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De Berlin à Buenos Aires

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"L'élégance et la beauté leur étaient communes. Elles paraissaient toutes deux humaines et, pourtant, chacune était tombée sous le charme d'un homme de pouvoir. Un homme à poigne qui faisait passer ses ambitions avant toute chose."

Au-delà d'un prénom commun - Evita Perón, se prénommait Eva - d'une contemporanéité  et d'une passion furieuse  pour un dictateur - Hitler, dans le cas d'Eva Braun,  Juan Perón, le président argentin, dans le cas d'Evita - existe-il un lien entre les deux femmes?  

C'est la question que se pose et la réalité que suppose Patrick Weber, le journaliste, historien, spécialiste des têtes couronnées, ... au fil d'un roman en tous points palpitants. 

Basé sur des faits avérés, le roman met en scène les deux femmes - qui jamais ne se rencontreront - en parallèle, leur destin, usant comme fil conducteur, fictif et gourmand, celui d'une Konditorei (pâtisserie) berlinoise et de sa succursale argentine d'après-guerre.

Dépassé par une guerre et des événements qui échappent à son entendement, Karl Freienhof, le narrateur, voit s'abattre sur lui, savamment distillés, les effets d'une machination dont il ne perçoit pas l'origine.

Echappé de Berlin, avec sa famille, il débarque à Buenos Aires où il ouvre une nouvelle enseigne de la Konditorei Freienhof. Sa tranquillité sera de courte durée, interrompue par la détermination sans faille d'Evita Perón et de son périple européen, historique , de 1947, le célèbre Gira del Arco Iris.

 Conteur hors pair, Patrick Weber imprime à l'Histoire ce piment de fiction qui lui confère l'allure d'un roman d'espionnage...

Une lecture recommandée

Apolline Elter

Eva – Evita. Pour l’amour du diable. Patrick Weber, roman, Ed. Avant-propos,  novembre 2012,  304 pp, 18,95 €

 

Billet de faveur

AE : Dites-nous, Patrick Weber, elle est vraiment fictive,  cette Konditorei Freihenhof,  dont  les  célèbres Apfelstrüdel percent  les pages de leurs effluves de cannelle ?


Patrick Weber : Oui... elle est fictive. Mais je suis inspiré de la célèbre Postdamer Platz de Berlin qui était l’un des lieux les plus trépidants de la capitale avant guerre. On s’y promenait, on y dansait, on y mangeait... Longtemps abandonnée dans un no man’s land de la mémoire, elle est devenue le symbole du renouveau de Berlin. Je m’y suis souvent installé pour écrire mon roman. Et j’ai succombé aux délices de l’Apfelstrüdel!


AE :   « Eva Braun n’était pas née  pour le drame » 
A comparer  les deux femmes, belles, blondes et éprises, on a l’impression qu’Eva Braun est une victime,  soumise, sacrifiée à son amour pour le Fürher,  tandis qu’ Evita Perón fait plutôt figure de conquérante.


Patrick Weber : Oui... Très clairement, la première était beaucoup moins intelligente que la deuxième. Et surtout, elles n’avaient pas le même charisme. Eva Braun était une femme égocentrée. Elle a toujours manqué de maturité. Mais les deux femmes ont aimé des hommes qui incarnaient le pouvoir et qui, d’une certaine manière, se sont servis d’elles. Elle ont volontairement aimé le diable en croyant accéder au paradis.


AE :   Piliers du récit, Berlin et Buenos Aires sont presque personnifiées tant les descriptions sont précises. Avez-vous parcouru ces villes ?


Patrick Weber : Je vais régulièrement à Berlin... Cette ville qui me fascine m’a donné envie d’écrire ce livre. Et j’ai franchi l’océan pour aller écrire une partie du roman à Buenos Aires. La capitale argentine est la plus européenne des villes sud-américaines.


AE : Terre accueillante pour émigrés de tous bords, dans les années ’40, l’Argentine a absorbé  nombre d’Allemands et de Nazis, en fuite, après la débâcle. A-t-on des chiffres à ce sujet ?  Peut-on en mesurer l’impact sur l’atmosphère du pays ?


Patrick Weber : Il n’y a pas de chiffres précis mais le fait historique est indéniable. L’argent des nazis a contribué à financer le régime peroniste. Aujourd’hui, quand on se promène à Buenos Aires, on sent encore les lointains échos de cette histoire que certains voudraient oublier. Comme toujours dans mes romans, je m’attache à retranscrire l’histoire de manière authentique pour bâtir une fiction. C’est pour cette raison que j’ai étudié les personnalités de ces deux femmes qui sentent encore le soufre, Eva et Evita. Les fiancées du diable.

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

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