20 03 14

Je leur montrerai comment une femme belge sait mourir

D'emblée l'auteur modère l'affirmation contenue dans le titre. Il ne s'agit pas d'opérer le recensement, hélas impossible, de tous les comportements héroïques de la Grande guerre, mais bien, via un choix reconnu arbitraire , de tracer le portrait de quelques personnalités dont l'attitude suscita l'admiration en son temps, et encore aujourd'hui, quelque cent ans après les événements.

".. nous avons donc choisi ceux dont à une époque on parla le plus et ceux qui illustrent le mieux ce que fut l'attitude du peuple belge plongé dans la tourmente."

Un devoir de mémoire, en quelque sorte, et le récit d'actions de héros oubliés, aux côtés de ces grands noms dont sont baptisés nos artères et bâtiments publics: Adolphe Max,  le Cardinal Mercier, Gabrielle Petit, le général Leman, Jules Bastin, Antoine Depage.. pour ne citer que ceux-ci.

Si Edith Cavell, célèbre infirmière, exécutée à Bruxelles, le 12 octobre 1915 ne figure en tête de chapitre, c'est parce qu'elle est de nationalité anglaise. Elle apparaît cependant clairement, aux côtés de son compagnon d'exécution, Philippe Baucq, dont elle a croisé le destin et le réseau d'évasion  vers l'Angleterre de soldats blessés alliés.   Architecte de formation, Philippe Baucq entrera également en résistance, en participant à l'aventure de " La Libre Belgique". Le célèbre quotidien fut en effet lancé en 1915, notamment par Victor Jourdain, et édité de façon clandestine..

Quant à Gabrielle Petit, exécutée le 31 mars 1916,  malgré le tollé qu'avait suscité la mise à mort d'Edith Cavell, elle écrivait, la veille,  à sa soeur:  ' Je serai fusillée demain. Je leur montrerai comment une femme belge sait mourir"

Et elle tint parole.

AE 

Les plus grands héros belges de la première guerre, Alain Leclercq, essai, éd. Jourdan,  février 2014, 302 pp, 15,9 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Documents, récits, essais | Commentaires (0) |  Facebook | |

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