaires (0) |
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16 02 12
Glau(que)stria
L'article ci-dessous a été mis en ligne le 16/02/2012 dans les colonnes du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :
La quasi-totalité des médias semble s’être accordée : voici le livre-événement, l’incontournable de la rentrée 2012 –tous les canards parisiens lui ont consacré un papier, l’auteur court de plateaux de télévision en studios de radios, et les blogueurs littéraires se l’arrachent !
Dans son dernier opus baptisé Claustria (on y traite de claustration en Austria), Régis Jauffret a choisi de relater, non sans insister sur les détails les plus gores, l’abominable mais bien authentique histoire de Josef Fritzl, cet Autrichien cinglé dont le monde entier découvrit avec effroi en 2008 qu’à l’insu de son entourage et même de son épouse (?), il avait séquestré pendant vingt-quatre ans sa propre fille dans les méandres sombres et mal aérés d’une cave de la maison familiale située dans la petite bourgade d’Amstetten, violant de manière récurrente son enfant devenue femme, au point de lui faire engendrer sept rejetons (dont l’un finit par décéder dans des circonstances nébuleuses).
Quelle chaumière n’a pas tremblé en prenant connaissance de cette affaire ? Comment un homme peut-il en arriver à faire subir de telles atrocités à la chair de sa chair ? Comment un être humain peut-il faire montre de tant de monstruosité ? Un thème-choc et accrocheur, tout trouvé pour un roman qui balance assez subtilement entre le reportage – l’écrivain bien renseigné explique avoir mené des investigations sérieuses autour de la famille Fritzl – et l’œuvre de fiction, annoncée en préambule, ce qui lui laisse la possibilité de pénétrer librement dans l’imaginaire torturé du fou, se lançant ainsi dans une vaste tentative de comprendre l’inconcevable, comme si la déraison la plus basse, la sauvagerie immonde et infâme dont font preuve quelques humains ne pouvait absolument pas demeurer sans cause ni explications…
Ultra « médiagénique », Jauffret vend son bouquin avec brio à ceux que la curiosité malsaine et excitante n'a pas encore convaincus de se ruer chez leur libraire. À l’entendre, le conte noir de la famille Fritzl nous permettra de nous engouffrer dans les dédales de la psychologie comportementale et même d’aborder des questionnements existentiels –l'auteur situe son ouvrage aux confins de la philosophie, puisqu’il l’amorce par le mythe platonicien de la caverne. Où et dans quelle mesure diffèrent la réalité et sa représentation pour le sujet cloitré ? Quelle demeure la possibilité du bonheur pour l’être privé de liberté ? Comment saisir le paradoxal amour qui peut naître entre la victime et le bourreau (ou psychopathétique syndrome de Stockholm) ? Etc., etc.
On est attiré… puis on est bien déçu ! Car – et c’est vrai qu’on avait été un peu prévenu – on ne nous sert que du lourd, du glauque, du sordide, du crado… et rien d’autre. À défaut de porter une vraie réflexion, le récit se présente à l’image du fait divers qu’il rapporte : brut, cru et dérangeant. L’auteur tartine sur des descriptions fouillées qui ne nous épargnent rien, il élucubre sans relâche sur les pulsions sexuelles du psychopathe et campe les personnages à la limite de la caricature, déballant un récit fracassant, un document-choc, selon nous comparable à ceux d'une graveleuse mais vendeuse presse à scandale, en définitive bien inutile – sauf à son éditeur !
THÉMIS
Claustria par Régis Jauffret, Paris, Éditions du Seuil, janvier 2012, collection « Cadre rouge », 540 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 12,90 € (prix France)
Écrit par Bernard Delcord dans Romans | Commentaires (0) |
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