15 06 12

Une lecture à vivre!

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     La vie est une succession de morts. Mourir de faim, de honte, d'ennui, de désir, d'impatience, de jalousie, de culpabilité, de chaud, d'angoisse, de chagrin, de froid, de rire... Ne passons-nous pas notre vie à succomber à un trop-plein d'émotions? Si, mais pour mieux en ressusciter. Parfois.

     C'est le cas des héroïnes de ces nouvelles. Des femmes qui vivent pleinement, intensément. Des femmes qui s'exposent, jusqu'au-boutistes. Des éponges qui absorbent aussi bien les joies que les peines, éclatent de rire comme explosent en larmes. Des femmes entières. Des femmes vivantes.

     Tout commence par la mort de l'enfance. Premier amour. Premier rapport sexuel. Fin de l'innocence sans pour autant connaître « la petite mort. » Rien ne sera plus comme avant. Ce n'est que le début d'une longue série de passages à trépas que Marie-Christine Buffat passe en revue avec une plume d'une vivacité extraordinaire, d'une sensibilité vibrante, encrée à l'humour noir.

     Trop de rondeurs? Et c'est le régime, la faim qui tenaille, la jubilation des kilos perdus...et le spectre de l'anorexie qui menace. Ou quand le diktat de la mode, le regard des autres peuvent s'avérer fatals. Et l'autre faim, celle de l'âme? La fillette, morte de peur face à un père violent, se fait plus sage qu'une image, soucieuse d'obtenir le visa du coeur de son papa, de fouler ce territoire tant convoité. Faim d'amour. Mais la violence paternelle la laissera t-elle passer la frontière?

     On s'engouffre dans le sillage de la plume de l'auteur, véritable caméléon des émotions de ses personnages, de la fillette à la femme d'âge mur, en passant par toutes les saisons de l'existence. Car Marie-Christine Buffat, avec la force vitale de son écriture, le degré d'intimité qu'elle sait d'emblée créer entre les héroïnes et le lecteur, nous fait décoller sur les ailes de sa plume... pour mieux nous faucher par ses chutes. Chaque nouvelle en effet nous cueille en plein vol par son issue inattendue, fatale parfois, bouleversante souvent, inattendue toujours.

 

     N'ayez pas peur de vous retrouver face à un livre morbide, car il ne l'est pas. C'est au contraire un condensé de vie, de rires, de larmes, d'émotion dans toutes ses acceptions.

     Vous ne risquez qu'une seule chose : succomber au talent de l'auteur. Une bien jolie mort, non? C'est mon cas, et j'ai même ressuscité pour vous en parler!

 

P. 7 : « Souvent j'ai ri, beaucoup,très fort, alors qu'à l'intérieur, on discernait quelque bruit d'éclat, de choses fragiles qu'on brise. Souvent, j'ai pleuré, heureuse et soulagée, tandis que je caressai du regard ou de la main l'objet de mon émoi. »

Le nombre de fois où je suis morte, de Marie-Christine Buffat. Editions Xénia, Juin 2012, 120 P., 13€.

Karine FLEJO

Écrit par Karine Fléjo dans Romans | Commentaires (1) |  Facebook | |

Commentaires

Merci, je ne connaissait pas ce livre il m'a l'air bien sympa, je vais sans doute me l'acheter! :)

Marie.

Écrit par : chèque emploie service | 15/06/2012

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