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Je n'ai plus peur !

 

_guillebaud (2).jpgComme j'aime ce titre « Je n'ai plus peur » ! Le journaliste, baroudeur, essayiste, philosophe explique le cheminement qu'il a suivi pour comprendre ce que nous sommes. C'est son dernier récit avec en exergue un extrait d'un poème écrit par Friedrich Hörderlin (dont nous parle si souvent Philippe Sollers) pour l'anniversaire de sa grand-mère : « Que l’homme tienne ce que l'enfant a promis ».

 

 

 

Justement à propos de l'enfance, Jean-Claude Guillebaud écrit : « L'esprit d'enfance est un antidote au cynisme, à la fatigue, à la tristesse » !

 

Et de dénoncer les stratégies marchandes qui prennent scientifiquement les enfants pour cibles (Il évoque, une « pédophilie publicitaire » !) - comment ne pas y penser en voyant nos plus jeunes enfants et petits-enfants jouer sur leurs tablettes ou sur leur ordi ! - : « L'objectif est clair : transformer dès l'enfance le futur citoyen en individu consommateur aux mains nues, délié de toute médiation et confronté, sans échappatoire possible, aux manipulations du marché ».

 

 

 

Mais il parle aussi des artistes, de nos métiers qui s'exercent toujours dans une inquiétude existentielle : « Rédiger des articles, tout comme écrire des chansons ou produire des films signifie que l'on remet éternellement son savoir-faire (son talent?) sur la balance. »

 

 

 

Jean-Claude Guillebaud analyse la hantise de la conformité aux autres : les objets, les modes, la performance... « Il n'est plus un seul secteur de l'activité humaine qui ne soit rabattu aujourd'hui – et abusivement – sur la seule logique de la performance, c'est-à-dire du succès ou de l'échec ! » Rien de nouveau ? Il commente : « Au 19° siècle déjà, les scores de vente dont s'enorgueillissait Émile Zola faisaient pâlir d'envie ses confrères de l'époque. Ce qui est nouveau, en revanche, c'est l'immédiateté avec laquelle on peut collationner ces données pour s'y conformer précipitamment ». Comme c'est bien observé !

 

 

 

A la fin de cette analyse passionnante, il parle de l'âge et de la fin de vie. Cela me concerne. Deux choses que je retiens à ce propos. « Si la vraie sagesse, c'est de rester vivant jusqu'à la fin, il n'y a pas trente-six solutions. La seule méthode pour traverser cette blessure-là se résume en trois mots : habiter son âge. »

 

Et « Un luxe nous est offert : le souverain détachement »...

Jacques MERCIER

"Je n'ai plus peur", Jean-Claude Guillebaud, récit, Edition L'iconoclaste, 250 pp. 14 euros.

 

 

 

 

 

 

 

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