09 05 12

En quête de "re-père"

vincent.jpg       Quelques mots ce matin-là suffisent à réveiller ses maux. Quand Gilles relève le courrier et trouve une lettre adressée par un notaire normand, une étrange prémonition le gagne. Et si cette lettre avait un rapport avec l'Absent? Car Gilles, malgré une vie de couple épanouie, une petite fille adorable, n'a jamais cicatrisé de cette blessure invisible mais ô combien térébrante : l'absence d'un père. Il a dû de fait grandir sans ce tuteur paternel. Faute de l'avoir connu, Gilles est devenu un quadra hypersensible, abandonnique, dénué de cette armure si belle et si puissante que constitue l'amour d'un papa.

     Mélange d'impatience et d'appréhension. Ce rendez-vous chez le notaire pourrait-il avoir un rapport avec son géniteur, pourrait-il lui fournir les pièces manquantes du puzzle de ses origines? Car les éléments fournis par sa mère Monica lorsqu'il avait 13 ans sont bien maigres et ce sujet tabou depuis.

     Alors... Alors Gilles prend ce train vers Saint-Aubin, et découvre qu'un certain Pierre Chantôme, récemment décédé, lui lègue ses biens, au nombre desquels un somptueux manoir. Pierre Chantôme, son père. Enfin un nom sur l'Absent. Enfin un repère. Enfin un manque en partie comblé. Et Gilles de décider de s'installer avec toute sa tribu dans cette vaste demeure : sa femme Lucie, leur fille Honorine, sa mère Monica et les cinq colocataires octogénaires qui vivent avec cette dernière. Le mystère de ses origines est désormais résolu. Gilles respire.

     Mais ce soulagement est de courte durée. Très vite, apparaissent des éléments troublants. Pas de photo dudit père, un manoir dont le choix des éléments présents semble avoir fait l'objet d'une mise en scène, des voisins étonnés de l'existence d'un fils caché, des proches du défunt qui ne trouvent aucune ressemblance physique entre Gilles et ce Pierre Chantôme, une affiche de spectacle retouchée... Loin de s'éclaircir, le mystère s'épaissit. Mais si près du but, Gilles ne saurait s'avouer vaincu.

     Et de mener son enquête.

     Avec un style parfaitement maitrisé, une écriture fluide et rythmée, Vincent Pichon-Varin nous entraine dans cette quête des origines, en compagnie de personnages indiciblement attachants. Un roman qu'on ne lâche pas des mains.

 

Mon père, c'était toi?, de Vincent Pichon-Varin. Editions du Cherche Midi, mai 2012, 266 P., 17€.

Karine FLEJO

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