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Histoire de la grande boucherie...

La Première Guerre mondiale pour les nuls.gifFermez les yeux et humez l'air suffocant du front, lourd d'acier, de poussière et de gaz. Écoutez le tonnerre des obus qui retournent la terre du no man's land et le choc sonore des gros percutants. Regardez les poilus aux visages tendus et graves, tandis que l'officier s'apprête à donner l'assaut. Cet enfer-là, 8 millions de soldats français l'ont vécu il n'y a pas cent ans. Comment en est-on arrivé là ? Comment expliquer l'incroyable endurance des combattants ? Et surtout, comment une guerre que l'on croyait la « der des der » a creusé un long sillon de douleur en faisant le lit de futurs conflits ? Ce livre retrace les quatre années qui ont bouleversé le monde et qui ont semblé durer un siècle pour ceux qui les ont vécues.

La Première Guerre mondiale fut une hécatombe pour l'Europe qui y perdit tout : sa suprématie économique et militaire (au profit des États-Unis), une grande partie de sa population (la saignée toucha notamment les campagnes françaises, qui ne s'en sont jamais remises), les empires centraux (exit l'Allemagne du Kaiser, l'Autriche-Hongrie et la Turquie des sultans) et orientaux (la Révolution russe accoucha, en 1917, d'un des pires régimes politiques de l'Histoire, pourtant riche en organisations criminelles d'État).

De plus, cette conflagration quasi universelle, si terrible que ses acteurs la voulaient la « der des der », a accouché du nazisme, du fascisme (et par ricochet, du franquisme), des nationalismes et, chez nous, du flamingantisme et de son corollaire rexiste, sans oublier le conflit israélo-palestinien qui nous pourrit encore la vie aujourd'hui.

Beau résultat, en vérité !

Mais comment cela fut-il possible ? Quelles furent les causes de ce cataclysme ? Quels en furent les enjeux ? Comment se déroulèrent les opérations ? Dans quelles conditions ? Comment se conclurent-elles ? Quel fut le sort des troupes ? Et des civils ? Qu'advint-il après la guerre ?

Pour le savoir, plongez-vous dans La Première Guerre mondiale pour les nuls, l'ouvrage historique de Jean-Yves Le Naour paru aux Éditions First à Paris, un livre qui retrace avec clarté et précision les quatre années qui, de 1914 à 1918, ont bouleversé le Monde et ont semblé durer un siècle pour ceux qui les ont vécues.

Bernard DELCORD

La Première Guerre mondiale pour les nuls par Jean-Yves Le Naour, Paris, Éditions First, collection « Pour les nuls », septembre 2008, 323 pp. en noir et blanc au format 19 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 22,90 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce beau livre d'histoire les lignes dramatiques suivantes :

Ypres, 22 avril 1915

Comment percer le front ennemi ? Cette question mobilise l'attention de tous les belligérants qui, échaudés par de multiples offensives ratées et inutiles, ont parié sur la technologie pour briser le système défensif. Parce que les Allemands sont à la pointe de l'industrie chimique à la Belle Époque, ils sont les premiers à miser sur une nouvelle arme terrifiante: les gaz toxiques.

Le 22 avril 1915, en fin d'après-midi, les Allemands utilisent pour la première fois des gaz asphyxiants pour semer la panique et la mort dans les rangs de leurs adversaires. Ce jour-là, la guerre franchit un palier dans l'horreur et l'abominable. Dans l'immédiat, c'est une bonne opération pour les Feldgrau, les troupes allemandes qui s'emparent sans un coup de feu ou presque de 6 kilomètres de terrain, de 80 mitrailleuses et d'un nombre important de canons.

Pari gagné ! L'attaque sur le front d'Ypres a été une surprise totale qui a provoqué la débandade des Français, Belges et autres Canadiens qui tenaient le secteur. Le colonel Mordacq, qui était présent à l'arrière du front, se souvient des fuyards, hagards, la capote enlevée, la chemise ouverte, « courant comme des fous, allant au hasard, demandant de l'eau à grands cris, crachant du sang, quelques-uns même roulant à terre en faisant des efforts désespérés pour respirer ».

Mais la guerre chimique qui vient de naître relève encore de l'artisanat : les milliers de bonbonnes de chlore gazeux mélangé à du peroxyde d'azote que l'on a amenées en première ligne ne peuvent être utilisées qu'en cas de vent favorable. Après plusieurs jours d'attente, les conditions sont réunies le 22 avril, et vers 17-18 heures une nappe verdâtre s'échappe des lignes allemandes, créant la panique chez ceux d'en face. Au total, 15 000 hommes ont été intoxiqués et 2 000 à 5 000 sont morts.

Écrit par Brice dans Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

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