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Mots d'adieu…

Ils sont partis avec panache.gifCompilant les paroles prononcées au seuil de la mort par des personnages célèbres allant de Jules César à Jimi Hendrix ou par d'illustres inconnus, l'édifiant petit essai de Michel Gaillard intitulé Ils sont partis avec panache, paru récemment à Paris aux Éditions Points dans la collection « Le goût des mots » dirigée par Philippe Delerm, ouvre d'innombrables petites portes sur l'éternité si pas de l'âme, à tout le moins de l'esprit humain, et donne à voir l'essentiel des choses.

Ainsi, au moment suprême, le bluesman américain Lowell Fulson (1921-1999) maugréa-t-il : « Ne faites pas n'importe quoi avec mon pognon » tandis que le grand maître du jeu d'échecs Sawielly Tartakower (1887-1956) aurait murmuré : « Cette fois, je suis vraiment très, très mat » et que le président des États-Unis Theodore Roosevelt (1858-1919) ordonna : « Éteignez la lumière ».

De son côté, l'écrivain Alfred Jarry (1873-1907) demanda : « Passez-moi un cure-dents » alors que le poète britannique John Keats (1795-1821) assura : « Je peux déjà sentir les fleurs qui poussent au-dessus de moi » et que Beaumarchais s'exclama : « Bonne nuit, tout le monde ! ».

Lady Nancy Astor (1879-1964), qui fut la première parlementaire de Grande-Bretagne, voyant ses enfants réunis à son chevet, s'interrogea : « Est-ce mon anniversaire ou suis-je en train de mourir ? ».

En 1987, au moment de passer sur la chaise électrique en Louisiane pour le meurtre d'un couple, Jimmy Glass ironisa : « J'aurais préféré aller à la pêche ». Quant à David Stoker, lorsqu'il reçut l'injection létale le 16 juin 1997, il se déclara « prêt pour le rock'n roll », bien après que Henri Désiré Landru (1869-1922) eût dit à son confesseur : « Eh bien quoi, ce n'est qu'un mauvais moment à passer... ».

Malcolm X (1925-1966) conseilla à ses assassins, trois hommes qui tirèrent seize fois sur lui : « Du calme, les gars ! ».

Et l'écrivain bougon Paul Léautaud (1872-1956) rendit l'âme en marmonnant : « Et maintenant, foutez-moi la paix ! ».

Un livre qui donne (presque) envie de mourir !

Bernard DELCORD

Ils sont partis avec panache par Michel Gaillard, Paris, Éditions Points, collection « Le goût des mots » dirigée par Philippe Delerm, septembre 2012, 249 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 6,90 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Poche | Commentaires (0) |  Facebook | |

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