01 06 12

Un pour tous, tous pour un !

Jubilatoire!

 

    72247328.jpg La maison de campagne de Ferdinand est bien vide ces deux derniers mois. Son fils, sa belle-fille et surtout ses deux petits fils, P'tit Lu et Ludo dits les Lulus, lui manquent cruellement. Certes, il peut aller les voir, mais ce n'est pas pareil. Sa grande masure bruit du silence de leur absence. Un vide qui a affecté son caractère. Lui autrefois dur à cuire, bourru, est devenu fragile, sensible.

     Une sensibilité qui le rendra réceptif à la détresse de sa voisine, Marceline. Suite à un violent orage, la vieille dame solitaire doit faire face à des infiltrations d'eau énormes, une maison au toit prêt à s'effondrer. Pour les Lulus, la solution tombe sous le sens : leur grand-père n'a qu'à l'inviter à s'installer chez lui. Simple, non? Pour les enfants, oui. Pour les adultes, non. Cela ne se fait pas, un homme qui héberge une femme. Enfin pas trop. Ferdinand réfléchit toute la nuit. Au diable les règles de bienséance, place à la solidarité! Et, puis, ce n'est que provisoire, non? Le temps que la toiture soit réparée. Et Marceline d'emménager dans une des dépendances de la ferme.

     Or non seulement le provisoire va durer, mais à la nouvelle occupante vont s'ajouter Guy le veuf éploré, les soeurs Lumière, une jeune infirmière, un étudiant, des animaux... et puis, Paulette. La ferme vit, vibre, s'anime et s'organise. Un planning, une comptabilité des dépenses et ressources sont même créés, répondant au nom de Solidarvioc . Un nouveau départ est désormais possible pour chacun. Une deuxième chance.

     Alors certes, la vie n'épargne personne, mais l'entraide agit tel un baume lénifiant. Les bonheurs se multiplient et le poids des soucis se divise. « Un pour tous, tous pour un! », tel pourrait être leur credo. 

 

     Barbara Constantine nous offre ici un roman truculent, loin de la caricature et de la mièvrerie. L'entraide intergénérationnelle, la non-fatalité à subir sa vie, cet extraordinaire exemple de prise en charge des personnes âgées par elles-mêmes, sont d'un optimisme contagieux. On rit, on s'émeut, on jubile, on s'attache inéluctablement aux personnages, lesquels nous accompagnent encore bien longtemps, la lecture achevée.

     A lire, à relire, à offrir! Un vrai rayon de soleil !

 Et puis, Paulette..., de Barbara Constantine. Éditions Calmann-Lévy, mai 2012. 312 P., 15,5€.

Karine FLEJO

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