13 12 12

Soyons heureux et joyeux !

 

bonheur misrahi.jpgC'est un livre court, mais à la fois touffu et clair. L'auteur est un philosophe actuel qui prône le bonheur ! Rien que pour cela on doit le saluer. Mais il nous apporte bien plus encore : une explication intelligente de cet optimisme qui guide certains d'entre nous et qui est justifié. Il commence par faire référence à Spinoza : « Le désir est, pour Spinoza, l'essence de l'homme, et il est désir de la joie. Seul le désir de la joie peut motiver le travail de la raison. » Robert Misrahi pose encore quelques constats : « L'histoire est créée, non pas les dogmes et les idéologies figées, mais par les utopies rêvées et mises en œuvre par les individus. » ou « Il n'y a pas en l'esprit humain d'autre réalité fondamentale que le désir : il est l'origine et la source en même temps que le but et le terme. Il est la vie et le mouvement, mais aussi le terme et la destination. » Le philosophe décrit alors le mouvement de la création dans lequel se trouve notre bonheur. Il englobe beaucoup de choses rencontrées dans notre vie quotidienne : « C'est ce libre mouvement créateur de sens, poursuivant une joie sensible, qu'on peut observer aussi bien dans la recherche d'un emploi que dans la préparation d'un voyage, dans la fabrication culinaire que dans la création des jardins, dans l'amour d'un autre que dans la composition musicale. » Pour ma part, au fil des pages, j'y découvre des idées rencontrées dans la lecture d'autres philosophes et qui semblent rassemblées ici dans une vue cohérente de notre vie. La notion que nous sommes à la fois la vie et le temps. La notion que notre existence est tissée d'états d'âme et d'instants fulgurants de bonheur, qui s'intègrent dans notre personnalité, l'enrichissent, la transforment. Robert Misrahi l'explique clairement : « C'est ainsi que les « instants parfaits », les moments bouleversants de grande exaltation (tels le choc esthétique d'un paysage solaire fulgurant et rouge sous les tropiques, ou le ravissement fugitif d'un marché coloré dans un village, ou l'adéquation soudaine d'une rencontre), loin d'être des moments nostalgiques nécessairement appelés à disparaître, sont bien plutôt les nourritures affectives et esthétiques qui fondent et qui tissent notre personnalité, nourritures spirituelles qui elles-mêmes ne livrent leurs vertus que sur la base d'une personnalité et d'une culture qui en sont les conditions de possibilité. » L'auteur insiste sur la joie de découvrir par la philosophie le sens de la vie, mais aussi sur l'essentielle nécessité d'aimer. Car ainsi on s'ouvre à des plaisirs neufs qui enrichissent l'existence. Bref, un petit manuel du mieux vivre ! Par les temps de crise, de pessimisme, c'est une lecture vraiment enthousiasmante !

 

Jacques MERCIER

 

« Le Bonheur » Essai sur la joie, par Robert Misrahi. Éditions Cécile Defaut 2012. 146 pp. Format poche. 14 euros.

Les commentaires sont fermés.