30 05 14

Break estival

Vacances sans histoires.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 23/05/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Vacances sans histoires, aventure de Spirou et Fantasio, du génial André Franquin, a paru en feuilleton dans l'hebdomadaire Spirou durant 11 semaines à partir du 21 novembre 1957 et en album en 1959, à la suite du Gorille a bonne mine.

Descendus sur la côte pour savourer un repos bien mérité, Spirou et Fantasio laissent leur Turbotraction garée devant un casino. Sans se douter qu'à la suite d'un quiproquo, le magnat du pétrole Ibn-Mah-Zoud, non seulement daltonien mais aussi véritable danger public au volant, prendra leur précieuse auto pour la sienne...

Ce petit bijou d'humour et de fantaisie où l'on croise aussi Gaston Lagaffe vient d'être republié dans une version restaurée, augmentée de dessins inédits et longuement commentée par José-Louis Bocquet et Serge Honorez, avec la participation d'Isabelle Franquin, la fille de l'auteur.

À lire à fond la caisse...

Vacances sans histoires par Franquin, Marcinelle, Éditions Dupuis, collection « Patrimoine », avril 2014, 88 pp. en quadrichromie au format 25 x 31 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 24 €

Écrit par Brice dans B.D., Bernard Delcord | Commentaires (0) |  Facebook | |

30 05 14

Pour les palais des maires du palais...

Festins mérovingiens.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 23/05/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Descendants du roi Mérovée, ancêtre semi-mythique de Clovis, les Mérovingiens sont la dynastie issue des peuples de Francs saliens qui régna sur une très grande partie de la France et de la Belgique actuelles, ainsi que sur une partie de l'Allemagne et de la Suisse, du Ve jusqu'au milieu du VIIIe siècle. Leur histoire est marquée par l'émergence d'une forte culture chrétienne parmi l'aristocratie, l'implantation progressive de l'Église dans leur territoire et une certaine reprise économique survenant après l'effondrement de l'Empire romain.

Professeur à l'ULB, Alain Dierkens en est l'un des meilleurs spécialistes actuels et il a fait paraître jadis aux Éditions du Livre Timperman un remarquable ouvrage – toujours disponible – intitulé Festins mérovingiens, coécrit avec l'historienne de la gastronomie Liliane Plouvier.

La première partie du livre regroupe des études sur la cuisine de l'Antiquité tardive et du Haut Moyen Âge. Dans la seconde, les recettes d'Anthime (un médecin grec qui fut ambassadeur auprès du fils de Clovis) et de Vinidarius (un « disciple » d'Apicius) sont données en latin, munies d'une traduction originale, de commentaires historiques et d'une reconstitution minutieuse par les deux ténors des assiettes que sont Pierre Wynants et Yves Cousin.

Le résultat est très surprenant, offrant des saveurs auxquelles nos palais ne sont pas habitués...

Bernard DELCORD

Festins mérovingiens par Alain Dierkens et Liliane Plouvier, réalisation des recettes par Pierre Wynants et Yves Cousin, Bruxelles, Le Livre Timperman, janvier 2008, 240 pp. en noir et blanc (+ un cahier-photo de 8 pp. en quadrichromie) au format 17 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 37 €

Voici une recette interprétée de façon sublime par le grand chef belge Pierre Wynants :

Langues de canard aux noisettes

Attention , les langues contiennent  un cartilage. Veillez à ne pas l 'avaler ! Vous pouvez naturellement l'éliminer (après cuisson ), mais le travail est ardu.

Pour 4 personnes

Ingrédients :

600 gr de langues de canard

1,5 cuiller à soupe d'huile d'olive

3 dl de vin blanc (sancerre)

3 dl de bon fond de canard, fait avec les os d'un canard

110 gr de céleri vert émincé

3 petites pincées de safran en poudre (carthame) ou en filaments (safran vrai)

1,5 cuiller à soupe de nuoc-mam

25 gr de noisettes effilées et grillées

7 gr de persil haché

5 gr de livèche fraîche ciselée

3 gr de menthe fraîche ciselée

20 gr de miel d'acacia

1 cuiller à café de vinaigre de vin blanc

3 feuilles de calament

Un peu de poivre du moulin

Quelques amandes effilées et grillées

Recette :

Nettoyez les langues ; faites-les dégorger.

Blanchissez-les, égouttez-les et rafraîchissez-les.

Faites-les sauter dans l'huile d'olive ; décantez-les.

Faites suer le céleri vert et ajoutez-le aux langues.

Mettez dans une autre casserole le vin blanc, le fond de canard, le poivre, le safran, le nuoc-mam et le calament.

Amenez à ébullition et laissez mijoter pendant une demi-heure.

Passez au chinois fin.

Incorporez les noisettes, les langues et le céleri ; laissez cuire pendant 10 a 15 minutes.

Terminez en ajoutant le persil, la livèche, la menthe, le miel et le vinaigre de vin blanc.

Mélangez bien et rectifiez l'assaisonnement en poivre si nécessaire.

Dressez sur un plat et disposez autour les amandes effilées et grillées.

28 05 14

Une femme libre

Elisabeth de Belgique (NE)J'aurais voulu vous en parler avant - l'actualité littéraire ne m'en a guère laissé le loisir. Qu'à cela ne tienne, l'ouvrage est de garde  - comme le bon vin- et sa plage de couverture confère au portrait de la "reine rouge" un délicieux look Mary Poppins...qui en fera une lecture de vacances appréciée.

Née Wittelsbach, au sein de l'aristocratie bavaroise, la future Elisabeth de Belgique (1876-1975) est nièce, homonyme et même filleule de la célèbre impératrice Sissi, avec qui elle entreprend un voyage en Méditerranée.

De son mariage d'amour avec le Prince Albert de Belgique, le 2 octobre 1900, naissent trois enfants, Léopold, Charles et Marie-José, ainsi qu'un total dévouement à sa patrie d'adoption.  A ce titre, la guerre de 14 est l'épreuve du feu pour cette reine, allemande de naissance... Rapidement, elle fait comprendre aux Belges qu'elle est des leurs et encourage le docteur Antoine Depage à construire l'Hôpital de l'Océan, à front proche du champ de bataille.

Si elle n'a pas une fibre maternelle sur-développée , la souveraine l'a pacifiste, intellectuelle et artistique. Elle aime la nature, les oiseaux , les voyages à travers le monde. Egyptomane, elle visite la tombe de Toutankhamon, le lendemain de son ouverture. Elle ouvre grand ses portes à Maeterlinck, Emile Verhaeren, Frans Courtens, Victor Rousseau et plus tard, celles du Stuyvenbeg, à André Maurois, Paul Claude, Georges Duhamel et même au  clown "Popov". Une vraie complicité la lie à l'écrivain Colette. Elle aime passionnément les discussions philosophiques  - à  vocation bouddhiste - entreprises avec l'exploratrice, Alexandra David-Néél

"Décidément, il y a du Tintin dans ce personnage qui sillonne le monde pour voir de ses propres yeux ce que d'autres voudraient lui caricaturer"

La simple perspective d'un concours musical - dédié à Chopin, en l'occurrence, - suffit à lui faire braver les diktats de la Guerre froide en 1955. Une façon aussi de rendre son engagement, naguère pacifiste, un peu plus musclé.  Son estime pour les Juifs - elle en a aidé un bon nombre  durant la Guerre - l'emmène en Terre Sainte, en 1959. Elle y reçoit un accueil ardent.

De ce portrait se dégage l'image d'une reine libre dans son esprit, si ce n'est sa fonction. Elle n'aura de cesse de donner un sens vrai,  altruiste et efficace à celle-ci, un sens noble, dans son acception première. Au prix de quelques impairs notoires, cela ne la rend que plus vivante.

" La reine de trois rois a réussi là où Sissi avait échoué: remplir son devoir en n'abdiquant jamais de son libre arbitre. C'est là sa plus grande victoire."

 

Elisabeth de Belgique. Une reine entre guerre et paix, Patrick Weber, biographie, Ed. Payot, janvier 2014, 206 pp

Écrit par Apolline Elter dans Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 05 14

Il y a le feu au lac...

Sans plus attendre.jpgGuibert del Marmol, économiste de formation, a dirigé plusieurs entreprises internationales. Aujourd’hui, il est conseiller, auteur et conférencier spécialisé dans le domaine de l’économie régénératrice. Il forme les dirigeants aux pratiques d’un leadership inspiré et inspirant en mariant sagesses anciennes et technologies modernes.

Il est l'auteur de Sans plus attendre !, un essai paru aux Éditions Ker à Hévillers.

Voici ce qu'il en dit :

« Notre monde est en mutation profonde. Les crises qui s’inscrivent chaque jour à la une de nos journaux constituent pourtant autant d’opportunités de concevoir quelque chose de fondamentalement différent et de développer des solutions inédites.

Crise financière, économique, politique, climatique, démographique. Krisis, en grec, le carrefour. Le moment où on choisit définitivement une voie plutôt que l'autre. L’opportunité est géante, sans précédent. Mais pour transformer ces défis en opportunités il faut développer un autre regard sur le monde et oser challenger les dogmes.

C’est ce que propose Sans plus attendre ! Les solutions existent et alimentent déjà des milliers de révolutions silencieuses. Partout dans le monde, des initiatives issues de citoyens, d’entrepreneurs et de responsables locaux voient le jour. Chaque jour, des individus de toutes origines et cultures se mettent en route pour créer un autre modèle de société plus pérenne et plus durable.

Sans plus attendre ! est un livre de perspective, une proposition pour une autre vision de notre humanité qui va au-delà de la simple relance du modèle de société actuel. C’est aussi un livre d’espoir pour passer de crise à opportunité, d’austérité à audace. L’auteur propose des pistes de réflexion, des sources d’inspiration concrètes et une incitation à l’action basées sur les rencontres faites ces dernières années sur tous les continents au contact des gens qui changent le monde.

L’intégration des savoirs anciens et des technologies de pointe permet d’envisager une société où la dignité humaine et le respect des écosystèmes seront les pierres fondatrices d’un nouveau monde.

Le livre aborde les grands enjeux de société qui doivent être abordés afin de favoriser cette nouvelle Renaissance :

- Retrouver une indispensable autonomie alimentaire et énergétique qui rend possible pour chaque communauté une plus grande autodétermination.

- Aller au-delà du durable et développer une économie régénératrice qui soit relocalisée, collaborative, circulaire et d’usage plutôt que de propriété.

- Promouvoir un enseignement qui permettra à nos enfants de devenir les bâtisseurs de ce nouveau modèle en leur apprenant ce qu’être humain signifie, en favorisant leur créativité.

Au-delà des technologies prometteuses dont il est parfois fait état, c’est surtout d’un saut de conscience individuelle et collective dont il est question. Une invitation à marier science et conscience pour construire un avenir pour nos enfants et les générations à venir. C’est possible, c’est maintenant et c’est… Sans plus attendre ! »

Bernard DELCORD

Sans plus attendre par Guibert des Marmol, Hévillers, Éditions Ker, avril 2014, 240 pp. en noir et blanc au format 21 x 14 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 18 €

24 05 14

Aux temps bénis du British Empire...

Expo 58.jpgNé en 1961 à Birmingham, Jonathan Coe est l'un des auteurs majeurs de la littérature britannique contemporaine et les Éditions Gallimard à Paris ont fait paraître récemment la traduction française de son Expo 58, un agréable et subtil roman d'atmosphère qui se muera au fil des pages en parodie de roman d'espionnage aux rebondissements inattendus.

Comme l'annonce le titre, le récit a pour cadre l'Exposition universelle de Bruxelles en 1958, dernière manifestation internationale d'importance d'un monde occidental qui ne tarderait pas à vaciller sous les coups de la modernité et de la décolonisation.

Thomas Foley, un jeune cadre du ministère britannique de l'Information, est envoyé dans la capitale belge pour superviser la construction du Pavillon britannique et veiller à la bonne tenue d'un pub, le Britannia, censé incarner la culture de son pays. Six mois durant, il ira de rencontre en rencontre (un journaliste soviétique, un scientifique anglais, une hôtesse belge...) et vivra des moments dont il est loin de percevoir à quel point ils bouleverseront son existence.

Ajoutons pour conclure à propos de cet excellent texte que, bien que citoyen de Sa gracieuse Majesté, l'auteur ne commet aucune erreur manifeste dans la restitution des réalités et de l'ambiance de la Belgique d'alors.

Une belle performance en soi, non ?

Bernard DELCORD

Expo 58 par Jonathan Coe, traduction de l'anglais par Josée Kamoun, Paris, Éditions Gallimard, février 2014, 330 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée et jaquette en couleurs, 22 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 05 14

Nouvelle gifle à la Fondation Hergé...

Le spectre du tocard.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 23/05/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Voilà que paraît sous la plume de Gordon Zola (alias Éric Mogis à qui l'on doit notamment L'humour pour les Nuls, The Dada de Vinci Code et Où est le bec ?) Le spectre du toquard, le vingtième tome [1] des aventures du reporter Saint-Tin et son ami Lou (un perroquet volage), d'hilarants pastiches sous forme de roman dans lesquels on retrouve aussi le capitaine Aiglefin, le professeur Margarine et les agents secrets Yin et Yang, entre autres...

En voici le résumé : la Salmanye, petit pays remuant de l'Europe de l'est, est en pleine révolution... Pour la communauté internationale, le dictateur Zhara Pùrum dépasse les bornes ! Il aurait usé de l'arme chimique sur la population et fait déverser des tonnes de padjodjoh, le poison-qui-rend-bête, sur la population. C'est alors que rejaillit la vieille légende salmaniaque du « spectre du tocard » qui prédit la chute du régime au retour de l'ancien roi, Uttokar VI qui est séquestré, dit-on, dans les oubliettes de l'asile de Kock. Sur le point de s'y rendre pour couvrir l'événement, Saint-Tin est enlevé en compagnie du docteur Alain Bique, l'éminent imbécilographe, spécialiste des sots...

On se souviendra qu'après la publication du cinquième opus de la série, l'auteur fut attaqué pour contrefaçon par les héritiers d'Hergé. Les éditions Moulinsart furent déboutées de l'attaque, mais le tribunal condamna Gordon Zola à plusieurs dizaines de milliers d'euros pour préjudice commercial en évoquant la notion de parasitisme. On saisit tous ses biens et il fut jeté à la rue. Début 2011, la 2e Chambre de la Cour d'Appel de Paris débouta totalement Moulinsart SA, rejetant l'accusation de préjudice commercial. En février 2014, Éric Mogis fut relaxé et se vit attribuer d'importants dommages et intérêts.

On imagine la tête du si sympathique Nick Rodwell !

Pour le faire bisquer un peu plus, c'est avec joie que nous lui annonçons la prochaine naissance, cette année encore, de Saint-Tin au pis de l'auroch noir et de Saint-Tin et les p'tits carrosses !

Bernard DELCORD

Le spectre du toquard par Gordon Zola, Paris, Le Léopard démasqué, janvier 2014, 163 pp. en noir et blanc au format 12 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 11 € (prix France)

Train-train au Congo.jpg


[1] Le crado pince fort (2008), Le vol des 714 porcineys (2008), La Lotus bleue (2009), L'oreille qui sait (2009), Saint-Tin au gibet (2009), L'ire noire (2009), Les poils mystérieux (2009), L'Affaire tourne au sale (2010), Le secret d'Eulalie Corne (2010), Les pies jouent de la castagnette (2010, Le 13 heures réclame le rouge (2011), Les Six gardes du phare Amon (2011), Objet qui fume (2011), On a fait un marché sur la lune (2011), Coq en toc (2012), Saint-Tin en amères loques (2012), Train-train au Congo (2012), L'Ascète boude le cristal (2013), Le Temps pleut du soleil (2013).

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Humour | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 05 14

Pour faire manger les pissenlits par la racine...

Crèmes & châtiments.jpg

Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 23/05/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Spécialistes de l'œuvre abondante de la « duchesse de la mort », Anne Martinetti et François Rivière, dans Crèmes et châtiments joliment sous-titré Recettes délicieuses et criminelles, ont rassemblé et décrit 80 préparations culinaires évoquées dans les 66 romans d'Agatha Christie en reprenant des extraits qui les mentionnent et en fournissant le pitch de l'intrigue ainsi que les grandes lignes de la biographie de l'auteure.

Un recueil so British où l'art d'accommoder la dinde farcie au bacon voisine avec la façon de servir le steak and kidney pie, l'omelette au haddock, le filet de porc au chutney, la brioche d'agneau épicé, le roast-beef à la menthe, les feuilletés au cheddar, les tartines grillées au chester, le cake au citron ou le pudding aux pommes...

Mais sans les poisons, of course !

Bernard DELCORD

Crèmes & châtiments  par Anne Martinetti et François Rivière, photographies de Philippe Asset, Paris, Éditions JCLattès/Le Masque, 2010 (toujours disponible), 167 pp. en quadrichromie au format 21 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 20,20 € (prix France)

Voici une recette à l'origine d'une enquête à rebondissements menée par Miss Marple :

Canard farci à la sauge

« Mrs Bantry hocha la tête.

–Voici comment c'est arrivé, dit-elle, Arthur et moi séjournions à Cloddenham Court chez sir Ambrose Bercy lorsqu'un jour, par erreur, on arracha des feuilles de digitale en même temps que la sauge. On en farcit les canards pour le dîner, tout le monde fut très malade et la pupille de sir Ambrose mourut. » (Miss Marple au Club du mardi)

Sylvia Keene a-t-elle été assassinée ou s'agit-il d'une tragique méprise, due à une cuisinière trop âgée ? L'affaire est d'autant plus piquante que c'est la victime elle-même qui a apporté les feuilles fatales à la cuisine... Mais... mais son fiancé avait embrassé la veille au soir une autre jeune fille. Mais son tuteur était un homme très riche, alors n'aurait-il pas dû trépasser en premier ? N'y a-t-il pas eu erreur sur la personne ? Seule Miss Marple pourra le dire...

Pour 4 personnes

Préparation : 45 minutes

Cuisson : 1h30

Ingrédients :

1 canard d'1,5 kg

150 g de foies de volaille

60 g de beurre

2 oignons

3 feuilles de sauge

1 verre de cognac

1 verre de vin blanc

150 g de bœuf haché

1 petit pain au lait

200 g de dattes

1 tasse de lait

4 bri ns de persil

Noix muscade

Sel, poivre

Matériel :

Un bol

Une petite poêle

Un mixeur

Une terrine

Un hachoir

Un plat à four

Fil alimentaire

Recette :

Préchauffez votre four à 160°C (thermostat 5), puis mettez le petit pain à tremper dans une tasse de lait.

Hachez les oignons, le persil et la sauge puis faites-les revenir dans le beurre pendant 10 minutes à feu doux.

Pendant ce temps, dénoyautez les dattes et passez-les au mixeur avec les foies et le petit pain imbibé de lait que vous aurez légèrement fait dégorger.

Ajoutez les oignons et la sauge persillée ainsi que le bœuf haché.

Assaisonnez ce mélange d'une pincée de muscade, de poivre et de sel, puis farcissez-en le ventre du canard et fermez-le avec du fil alimentaire.

Salez le canard et placez-le dans un grand plat à four que vous aurez soigneusement beurré.

Faites cuire pendant 1h30 en arrosant de temps en temps avec des cuillerées à soupe de vin blanc et de cognac.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Cuisine | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 05 14

A poin(g)-ter...

Marcel Pagnol, un autre regard

Il décédait le 18 avril 1974. Le père (très) spirituel de Marius, Fanny et de César reste à jamais associé, en nos esprits, aux Provence,accent chantant,  cigales et hyperbole des sensations.

Doctorante en lettres, Karine Hahn a longuement travaillé l'oeuvre de l'écrivain et nous en livre une exégèse thématique et conviviale, intéressante. Ce n'est donc pas une biographie: l'auteur de l'essai ne retient, de la vie de Pagnol, que les éléments utiles à la compréhension de son oeuvre.

" Pagnol alterne élasticité humoristique et tension poétique, dans toute son oeuvre. Sa poésie repose en grande partie sur des images ou des métaphores qui peuvent être regroupées en plusieurs catégories"

 Une peuvre éclectique et une carrière de cinéaste qu'on a tendance à occulter pour ne retenir que la cultissime Partie de cartes ( Marius)  Les magnifiques Château de ma mère et Gloire de mon Père, ... Le regard de Karine Hann en restitue les pans oubliés.

" Pagnol a eu au cinéma une carrière semblable à nulle autre. Il a joui d'une liberté absolue, assumant, on l'a vu, tous les postes de la chaîne de fabrication d'un film, ce qui était sans précédent et ne se renouvellera pour personne, le milieu du cinéma se complexifiant, les coûts de production devenant de plus en plus exorbitants."

Il apparaît surtout  qu"un peu l'héritier de Molière ou de Marivaux", Marcel Pagnol avait une science aiguë de la psychologie humaine et de ses réparties. Alliée à un appétit de vie, de nature - méridionale - , d'écriture - plus élaborée qu'il n'y paraît - et un talent inné de conteur, sa verve reste inégalable.

Passionné d'Histoire, l'écrivain plancha les dernières années de sa vie sur l'énigme du Masque de fer, célèbre prisonnier du donjon de Pignerol , compagnon d'infortune de Nicolas Fouquet. Il en tira la certitude que l'hôte masqué n'était autre qu'un ...jumeau caché de Louis XIV .

Un regard qui donne envie de relire ses "classiques"

 

Apolline Elter

Marcel Pagnol, Un autre regard, Karine Hann, essai, Ed. du Rocher, février 2014, 300 pp, 21 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

16 05 14

Haut perchés...

De Lescarpin au stiletto.jpgRédigé par Émilienne Angle et François Bernaschina, le beau livre intitulé De Lescarpin ® au stiletto paru chez Favre à Lausanne se penche avec originalité sur la création contemporaine en matière de chaussures féminines à talons hauts, qu'ils soient aiguilles ou anglais, à gorge, en bobine, en boule ou en cage, mais aussi en lame, en torpille, en épine, escamotables voire télescopiques.

« Polymorphe et empreinte de pouvoir, assurent les auteurs, cette marque d'élégance est initialement réservée à l'aristocratie, la chaussure à talon ayant longtemps été un emblème d'appartenance sociale. Au XXe siècle, les femmes s'accaparent définitivement des talons, qui deviennent ainsi un symbole de féminité. Depuis, et malgré les assauts de leurs opposants, ils n'ont cessé de croître en popularité comme en hauteur.

Ce piédestal leur donne l'assurance et l'allant nécessaires pour interagir avec un environnement toujours plus complexe. En témoignent ces femmes sur le blog de L'Express : "Je domine tout le monde, ça m'amuse de voir les hommes lever les yeux vers moi" ; "Je ne peux pas négocier un contrat si je ne suis pas en talons" ; "Mes talons agissent comme un booster. Je suis sûre que je suis meilleure" ; "On ressent mieux notre corps, il est plus présent, plus séducteur"...

Enfin, ce début de XXIe siècle voit se débrider l'imagination des créateurs, qui explorent de nouvelles formes, matériaux, technologies... Tout distingue la chaussure à talon des autres chaussures, elle est unique, tout comme la femme qui la porte et se démarque. »

Encore faut-il être capable de les porter plus de quelques minutes ou même quelques secondes !

Bernard DELCORD

De Lescarpin ® au stiletto par Émilienne Angle & François Bernaschina, Lausanne, Éditions Favre, mars 2014, 160 pp. en quadrichromie au format 24,8 x 24,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 25 € (prix France)

 

De Lescarpin au stiletto (Bow par Peter Popps).jpg

« Bow » par Peter Popps (2013)

 

De Lescarpin au stiletto (Dandolo par Manolo Blahnik).jpg

« Dandolo » par Manolo Blahnik (2012)

16 05 14

Un génie à l'œuvre...

Caillebotte à Yerres, au temps de l'impressionnisme.jpgC'est 120 ans après la disparition de Gustave Caillebotte (1848-1894) que 43 chefs d’œuvre du peintre sont exposés au grand public jusqu'au 20 juillet 2014 dans la propriété yerroise où ils ont été peints.

Ce rendez-vous majeur de l’impressionnisme est d’autant plus exceptionnel que ces œuvres n’ont, pour la plupart, jamais été exposées ou très peu, car appartenant à la famille de l'artiste et à des collectionneurs privés.

Écoutons le commissaire de l'événement :

« Gustave Caillebotte a été l'un des artistes les plus importants, les plus actifs et les plus originaux de l'histoire de la peinture impressionniste. Ses tableaux comptent aujourd'hui parmi les chefs-d'œuvre de l'époque, par la nouveauté de leur représentation et l'audace de leur point de vue. Ils ont Paris pour sujet. Caillebotte a aussi représenté la nature et les loisirs à la campagne, au bord de l'eau. Ses tableaux, "L'Yerres, effet de pluie", "Canotier au chapeau haut de forme", "Pêche à la ligne", "Les Périssoires", "Canotiers ramant sur l'Yerres", "Le jardin potager, Yerres", sont aussi extraordinaires et inoubliables que ses vues urbaines : ils ont pour la plupart été peints entre 1875 et 1879 dans sa propriété à Yerres, dans l'Essonne, à quelques kilomètres de Paris. Ils ont pour sujet son parc, les bords de sa rivière, les canotiers et leurs embarcations. (...)

Issu d’une famille aisée, Caillebotte évolue dans l’univers cossu de la bourgeoisie parisienne. Yerres et ses environs étaient particulièrement prisés par ces familles, souhaitant se retrancher de temps en temps à la campagne. La vallée de l’Yerres offrait un cadre propice au repos, à la promenade. De magnifiques demeures illustrent cette empreinte bourgeoise dans la région... »

Publié chez Flammarion à Paris et intitulé Caillebotte à Yerres, au temps de l'impressionnisme, le remarquable catalogue de l'exposition en rend compte avec des études de Serge Lemoine, professeur émérite à la Sorbonne et ancien président du musée d’Orsay, et de Dominique Lobstein, historien de l'art, qui fournissent des commentaires précis pour chacune des œuvres magnifiquement reproduites.

Ajoutons que des musées français (musée d’Orsay, musée Marmottan Monet, musée des Beaux-Arts de Rennes) et étrangers (Indiana University Art Museum de Bloomington, National Gallery de Washington) ont également apporté leur concours à cette exposition unique.

Un événement à ne pas rater !

Bernard DELCORD

Caillebotte à Yerres, au temps de l'impressionnisme, par Serge Lemoine et Dominique Lobstein, biographie chronologique de Gilles Chardeau, préface de Nicolas Dupont-Aignan, Paris, Éditions Flammarion, mars 2014, 166 pp. en quadrichromie au format 21,5 x 27,6 cm sous couverture brochée en couleurs, 25,50 € (prix France)

Informations pratiques :

Exposition « Caillebotte à Yerres, au temps de l'impressionnisme » du 5 avril au 20 juillet 2014, à la Propriété Caillebotte (Ferme Ornée 8, rue de Concy à F-94520 Yerres, dans l'Essonne), ouverte tous les jours (sauf le lundi) de 10h à 18h, le dimanche de 10h à 19h, ainsi que les jours fériés (lundi inclus).

Nocturnes vendredi et samedi jusqu’à 20h30.

Billetterie sur place à la Ferme Ornée ou en ligne sur www.proprietecaillebotte.com.

Tarifs :

Yerrois, Val d'Yerrois : tarif plein 5 € / réduit 3 € / enfant de - de 12 ans gratuit / enfant de 12 à 18 ans 3 € / famille (2 adultes et 1 enfant payant) : gratuit pour le 2e enfant.

Le livret de l'exposition et le livret jeux pour les enfants sont en libre service à l'accueil de la Ferme Ornée.

Sites :

www.proprietecaillebotte.com

facebook.com/laproprietecaillebotte

twitter.com/caillebotte2014

Écrit par Brice dans Arts, Bernard Delcord, Expositions | Commentaires (0) |  Facebook | |