08 10 13

le grand retour d'Ange Mattéi

 

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 "Qui en voulait à Pélissier au point de le tuer de la plus horrible des façons?  Pourquoi la Treille Muscate?  Cette maison mérite respect et sérénité, dans ces pièces ont été écrites quelques-unes des plus puissantes, des plus sensuelles des pages françaises, la Treille Muscate est une vraie maison d'écrivain, avec des pierres qui vivent et respirent encore de la femme qui y a vécu. Et pourtant le sang a coulé, je n'arrive pas à m'y faire."

L'ombre de Colette plane sur ce roman policier et pour cause: un assassinat est commis en la villa Shalimar de Saint-Tropez, l'ancienne Treille Muscate , résidence d'été de  l'écrivain, de 1925 à 1939. 

L'ombre d'un assassin aussi, qui s'en prend mystérieusement aux clients de l'agence de location Vacatim.

L'ombre de la Naissance du jour, enfin, puisqu'il est amorce d'amour entre Victoire Pélissier, l'occupante des lieux, avec un jeune homme (à tout faire) Henri Camacho.

Ange Mattéi , nous revient ( Sang pour Sand, Martine Cadière, 2005) , le capitaine de gendarmerie qui dénouera les liens d'une énigme bien ficelée, d'un roman polyphonique aux chapitres courts, introduits  d'extraits d'oeuvres de Colette, allègrement rythmés.

Une plaisante lecture.

La dame qui fuit Saint-Tropez, Martine Cadière, roman, Ed. Mols, août 2013, 224 pp, 20 €

Billet de faveur: 

AE : Dans ce roman, vous décrivez la dévolution de la Treille Muscate, la fameuse propriété qu'occupa Colette, avec son troisième mari, Maurice Goedeket, pendant près de 15 ans. Elle dut s'en séparer, traquée par les touristes. Avez-vous visité la maison? Eu accès aux archives? 

Martine Cadière:- La Treille Muscate a été occupée par Colette de 1925 à 1938, date à laquelle elle a fui Saint-Tropez à cause des opportuns, phénomène qui sera reproduit plus tard par Sagan ou Bardot entre autres.  J'ai vu la maison il y a plusieurs années (j'ai vécu 3 ans à Port-Grimaud), elle était à l'abandon à l'époque et pleine de...chats qui squattaient la propriété.  Depuis elle a été rachetée, c'est une villa privée qui ouvre ses portes une fois par an pour un colloque ou une séance de lecture de textes de Colette.  Je ne connais pas son nom actuel (Shalimar vient de mon imagination, ainsi que les différents chapitres consacrés à Colette et à Maurice, mais il n'est pas difficile de se représenter Colette, bronzée et coiffée d'un grand chapeau de paille sur sa terrasse;  les photos d'époque sont éloquentes). 

Comme vous l'écrivez très justement, c'est à la Treille Muscate qu'elle a écrit "la naissance du jour", qui est un hymne ininterrompu à la maison, mais aussi "la seconde" ou encore "La chambre à dormir dehors", petit livre peu connu lui aussi dédié à la Treille Muscate.  On connaît la suite.  Elle fait une mauvaise chute en 1931 (elle a alors presque 60 ans), se casse le péroné, souffrira jusqu'à la fin de poussées d'arthrite très douloureuses suite à cette chute, et ne portera plus jamais de vrais souliers.  Et pour se présenter à l'académie royale de Belgique, devant la reine Elisabeth de Belgique, elle portera des sandales tropéziennes, les fameuses spartiates de Rondini.  Les journalistes de l'époque relaieront largement la description de Colette, pieds quasiment nus, qui se présente devant la reine.

AE: Parlant  du "coup de pub"  que les assassinats génèrent pour l"agence Vacatim, vous le dites supérieur à celui de "l'Eventail ". Faites-vous allusion à un célèbre magazine belge? 

Martine Cadière: J'étais dans la salle d'attente d'un chirurgien orthopédiste, et j'écrivais en attendant mon tour.  Mon regard s'est posé sur l'habituelle pile de journaux que l'on trouve dans toutes les salles d'attente de médecins ou de dentistes : il s'agissait de l'Eventail.


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Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

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