31 07 12

Les secrets d'un bronzage intelligent

url (16).jpg"Quizz" littéraire idoine pour les bronzettes en bord de piscine, les apéros actifs, un mitan de vacances et de chroniques en roues libres, ce sympathique recueil de la collection  Folio 2 € chatouillera votre curiosité  d' Incipit de romans célèbres, des patronymes enfouis sous les pseudonymes de Yasmina Khadra, Stendhal, Molière... et surnoms aussi flatteurs que taureau triste, porc épique, vache bretonne de la littérature... quand vous ne cèderez au centon, procédé qui consiste à assembler des fragments littéraires célèbres pour générer un texte cohérent.

Les énigmes trouvent solutions fin du recueil, prêtes à combler les déficiences d'une mémoire au repos...

AE

Jouons avec les mots - Jeux littéraires - Edition de Julie Pujos - Gallimard - Folio 2 € - mai 2012- 144 pp

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31 07 12

Annus horribilis

url (16).jpg"L'année 1671 s'ouvre sur le départ de Mme de Grignan en Provence et se clôt sur le retour de Mme de Sévigné à Paris, après un séjour de plusieurs mois aux Rochers, en Bretagne. Le mouvement est incessant: celui des lettres lancées sur les chemins et confiées à d'inlassables postillons, celui des épistolières dont les déplacements donnent lieu à des développements géographiques mêlant connaissances livresques, souvenirs, rêveries et imaginaire des lieux"

Extraite de l'édition de la Pléiade (vol. I) établie par le regretté Roger Duchêne et son épouse Jacqueline Duchêne, la correspondance de la marquise, en cette année 1671 est conçue comme une entité cohérente.  Les annotations sont offertes en fin de volume qui éclairent le contexte de chaque missive.

Nous ne pouvons qu'approuver ce découpage - nous qui travaillons précisément sur les années 1671-1672 qui consacrent la première séparation de la marquise et de sa fille, Françoise-Marguerite,  partie  rejoindre son époux, le comte François de Grignan, nommé Lieutenant général de Provence.

Une façon vivante  d'aborder notre chère marquise, dans le quotidien d'une année cruciale  qui célèbre de concert et  début février, ses 45 printemps, les 20 ans d'un veuvage bien assumé et le départ de sa fille chérie....plutôt mal perçu.

AE

Madame de Sévigné - Lettres de l'année 1671 - Edition de Roger Duchêne - Préface de Nathalie Freidel - Gallimard - Folio classique, mai 2012 - 550 pp

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23 07 12

Les illusions perdues

Les séparées, de Kéthévane Davrichewy

Editions Sabine Wespieser, 2012

 

Les illusions perdues.

 

     Dix mai 1981. Sur l'écran de télévision , le visage victorieux de François Mittérand apparaît. Cécile, venue passer la soirée chez Alice, assiste à la liesse. Les deux jeunes filles, alors collégiennes, se sentent peu concernées par cette euphorie. Elles ont leur monde à elles, leur passion pour l'art, la musique, la littérature, leurs projets artistiques communs. Elles partagent tout, se comprennent au premier regard, unies par des liens que rien ni personne ne semble pouvoir rompre. Une amitié fusionnelle qui forme un cocon doux et protecteur. Plus que des amies, ce sont des « âmies-soeurs ».

 

    41TeGjSK1pL._SL160_.jpg Dix mai 2011. A l'approche de la cinquantaine, les deux femmes traversent de difficiles épreuves. Alice vient de se faire quitter par son mari, juste après avoir perdu son emploi. Divorcée, Cécile est à l'hôpital, plongée dans le coma. Mais elles ne sont plus là l'une pour l'autre. La philosophale amitié qui les liait s'est délitée. Que s'est-il passé? Comment des liens d'une telle force, une amitié vieille de trente ans, peuvent-ils se défaire? Quand cela a t-il commencé? Par la faute de qui? Y a t-il seulement un ou une coupable?

     Dès lors, comment grandir sans l'autre? Comment se construire amputée de sa présence et de sa si forte affection?...

     Si les liens sont coupés, les pensées qu'elles nourrissent l'une envers l'autre, elles, sont toujours aussi prégnantes. Depuis son lit d'hôpital, Cécile tente de comprendre l'incompréhensible. Assise à la terrasse d'un café, Alice s'efforce de son côté de mettre des mots sur l'indicible. Tandis que chacune rembobine le fil de son existence, remonte aux sources de leur amitié, des joies et des peines qui l'ont émaillée, apparaissent des non-dits, des secrets et cachotteries, des malentendus, vécus différemment par chacune. Tout ces petits grains de sable qui, peu à peu, ont grippé les rouages de leur amitié amoureuse. Tout ce qui, au fil du temps, a rendu leurs illusions illusoires.

     Dans ce roman choral à deux voix, Kéthévane Davrichewy aborde avec beaucoup de finesse, de justesse et de sensibilité, le thème peu traité de la rupture amicale. Ou comment les sentiments que l'on croyait indéfectibles agonisent. Une rupture à laquelle on n'est guère préparé. Car si on espère que l'amour s'inscrira dans la durée, on imagine volontiers l'amitié inscrite dans l'éternité. La désillusion n'en est que plus douloureuse...

     Un roman bouleversant, rédigé de haute plume, dont on notera de surcroît l'admirable construction. A lire. Absolument.

Les séparées, de Kéthévane Davrichewy. Editions Sabine Wespieser, 2012. 181 P., 18€.

Karine FLEJO

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18 07 12

L'enfant en danger

9782213668314.jpg

     Dans  Dis-moi pourquoi? Parler à hauteur d'enfant , Claude Halmos tire la sonnette d'alarme. A une époque où l'on pourrait naturellement penser que l'enfant est bien considéré dans notre société, la psychanalyste s'inquiète. L'enfant est en danger. Constat paradoxal? A priori seulement. Car si de considérables progrès ont été effectués au fil de l'histoire, et tout particulièrement dans les années 70/80 sous l'impulsion, en France notamment, de Françoise Dolto, on verse aujourd'hui dans l'excès. Sous prétexte qu'il faille dialoguer, écouter, informer l'enfant, on lui dit tout et n'importe quoi, n'importe comment. Un glissement sémantique opère, entretenant la confusion entre considérer l'enfant comme une personne à part entière et le considérer comme un adulte. Or l'enfant est un être en construction et non un adulte en miniature.

     Toute la difficulté de parler aux enfants réside alors dans l'équilibre à trouver en leur montrant bien qu'on les prend pour des interlocuteurs valables, sans leur permettre de se prendre ni les prendre pour des grandes personnes. Autrement dit, on progresse sur un fil ténu, avec le risque de basculer tantôt du côté où on considère l'enfant comme un adulte, tantôt en le bêtifiant car on abaisse le niveau du discours. Il s'agit par conséquent de leur parler ni « trop bas », ni « trop haut », de trouver la bonne hauteur d'enfant.

     Faut-il tout dire aux enfants? Faut-il répondre à toutes leurs questions? Quels écueils éviter? Quelle est la bonne hauteur à laquelle se placer? Après un rappel historique sur la place de l'enfant dans la société, Claude Halmos, avec un langage clair, imagé, accessible, accompagne les adultes que nous sommes face à ces multiples interrogations.

     Un guide précieux. Claude Halmos viendra parler de cet ouvrage au salon du livre de l'île de Ré, les 4/5 août 2012. Toutes les informations sur ce salon ici : http://www.ile-aux-livres.fr/nav.asp?go=presentation

 

Dis-moi pourquoi, de Claude Halmos. Sous-titre : Parler à hauteur d'enfant. Éditions Fayard, février 2012, 202 P., 18€.

Karine FLEJO

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16 07 12

La plaidoirie de Galilée

url (7).jpgChoisies, traduites et adaptées par Cesare Capitani, six lettres de Galileo Galilei - le célèbre Galilée (1564-1642)  - dont une capitale adressée à Christine de Lorraine, petite-fille de Catherine de Médicis, éclairent non seulement la thèse héliocentrique de l'homme de science mais aussi sa position vis-à-vis de l'orthodoxie religieuse.

Par une plaidoirie respectueuse, construite et ..sublime, Galilée s'emploie à concilier les découvertes irréfutables de l'astronomie avec le respect des Saintes Ecritures, fustigeant élégamment l'invalidité de certaines  interprétations douteuses...

" Mon sentiment est qu'il est très pieux et très juste de soutenir que l'Ecriture ne peut jamais mentir, dès lors qu'on en a pénétré le sens vrai"

Et de renchérir que si la théologie est la reine de toutes les sciences, il ne lui incombe pas pour autant de traiter de celles qui lui sont subalternes..

"Ce serait comme si un prince absolu, avec tout son pouvoir, voulait aussi soigner les gens et bâtir les maisons. N'étant ni médecin ni architecte, il s'ensuivrait de grands dangers pour la santé des malades et la stabilité des bâtiments."

Et de conclure l' époustoufflante missive  adressée à la grande-duchesse de Toscane - Christine de Lorraine -  et ...ce merveilleux recueil des éditions Triatris,  d'un cri inouï, véritable ode à la liberté de penser:

" S'il suffisait, pour éradiquer une nouvelle théorie, de fermer la bouche à un seul homme, ce serait là chose facile. Mais en réalité, pour parvenir à cette fin, il faudrait interdire non seulement le livre de Copernic et tous les écrits des auteurs qui suivent sa doctrine, mais également la science astronomique entière. Bien plus: il faudrait interdire aux hommes de regarder le ciel!"

Une remarquable mise en perspective de l'époque, de la pensée et de l'avancée scientifique du célèbre Toscan.

AE

Galilée, le combat pour une pensée libre, Cesare Capitani, Choix, traduction et adaptation de lettres de Galilée, éd. Triartis - Scènes intempestives à Grignan, 38 pp, 4,9 €

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16 07 12

Un sac d'embrouilles...

 

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le conflit israélo palestinien.gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 16/07/2012 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

Richement illustré, le petit essai de Paul Gerbaud intitulé Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le conflit israélo-palestinien, paru aux Éditions Hatier à Paris dans la remarquable collection des « Guides visuels », fait le point en images sur ce qui est peut-être le plus long conflit de l'histoire puisqu'il plonge ses racines dans l'empire romain, plus précisément la révolte des Juifs sous Titus qui dura de 66 à 70 après J.C. et se conclut par la prise de Jérusalem, la destruction du Temple et la dispersion des Juifs dans la Romania.

Abordant le problème à partir du XIXe siècle dans l'empire ottoman, dans l'empire russe et en Europe, l'auteur rappelle qui fut Theodor Herzl et ce que sont le sionisme et le nationalisme arabe, décrit l'embrouillamini diplomatique de la Première Guerre mondiale (la politique du colonel Lawrence, les accords Sykes-Picot, la déclaration Balfour, les pressions de Chaïm Weizmann et de Zeev Jabotinsky, la création de la légion juive) et de ses suites (le mandat britannique sur la Palestine, les velléités indépendantistes de la dynastie hachémite, la création de la Haganah et de l'Agence juive, la montée des tensions en Terre sainte, l'arrivée massive de Juifs, entre 1929 et 1939, en raison de la montée des périls en Allemagne et ailleurs, la rébellion arabe de 1936, le ralliement de David Ben Gourion à la lutte des Britanniques contre l'Axe en 1940, l'adhésion du grand mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, à la cause de Hitler, le congrès sioniste de Biltmore [USA] en 1942 revendiquant un État juif sur l'ensemble de la Palestine...).

Après la Libération de l'Europe et la découverte de la Shoah, le mouvement sioniste durcit son action contre les Anglais en vue de créer un État indépendant (assassinat de lord Moyne au Caire en 1944 et attentat contre l'hôtel King David à Jérusalem en 1946) et organise l'arrivée massive et clandestine de Juifs en Palestine tandis qu'est fondée la Ligue arabe au Caire en 1945.

En 1947, dépassés par les événements et la violence sioniste (provoquée notamment par le mouvement terroriste Irgoun sous la direction de Menahem Begin et par le groupe Stern, carrément fasciste, mené par Yitzhak Shamir – ces deux hommes deviendront premiers ministres d'Israël...), les Britanniques remettent leur mandat aux Nations unies.

On connaît la suite : la guerre civile entre les communautés arabe et juive, la création de l'État d'Israël en 1948, les guerres israélo-arabes à répétition (1948, 1956, 1967, 1982), la création des camps, la fondation du Fatah par Yasser Arafat (1959) et de l'OLP à l'instigation de Nasser (1964), Septembre noir (Jordanie, 1970), le terrorisme des fedayins (point culminant : le massacre d'athlètes israéliens aux JO de Munich en 1972), les accords Sadate-Begin à Camp David en 1978, les intifadas (1987, 2000), la création du Hamas (1987), les accords d'Oslo (1993) et l'assassinat de Yitzhak Rabin (1995) par un Juif d'extrême droite, les provocations et la politique sanglante d'Ariel Sharon, celle tout aussi sanglante du Hamas, la création du Mur de sécurité, le blocus de Gaza...

Avec pour toile de fond, ajouterons-nous, l'occupation et l'annexion (en cours) par Israël des territoires palestiniens et la spoliation continue de leurs populations, en dépit des protestations internationales.

Quel bazar !

PÉTRONE

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le conflit israélo palestinien par Paul Gerbaud, préface de Pascal Boniface, Paris, Éditions Hatier, collection « Guides visuels », janvier 2012, 224 pp. en quadrichromie au format 11 x 16 cm sous couverture brochée en couleurs, 10,90 € (prix France)

 

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16 07 12

Vive le sport mondialisé !

Un siècle d'Olympisme (2012).jpgLes Jeux olympiques modernes ont été relancés en 1896 par le baron Pierre de Coubertin à Athènes, berceau des jeux dans l'Antiquité. Le plus grand événement sportif du monde est devenu – tous les quatre ans – le rendez-vous incontournable de tous les amateurs de sport sous toutes ses formes.

En prévision de ceux qui se dérouleront prochainement à Londres, les Éditions de la Renaissance du Livre à Waterloo ont fait paraître une version mise à jour d'Un siècle d'Olympisme, le best-seller de Geoffroy Deffrennes qui présente, avec une très riche iconographie (plus de 1000 photographies reproduisant compétitions, documents d'époque, affiches...), tous les jeux de 1896 à nos jours.

Chacun d'entre eux est resitué dans son contexte historique et local (la ville d'accueil, le stade, les installations...) tandis que tous les sports sont évoqués par l'image et à travers les résultats.

Portraits de grands athlètes, nouvelles disciplines, évolution des techniques, description des performances, anecdotes et événements historiques complètent ce vaste tableau riche en découvertes.

« Le sport est l'espéranto des races », écrivait Jean Giraudoux (1882-1944) – le mot « race » étant à prendre dans l'acception de « peuple », bien entendu...

Comme il avait raison !

Bernard DELCORD

Un siècle d'Olympisme - Les J.O. de 1896 à nos jours par Geoffroy Deffrennes, Waterloo, La Renaissance du Livre, mai 2012, 367 pp. en quadrichromie au format 24,5 x 31,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 39,50 €

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16 07 12

La province méconnue

Province du Limbourg.jpgLa collection « Histoire et patrimoine des communes de Belgique », coéditée par les Éditions Dexia et Racine à Bruxelles, constitue par le texte et l'iconographie une magnifique carte d'identité des onze provinces belges et le volume consacré à la Province du Limbourg répertorie et décrit le patrimoine culturel et naturel des 44 communes [1] de cette province trop peu connue du Nord de notre pays, dont la plus grande partie du territoire regroupe l'ancien comté de Looz et la partie thioise (usant d'un dialecte germanique) du quartier de Hesbaye.

La rédaction, dirigée et supervisée par Omer Vandeputte, en a été confiée à une large palette d’auteurs locaux, différents pour chaque commune, tandis que l’iconographie (400 prises de vue inédites et véritablement superbes) a été spécialement créée pour cette publication par le photographe Johan De Meester.

Une série de thèmes transversaux –l'histoire de l'exploitation houillière, les différents courants artistiques, les surnoms typiques ou l'impact des croyances populaires sur la vie quotidienne– sont en outre traités par des auteurs spécialisés sous forme d'encadrés hors texte.

Par ailleurs et à cette occasion, l'Institut Géographique National a réalisé, au format du livre, un cahier de cartes de la province du Limbourg à l'échelle 1/100 000, reprenant toutes les communes et localités fusionnées.

Last but not least, un index détaillé reprend en fin d’ouvrage, à côté des noms des communes et localités, ceux des principales curiosités et de tous les monuments et sites classés de la province, qu’il s’agisse d’abbayes, d'aérodromes, d'agglomérations, d'auberges, de bâtiments, de béguinages, de bois, de bras de la Meuse, de brasseries, de buffets d'orgues, de cafés, de calvaires, de camps militaires, de caveaux, de cathédrales, de casinos, de centres d'apiculture, de centres culturels, de centres de visiteurs, de champignonnières, de chapelles, de châteaux, de châteaux d'eau, de chocolateries, de cimetières y compris militaires, de cloîtres, de commanderies de l'ordre teutonique, de cours épiscopales et seigneuriales, de couvents, de croix, de demeures, de domaines, d'écomusées, d’églises, d'étangs, de fermes, de fontaines, de forêts, de gares, de géorama, de grands-places, de grottes, de halles, de hameaux, d'hôpitaux, d'hôtels, d’hôtels de ville, de jardins, de lacs, de maisons communales, professionnelles ou corporatives, de maisons natales, de manoirs, de marchés, de mémorial, de mines, de monuments, de moulins à vent, à eau et banals, de musées, de palais de justice, de panoramas, de parcs, de pavillons de chasse, de places, de planétariums, de ponts, de portes, de presbytères, de prieurés, de puits, de refuges, de remparts, de réserves naturelles, de routes, de rues, de ruines, de séminaires, de statues, de tombes anciennes, de tours, de trésors d'église, de tumulus, de vallées, de vergers, de villas et, bien entendu, de villages reconstitués.

À découvrir absolument !

Bernard DELCORD

Province du Limbourg, ouvrage collectif sous la direction d’Omer Vandeputte, photographies de Johan De Meester, Bruxelles, coédition Dexia/Racine, collection « Histoire et patrimoine des communes de Belgique », janvier 2012, 375 pp. en quadrichromie au format 21 x 29 cm sous couverture cartonnée et jaquette en quadrichromie, 34,95 €


[1] Arrondissement de Hasselt  As, Beringen, Bourg-Léopold (Leopoldsburg), Diepenbeek, Genk, Gingelom, Halen, Ham, Hasselt, Herck-la-Ville (Herk-de-Stad), Heusden-Zolder, Lummen, Nieuwerkerken, Opglabbeek, Saint-Trond (Sint-Truiden), Tessenderlo, Zonhoven, Zutendaal.

Arrondissement de Maaseik : Bocholt, Bree, Dilsen-Stokkem, Hamont-Achel, Hechtel-Eksel, Houthalen-Helchteren, Kinrooi, Lommel, Maaseik, Meeuwen-Gruitrode, Neerpelt, Overpelt, Peer.

Arrondissement de Tongres Alken, Bilzen, Fourons (Voeren), Heers, Herstappe, Hoeselt, Kortessem, Lanaken, Looz (Borgloon), Maasmechelen, Riemst, Tongres (Tongeren), Wellen.

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15 07 12

C'est la première fois que je suis vieux

url (5).jpg" C'est peut-être la perspective de l'échéance qui pointe son museau, qui me donne envie de refaire le chemin à l'envers. Je dis ça comme ça, je n'en sais rien, je n'ai pas l'expérience.

C'est la première fois que je suis vieux."

Repêché d'une chute inexpliquée dans la Seine, Jean-Pierre, jeune vieillard solitaire et bougon...diantrement attachant, entreprend un séjour forcé à l'hôpital..

"On m'a vidé les bronches, plâtré ici et là. J'avais dû ricocher sur la pile du pont. Suicide raté, soirée trop arrosée, agression? On se perdait en conjonctures.

Moi, j'étais comateux, et donc sans opinion."

L'occasion rêvée - si l'on peut dire - pour  faire le point sur l'existence, la sienne et celle des autres, et promener le lecteur dans les méandres d'un passé délicieusement banal.

"La vie est un escroc sans scrupules: si on n'y prend pas garde, elle vous plume  à vif et vous laisse repartir avec les poches vides, comme un flambeur ruiné qui sort d'un casino"

L'assujettissement au milieu hospitalier et ses pratiques incongrues revêtent, sous la plume de Jean-Pierre, un comique irrésistible. D'un pinceau incisif, le narrateur brosse une galerie de portraits provocante de causticité et de ..tendresse inavouée.

Plume magistrale, nourrie de verve et de vraie humanité, saisie d'images rafraichissantes, l'auteur de La tête en friche, nous séduit hautement. Elle rejoint , en notre paradis littéraire, la prestigieuse lignée des Anna Gavalda, David Foenkinos et autres esprits de génie...

C'est dire comme je vous en recommande la lecture.

  AE

Bon rétablissement, Marie-Sabine Roger, roman, Ed. du Rouergue, mars 2012, 206 pp, 18,5€

Le roman a été primé du Prix des lecteurs de l'Express 2012

Billet de faveur

 AE : Marie-Sabine Roger, vous plonger ainsi dans le corps d’un homme vieux et ... mal en point, relève du double, du triple exploit.  On a peine à croire que le roman a été écrit par une femme, jeune encore. L’observation de la dépendance physique est, elle aussi, magistralement observée.

Marie-Sabine Roger :

Ce n’est ni un choix de style, ni une approche délibérée, c’est plutôt de l’ordre de la rencontre fortuite. Je ne connaissais pas Jean-Pierre, je ne savais rien de lui, et, un beau matin, sans préavis, il s’est mis à me raconter sa vie, comme le font toujours les personnages de mes romans,  et nous avons commencé une cohabitation de près de deux ans, le temps de l’écriture du livre.

Je n’ai jamais vu Jean-Pierre comme le personnage de roman qu’il est, mais plutôt comme un homme réel, en qui j’aurais retrouvé d’une façon ou d’une autre un peu de tous les hommes qui ont partagé ma vie, de près ou de loin. (Et il se trouve que j’ai connu un certain nombre de râleurs…)

Dès la première page  j’ai eu le sentiment d’être, non pas l’auteur du livre, mais sa première lectrice, et la visiteuse quotidienne de Jean-Pierre, dans sa chambre d’hôpital. Assise à son chevet, partageant son plateau-repas, invitée - malgré moi – dans salle de bains, collée au radiateur pour laisser place aux infirmières, médecins, aides-soignantes et visiteurs de tous poils qui envahissaient sa chambre à heures irrégulières et repartaient toujours sans refermer la porte.

Je l’ai écouté parler, penser, bougonner, fulminer, je l’ai trouvé tout d’abord agaçant, puis de plus en plus attachant et je dois dire qu’il m’a souvent fait rire.

Pour le reste, je n’ai fait que retranscrire de la façon la plus fidèle possible ce que j’ai eu l’occasion « d’entendre » ou d’observer... Aucun mérite, donc !

Quant au fait d’être une femme et d’écrire à la place d’un homme, je ne crois pas non plus que ce soit un exploit : j’aime les hommes (ne vous méprenez pas !), j’ai eu un père, un frère, des compagnons de route, et sur mes trois enfants deux sont des garçons.

Cela ne suffit sans doute pour parler « à la place de », mais il me semble que toute femme attentive peut ressentir - dans une certaine mesure - ce qui se passe dans la tête d’un homme.

Et je crois que nous ne sommes pas à ce point différents, hommes, femmes, les mêmes émotions nous étreignent devant la naissance, la mort, l’amour, la peur de la vieillesse et de la maladie, l’échec ou le succès, et tout ce qui marque un tant soit peu nos existences.

 

En ce qui concerne l’observation de la déchéance physique, vous le dites vous-même joliment, je suis une femme « encore » jeune – ce qui signifie que je ne suis plus aussi jeune que ça, malgré tout...

De fait, j’aurai bientôt cinquante-cinq ans, me voici depuis quelques temps déjà sur cette pente descendante où le temps à venir se fait obligatoirement plus court que le temps écoulé. Une fois franchie cette ligne de partage des eaux le regard sur la vieillesse s’aiguise au fil des années, et si le mien s’affine de plus en plus c’est peut-être que je commence à me sentir de plus en plus… concernée ?

 

Jean-Pierre pose un regard un peu catastrophé (et drôle) sur les petites trahisons du corps qui deviennent visibles. Il râle, il peste contre cet organisme qui le lâche, et dont les contours se relâchent. Il dit tout haut ou dans sa tête, mais en tout cas toujours pour lui-même, ce que beaucoup d’homme ressentent mais ne savent pas ou n’osent pas exprimer. Je ne crois pas que la peur de la vieillesse soit l’apanage des femmes, je pense simplement que les hommes se donnent rarement le droit d’en parler ouvertement. Question de fierté ou de testostérone, allez savoir ? Un homme ne devient pas vieux, il prend de l’âge.  Mais dans son cœur, et dans le regard qu’il pose sur lui devant le miroir, je suppose qu’il doit y avoir parfois une légère trouille, certains matins.        

 

AE : Vous décrivez, dans un passage d’anthologie, la « palette » des douleurs  qui mène parfois à l’expropriation de soi.  D’où vous vient cette science ?

Marie-Sabine Roger :

Je ne reviens pas sur mon âge, inutile de retourner le couteau dans la plaie… Cela suffit pour comprendre que j’ai une certaine expérience de la vie, précisément liée au temps que j’ai passé à la vivre. Une expérience qui comporte les passages obligés de la douleur, du deuil, non seulement le deuil que la mort nous impose, mais celui de la vitalité, de la santé, ou de l’indépendance, que l’on peut malheureusement observer chez nos proches ou nous-mêmes, parfois.

Il m’est arrivé d’accompagner des proches à l’hôpital, pour des temps plus ou moins longs, et des résultats plus ou moins heureux. Cela m’a permis d’observer, de me remplir, et de me souvenir de tout ce qui fait ce monde hospitalier qui est tout, sauf « hospitalier », justement. J’en ai gardé quelques souvenirs marquants, qu’ils soient de l’ordre de la douleur à proprement parler ou de cette expropriation de soi qui peut se faire de maintes façons. Un, marquant, parmi d’autres : mon père, hospitalisé quelques mois après un AVC qui l’avait laissé hémiplégique et aphasique, c'est-à-dire paralysé du côté droit (il était droitier) et incapable de parler. J’allais le voir tous les jours. Le hasard me fait arriver un jour à l’heure du repas, l’aide-soignante venait de lui laisser son plateau-repas, sur lequel il y avait un steak dans une assiette à côté de laquelle se trouvaient un couteau et une fourchette… Je rappelle qu’il était paralysé du côté droit.

Erreur de chambre, je suppose, manque de personnel, sûrement, mais mon père, incapable de parler, n’avait pu signaler l’erreur. Si je n’étais pas venue, la dame aurait sans doute remporté le plateau en disant « Eh bien ? Il n’avait pas faim, aujourd’hui, ce monsieur ? ». Et bien entendu, il n’aurait pas pu lui dire le contraire. Ce jour-là mon père m’a montré le plateau de sa main valide, il a haussé les épaules, et nous avons réussi à en rire, de ce rire sain – et même salvateur - qui peut naître parfois des situations les plus absurdes. Lorsque je repense à cette scène, aujourd’hui, j’en souris encore. 

Ceci dit, je pense qu’il n’est pas indispensable d’aller chercher dans les grandes douleurs pour savoir ce que « douleur » veut dire. Une bonne petite rage de dents, une joyeuse migraine, une belle crise de foie… Je ne vais pas plus loin dans les détails, mais les trahisons des nerfs et des boyaux, tout le monde connaît, a vécu, ressenti, et d’ailleurs on parle souvent de ses souvenirs de maladies et de fractures comme d’un trekking à 8000 ou d’un raid en milieu hostile, dont on serait revenu plus ou moins sain et sauf.  

La douleur, les douleurs, le rapport aux soignants, l’infantilisation du malade aussitôt alité dans une chambre d’hôpital, les horaires improbables, pour ne pas dire imbéciles, la tristesse des plateaux repas et l’inconfort généré par la chaleur des chambres, les soins, la maladie elle-même, sans parler du corps qui renâcle et de la gêne de ceux qui viennent rendre visite, c’est tellement propre à nous tous que chacun s’y retrouve, malade, accidenté, ami, soignant, parent.   

 

AE : Avez-vous eu des réactions de lecteurs  « alités » ou de personnel  hospitalier, à la parution de ce roman ?

Marie-Sabine Roger :

Des réactions lues dans des blogs, quelques articles dans des journaux de professionnels de santé, très cordiaux à l’égard du livre. Quelques réactions de lecteurs que j’ai eu l’occasion de rencontrer, dont certains étaient médecins, infirmières, ou dans d’autres branches de la santé publique, et qui avaient ri, ce qui me touche et me rassure, car s’il y a une émotion entre toutes qu’il est bon de partager, c’est bien le rire, justement. Et, plus récemment, rapportés par des proches, deux témoignages d’hommes hospitalisés à qui l’entourage a eu la sournoise idée d’offrir mon livre (influencé par le titre, je suppose) et qui ont également dit avoir ri, et avoir dédramatisé leur séjour à l’hôpital. Et si c’est vrai, tant mieux si j’ai fait œuvre utile !

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13 07 12

Feux de nuit...

Les Phares (1).gif« De l'exceptionnelle tour de Cordouan, allumée en 1611 dans l'estuaire de la Gironde, aux mythiques feux de la mer d'Iroise – Armen, Kéréon, la Jument –, pas moins de cent cinquante grands phares jalonnent le littoral français.

En pierre, en béton, en métal, dressés sur des récifs battus par les flots ou construits à terre, ils témoignent du vaste programme d'éclairage des côtes, décidé après l'invention, au début du XIXe siècle, de la lentille de Fresnel.

Forte de cette découverte qui démultiplie la portée des feux, la France impose au monde sa technologie et sa production industrielle. Face à la mer, parfois dans des conditions extrêmes, des hommes veillent alors à l'allumage quotidien de chaque feu. L'automatisation des derniers phares, à partir des années 1990, a fait disparaître le métier. Pourtant, les phares et leurs gardiens n'ont cessé de nourrir notre imaginaire. »

Dans Les Phares Gardiens des côtes de France paru aux Éditions Gallimard à Paris, Vincent Guigueno (qui est ingénieur de l'École polytechnique et de l'École des Ponts et  Chaussées mais aussi docteur en Histoire de l'Université Paris I) retrace cette prodigieuse aventure technologique et humaine et fait partager au lecteur sa passion pour un patrimoine à découvrir et à protéger.

Chargé de recherches et responsable du patrimoine « phares et balises » à la Direction française des Affaires maritimes, cet auteur est également commissaire de l'exposition sur les phares  qui se tient au musée national de la Marine à Paris jusqu'au 4 novembre 2012.

N'hésitez pas à faire coup double, vous aussi !

Bernard DELCORD

Les Phares Gardiens des côtes de France par Vincent Guigueno, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes Gallimard », série « Sciences et techniques », janvier 2012, 128 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 13,60 € (prix France)

 Pour vous, nous avons recopié de ce livre passionnant la belle présentation suivante :

 En pierre, en béton, en métal, dressé sur un récif au milieu des flots, ou plus souvent construit à terre, sur un cap, une pointe, à l’entrée d’un port, le phare est un élément incontournable du paysage maritime. Vestige d’une époque révolue depuis l’avènement du radioguidage et du GPS, il témoigne d’une aventure technologique et humaine hors du commun. L’histoire des phares de France commence à la fin du XVIe siècle avec la construction dans l’estuaire de la Gironde du phare de Cordouan.

 Aux XVIIe et XVIIIe siècles, d’autres tours sont construites, sur les îles de Ré, d’Oléron ou encore d’Ouessant, tant pour assurer la signalisation des côtes que pour garantir la défense du littoral. Malgré les améliorations techniques telles que le remplacement des foyers à bois ou à charbon par des lampes à huile et la mise au point du réflecteur rotatif pour éclairer tout l’horizon, l’efficacité des phares demeure limitée et leur entretien problématique.

 Tout change au début du XIXe siècle avec l’entrée en lice des ingénieurs des Ponts et Chaussées, responsables désormais du balisage et de l’éclairage des côtes françaises. L’un d’eux, Auguste Fresnel, fait un pas de géant en inventant un appareil lenticulaire révolutionnaire mis en place pour la première fois à Cordouan en 1823. Plus économe, il permet d’augmenter considérablement la portée du signal lumineux.

 La France peut désormais se lancer dans un programme ambitieux: la création, sur l’ensemble de ses côtes, d’une « ceinture lumineuse » où chaque phare « étoile » sera identifiable par sa portée et son signal. En 1800, la France comptait une quinzaine de phares; soixante-dix ans plus tard, on en dénombre 291, édifiés sur la côte mais aussi en pleine mer, tel Ar-Men dont la construction, à l’extrémité de la chaussée de Sein, durera 14 ans, de 1867 à 1881.

 À cette date, Paris est devenue la capitale industrielle des phares et sa production illumine le monde. C’est le temps des gardiens et de la veille du feu, mais également celui des baliseurs, où marins et ouvriers embarquent pour entretenir l’ensemble des « aides à la navigation » : tourelles, bouées, balises, amers. La vie au phare est celle d’un bateau de pierre : le rythme du quart, l’autonomie en vivres et en matériel, le bruit des machines – un groupe électrogène, une sirène de brume –, l’odeur tenace d’huile… Chacun maîtrise le temps comme il peut.

 Dans les phares en mer, les conditions de vie sont plus contraignantes encore et l’isolement presque carcéral. Certains ont baptisé ces phares les « enfers », par opposition aux phares à terre (les « paradis ») ou dans les îles (les « purgatoires »). Cette dénomination a contribué au mythe des phares et inspiré poètes, romanciers et cinéastes.

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Informations pratiques :

Adresse et accès :

17 place du Trocadéro 75116 Paris

Téléphone : 00 33 1 53 65 69 69

Mail : reservation@musee-marine.fr

Métro : Trocadéro (lignes 6 et 9)

Bus : 22, 30, 32, 63, 72, 82

Batobus : Tour Eiffel

 

Horaires :

Du lundi au vendredi : 11h-18h

Samedi et dimanche : 11h- 19h

Fermeture des caisses 45 minutes avant

Fermé le mardi

 

Tarif :

9 € (audioguide inclus)