24 04 15

Post Punk Story

Post Punk, Pierre Mikailoff, Pierre Terrasson, Carpentier

Je voudrais aujourd’hui vous parler d’un livre illustré épatant qui vient de sortir et qui se nomme Post-Punk 1978-1985.

Le podcast de la séquence diffusée sur Nostalgie le 16 avril :


podcast

Texte intégral :

Oh ! Pas de panique ! Au cas où vous croiriez qu’il s’agit de musique de sauvage avec des guitares électriques saturées et des hurlements hystériques, détrompez-vous. Et c’est justement tout l’intérêt de ce beau livre de Pierre Mikaïloff et Pierre Terrasson. Le premier est un journaliste musical et auteur on ne peut plus crédible, le second un des plus grands photographes de la scène rock française.

Pourquoi je vous dis de ne pas paniquer et bien parce le Post-Punk désigne la musique de ces artistes qui après deux ans de violence spontanée ont délaissé le blouson noir et les épingles à nourrice pour devenir les artisans de la pop d’un nouvel âge. En clair ils ont pour noms Blondie, Indochine, Police, Cure, U2, Clash, Simple Minds, les Pretenders ou encore Billy Idol.

Comme Orchestral Manœuvres et Depeche Mode, ils ont tous deux grands modèles qui étaient là bien avant la foudroyante vague punk : Kraftwerk et David Bowie. Le moins qu’on puisse dire c’est que ça s’entend.

L’occasion de se rappeler dans ce livre que presque tous les membres de Culture Club viennent de groupes ou de milieux punks. Et oui ! Ou que Captain Sensible n’est autre que le bassiste du groupe The Damned, le premier groupe punk à avoir publié un album en 1976. Un pionnier et pas le plus cool de la bande. Oui sans la mouvement punk nous n’aurions pas écouté les fabuleux disques des Talking heads, de Joe Jackson, d’Etienne Daho, de Madness, des Rita Mitsouko ou encore de Nina Hagen.

Justement, vous avez sûrement dû être frappé par tous ces groupes punks qui se sont mis à jouer du reggae à partir de 1978. C’est le cas des Clash, les premiers, puis de Police ou encore des Specials. La raison est toute simple : les musiciens punks viennent des quartiers défavorisés de Londres qui sont aussi peuplés de Jamaïcains. La proximité des deux communautés et les propos politiques qu’on retrouve chez beaucoup d’artistes jamaïcains feront le reste. Le reggae a été une des portes de sortie de la récréation punk.

Alors c’est vrai que passer des tenues crasseuses, des pantalons déchirés et des percings aux complets vestons, aux déguisements hauts en couleurs, perruques et maquillages est bien singulier et spectaculaire comme dans le cas de Steve Strange et de son groupe Visage.

Enfin dernière chose et pas des moindres, ce livre témoigne des rapports étroits que le post-punk alias la new wave a entretenu avec la France. Il omet juste que la Belgique fut la première terre d’asile de ce mouvement à l’étranger mais bon, on n’en voudra pas à leurs auteurs. En tout cas, j’ai fait un beau voyage dans ce livre très richement illustré de photos qui pour une fois n’ont pas déjà été mille fois vues et revues, un beau voyage dans ces années 80 qui ont été si musicalement révolutionnaire et révolutionnairement musicales.

Post Punk 1978-1985, Pierre Mikaïloff et Pierre Terrasson, Editions Carpentier, mars 2015, 29,90€ env.

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