12 01 13

L'Ibérie gourmande...

Le Livre de la cuisine espagnole.gifAprès avoir fait paraître de la même auteure Le Livre de la cuisine juive, les Éditions Flammarion à Paris ont publié récemment Le Livre de la cuisine espagnole par Claudia Roden, un ouvrage qui, dans sa version originale américaine, a été couronné du Prix du meilleur livre de cuisine étrangère au Cookbook Awards 2012.

Ainsi que l'atteste l'ouvrage, la cuisine espagnole est à elle seule un livre d'histoire. On y retrouve les racines celtes et wisigothes, les invasions romaines, les influences mauresques et juives et l'attrait pour les produits du Nouveau Monde ou la gastronomie française qui ont façonné le pays et enrichi de mille saveurs les recettes du terroir ibérique.

Et Claudia Roden transmet avec enthousiasme dans sa compilation savoureuse, au travers des 250 recettes qu'elle y a rassemblées, des petits trésors amassés pendant près de cinq ans au fil de ses voyages dans toute la péninsule, en goûtant, observant et recueillant l'histoire de chacune des préparations.

Qui constituent 250 rayons de soleil éclatant dans les assiettes !

Bernard DELCORD

Le livre de la cuisine espagnole  par Claudia Roden, traduction française d'Aurélie Tronchet, Paris, Éditions Flammarion, novembre 2012, 511 pp. en quadrichromie au format 21,5 x 25,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35,00 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage de caractère la recette suivante :

Ragout d'agneau au lait à la mode des bergers

(Cordero a la pastora)

Dans Don Quichotte, Cervantès décrit Andrés, un jeune homme de quinze ans qui garde les moutons de Juan Haldudo, el rico (le riche). Son maître le bat et lui retient son salaire parce que, comme il l'explique à Don Quichotte, les moutons disparaissent et il est certain que c'est le garçon qui les vend ou les mange. Don Quichotte croit Andrés innocent et intervient en sa faveur, ce qui ne fait qu'empirer sa situation

Les bergers se nourrissaient en effet d'agneau quand ils passaient de longs mois loin de chez eux avec leurs troupeaux. Ils cuisaient la viande dans le lait de brebis, mais auraient-ils ajouté du vin, comme dans cette recette ? Ils auraient pu échanger quelques fromages pour s'en procurer J'ai cuisiné ce plat avec du filet de collet d'agneau. Il est devenu très tendre, et le vin, le lait et les herbes ont apporté un délicieux goût aux pommes de terre.

Pour 4 à 6 personnes

Ingrédients :

750 g de collet d'agneau, découpé en gros morceaux (environ 6-7 cm)

3 cuillerées à soupe d'huile d'olive

4 gousses d'ail hachées

250 ml de vin blanc sec

7 clous de girofle

2 brindilles de thym

2 feuilles de laurier

500 g de pommes de terre nouvelles de taille moyenne, épluchées et coupées en deux

1 cuillerée à café de sucre (optionnel)

250 ml de lait entier

Sel et poivre

Recette :

Faites chauffer l'huile dans une grande cocotte.

Mettez les morceaux d'agneau et faites-les dorer légèrement sur toute leur surface sur feu vif.

Baissez le feu, ajoutez l'ail en remuant et laissez-le tout juste colorer.

Ajoutez le vin, les clous de girofle, le thym et les feuilles de laurier.

Portez à ébullition puis ajoutez les pommes de terre, salez et poivrez.

Laissez mijoter, en couvrant. sur feu doux pendant environ 1 h 15 jusqu'à ce que la viande soit tendre et que le liquide ait été absorbé.

Ajoutez un peu de sucre si le vin est trop sec et s'il est nécessaire d'adoucir la sauce.

Incorporez le lait.

Salez encore si nécessaire, et laissez cuire pendant 5 minutes pour réchauffer.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Cuisine | Commentaires (0) |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.