26 06 12

Le poids des mots...

Les 50 discours qui ont marqué la 2e Guerre mondiale.gifLes Éditions André Versaille à Bruxelles ont fait paraître naguère un passionnant recueil rassemblant, établis par Dominique Mongin, Les 50 discours qui ont marqué la 2e Guerre mondiale, un ouvrage qui propose une lecture originale de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale à travers des allocutions prononcées par les principaux acteurs du conflit : Léon Blum, Arthur Neville Chamberlain, Winston Churchill, Pierre Cot, Édouard Daladier, Dwight Eisenhower, Francisco Franco, Charles de Gaulle, Joseph Goebbels, Haïlé Sélassié, Heinrich Himmler, Hirohito, Adolf Hitler, Henri de Kérillis, Pierre Laval, Léopold III, Benito Mussolini, Philippe Pétain, Pie XII, Hubert Pierlot, Marcel Pilet-Golaz, Franklin Roosevelt, Jan-Christiaan Smuts, Joseph Staline, Harry Truman et Jean Zay.

Chaque discours est replacé dans son contexte historique, expliqué – tant du point de vue de son origine que de sa portée – et mis en perspective avec les grandes décisions qui ont rythmé le déroulement de la guerre. Cette démarche permet de comprendre la postérité de ces textes et la place qu'ils occupent dans la mémoire collective.

La première partie de l'ouvrage concerne la période 1935-1939 et met en exergue l'échec du système de « sécurité collective ». La deuxième partie s'intéresse aux débuts du conflit (1939-1940) et donne des coups de projecteurs sur la Guerre éclair, la Drôle de guerre, la Résistance et la Collaboration. La troisième partie (1941-1942) montre comment d'une guerre « régionale », limitée à l'Europe, on est passé à une guerre mondiale. La quatrième et dernière partie (1943-1945) traite de la progression des Alliés vers la victoire finale et l'avènement d'un nouvel ordre international.

Un livre qui en dit long sur le plus grand conflit de l'histoire !

Bernard DELCORD

Les 50 discours qui ont marqué la 2e Guerre mondiale, édition établie par Dominique Mongin, préface de Maurice Vaïsse, Bruxelles, André Versaille éditeur, collection « Références », avril  2010, 443 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 34,90 €

Pour vous, nous avons repris dans cet ouvrage essentiel les fameuses phrases suivantes :

DISCOURS DE WINSTON CHURCHILL DU 13 MAI 1940 (EXTRAITS)

Vendredi dernier, dans la soirée, Sa Majesté m'a confié la mission de former un nouveau gouvernement. C'était le vœu, la volonté clairement exprimée du Parlement et de la nation qu'il reposât sur les bases les plus larges, et comprît tous les partis, tant ceux qui soutenaient l'ancien gouvernement que les partis d'opposition. Je me suis acquitté de la partie la plus importante de cette tâche. Un cabinet de guerre constitué de cinq membres a été formé, qui représente, avec les libéraux de l'opposition, l'unité de la nation. Les chefs des trois partis ont accepté de servir dans le cabinet de guerre ou aux plus hauts postes de l'État. Les trois ministères en charge de la Défense nationale sont pourvus. Étant donné l'extrême urgence et la gravité des événements, il était indispensable que tout cela fût accompli en un seul jour. Beaucoup d'autres postes, des postes clés, ont été attribués hier, et je soumettrai, dès ce soir, une liste complémentaire à Sa Majesté. J'espère en finir dans la journée de demain avec la nomination des principaux ministres. Celle des autres ministres prend d'ordinaire un peu plus de temps, mais je suis convaincu qu'à la prochaine réunion du Parlement, cette partie de ma tâche aura été menée à bien, et que le gouvernement sera au complet.

J'ai jugé que l'intérêt général commandait d'inviter la Chambre à se réunir aujourd'hui. Étant du même avis, M. le président a pris les mesures nécessaires, en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par la Résolution de la Chambre.

Au terme du débat, nous proposerons l'ajournement de la Chambre jusqu'au mardi 21 mai, avec, bien évidemment, la possibilité de nous réunir plus tôt, si nécessaire. Les députés seront informés aussitôt que possible des affaires à traiter durant cette semaine. J'invite maintenant la Chambre, par la motion que je propose, à exprimer son approbation des mesures prises et à voter sa confiance au nouveau gouvernement.

Former un gouvernement d'une telle envergure et d'une telle complexité constitue déjà, en soi, une lourde entreprise. Mais n'oublions pas que nous sommes à l'aube d'un des plus grands affrontements de l'Histoire, que nous combattons sur de nombreux fronts en Norvège et en Hollande, qu'il faut nous tenir prêts en Méditerranée, que la bataille aérienne ne connaît aucune trêve, et que de nombreux préparatifs, déjà signalés par mon honorable ami et prédécesseur, doivent être faits ici, chez nous. Dans la crise que nous traversons, j'espère que la Chambre pardonnera la brièveté de mon discours. J'espère qu'aucun de mes amis et collègues, ou anciens collègues, touchés par le remaniement ministériel, ne me tiendra rigueur, en aucun cas, si, pressé d'agir dans de telles circonstances, j'ai négligé les usages.

Enfin, je voudrais tenir à la Chambre le même langage qu'à mes collègues du gouvernement : « Je n'ai rien à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur ». Nous faisons face à la plus terrible des épreuves. Nous avons devant nous maints longs mois de lutte et de souffrance. Vous demandez ce qu'est notre politique ? Je peux vous le dire : c'est faire la guerre, sur mer, sur terre et dans les airs, par tous les moyens, avec toute la puissance et avec toute la force qu'il plaira à Dieu de nous donner ; faire la guerre contre une tyrannie monstrueuse, sans égale dans le sinistre et lamentable catalogue du crime humain. Voilà notre politique. Vous me demandez quel est notre but ? Je vous réponds d'un mot : la victoire, la victoire à tout prix, la victoire en dépit de toute terreur, aussi longue et difficile que puisse être la route, la victoire ; car sans victoire, il n'est point de salut. Prenez-en conscience : point de salut pour l'Empire britannique, point de salut pour tout ce que l'Empire britannique a toujours défendu, point de salut pour le désir et la force qui ont de tout temps poussé l'humanité, toujours plus avant, vers le progrès.

Mais c'est plein d'espoir et d'enthousiasme que j'assume ma tâche car, je le sais, les hommes ne peuvent pas manquer à notre cause. En cet instant, je ressens le droit d'exiger le concours de tous et je proclame : « En avant donc, marchons tous ensemble, dans la force de notre unité ».

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

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