31 05 12

Les Grandes Cases du Jeune Albert

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Après Freddy Lombard (2010), la Galerie Champaka accueille une importante exposition dédiée au Jeune Albert, le personnage le plus proche de la personnalité d’Yves Chaland. 27 planches originales en noir et blanc (dont 10 destinés à la vente), 8 agrandissements couleurs et 3 fac similis grands formats de planches mythiques composent un hymne graphique à l’héritier postmoderne des écoles de Bruxelles et de Marcinelle.

Yves Chaland

Auteur hors norme, Yves Chaland (1957-1990) reste le maître absolu de la nouvelle ligne claire, sans doute parce qu’il sut allier la rigueur du style initié par Hergé (et Jacobs) avec le dynamisme de Franquin (et Jijé). À travers une œuvre magistrale (Bob Fish, Freddy Lombard et Le Jeune Albert), l’artiste français a développé un univers imaginaire : celui de la bande dessinée belge des années cinquante revisitée par son incroyable fantaisie. Sans nostalgie. Il s’y frotta par goût alors que tant d’autres s’y engouffraient par manque d’imagination.

Le Jeune Albert

Le jeune Albert voit le jour, en janvier 1982, dans les pages du mensuel Métal Hurlant. Cousin acide de Quick et Flupke, l’odieux garnement arpente le quartier bruxellois des Marolles. Chaland choisit l’épure et resserre la mécanique narrative sur deux strips. Comme Gaston pour Franquin, le Jeune Albert lui permet d’explorer toutes les tonalités de l’humour. Pour Jean-Luc Fromental, « hargneux, cruel, raisonneur, lucide et belge, Albert réunit d’emblée toutes les qualités propres à en faire un pilier central de la basilique de Chaland ». À Freddy Lombard, la grande aventure exotique (même s’il sortira parfois de ce canevas), tandis que le Jeune Albert arpentera des chemins plus intimes. Quitte à parfois observer la face sombre de l’âme humaine.

Les Grande Cases

Les vingt-quatre planches originales, provenant de collections privées, sont autant d’occasions de (re)découvrir un travail « à part » dans l’histoire de la bande dessinée. Chaque case isolée peut devenir non seulement une merveille graphique, mais contient aussi une narration autonome. Le sens de la composition de Chaland fait de chaque case une œuvre d’art à part entière. La précision du trait au pinceau résiste à un agrandissement exponentiel et rejoint la très grande maitrise de Franquin, Hergé et Jacobs, comme en témoignent les 8 agrandissements couleurs de cases « magiques » issues des pages du Jeune Albert. En noir et blanc ou en couleurs, en petit ou grand formats, l’art de Chaland est éternel.

Galerie Champaka

27, rue Ernest Allard

B-1000 Bruxelles

Belgique

Tel : + 32 2 514 91 52

Fax : + 32 2 346 16 09

sablon@galeriechampaka.com

www.galeriechampaka.com

 

Lundi et mardi : sur rendez-vous

Mercredi à samedi : 11h00 à 18h30

Dimanche : 10h30 à 13h30

GSM. + 32 472 31 55 37

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31 05 12

Drôles de zèbres!

 

     9782350871929.jpg " Lorsqu'on rêve seul, ce n'est qu'un rêve alors que lorsqu'on rêve à plusieurs c'est déjà une réalité. L'utopie partagée, c'est le ressort de l'Histoire." Cette citation d'Elder Camara pourrait résumer la phiosophie de cette très belle fable, Deux zèbres dans la 30ème Rue. Ou comment la douce folie d'un homme, Mahmoud, directeur du Zoo de la joie à Gaza, va être le point de départ d'une mobilisation à l'échelle planétaire.

     Mahmoud, dont les deux zèbres viennent de mourir de faim suite à une offensive israélienne, ne peut se résoudre à priver les enfants de l'attraction phare de son zoo. Et de peindre des rayures sur deux ânes. Si les stries ainsi dessinées ne sont qu'illusion d'optique, la joie des enfants est authentique. Un fait divers qui va susciter la curiosité d'un reporter de guerre américain, James. Plus, elle va provoquer chez lui un véritable électrochoc. Ce journaliste, enfermé dans une cuirasse pour se protéger des horreurs de guerre dont il se fait l'écho, sent une faille s'ouvrir dans son armure. Il voit en cette initiative un message d'espoir puissant et contagieux, retrouve foi en la vie, en l'être humain. Et décide de tout mettre en oeuvre pour aider Mahmoud à faire vivre son zoo. Une alliance à priori improbable entre un américain et un palestinien, que l'intelligence du coeur va rendre possible et ô combien vibrante et belle.

      Mahmoud se rend donc à New York, où James va tout mettre en oeuvre pour lui permettre de rencontrer le consul d'Israël. Il s'agit d'obtenir l'ouverture de la frontière afin que «  l'arche », que tous deux sont en train de constituer, puisse se frayer un passage jusqu'à Gaza.

      De New York à Gaza, de Paris à Berlin, un journaliste, un consultant, une DJ et une artiste peintre vont être touchés par ce noble combat et voir leur vie de couple transformée grâce à lui.

      Cette histoire cocasse, récit humaniste, est une invitation à aller jusqu'au bout de ses rêves, à balayer les préjugés quels qu'ils soient. Une incitation à mettre de la magie dans sa vie, que la talentueuse baguette de Marc Michel-Amadry, qui signe ici son premier roman, rend féérique.

      Un roman qui fait du bien et se lit avec délectation.

P. 11 : «  Sans magie, la vie n'est rien. Sans utopie, le cynisme gagne. »

Deux zèbres sur la 30ème Rue, de Marc Michel-Amadry. Editions Héloïse d'Ormesson, avril 2012, 115 P., 14€.

Karine FLEJO   

 

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30 05 12

Un livre pour Coluche...

Carrément frites.gifQuelque peu déjanté, l'ouvrage de Hugues Henry rédigé avec la complicité d'Albert Verdeyen qui vient de paraître aux Éditions de La Renaissance du Livre à Bruxelles sous le titre de Carrément frites fait le tour de tout ce qu'il faut impérativement savoir de l'un de nos plus grands symboles nationaux (avec le Manneken-Pis, Tintin, l'Atomium, le zoo d'Anvers et le commissaire Maigret).

Tout y est : l'Histoire (avec un grand H) de la vraie frite belge, les qualités respectives des diverses variétés de pommes de terre, des conseils sur le choix des huiles et la préparation des sauces, les façons de les déguster... sans oublier les bonnes adresses de friteries, bien entendu.

Et même l'humour suscité par la frite chez nos compatriotes ainsi que chez nos voisins français (qui sont pourtant, les pauvres, incapables de les réussir aussi bien que chez nous !).

Un livre qui donne un bon coup dans le cornet !

Bernard DELCORD

Carrément frites  par Hugues Henry avec la complicité d'Albert Verdeyen, photographies deNancy Coste, Bruxelles, La Renaissance du Livre, mars 2012, 144 pp. en quadrichromie au format 22,7 x 23,5 cm sous couverture brochée et jaquette en couleurs, 24 €

Pour vous, nous avons repris dans cet ouvrage tout en belgitude les informations suivantes :

LA FRITE DU FUTUR

Mais qu'allons-nous pouvoir encore inventer pour porter la frite vers de nouveaux sommets au XXIe siècle et au-delà ? Nous faudra-t-il rappeler au front l'ingénieur civil des mines Bernard Delville pour qu'il offre un lifting à sa friteuse solaire créée en 1984, dans le cadre d'une campagne de sensibilisation solaire en Région wallonne ? Pourquoi pas ? Le thème est dans l'air du temps, a fortiori si vous l'exploitez avec des patates de chez nous, et bio s'il vous plaît !

Mais il y a d'autres pistes...

Reprenons dans l'ordre, avec la préparation des frites. Les vraies, celles que vous épluchez avant de les couper en bâtonnets. Envie d'exotisme, de formes tout aussi délicieuses mais un brin originales ? Dans ce cas, investissez dans le Fritcut, cheval de bataille d'Anne Feuillet qui désire « rebooster l'appétit national ». Artiste et créatrice de bijoux, un beau jour, elle retrouve dans un tiroir de la cuisine de sa mammy un outil tarabiscoté, un trancheur oxydé hérité de l'arrière-grand-père Arthur qui, en France, serait connu sous le nom de « tôle belge » !

Curieuse, elle le manipule à la verticale d'une pomme de terre et, après quelques gestes assurés, se réjouit de la récolte: une bonne dizaine de frites en zigzag!

« Les frites nouvelles m'étaient servies, aux arrêtes démultipliées pour plus de croustillant ! », se réjouit la créatrice. Son enthousiasme est tellement débordant qu'elle se décide à créer une version design de l'outil, rebaptisé Fritcut, dont elle crée un prototype avec les réserves d'argent qui lui servaient à réaliser ses bijoux... Quelle orfèvre ! Le Fritcut est aujourd'hui une marque déposée qui n'attend plus qu'un partenaire industriel pour se révéler au grand jour...

Une fois les bâtonnets préparés, avant de les frire, une question existentielle se pose : avec ou sans sauce ? « Avec ! », bien entendu, comme le répéterait inlassablement le Grand Jacques revisité par les Snuls ; oui, mais comment ?

Cette fois, la question devient pertinente car, pour déguster les frites, le cornet, plus généreux que la barquette, a cependant la réputation de laisser couler sans retenue la sauce choisie au sein du trésor conservé bien au chaud qu'il abrite. Résultat, quand la main approche des profondeurs : de la sauce sur les doigts, la paume, voire même jusqu'au poignet !

N'y a-t-il pas ici source à innovation ?

Oui, évidemment. S'il se destinait à l'origine au métier de boucher, le Carolo Nicolas Buissart s'est finalement métamorphosé en artiste et créateur polymorphe. À son tableau de chasse, notamment, Charleroi Adventure, des safaris organisés sur les terrils de sa région. Mais également, pour revenir à nos problèmes de sauce qui s'étale sur les doigts et plus haut, le Bracelet à Mayonnaise (qui peut bien sûr héberger toute autre sauce).

Fixez-le au poignet de la main qui tient le cornet de frites, demandez au frituriste d'y placer la sauce et plongez-y une à une les frites saisies avec la main opposée. Rien de plus simple ; il fallait y penser !

Chacun le sait : les frites se dégustent sur le trottoir, aussitôt servies. Mais pour diverses raisons, la manœuvre n'est pas toujours possible et nous nous trouvons forcés de les emporter pour les croquer en un autre lieu... Les croquer ? Plus vraiment. Car, à l'arrivée, sous l'effet de la vapeur, les frites sont devenues molles. Un drame ! Qui pourrait ne plus appartenir qu'au passé, depuis qu'Antonio Malandrini et Luc Segers ont inventé Le Cornet. Son procédé breveté : il est percé de petits trous en son centre et d'un dernier à sa base, lesquels assurent une bonne circulation d'air pour contrecarrer les effets pervers de la vapeur...

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30 05 12

Hommage à Jacqueline Harpman

" Je mourus par un bel après-midi d'automne, m'épargnant ainsi l'hiver que j'ai toujours détesté. Les feuilles mortes tombaient avec grâce, je fis de mon mieux pour les imiter"

Dieu et moi, (Ed. Mille et une nuits, 2001)

C'est une radieuse journée de printemps qui vous emporta, Jacqueline Harpman, ce 24 mai, entraînant, en un mouvement ascensionnel cette plume que vous avez si bien maîtrisée. Ecrivain majeur de notre paysage littéraire - qui ne connaît, La plage d'Ostende, La dormition des amants, L'orage rompu, Orlanda, En toute impunité, Du côté d'Ostende, Ce que Dominique n'a jamais su... - vous vous assîtes, vous aussi à la table des  Madeleines de nos auteurs. (Ed Racine, 2008) Ce fut un grand honneur...un bonheur à l'avenant.

Et cette joie fébrile de recevoir, par courrier postal, le texte d'une madeleine - la vôtre - si joliment concocté.

Je me permets de le reproduire, ce jour, hommage à votre magnifique participation, aux Madeleines, à la vie.

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« Les petits gâteaux.

            J’étais  une petite fille sans appétit. Je ne dis pas anorexique car je pense que ce ne serait cliniquement pas correct, simplement la nourriture ne m’intéressait pas, sauf sous la forme des petits gâteaux et j’ai un souvenir radieux des fiançailles manquées de ma sœur.

            C’était à Casablanca et ma sœur n’était pas encore rentrée à Bruxelles. Je ne ferai pas le récit détaillé des raisons qui lui firent accepter la demande en mariage de son patron car ce récit lui appartient, mais je sais que lorsque, cet après-midi-là, je revins de l’école, la famille était en ébullition : toutes les deux minutes la sonnette retentissait  et un livreur apparaissait, chargé de flacons de parfum, de superbes sacs à main, de foulards de soie et de je ne sais quels autres cadeaux qu’un fiancé peut faire à sa bien-aimée. Tout cela me paraissait évidemment très plaisant, mais ne me concernait pas. Puis ce fut le pâtissier.

            Ah ! le pâtissier !

            Nous étions en 1942. Le rationnement sévissait déjà. J’ai raconté ailleurs que mes parents avaient emporté au Maroc l’argent dont ils disposaient, et que ce serait à qui durerait le plus longtemps, l’argent ou la guerre : il n’était donc pas question de dépenses inconsidérées. Nous nous nourrissions, mais nous ne sacrifions pas àla gourmandise. Lepâtissier apportait deux cartons qui contenaient bien vingt-quatre gâteaux chacun et nous n’étions, dans cette petite salle-à-manger, que six ou huit personnes. On ne faisait pas attention à moi. J’ai commencé à manger les petits gâteaux ; Autant que j’en voulais, et il s’avéra que j’en voulais beaucoup. J’étais une fille raisonnable et je fis attention à bien répartir ce que je laissais, de façon à dissimuler ma gloutonnerie : je suis sûre d’en avoir bien mangé la moitié, chose qui me serait impossible aujourd’hui où un éclair au chocolat me paraît trop et je le partage avec un de mes petits-enfants. Ce fut l’orgie. Le délice. L’extase. Et la meilleure digestion possible. Le fiancé de ma sœur me sembla l’homme le plus séduisant du monde, il m’avait prise par les sentiments et je fus profondément désolée lorsque le lendemain matin ma sœur rompit un si aimable nœud.

            Jamais plus, dans ma vie, il n’arriva qu’un homme mît devant moi quarante-huit petits gâteaux, et pourtant, je découvre que c’était le chemin le plus direct vers mon cœur… »

Jacqueline Harpman in Les madeleines de nos auteurs, A. Elter, Ed Racine, nov 2008

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

29 05 12

Un parcours exemplaire...

L'esprit et la molécule.gifMohand Sidi Saïd, qui livre son histoire surprenante dans L'esprit et la molécule paru aux Éditions Genèse à Paris et à Bruxelles, est né dans un village reculé de Kabylie. À dix ans, il sait à peine lire. La rencontre fortuite d'un oncle alors qu'il vendait des pastèques sur un marché le met sur le chemin de l'école qu'il ne quittera plus jusqu'à son diplôme de l'Institut d'Administration et des Gestion des Entreprises d'Aix-Marseille et son MBA à l'Université Carnagie Mellon de Pittsburgh aux États-Unis.

D'Alger à Manhattan en passant notamment par la Belgique, en vivant et en voyageant dans d'innombrables pays, il grimpera tous les échelons de la société Pfizer, leader mondial de l'industrie pharmaceutique, jusqu'à en devenir l'un des trois présidents opérationnels. Le groupe réalise alors 50 milliards de dollars de chiffres d'affaires pour un effectif mondial d'environ 150 000 employés...

À travers le passionnant récit de sa vie professionnelle, Mohand Sidi Saïd convie le lecteur à une double expérience : d'une part, celle d'un manager humaniste qui a puisé à l'aune de ses racines les valeurs d'ouverture, de tolérance et un goût inné pour la diversité culturelle ; d'autre part, celle d'une saisissante radioscopie de l'industrie pharmaceutique mondiale si souvent décriée.

Il en ressort notamment que Mohand Sidi Saïd a été un acteur pugnace et tenace dans la lutte contre des fléaux planétaires comme le sida, les trachome et les MST, entre autres.

Pour cela, il a rencontré nombre de dirigeants politiques, avec lesquels il a souvent dû batailler et dont il fournit un portrait original et sans concession.

Poursuivant son existence palpitante, il consacre désormais son temps à des causes humanitaires visant à rendre espoir aux personnes qui souffrent, aux « accidentés de la vie » comme il les appelle.

Chapeau !

Bernard DELCORD

L'esprit et la molécule par Mohand Sidi Saïd, Paris-Bruxelles, Genèse Éditions, mars 2012, 159 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 21 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 19,50 €

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29 05 12

Un retour aux fondamentaux...

Bistrot.gifPatron du bistrot parisien haut de gamme Le Paul Bert (18, rue Paul-Bert dans le XIe arrondissement) que nos bons confrères du GaultMillau louangent amplement (« Le onzième tendre, gouailleur, où le bon vin coule, a son emblème [...] dans ce décor à la sympathie nostalgique – moleskine et vieux miroirs, affiches et réclames du temps des halles. Aujourd'hui, tout est impeccable dans une ambiance de gentillesse, de prévenance et de sourires : un pâté en croûte dont on se souvient, un pigeon rôti excellent avec ses légumes d'hiver. [...] Quant à la carte des vins, de pur connaisseur, elle est splendide, avec tous les producteurs qui comptent aujourd'hui »), Bertrand Auboyneau s'est associé au journaliste gastronomique du Figaro et de Direct 8 François Simon pour écrire à quatre mains un superbe ouvrage intitulé Bistrot Autour et avec les recettes du Paul Bert, un beau livre paru chez Flammarion.

François Simon y énonce les dix règles de ce qui fait un bon bistrot (le patron, le chef, l'ardoise, le vin, les serveurs, la table, le décor, les clients, l'ambiance et les odeurs) à travers la visite d'une douzaine d'entre eux dans la capitale français (Le Villaret, Le Baratin, L'Ami Jean, Le Marsangy, Le Verre volé...) tandis que Bertrand Auboyneau y propose une sélection des recettes les plus typiques de son bistrot en fonction des saisons (œufs au plat à la truffe noire, petites seiches sautées aux framboises façon verjus, salade de langue de veau et rattes du Touquet à l'estragon, barbue du Guilvinec au beurre blanc, poularde au vin jaune, magret de canard aux griottes, Paris-Brest, tarte Tatin, glace au fromage blanc...).

Un joyeux et délicieux retour aux sources de la cuisine populaire à la française !

Bernard DELCORD

Bistrot Autour et avec les recettes du Paul Bert  par Bertrand Auboyneau et François Simon, photographies de Christian Sarramon, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2011, 216 pp. en quadrichromie au format 19,8 x 24,7 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 29,90 € (prix France)

Pour vous, nous avons repris dans ce beau livre ancré dans les traditions la recette suivante :

FOIE DE VEAU ET ASPERGES CROQUANTES

Pour 4 personnes

Ingrédients :

4 belles tranches de foie de veau de 220 g

500 g d'asperges vertes de taille moyenne

50 g de lard fumé

100 g de beurre

Recette :

Faire couper 4 beaux pavés de foie de veau par votre boucher.

Choisir un foie de veau de petite taille et de couleur claire.

Couper le plus finement possible le lard en tranches (l'idéal étant d'avoir une trancheuse à jambon).

Placer ces tranches entre 2 feuilles de papier sulfurisé sur une plaque de four, poser une seconde plaque sur le dessus pour que les tranches restent plates et laisser sécher à 170°C pendant environ 20 min.

Éplucher rapidement les asperges à cru (les asperges vertes demandent à être moins épluchées que les blanches).

Les faire revenir au beurre à feu doux pendant environ 5 minutes : elles ne doivent pas colorer et doivent rester croquantes.

Dans une poêle, faire fondre 50 g de beurre, poser les pavés de foie dans le beurre mousseux et cuire 2 à 3 minutes de chaque côté à feu moyen.

Dresser dans l'assiette les asperges vertes, poser par-dessus le pavé de veau et décorer d'une tranche de lard croustillant.

On peut aussi tailler le pavé en petites tranches à la manière d'un magret de canard.

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29 05 12

Où vous dégustez, Messieurs !

Le goût des femmes à table.gifDans son ouvrage aux accents de pamphlet féministe paru aux Presses universitaires de France à Paris sous le titre Le goût des femmes à table, la journaliste Vanessa Postec  répond aux questions qu'elle se pose : « Et si la transmission, l'apprentissage du goût étaient affaires de femmes ? Et si les préférences gustatives étaient sexuées ? Et si les femmes, à l'origine de tout ou presque, étaient aussi à l'origine de la cuisine ? » dans un essai qui se veut « un panorama historique, sociologique et culturel d'un XXe siècle assez mouvementé pour assister à la libération des ménagères, voir les femmes devenir des "as de la débrouille" et faire fleurir une poignée de "cheffes" sous un ciel étoilé. Un billet d'humeur au long cours, pensé pour dénouer les liens tissés serrés entre les femmes et la gastronomie... quand les hommes ne leur compliquent pas la tâche à plaisir ! »

Si le ton est donné et bien que les arguments ne soient pas toujours très étayés (par exemple, à propos de la production littéraire de Georges Simenon, l'auteure affirme –avec Wikipédia–que l'écrivain liégeois a rédigé 75 romans et 28 nouvelles ayant le commissaire Maigret pour personnage principal, alors que les Éditions Omnibus à Paris, qui ont rassemblé l'intégrale de son œuvre, ont fait paraître 118 enquêtes de l'homme à la pipe, soit 15 de plus qu'annoncé...), la lecture de ce petit essai s'avère souvent plaisante et les anecdotes relatées ne manquent généralement pas de sel.

Vive les femmes, donc !

Bernard DELCORD

Le goût des femmes à table par Vanessa Postec, Paris, Presses universitaires de France, collection « Le manger vrai », mars 2012, 142 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en bichromie, 14 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage enflammé les quelques lignes suivantes :

LES GOÛTS CULINAIRES DU COMMISSAIRE MAIGRET

En vrac et dans le désordre, parmi les vingt-cinq recettes imputables directement à Mme Maigret et citées par Courtine [1], on sélectionnera, à la manière d'un inventaire sans Prévert, ces quelques plats de haute tradition : « la soupe aux tomates » « la quiche lorraine », « l'omelette aux fines herbes », « les maquereaux au four », « le canard à 1'orange », « le coq au vin blanc », « le sauté de lapin de garenne », « les rognons d'agneau au madère », « le foie de veau en papillotes », « le fricandeau à l'oseille », « la choucroute » et « le cassoulet », « la blanquette de veau », « le haricot de mouton », « la tarte aux abricots et à la frangipane », « la crème au citron » ou sa petite sœur « au caramel ».

À ces immarcescibles recettes que l'on pourra rechercher dans les soixante-quinze romans et vingt-huit nouvelles où la répartition traditionnelle des rôles est parfaitement respectée (la femme cuisine, initie au goût, quand l'homme cherche à deviner au fumet qui s'échappe des casseroles, le menu du dîner), Jacques Sacré, dans son Bon appétit, commissaire Maigret [2]. en ajoute onze, que nous livrons en partie à votre sagacité gourmande : « la raie au beurre noir », péché mignon de Jules, « la tanche à la poulette », « le pot-au-feu », « le foie de veau à la bourgeoise » que le commissaire se défend d'aimer, « le macaroni au gratin », ou « le ragoût de mouton aux asperges nouvelles ».

Plats de ménage, plats de famille et plats oubliés sur le coin du feu pour longtemps mijoter, plats simples et pourtant si goûteux, préparés à partir du marché du jour (après avoir bouté hors de la cuisine conserves et surgelés), plats de racines – Mme Maigret est alsacienne et la choucroute son grand œuvre –, plats de brasserie, abats et consorts pour ne pas grever le budget. Du sûr, du solide, du classique : la cuisine est celle de qui a le temps, beaucoup d'amour à donner et envie de le partager.

Le partage, justement, encore un truc de femmes et les secrets de s'échanger autour de la table ou des marmites, comme autant de petits détails qui font la différence et qui changent tout.

Les rendez-vous mensuels pour dîner avec le docteur Pardon et madame, ce couple d'amis des Maigret, est une vraie aubaine en la matière : « C'était l'occasion, pour les deux femmes, de se livrer à un amical concours de cuisine mijotée ». [3] Et d'échanger recettes, trucs, astuces et tours de main comme ce fameux coq au vin servi par Mme Maigret, dont le léger arrière-goût intrigue tant son amie : un petit verre de cognac ou d'armagnac en fin de cuisson, peut-être ? À moins que Louise l'Alsacienne ne soit partie chercher l'inspiration sur ses terres d'origine... et ne remplace l'alcool du Sud-Ouest par une lampée de prunelle.

Pour illustrer ce qu'une femme, un peu d'amour, un zeste de technique, de bons produits et du temps peuvent produire de merveilles, une recette de coq au vin (blanc !) – le choix aurait indifféremment pu se porter sur un navarin d'agneau, par exemple, à faire longuement mijoter en relisant les aventures de Jules – made in Louise Maigret, que même les internautes de la nouvelle génération n'hésitent pas à s'échanger sous le manteau, à commenter et à amender : découper à cru un coq (ou mieux encore, s'acoquiner avec son volailler). En faire rissoler les morceaux dans un mélange d'huile et de beurre, et les retirer une fois colorés. Faire revenir deux carottes émincées, quelques échalotes hachées, deux gousses d'ail écrasées, puis les découpes de volaille. Fariner légèrement. Faire brunir et flamber à l'eau-de-vie (de prunelle, évidemment) avant de mouiller avec du bouillon de volaille et du riesling à parts égales. Adjoindre à la préparation un bouquet garni, du sel, du poivre et de la muscade râpée. Porter à ébullition. Poursuivre la cuisson une quarantaine de minutes à couvert et à feu doux. Retirer les morceaux, passer le bouillon au chinois, le lier avec un jaune d'œuf et de la crème fraîche, chauffer sans faire bouillir, ajouter un jus de citron. Plonger les morceaux de coq dans cette sauce et les réchauffer au bain-marie

La lampée finale de prunelle fera toute la différence, mais cela, vous le savez déjà.


[1] Robert Julien Courtine (1910-1998), journaliste gastronomique et écrivain français.

[2] Jacques Sacré, Bon appétit, commissaire Maigret, Éditions du Céfal, 2004, Liège.

[3] Georges Simenon, Maigret se défend, Le Livre de poche, 2007, Paris.

29 05 12

Une expo à ne pas manquer !

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28 05 12

Un art du grandiose...

L'Art romantique.gifLa réédition, chez Larousse à Paris, de l'excellent petit ouvrage de synthèse que le célèbre critique d'art Gérard Legrand (né en 1927 et mort en 1999, il codirigea le fameux Dictionnaire universel de la peinture aux Éditions Le Robert) avait consacré l'année même de sa disparition à L'Art romantique constitue un événement notable pour les amateurs de belles œuvres qui y trouveront une introduction parfaite à cette mouvance artistique apparue simultanément en Allemagne, en Angleterre et dans le développement intellectuel issu de la Révolution française, mouvance qui domina l'Europe pendant la première moitié du XIXe siècle jusqu’à la révolution de 1848.

Davantage état d'esprit que mouvement constitué, le romantisme émergea des contradictions d'une époque qui mêla néoclassicisme, redécouverte des antiquités nationales, influence du genre romanesque naissant et retour à la nature.

Basé sur la chronologie, l'ouvrage montre comment la volonté de se mettre au service de leur talent et de l'humanité poussa les artistes romantiques hors des sentiers de l'académisme. Si les peintres – de Caspar-David Friedrich à Turner et Lawrence en passant par David, Goya, Delacroix, Géricault ou même Ingres, voire par les inclassables Corot et Daumier – jouèrent un rôle de premier plan, les graveurs, tels Achille Devéria ou Gustave Doré, s'affirmèrent aussi comme une composante inséparable du romantisme.

Un livre indispensable !

Bernard DELCORD

L'Art romantique  par Gérard Legrand, Paris, Éditions Larousse, mars 2012, 144 pp. en quadrichromie au format 14,5 x 25 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 € (prix France)

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28 05 12

Les mots de l'usine à rêves

Les 100 mots du cinéma.gifProducteur indépendant, Yves Rousset-Rouard a notamment été, au sein du Centre national du Cinéma français, vice-président de la Commission d’avance sur recettes et président de la Commission d’agrément. Ancien président d’UniFrance, il a également dirigé l’Association française des producteurs de films (AFPF) et le Bureau de liaison de l’industrie cinématographique (BLIC).

Il était donc tout indiqué qu'il rédigeât Les 100 mots du cinéma, un ouvrage publié à Paris aux Éditions des Presses universitaires de France dans la célèbre collection « Que sais-je ? », que l'on ne présente plus.

Comment naît un film ? Comment se prépare-t-il ? Comment se fabrique-t-il ? Comment se distribue-t-il ? Comment disparaît-il parfois ou, au contraire, comment devient-il le reflet d'une époque, voire un miroir pour toutes les époques ? En répondant à ces questions, l'auteur invite le lecteur à entrer dans le monde du cinéma pour y suivre le processus de création d'un film, depuis l'idée du scénario jusqu'à la sortie en salle avant les autres exploitations.

Du maquilleur au casting, des ventouses au costumier, des Césars aux figurants, ce petit livre présente l'activité cinématographique concrète, un métier d'artisans qui utilise des moyens industriels parfois considérables pour créer une œuvre originale et unique.

Un (bout d') essai passionnant !

Bernard DELCORD

Les 100 mots du cinéma par Yves Rousset-Rouard, Paris, Éditions des Presses universitaires de France, collection « Que sais-je ? », avril 2012, 128 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,6 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 9,20 € (prix France)

Liste des 100 mots :

14 h, la première séance – Accessoiriste – Acteurs – Adaptation – Administrateur – Affiche – Agent d’artistes – Aides – Argent – Assistant réalisateur – Assistant(e) de production – Attaché(e) de presse – Avance sur recettes sélective – Avant-première – Banc-titre – Bande-annonce – Bible – BLIC et BLOC – Borgnol – Box-office – Cadreur – Cantine – Cascadeur – Casting – César et Oscar – Chauffeurs – Chef décorateur – Chef électro – Chef machiniste – Chef monteur image – Chef monteur son – Cinémathèque – CNC – Commission d’agrément – Commission Film France – Continuité dialoguée – Costumier – Crédit d’impôt – Découpage – Dialoguiste – Directeur de la photographie – Directeur de production – Distribution – Doublures – Ensemblier – Exploitants de salles – Export – Festivals – Feuille – Feuille de service – Figurants – Fonds de la loi TEPA – Formats – Générique – Genres – Idée – Ingénieur du son – Laboratoire – Lieux de rendez-vous – Making of – Maquilleur – Musique – Nihil obstat – Nuit américaine – Photographe de plateau – Piratage – Plan de travail – Plans/cadre – Producteur – Producteur associé – Producteur délégué – Producteur exécutif – Projets – Publicité – Raccords – Réalisateur – Régisseur général – Remake – Repérages – Retake – Rushes – Scénario – Scripte – Silence, on tourne ! – Sneak-preview – Soficas – Stagiaires – Story-board – Studio – Téléphone – Titre – Toile – Travelling – TRIP – Trucages –TSA – UniFrance – Ventouses.

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