06 12 14

Pour aller au théâtre tous les soirs…

Anouilh Qui suis-je.jpgProfesseure des universités à la retraite et spécialiste du théâtre de Michel de Ghelderode, qui fit l’objet de sa thèse d’État (nous avons écrit ici tout le bien que nous pensions de son Ghelderode Qui suis-je ? paru chez Pardès à Grez-sur-Loing en 2013), l’essayiste française Jacqueline Blancard-Cassou donne cette année, chez le même éditeur et dans la même collection, un Anouilh Qui suis-je ? remarquablement illustré (de clichés en noir et blanc) dans lequel elle se penche sur la biographie et sur l’œuvre du dramaturge français sans doute le plus joué à travers le monde, avec Molière.

Voici le résumé qu’elle en donne :

« Né à Bordeaux en 1910 et venu tout jeune à Paris, Jean Anouilh travaille quelque temps, après son baccalauréat, comme secrétaire du théâtre dirigé par Louis Jouvet, puis décide très tôt de vivre de sa plume.

Le Bal des voleurs, Léocadia, La Sauvage, Le Voyageur sans bagage, Eurydice, pièces « roses », datent des années trente. Anouilh vit alors avec Monelle Valentin, l'interprète d'Antigone, qui sera jouée en 1944 et fera l'objet de polémiques.

Après la Libération, il tente en vain d'obtenir du général de Gaulle la grâce de Robert Brasillach.

Par la suite, il compose une série de chefs d'œuvre, dont La Répétition, Colombe, L'Alouette, Becket, L'Hurluberlu, affronte la critique avec Pauvre Bitos, écrit des scénarios de films (Monsieur Vincent), traduit et adapte, avec l'aide de son épouse Nicole, des textes étrangers, assure des mises en scène.

Ayant cessé, de 1959 à 1964, d'écrire pour le théâtre, il revient à la scène en s'incarnant dans le protagoniste et en mêlant le rêve à la réalité (Cher Antoine, Les Poissons rouges).

Retiré en Suisse avec sa dernière compagne, il refuse d'entrer à l'Académie française. Il exprime dans ses dernières œuvres, dites « farceuses », une vision de l'humanité de plus en plus pessimiste. Il s'éteint à Lausanne en 1987, laissant près de cinquante pièces de théâtre que l'on reprend toujours avec succès. »

Ajoutons à la liste d’autres pièces selon nous remarquables comme Médée (1946), L'Invitation au château (1947), Becket ou l'Honneur de Dieu (1959), Le Boulanger, la Boulangère et le Petit Mitron (1968), Tu étais si gentil quand tu étais petit (1972), L'Arrestation (1975), Le Scénario (1976) Chers zoiseaux (1976), La Culotte (1978), Le Nombril (1981) ou encore Thomas More ou l'Homme libre (1987)…

Insistons aussi sur la qualité du travail de Mme Blancard-Cassou qui aborde tous les sujets, même ceux qui fâchent, avec beaucoup de probité.

Et, à propos de sujet qui fâche, le romancier et aristarque belge Robert Poulet dont les écrits, pour d’aucuns, sentent encore le soufre – injustement et de moins en moins depuis la réédition de son Handji dans la collection nationale belge « Espace Nord » – nous confia à la mort de Jean Anouilh qu’il avait entretenu avec lui durant de nombreuses années une correspondance hebdomadaire traitant au jour le jour de la genèse de ses pièces…

Un fameux sujet pour thésard, sans aucun doute !

Bernard DELCORD

Anouilh Qui suis-je ? par Jacqueline Blancard-Cassou, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », septembre 2014, 124 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

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