29 12 13

L'année dernière à Saint-Idesbald !

jauniaux 2.pngQuelle douce plongée dans ses souvenirs, qui rejoignent, complètent, embellissent les nôtres ! Le talent du créateur est de nous faire sortir de nous, de donner à voir à notre esprit, à notre émotion ! Jean Jauniaux y parvient dans l'excellence avec "L'année dernière à Saint-Idesbald" (dont le nom résonne à la manière d'Alain Resnais). On peut penser qu'il s'agit de nouvelles, d'un roman, d'histoires reliées par Idesbald, le SDF; on peut croire que c'est autobiographique pour tout ce qui concerne la station de la mer du Nord; on peut... Mais cela n'a aucune importance, on se laisse tout de suite emporter par la douceur des phrases, même si le tableau est prosaïque, par l'intérêt de l'histoire, des idées. Dans la préface, Jacques De Decker explique bien cela en une courte phrase : "Lorsque les grands systèmes de référence ont déclaré forfait, il reste l'imaginaire, ce tapis volant, pour prendre de l'altitude et libérer l'esprit". Il écrit aussi : "Ses histoires sont simples et tangibles, et cependant elles nous entraînent ailleurs, par-delà les apparences, à la rencontre de questions vitales". On ne peut mieux traduire ce qu'on ressent à la lecture de cette œuvre !

Combien de moments si bien partagés avec nous, lecteurs : "Sur des toboggans improvisés dans le sable les enfants dévalaient dans des cris de bonheur effrayé." Ou cette découverte  dans l'enfance de la lecture : "Je poursuis ma lecture. De page en page, je me rends compte que les personnages du roman vivent, parlent, bougent. Les paysages sont vrais. Les odeurs, les bruits, les couleurs naissent au fil des phrases." Et cette phrase magnifique de beauté poétique : "Les toits d'ardoise luisants se confondaient avec le deuil de l'horizon"...

Une dernière réflexion, parmi tant d'autres, qui plaît à "Monsieur Dictionnaire" : "Un point d'exclamation sanctionne chaque version linguistique, comme une épée de l'alphabet" ! Superbe !

Jacques MERCIER

"L'Année dernière à Saint-Idesbald" par Jean Jauniaux, édition Avant-propos, 174 pp, 17,95 euros.

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28 12 13

Majeur - bouleversant - A lire à tout prix

téléchargement (1).jpgMea  culpa, Mea maxima culpa: il me faut l'avouer , je n'aurais sans doute pas lu Le quatrième mur, s'il n'avait obtenu le Prix Goncourt  des Lycéens .  

Ni Naissance (Yann Moix) du reste, qui remportait le Renaudot ; j'y aurais survécu...

Bouleversant, grandiose, beau,  sobre, majeur.. les mots me manquent pour qualifier ce chef d'œuvre d'humanité,  d'amitié, de plume, de guerre  et de paix. Un roman qu'il faut  lire à tout prix, Sorj Chalandon : MERCI!

Nœud de l'intrigue : un serment d'amitié. Tandis que Sam,  résistant grec, juif de Salonique se meurt d'un cancer,  Georges  (Sorj ?) ,le narrateur, promet à son ami de mener à terme le projet de sa  (fin de) vie : donner à Beyrouth, en guerre – nous sommes en 1982 –, une représentation d'Antigone de Jean Anouilh qui produira une troupe hétérogène, syncrétique, chrétienne, chiite, musulmane, palestinienne, druze ... en une parenthèse sublime et utopique, de paix. L'occasion pour le jeune idéaliste de confronter sa révolte soixante-huitarde, gauchiste, ses préjugés en matière de conflit israélo-palestinien, à la réalité fracassante et absurde de la guerre.

 "Alors, je lui ai raconté Anouilh. Je lui ai avoué Samuel. J'ai expliqué que mon ami avait eu l'idée de voler deux heures à la guerre, en prélevant un cœur dans chaque camp."

"Le quatrième mur, c'est ce qui empêche le comédien de baiser avec le public."   Rempart imaginaire  d'une scène qui sépare la fiction de la réalité, qui doit protéger les personnages du trac, du public, il lui arrive de s'effondrer sur les acteurs. La guerre le veut, qui l' érige parfois infranchissable, irrémédiable couperet entre les populations en paix et celles qui connaissent la guerre.  La découverte de la violence, des exactions sordides et atroces empêchera Georges de vivre normalement parmi les siens à son second retour du Liban.

 " Il ne manquait plus que moi pour faire nous"

Mise en scène, analyse actualisée d'une Antigone créée par Jean Anouilh au plus sombre de la Seconde Guerre mondiale , Le quatrième mur lui donne un souffle nouveau, puissant, époustouflant.

Le style est maîtrisé, soigné,  fluide, imagé, dense et percutant. Simplement grandiose.

Un chef d'œuvre, je l'affirme.

Apolline Elter

Le quatrième mur, Sorj Chalandon, roman, Ed. Grasset, septembre 2013, 332 pp, 19 €

 Billet de ferveur

AE :  Le théâtre est-il lieu de résistance ?   Albert Camus, Jean Anouilh… le voyaient comme un vecteur d’idéaux.

 Sorj Chalandon : Je ne sais s’il est un lieu de résistance. Aucune réplique théâtrale  n’obligera jamais un fusil à se taire. Mais  le théâtre est un autre moyen de raconter la vie et de rester en vie. Monter Antigone à Beyrouth, pour Georges et Sam, est un acte majeur :  Obliger chaque camp ennemi à offrir non un combattant à la guerre, mais un acteur à la paix. Que la pièce soit jouée ou non n’est pas au cœur de cette tragédie. L’essentiel est que des hommes de bonne volonté aient tenté de le faire

AE : Avez-vous connu, rencontré Jean Anouih ?

Sorj Chalandon : Son travail, oui. L’homme, non. Dans ce livre, il offre à Georges une lettre de recommandation pour jouer son Antigone à Beyrouth. Ce fait est de pure fiction. Mais la fille de l’écrivain, très émue par ce texte, m’a dit qu’un tel geste aurait pu être celui de son père.

AE : Le quatrième mur, c’est aussi celui que franchit Georges et qui rend son retour à la paix, parmi les siens,  impossible ?

Sorj Chalandon : Oui. Au-delà du mur invisible qui protège les acteurs des spectateurs au théâtre, j’ai envoyé Georges traverser le mur qui sépare le paix de la guerre, puis la vie de la mort. Georges est un emmuré. Je voulais qu’il ne revienne pas. Contrairement à lui, j’ai fait le chemin inverse, traversé le mur qui me ramenait à la vie et à la paix. Mais ici, il n’y avait plus de place pour deux. 

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26 12 13

Douze femmes en conquête

 Dédié à Françoise Giroud qui portait les femmes en son coeur  "bien qu'elles puissent être dures et froides comme des pierres avec des barbelés dans le coeur" l'essai de Christine Clerc trace le portrait de douze femmes de pouvoir , douze apôtres d'une Cène politique  française singulièrement dépourvue de convivialité.

Si les portraits intimes de  Simone Veil, pionnière, Ségolène Royal, souvent trahie, Cécile Duflot, mère de famille épanouie, Christine Lagarde et Valérie Pécresse rayonnent  d'une lumière somme toute assez douce, il n'en va pas de même pour ceux de  Martine Aubry, Rachida Dati, Marine Le Pen, Aurélie Fileppetti, Christiane Taubira dont la combativité rime avec sale caractère quand ce n'est pas mensonge ou opportunisme.

" Je me remets beaucoup en cause, déclare Aurélie Filippetti. Se forger une carapace, ce n'est pas devenir insensible. Mais il y a une violence inégalée du pouvoir. Quand on fait campagne, c'est violent, exaltant, mais on s'attend aux coups. Une fois ministre, ils viennent de partout, à tout moment. Entrer au gouvernement, c'est franchir le mur du son."

S'il est certain que l'exercice du pouvoir suppose reins et santé solides, il va sans dire que la société demande aux femmes d'afficher en plus une féminité et une maternité réussies.  Rares sont les mariages qui résistent aux carrières au sommet, rares, les compagnons qui acceptent d'endosser un rôle encore résolument  dévolu à la femme.

"Voilà pourquoi, peut-être, malgré tant de diplômes et de talent, leur ascension s'est arrêtée au pied  des marches de Matignon et de l'Elysée."

De la course à la mairie de Paris ou à la présidence de la République - seules Nathalie Kosciusko- Morizet et Marine Le Pen " deux guerrières douées de charisme" semblent présidentiables - le chemin est rude pour les escarpins

AE

Les conquérantes, Christine Clerc, essai, Ed. Nil, novembre 2013, 382 p, 21.5 €

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23 12 13

Cuisine cynégétique…

Le gibier passe à table.jpgDans Le gibier passe à table paru chez Glénat à Grenoble, le journaliste et gastronome Henri Pelletier propose 46 recettes – plus celles de quelques sauces et jus – réalisables par des cuisiniers amateurs, avec des produits des régions de France disponibles ces temps-ci sur les étals des marchés ou chez les volaillers et les bouchers (carré de jeune sanglier au foin, cuissot de marcassin aux épices, selle de chevreuil aux champignons, gelée de lièvre, civet de garenne, faisans en papillote au jus de réglisse, perdrix en feuille de vigne, soupe de bécasses, pot-au-feu de pigeon à l'anis étoilé, salmis de palombes, canard colvert comme en baie de Somme, oie à la flamande, merles à la façon corse, cailles sous la braise, grives au genièvre...).

De purs régals !

Bernard DELCORD

Le gibier passe à table par Henri Pelletier, illustrations de Walter Artaud, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Carnets d'ici », août 2012, 95 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 14,5 cm sous couverture cartonnée en couleur, 15,50 €

Pour vous, nous avons repris dans cet ouvrage bien de saison la savoureuse recette suivante :

Rôtis de bécasse

Un plat de roi, exceptionnel , à partager en la compagnie restreinte d'amateurs affranchis, sans mégoter sur la qualité des produits nécessaires à sa préparation, truffe et foie gras en particulier. Ni sur celle des bouteilles qui vont l'accompagner.

Pour 2 personnes

Préparation : 10 à 15 minutes, mais on ne compte pas.

Cuisson : 10 minutes là aussi, en étant très attentif.

Ingrédients :

1 bécasse non vidée

1 truffe

30 g de foie gras cru

1 fine barde de lard

2 cl de cognac

Beurre

Sel et poivre

2 tranches de pain de campagne

Recette :

Préchauffez le four à 220 °C.

Toastez les tranches de pain.

Bardez la bécasse et cuisez-la à la broche dans le four si vous ne pouvez le faire da ns une cheminée, en disposant le pain dans la lèchefrite pour qu'il s'imprègne d u jus de cuisson ; 10 minutes devraient suffire : il serait dommage que la bête soit trop cuite.

Découpez  la bécasse en deux, récupérez  l'intérieur en ôtant le gésier.

Faites chauffer un peu de beurre, ajoutez l'intérieur de la bécasse, la truffe coupée en petits dés et le cognac, puis assaisonnez.

Faites rapidement chauffer et retirez du feu pour lier avec le foie gras.

Étalez ce mélange sur les tranches de pain et posez dessus les moitiés de bécasse.

Servez vite sur des assiettes bien chaudes avant que les invités ne se jettent sur vous.

Vin d'accompagnement :

Un grand rouge de Bourgogne, sans aucun doute.

Astuce :

Si vous ne disposez pas d'une broche, cuire la bécasse dans une cocotte en procédant de la même façon avec l'intérieur et en nappant la viande du jus de cuisson.

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23 12 13

« La gourmandise, le péché des moines vertueux. » (Honoré de Balzac)

Petite bibliothèque du gourmand.jpgRéunissant des extraits de l'œuvre de 52 auteurs et critiques aussi divers qu'Alain, Roland Barthes, Charles Baudelaire, Lewis Carroll, Giacomo Casanova, Louis-Ferdinand Céline, François Cheng, Marie Darrieussecq Pierre Desproges, Jacky Durand, Auguste Escoffier, Gustave Flaubert, Grimod de La Reynière, Roy Lewis, saint Marc, Michel Onfray, Marcel Proust, Arthur Rimbaud, Edmond Rostand, le marquis de Sade, la marquise de Sévigné, Eugène Sue, Boris Vian, Lu Wenfu ou Émile Zola, la Petite bibliothèque du gourmand de Sylvie Le Bihan préfacée par Pierre Gagnaire (Éditions Flammarion), aborde les rapports entre la plume et l'estomac avec une belle diversité de ton.

Elle s'étend en effet des techniciens aux jouisseurs en passant par les gourmands, les rêveurs, les nostalgiques et les ascètes plus ou moins volontaires.

Sans oublier ceux qui déraillent en cuisine, les amateurs de  rôti d'écureuil, de cheval Melba, d'andouillon des îles au porto musqué ou de gastronomie cannibale...

Un livre qui se dévore joyeusement !

Bernard DELCORD

Petite bibliothèque du gourmand par Sylvie Le Bihan, préface de Pierre Gagnaire, Paris, Éditions Flammarion, collection « Champs classiques », octobre 2013, 289 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 8 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil fort plaisant les quelques lignes suivantes rédigées par un célèbre philosophe contemporain :

L'espace d'un instant, je fus cette fraise

Mon meilleur souvenir gastronomique, c'était une fraise dans le jardin de mon père.

La journée avait été chaude, un été. Les fraises étaient gorgées de cette chaleur qui brûle les fruits jusqu'au cœur où ils sont tièdes. Les feuilles ne suffisaient pas à faire une ombre qui les protège assez. J'ai détaché l'une d'entre elles. Mon père m'a invité à la passer sous l'eau, selon son expression, pour la nettoyer et la rafraîchir. Le filet descendu du robinet était glacial, procédant des sources qui dormaient sous les jardins.

Lorsque je mis la fraise en bouche, elle était fraîche sur sa surface et chaude en son âme, peau douce presque froide, chair tempérée. Écrasée sous mon palais, elle se fit liquide qui inonda ma langue, mes joues, puis descendit au fond de ma gorge. J'ai fermé les yeux. Mon père était là, à mes côtés, travaillant la terre, courbé sur les planches du potager. L'espace d'un instant – une éternité –, je fus cette fraise, une pure et simple saveur répandue dans l'univers et contenue dans ma chair d'enfant. De son aile, le bonheur m'avait frôlé avant de partir ailleurs.

Depuis, je guette le retour de cet ange hédoniste dont j'ai tant aimé les rémiges et le souffle. Nul doute que je le cherche avec ardeur et qu'il se dérobe, apparaissant quand je ne l'attends pas, surgissant quand je ne l'espère plus.

(Michel Onfray, La Raison gourmande : philosophie du goût, 1995)

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21 12 13

Tête-à-tête ailleurs avec Nicolas Bedos

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Nicolas Bedos
buzze comme il respire. On l'aime et/ou on le déteste mais tout le monde en parle. Mais Nicolas Bedos est comme beaucoup de ceux qui nourrissent leur notoriété de la télévision spectacle c'est-à-dire aussi exposés qu'inconnus.

Ce troisième livre est une opportunité d'en savoir plus sur lui. Et la lecture du journal de ces mois où l'enfant terrible a eu la tête ailleurs m'en a dit assez pour le recevoir différemment dans Café de Flore. Ecoutez, c'était ce jeudi sur Radio Judaïca :

podcast
podcast

Photo : Gianni Candido

 

17 12 13

Sans les mains !

Les 100 mots de l'Italie.jpg« Malgré une unification récente et en dépit de la relative petitesse de son territoire, l’Italie jouit d’un niveau de reconnaissance très fort dans l’imaginaire collectif en Europe et dans le monde. Ses frontières maritimes qui dessinent une botte au cœur de la Méditerranée, ses origines glorieuses au temps de l’empire romain, les chefs-d’œuvre de ses artistes, de ses hommes de lettres et de ses musiciens, son art de vivre entre Dolce Vita et intrépidité sont autant de repères qui composent une image riche, mais où abondent aussi les poncifs », écrit Michel Feuillet dans sa présentation de Les 100 mots de l'Italie, le petit ouvrage fort intéressant qu'il a fait paraître aux Presses universitaires de France, dans la fameuse collection « Que sais-je ? ».

L'occasion pour cet amoureux de la Péninsule, de sa culture et de ses habitants de faire le point sur ces clichés parfois fondés et de mettre en exergue ce qui fait l'originalité et la saveur d'un pays dont les contrastes régionaux, les richesses gastronomiques, viticoles et culturelles mais aussi l'ambiance générale font, à juste titre, recette en matière touristique depuis des siècles.

Forza Italia !

Bernard DELCORD

Les 100 mots de l'Italie par Michel Feuillet, Paris, Éditions des Presses universitaires de France, collection « Que sais-je ? », septembre 2013, 128 pp. en noir et blanc au format 11,6 x 17,6 cm sous couverture brochée en couleurs, 9 € (prix France)

Liste des 100 mots :

Adagio, Allegro, Piano, Pianissimo, etc. – Amants – Années de plomb – Autodérision – Automobile – Bacio – Baroque – Bella ciaoBianco o rosso ?Blue-jean – Café – Cafés historiques – Calcio in costume – Carabinier – Carnaval – Catastrophes naturelles – Code fiscal – Combinazione – Comédie à l’italienne – Commedia dell’arteCommendatore, Cavaliere, Dottore, Professore, Avvocato… – Condottiere – Crise – Dantesque, machiavélique et fellinien – Design – Dialectes – Dix-sept – Dolce VitaDon – Économie souterraine – Émigration/Immigration – « Et pourtant elle tourne ! » – Euro – Expositions universelles – Fascisme – Femmes célèbres – Fiat lux et facta est lux – Fontaines – Fourchette – Fratelli d’Italia – Fresques – Fromage (L’autre pays du) – Futurisme – Gelato – Ghetto – Gondole – Grand Tour – Guelfes et Gibelins – Guerres d’Italie – Habemus papam – Hendécasyllabe – Huile d’olive – Humanisme – I come Italia – Îles – -issimo – Jardin – Jours fériés – Lacs – Langue italienne – Madone – Mafia – Mamma – Marbre – Mare nostrum – Marionnettes – Miracle italien – Mode – Mondo piccolo – Mosaïques – Natalité – Néoréalisme – Nord/Sud – Palio – Parler avec les mains – Pâtes – Patrimoine mondial de l’humanité – Pères de la patrie – Pizza – Place – Politesse (Troisième personne de) – Promenade – Publicités – Quattrocento – Régions et provinces – Renaissance – République – Risorgimento – Ritals, Macaronis, Wops – Romain, romanesque, romantique… – Sauvetages – SPQR – Théâtre – Tricolore (Drapeau) – Veline – Vespa – Ville – Violon – Viva VERDIVolare cantare

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17 12 13

En lice pour le prix Horizon du deuxième roman

 

la-garçonnière-helene-gremillon.png

 Accusé d'avoir tué par défénestration, Lisandra, son épouse, incarcéré,  Vittorio essaie de découvrir  l'assassin potentiel , parmi sa patientèle de psychanalyste. 

L'action se passe en Argentine, en août 1987. Les exactions de la junte militaire sont encore présentes dans les esprits et particulièrement celui d'Eva Maria, l'une de ses patientes, qui pleure la disparition de sa propre fille, Stella.  Soucieuse d'assister Vittorio en ces moments difficiles, Eva Maria va éplucher les enregistrements des dernières séances d'analyse avec ses patients

Tendue d'un rythme soutenu et d'une intrigue bien ficelée,  la narration progresse , s'oxygénant de dialogues, flashbacks et typographies signifiantes.

 Un roman maîtrisé 

Dûment sélectionné parmi les six finalistes du Prix Horizon du deuxième roman 

A suivre..

Apolline Elter

La garçonnière, Hélène Grémillon, roman, Ed. Flammarion, septembre 2013, 358 pp, 20 €

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16 12 13

A tavola !

Encyclopédie de la gastronomie italienne.jpgAprès 15 ans d'expérience dans différents restaurants en Ligurie et en Toscane, la cheffe Mia Mangolini s'est installée à Paris où elle a conseillé des restaurants et des entreprises tout en formant des chefs de brigade aux préparations culinaires de son pays. En 2007, elle a créé son atelier de cuisine italienne, « Cucina di Casa Mia », dans le XIXe arrondissement de la capitale française.

Elle vient de faire paraître chez Flammarion, préfacée par Carlo Petrini, le fondateur de l'Association Slow food, une remarquable Encyclopédie de la gastronomie italienne dans laquelle elle détaille notamment toutes les techniques indispensables pour réussir les pâtes fraîches, la polenta, le risotto, les gressins ou les différentes sauces à travers 250 gestes expliqués pas à pas et 120 recettes fondamentales issues des différentes régions de la Botte : minestrone à la ligure, calamars farcis à la mode de Lipari, carpaccio de Cipriani, espadon au salmoriglio, poisson à la livournaise, polpettone à la napolitaine, bœuf braisé au barolo, agneau à la calabraise, porc à la Lucana, lapin à la mode d'Ischia, spaghetti aux palourdes ou aux oursins, pappardelle au lièvre, raviolis sardes, risotto au noir de seiche, fondue à la valdôtaine, salade de Trévise, fèves à la bolognaise, ragoût de haricots à la florentine, chaussons aux figues et aux noix, tiramisu...

Parmi celles-ci, divers grands chefs brillant au firmament des tables ultramontaines présentent leurs plats emblématiques : Massimiliano Alajmo, Gaetano Alia, Massimo Bottura, Teresa Buongiorno, Flavio Costa, Accursio Craparo Enrico Crippa, Alfonso Iaccarino, Roberto Petza, Valeria Piccini, Nika Romito, Nadia Santini...

Enfin, résolument tourné vers le lecteur contemporain, l'ouvrage se complète, pour expliquer les techniques les plus délicates, de 8 vidéos accessibles sur Internet ou grâce aux QR codes lisibles sur Smartphones et tablettes.

Bravissimo a tutti !

Bernard DELCORD

Encyclopédie de la gastronomie italienne par Mia Mangolini, photographies de Francesca Mantovani, préface de Carlo Petrini, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2013, 463 pp. en quadrichromie au format 25 x 28 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage splendide la recette lombarde suivante :

Ris de veau en fricassée

Animelle  in fricassea

Pour 6 personnes

Temps de trempage des ris de veau : 4 heures minimum

Temps de préparation : 30 minutes

Temps de cuisson : 30 minutes

Ingrédients :

750 g de ris de veau

1 oignon

60 g de beurre

2 œufs

1 citron

12,5 cl de bouillon de bœuf

Sel, poivre

Recette :

Faites tremper les ris de veau pendant 4 heures au minimum dans de l'eau froide que vous renouvelez régulièrement.

Mettez de l'eau à bouillir pour y blanchir les ris de veau pendant 5 minutes.

Puis retirez leur peau.

Rincez -les à l'eau froide.

Coupez-les en morceaux.

Épluchez l'oignon et hachez -le.

Faites-le dorer avec le beurre dans une poêle, ajoutez les morceaux de ris de veau, salez, poivrez et laissez cuire à feu doux 15 minutes.

Dans un bol, fouettez les œufs avec le jus de citron et le bouillon.

Versez sur les ris de veau et mélangez en évitant de les faire bouillir.

Dès que la sauce devient assez épaisse, servez très chaud.

Suggestion mets/vin :

Ca' del Bosco, Chardonnay – Curtefranca  DOC

Le conseil du chef :

Vous pouvez préparer cette recette avec du poulet, du veau ou de l'agneau, en adaptant les temps de cuisson.

Ou l'agrémenter en y ajoutant des artichauts coupés en quartiers, blanchis au préalable.

Ou, aussi, en préparer une version végétarienne avec seulement les artichauts.

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14 12 13

Verba volant...

100 ans de radio en Belgique.jpgL'article ci-dessous a paru dans la livraison du 14/12/2013 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

On apprend dans 100 ans de radio en Belgique, un magnifique album paru à La Renaissance du Livre, que c'est dans notre pays que fut diffusé en date du 28 mars 1914 le premier programme radiophonique européen, un concert d'airs d'opérettes et d'opéras ainsi que de morceaux à la mode, bien entendu ponctués par La Brabançonne et La Marseillaise.

Une grande aventure commençait, dont Philippe Caufriez, Brice Depasse et Nicolas Gaspard, éminents spécialistes du micro s'il en est (ils œuvrent à la RTBF et sur Nostalgie), retracent l'histoire en détail avec force documents rares et passionnants.

L'occasion de se souvenir, entre autres, du fait que Théo Fleischman fut le premier speaker au monde à s'entourer d'une équipe de journalistes pour son journal parlé émis à partir du 1er novembre 1926, qu'avant d'être devenue la Casa Kafka chère à feu Alidor, la RTB(F) tint ses assises dans le superbe « bateau Flagey » conçu par Joseph Diongre, ou que bien des gens « allumaient le poste » pour les communiqués destinés à la batellerie ou aux colombophiles...

Et de ne pas oublier les noms de Luc Varenne, Armand Bachelier, Jean-Pierre Hautier, Gérard Valet, Jacques Mercier, Stéphane Steeman, Jean-Claude Menessier, Claude Delacroix, Marc Moulin, Marc Ysaye qui, avant Barbara Mertens, Pascal Vrebos ou Stéphane Pauwels, eurent aussi leurs auditeurs inconditionnels...

Bernard DELCORD

100 ans de radio en Belgique par Philippe Caufriez, Brice Depasse & Nicolas Gaspard, Waterloo, Éditions de la Renaissance du Livre, novembre 2013, 255 pp., 29,90 €

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