24 05 14

A poin(g)-ter...

Marcel Pagnol, un autre regard

Il décédait le 18 avril 1974. Le père (très) spirituel de Marius, Fanny et de César reste à jamais associé, en nos esprits, aux Provence,accent chantant,  cigales et hyperbole des sensations.

Doctorante en lettres, Karine Hahn a longuement travaillé l'oeuvre de l'écrivain et nous en livre une exégèse thématique et conviviale, intéressante. Ce n'est donc pas une biographie: l'auteur de l'essai ne retient, de la vie de Pagnol, que les éléments utiles à la compréhension de son oeuvre.

" Pagnol alterne élasticité humoristique et tension poétique, dans toute son oeuvre. Sa poésie repose en grande partie sur des images ou des métaphores qui peuvent être regroupées en plusieurs catégories"

 Une peuvre éclectique et une carrière de cinéaste qu'on a tendance à occulter pour ne retenir que la cultissime Partie de cartes ( Marius)  Les magnifiques Château de ma mère et Gloire de mon Père, ... Le regard de Karine Hann en restitue les pans oubliés.

" Pagnol a eu au cinéma une carrière semblable à nulle autre. Il a joui d'une liberté absolue, assumant, on l'a vu, tous les postes de la chaîne de fabrication d'un film, ce qui était sans précédent et ne se renouvellera pour personne, le milieu du cinéma se complexifiant, les coûts de production devenant de plus en plus exorbitants."

Il apparaît surtout  qu"un peu l'héritier de Molière ou de Marivaux", Marcel Pagnol avait une science aiguë de la psychologie humaine et de ses réparties. Alliée à un appétit de vie, de nature - méridionale - , d'écriture - plus élaborée qu'il n'y paraît - et un talent inné de conteur, sa verve reste inégalable.

Passionné d'Histoire, l'écrivain plancha les dernières années de sa vie sur l'énigme du Masque de fer, célèbre prisonnier du donjon de Pignerol , compagnon d'infortune de Nicolas Fouquet. Il en tira la certitude que l'hôte masqué n'était autre qu'un ...jumeau caché de Louis XIV .

Un regard qui donne envie de relire ses "classiques"

 

Apolline Elter

Marcel Pagnol, Un autre regard, Karine Hann, essai, Ed. du Rocher, février 2014, 300 pp, 21 €

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