30 04 15

Théâtre d'urgences

Résultat de recherche d'images pour "alors voilà les 1001 vies des urgences"" Les urgences, parfois ont des allures de vaudevillle. Il y manque le placards et l'amant caché dedans."

Interne urgentiste dans un hôpital public du Sud-Ouest de la France, Baptiste Beaulieu voit défiler une vraie comédie humaine de patients ordinaires, singuliers, sympas, attachants, impatients, en accroc ou  fin de vie... 

L'empathie le saisit là où la distance serait de mise et pour donner à une patiente atteinte d'un cancer en stade terminal la force de vivre en attendant son fils, bloqué dans un aéroport de Reykjavík pour cause d'éruption volcanique, il lui raconte, sur le mode le plus souvent comique, les péripéties de son quotidien.

Corps médical démythifié, corps "patiental"... aussi, le récit se fait théâtre d'un quotidien bousculé, contrarié, contrariant, comique... à son corps défendant.  Il vise surtout à rendre  à la relation médecin/ patient ce supplément d'âme, de simple humanité,  si souvent porté aux oubliettes.

Blogueur actif - Alors voilà , son blog éponyme a déjà attiré plus de 5.000.000 de visiteurs et s'est vu décerner le prix Alexandre-Varney en janvier 2013 - Baptiste Beaulieu s'est inspiré de situations réelles , vécues en direct ou par procuration de ses collègues médecins.

La lecture audio-livresque des anecdotes est opérée par notre concitoyen, le comédien Emmanuel Deconninck.

Alors voilà, Les 1001 vies des urgences,  Baptiste Beaulieu, Ed. Fayard, oct.013 - Audiolib, mars 32015, texte intégral lu par Emmanuel Deconinck, 28 plages - durée: 6h44 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Audio Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |

28 04 15

La fratrie du Christ

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Inspiré du manuscrit "Vie de Jude", découvert en 1950, en Egypte (près d'Abydos), le roman de Françoise Chandernagor révèle la fratrie biologique - nombreuse - de Jésus, Christ des Chrétiens, supposé fils unique par une Eglise qui voulait à tout prix maintenir le dogme de la virginité perpétuelle de Marie.

Voilà qui est pour le moins nouveau pour nos yeux de cathos élevés dans la  conviction imposée d'une famille réduite.

" Nous étions cinq frères orphelins, mais un seul était fils unique." 

Narrateur d'un récit riche de Cinq Livres, Jude est le benjamin d'une famille de sept "enfants vivants".  Ses frères aînés se prénomment Jésus, Jacques, José et Simon.

" Mon père, homme juste était un charpentier qui fabriquait des portes, des jougs, des bras de meule et des manches de charrue. Ses voisins le surnommaient Netzer , « le Rejeton », car, malgré la modestie de son état, il était fier de la souche dont il sortait et des nobles ancêtres dont il avait hérité la vigueur. Mais je ne connus ni sa force ni son visage : il mourut peu de jours avant ma naissance ; et je naquis fils de veuve, suçant les larmes du deuil avec le lait."

Adoptant avec brio le parler biblique de l'époque, la romancière donne un tour évangélique au témoignage d'un cadet et à la diaspora familiale qui suit la mort de Jésus. Ce faisant, elle réalise une radioscopie de la Palestine du premier siècle, ses tensions politiques, religieuses, les premiers pas du christianisme et nous livre en un chapitre généreux, étoffé, les sources qui ont alimenté son travail et l' '"atelier" de son écriture.

Un opus colossal

AE

Vie de Jude, frère de Jésus, Françoise Chandernagor, roman, Ed. Albin Michel, avril 2015, 400 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

26 04 15

La littérature pour tous...

Bescherelle Chronologie de la littérature française  (cover).jpgRédigée par une équipe de docteurs ès lettres et d’agrégés placés sous la direction d’un professeur émérite des universités françaises et s'adressant au vaste public – pas seulement scolaire– aimant la lecture, la Chronologie de la littérature française du Moyen Âge à nos jours constitue bien évidemment un ouvrage d’excellence sur tous les plans (pédagogique, historique, iconographique et vulgarisateur), puisqu’il a paru dans la célébrissime collection « Bescherelle » qui fait les beaux jours de la maison Hatier depuis 1842.

S’ouvrant sur la Séquence de Sainte Eulalie (881-882), premier texte transposé du latin dans ce qui deviendra la langue française, l’ouvrage s'achève avec La Disparition de Jim Sullivan (2013) de Tanguy Viel après avoir détaillé plus de 150 dates clés permettant d'évoquer les auteurs majeurs et les œuvres fondatrices.

L’organisation est claire et la mise en page ingénieuse.

En effet, au début de chaque période, une frise chronologique permet de repérer d’un coup d’œil les œuvres clés et les mouvements littéraires. Elle est suivie de doubles pages présentant auteurs et œuvres, avec des encadrés pour mettre en lumière le contexte culturel. À intervalles réguliers, des dossiers éclairent sur les principaux mouvements littéraires et, à la fin de l'ouvrage, un index très complet facilite la recherche d'une œuvre, d'un auteur ou d'un fait littéraire.

Un ouvrage qui permet de savoir comment Cyrano de Bergerac défia les autorités en 1657, de quelle manière le duc de Saint-Simon fit chuter Louis XIV de son piédestal entre 1691 et 1723, pourquoi Alphonse de Lamartine a fait sensation avec ses Méditations en 1820, avec quelle rigueur la justice condamna Baudelaire pour ses Fleurs du Mal parues en 1857, pourquoi Joris-Karl Huysmans trahit Émile Zola avec son roman À rebours en 1884, ce qu’avait en tête Gabrielle Colette en lançant la mode des garçonnes en 1920, avec quelle vigueur Georges Perec s’en prit à la société de consommation dans Les Choses en 1965, ce que le jury du Nobel voulait couronner en décernant en 2008 son célèbre prix à Jean-Marie Gustave Le Clézio…

Et bien d’autres choses encore !

Bernard DELCORD

Bescherelle Chronologie de la littérature française du Moyen Âge à nos jours, ouvrage collectif sous la direction de Johan Faerber, Paris, Éditions Hatier, collection « Bescherelle », août 2014, 386 pp. en couleurs au format 15 x 22,5 cm sous couverture Integra en quadrichromie, 15,99 € (prix France)

Pour vous, nous avons repris les deux pages relatives à un écrivain belge fort célèbre :

Bescherelle Chronologie de la littérature française  (Simenon 1).jpg

 

Bescherelle Chronologie de la littérature française  (Simenon 2).jpg

 

25 04 15

Tournée des bonnes popotes…

Paris Marx – Saveurs capitale .jpgDans Paris Marx – Saveurs capitale paru chez Flammarion, le grand chef Thierry Marx (né à Ménilmontant en 1959) qui préside aux destinées du prestigieux Sur-mesure by Thierry Marx sis dans les murs du grand palace Le Mandarin Oriental Paris au 251 de la rue Saint-Honoré dans le 1er arrondissement, dévoile sa vision toute personnelle de la capitale française.

En six balades admirablement commentées, il entraîne le lecteur sur les lieux importants de sa vie, il raconte des histoires sur cette ville qu'il aime tant, il concocte dix-sept recettes au fil de ses pérégrinations et il fournit les adresses des commerçants qui lui sont chers : boulangers, pâtissiers, confiseurs, épiciers, bouchers, charcutiers, tripiers, poissonniers, fromagers, maraîchers, herboristes, brûleurs et marchands de café, marchés de quartier, petits bistrots, restaurateurs, traiteurs, cavistes, mais aussi gantier, disquaire, marchand de vélo, libraire, papetier…

Un guide averti qui en vaut au moins deux !

Sommaire des balades :

Entre Ménilmontant et le grand nord

Du marais à la rue Saint-Dominique

De Montparnasse au marché Poncelet

Un petit tour dans le Quartier latin

Des faubourgs au centre historique

Paris d’ici, Paris d’ailleurs

Bernard DELCORD

Paris Marx – Saveurs capitale par Thierry Marx, Paris, Éditions Flammarion, décembre 2014, 211 pp. en quadrichromie au format 19,9 x 24,6 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 32 € (prix France)

Voici une recette de dessert peu fréquent :

Omelette soufflée aux poires

Pour 6 personnes

Préparation : 25 minutes

Ingrédients :

8 œufs

3 poires

125 g de sucre

1 gousse de vanille

40 g de beurre

10g de sucre glace

Recette :

Battez les œufs.

Épluchez les poires, découpez-les en quartiers, citronnez-les légèrement et passez-les dans le sucre.

Dans une poêle à fond épais, légèrement graissée à l'huile de colza, déposez les œufs battus non salés et mélangez en faisant un mouvement circulaire dans la poêle.

Pendant ce temps, dans une autre poêle, faites revenir dans du beurre les quartiers de poire sucrés et faites-les sauter avec la gousse de vanille fendue.

À mi-cuisson de l'omelette, ramenez les œufs vers le bord et disposez les poires au milieu.

Inclinez la poêle et commencez à rouler l'omelette sur elle-même.

Disposez sur une assiette et saupoudrez de sucre glace.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Cuisine | Commentaires (0) |  Facebook | |

25 04 15

Cuisine à la Speedy Gonzales…

Recettes rapides .jpgLe recueil intitulé Recettes rapides publié chez Larousse à Paris compile 100 recettes express (réalisables en moins de 30 minutes, préparation et cuisson incluses), variées et équilibrées pour toutes les occasions.

Des entrées sur le pouce : ciabatta à la mozzarella et au salami ; salade de poires à la dinde ; pêches au jambon de Parme ; salade de boulgour à la feta ; salade de quinoa aux épinards ; velouté de patates douces à la noix de coco ; taboulé à l'aubergine, radis à l’orientale…

Des viandes prêtes en moins de 15 minutes : sauté de bœuf thaï, côtelettes d'agneau panées aux herbes et à la polenta ; farfalles froides au poulet ; porc laqué ; brochettes de porc à la provençale ; côtelettes d’agneau à l’indienne…

Du poisson express : brochettes de gambas ; noix de Saint-Jacques aux poireaux ; cabillaud à la crème et au cresson ; thon grillé aux haricots verts et salsa verte ; linguine au thon et au citron ; sashimi de saumon ; espadon et sauce piquante à la menthe…

Des petits plats végétariens ultra-rapides : soupe de nouilles épicée aux champignons ; gnocchis à la sauce verte ; risotto au potimarron ; omelette au fromage de chèvre et aux poivrons ; pâtes aux noisettes ; omelette à la betterave et à la feta…

Des desserts top chrono : yaourt marbré au citron ; verrines de myrtilles au mascarpone ; cookies à la crème glacée ; baies glacées au chocolat blanc ; trifles aux framboises ; fondue de chocolat aux fruits ; crème à la mangue et aux fruits de la Passion…

Pour les impatients affamés !

Bernard DELCORD

Recettes rapides, ouvrage collectif, Paris, Éditions Larousse, collection « Tous à table ! », janvier 2015, 216 pp. en quadrichromie au format 14,5 x 17 cm sous couverture brochée en couleurs, 5,95 € (prix France)

Voici une recette très simple :

Linguines aux palourdes

Pour 4 personnes

Préparation et cuisson : 20 minutes

Ingrédients :

800 g de palourdes nettoyées

300 g de linguine

Huile d'olive

2 gousses d'ail

2 piments rouges

20 cl de vin blanc sec

1 petit bouquet de persil plat

Recette :

Rincez les palourdes et jetez toutes celles qui ne se referment pas quand on les tapote légèrement.

Portez à ébullition une grande casserole d'eau salée et faites cuire les pâtes selon les instructions figurant sur le paquet.

Versez plusieurs cuillerées d'huile d'olive dans une cocotte munie d'un couvercle, émincez finement l'ail et les piments et faites-les revenir à feu vif.

Ajoutez les palourdes, versez le vin, couvrez et laissez cuire quelques minutes, jusqu'à ce que tous les coquillages soient ouverts.

Jetez les palourdes restées fermées.

Égouttez les pâtes, déposez-les sur les coquillages, ciselez le persil et parsemez-en la préparation

Mélangez bien l'ensemble et servez sans attendre.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Cuisine | Commentaires (0) |  Facebook | |

25 04 15

Mortel!!!

Histoires-assassines Des transports amoureux qui rendent bleus leurs agents,  "Un critique littéraire, à Londres, décide d'assassiner un écrivain par jour, pendant un mois.", des rapports d'observation de peuplades amazoniennes primitives et..loufoques, un corps dont les os se dissolvent, des objets qui parlent, témoignent, une femme à la vision rétroactive, les échanges épistolaires de conférenciers et la relation de leurs déboires, ceux d'un écrivain en puissance et velléités,  d'un piéton renversé qui perd toute notion de durée, la télépathie fécondante de Renouvier  et l'innombrable progéniture provoquée, .....sont  quelques  thèmes générateurs  de ces vingt nouvelles quirinyennes, fantastiques,  incongrues,  fulgurances d'imagination, de créativité, vitrines d'une logique cartésienne structurée, poussée à son comble.

Une joie de retrouver la plume, maîtrisée et les sympathiques extravagances de l'auteur des Contes carnivores...

Apolline Elter

Histoires assassines, Bernard Quiriny, recueil de nouvelles, Ed. Rivages, février 2015,240 pp

 Billet de faveur

AE : Votre apparence plutôt classique et réservée cache des trésors « nothombiens » de fantaisie, d’extravagances sous une facture cartésienne, soignée, structurée. Ce sont vos racines belges qui parlent ?

Bernard Quiriny : Possible. La belgitude agit comme un additif chimique dont on ne sait jamais quelle transformations elle provoquera dans le produit. C'est pourquoi certains Belges d'apparence terne sont parfois si fous, derrière leur imperméable gris et leurs lunettes carrées. 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 04 15

Post Punk Story

Post Punk, Pierre Mikailoff, Pierre Terrasson, Carpentier

Je voudrais aujourd’hui vous parler d’un livre illustré épatant qui vient de sortir et qui se nomme Post-Punk 1978-1985.

Le podcast de la séquence diffusée sur Nostalgie le 16 avril :


podcast

Texte intégral :

Oh ! Pas de panique ! Au cas où vous croiriez qu’il s’agit de musique de sauvage avec des guitares électriques saturées et des hurlements hystériques, détrompez-vous. Et c’est justement tout l’intérêt de ce beau livre de Pierre Mikaïloff et Pierre Terrasson. Le premier est un journaliste musical et auteur on ne peut plus crédible, le second un des plus grands photographes de la scène rock française.

Pourquoi je vous dis de ne pas paniquer et bien parce le Post-Punk désigne la musique de ces artistes qui après deux ans de violence spontanée ont délaissé le blouson noir et les épingles à nourrice pour devenir les artisans de la pop d’un nouvel âge. En clair ils ont pour noms Blondie, Indochine, Police, Cure, U2, Clash, Simple Minds, les Pretenders ou encore Billy Idol.

Comme Orchestral Manœuvres et Depeche Mode, ils ont tous deux grands modèles qui étaient là bien avant la foudroyante vague punk : Kraftwerk et David Bowie. Le moins qu’on puisse dire c’est que ça s’entend.

L’occasion de se rappeler dans ce livre que presque tous les membres de Culture Club viennent de groupes ou de milieux punks. Et oui ! Ou que Captain Sensible n’est autre que le bassiste du groupe The Damned, le premier groupe punk à avoir publié un album en 1976. Un pionnier et pas le plus cool de la bande. Oui sans la mouvement punk nous n’aurions pas écouté les fabuleux disques des Talking heads, de Joe Jackson, d’Etienne Daho, de Madness, des Rita Mitsouko ou encore de Nina Hagen.

Justement, vous avez sûrement dû être frappé par tous ces groupes punks qui se sont mis à jouer du reggae à partir de 1978. C’est le cas des Clash, les premiers, puis de Police ou encore des Specials. La raison est toute simple : les musiciens punks viennent des quartiers défavorisés de Londres qui sont aussi peuplés de Jamaïcains. La proximité des deux communautés et les propos politiques qu’on retrouve chez beaucoup d’artistes jamaïcains feront le reste. Le reggae a été une des portes de sortie de la récréation punk.

Alors c’est vrai que passer des tenues crasseuses, des pantalons déchirés et des percings aux complets vestons, aux déguisements hauts en couleurs, perruques et maquillages est bien singulier et spectaculaire comme dans le cas de Steve Strange et de son groupe Visage.

Enfin dernière chose et pas des moindres, ce livre témoigne des rapports étroits que le post-punk alias la new wave a entretenu avec la France. Il omet juste que la Belgique fut la première terre d’asile de ce mouvement à l’étranger mais bon, on n’en voudra pas à leurs auteurs. En tout cas, j’ai fait un beau voyage dans ce livre très richement illustré de photos qui pour une fois n’ont pas déjà été mille fois vues et revues, un beau voyage dans ces années 80 qui ont été si musicalement révolutionnaire et révolutionnairement musicales.

Post Punk 1978-1985, Pierre Mikaïloff et Pierre Terrasson, Editions Carpentier, mars 2015, 29,90€ env.

24 04 15

La liberté, c'est la poésie !

barbelés.jpg

 

Le mot « liberté » est un mot sacré qui n'est jamais si bien utilisé que par les poètes. Philippe Colmant est un poète. On trouve dans ce recueil deux des plus belles définitions de cet état, de cette vocation, de ce vice impuni : « Les poètes sont des nomades / Dans les sables mouvants / Du temps qui fuit sans cesse », mais aussi « Poètes, / Va-nu-pieds qui marchez / Sur les tessons de verre/ De vos cœurs éclatés » !

 

>Les poèmes sont souvent de facture classique, parfois ce sont de courts textes inspirés qui s'évadent de ce cadre. Et cela donne des instants de jubilation : « Aimer l'arbre / Lui parler »...

 

Les poèmes sont aussi des jeux autour des mots, des rapprochements de sens, de syllabes, de racines. Car c'est bien la poésie qui s'occupe le mieux de la langue française, du langage, de la recherche profonde du sens : « La nuit tombe sur ces tombeaux » ou « Et je ris de me voir / Si gai en ce mouroir » ou « Le fruit vert de nos pêchers de jeunesse » ou cette magnifique trouvaille « Le phare tourne de l’œil » ou enfin « Trop de censure / Trop de sang sur / Les murs ». Remarquables mouvements des mots qui remuent nos âmes.

 

Notons, au passage, que si le surréaliste Yves Bossut compara le poète Philippe Colmant à un violoniste « qui effleure le sens des mots, les caresse, les organise », on en retrouve ici un écho : « En posant l'arc-en-ciel / Sur les cordes de pluie / Du violon des jours ».

 

De temps à autre le poète se fait chair et parle de « toucher les seins nus de l'indicible » ou évoque « votre corps aux courbes devinées ». Mais l'essentiel est consacré aux barbelés qui entourent et blessent la liberté : les génocides, les camps, la diaspora des peuples, les fusillés, « les hurlements du souvenir ». Le poète est alors terriblement humain et solidaire. Il met ses armes au service pacifique de la mémoire. Et tous les grands thèmes, le temps qui passe et la solitude, par exemple, apparaissent alors dans les écrits : « Le temps est barbelé et déchire les chairs ». Nous savons que pour un arbre soit majestueux et superbe, il faut soigner ses racines autant que ses branches.

 

Du premier au dernier poème, nous vibrons avec l'auteur, je dirais « naturellement ». Tout est déjà dit dans le premier texte : « A la dérive » , car on y trouve avec ce langage unique qu'est la poésie – qui montre, suggère, explicite, bien mieux que de longs essais – notre situation d'être humain, ici, sur cette terre.

 

Mais tout n'est pas encore dit avec le dernier texte « Vouloir », car il faut « rebâtir des ruines un palais / Pour vivre comme un roi et non plus un valet. » Par la fenêtre ouverte, c'est un nouveau paysage qui s'ouvre sous nos yeux. Le livre nous a changés, nous sommes différents, c'est l'alchimie de la belle poésie de Philippe Colmant !

 

Jacques MERCIER

"Chants barbelés", Philippe Colmant. 2015. 70 pp. Philippe.colmant@gmail.com

 

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23 04 15

A la gare comme à la gare

Doigny 3DEcrit pour la sympathique collection des "Romans de gare" (Ed. Luc Pire) qui, par la plume d'écrivains - majeurs - du cru met en vedette de hauts lieux de notre patrimoine culturel, Le trésor d'Hugo Doigny s'attaque avec une jubilation contagieuse au célèbre trésor d'orfèvrerie namurois réalisé par le moine Hugo (du prieuré) d'Oignies.

Pas de doute, son auteur - Eva Kavian - s'est lâchée, allègrement,  qui met en scène un serial killer, serial lover de femmes en détresse, exécutées au moment même où elles se voient demander en mariage.

"Version wallonne de Robert Redford en brun et en plus jeune", Hugo Doignies opère, en saison, des visites touristiques de la Citadelle de Namur, repérant, à raison, les femmes peu satisfaites de leur situation conjugale. Lui-même en connaît un brin qui se remet, peu à peu du départ de Marlène et de "cette blessure sans nom qui avait vidé ses tripes quand il avait découvert [son]désarroi"

Mêlant la logique amoureuse à de sordides détails morbides, Eva Kavian nous offre un sympathique guide touristique de la cité mosane, une série de clins d'yeux (mais oui, les deux) aux autorités locales, tel Régis Delcourt, libraire-conseil passionné,  charismatique,  de la librairie Point-Virgule mais aussi et surtout une lecture récréative, tonique,  loufoque,  diantrement savoureuse.

Apolline Elter

 

Le trésor d'Hugo Doignies, Eva Kavian, thriller, Ed. Luc Pire, coll. " romans de gare", février 2015, 144 pp

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22 04 15

Saloth ? Un beau salaud…

Pol Pot.jpgEn publiant Pol Pot Qui suis-je ? chez Pardès à Grez-sur-Loing, l’historien de droite Nicolas Tandler, excellent spécialiste des grandes figures de l’extrême gauche [1], donne un joli coup de pied dans la fourmilière des idées reçues de la bien-pensance actuelle, en rappelant avec force que ce sont des thèses de Jean-Jacques Rousseau qui furent à l’origine du génocide du peuple khmer perpétré par Saloth Sâr, alias Pol Pot (1928-1998), et par ses séides Khmers rouges entre 1975 et 1979.

 Voici la présentation de l’ouvrage que nous donne l’auteur :

« On ne dit pas “Djougachvili”, mais Staline. De même, on ne parle pas de “Saloth Sâr”, mais, à partir de 1970, de Pol Pot, son pseudonyme. D'une famille cambodgienne aisée, il profita de divers enseignements dans la capitale du pays, Phnom Penh.

Parti compléter sa formation en France, il y découvre les Lumières avec Rousseau, la Révolution avec Robespierre, le marxisme avec Staline. Il néglige son école technique, et il doit retourner au pays sans diplôme. Il décide alors de devenir révolutionnaire professionnel.

Stoïque, il fait ses classes grâce aux communistes vietnamiens, qu'il hait, dans son for intérieur, comme ennemis héréditaires des Khmers. Devenu l'organisateur du Parti communiste à Phnom Penh, la chance le sert : le chef du PC est tué, et il prend sa place.

Le voici acteur d'une guerre tout à la fois civile et internationale. Avec des enfants-soldats vêtus de noir, ses troupes, les Khmers rouges, se multiplieront grâce aux erreurs de la puissante Amérique, aux divisions entre républicains et royalistes, au soutien de Hanoï.

Le 17 avril 1975, Pol Pot atteint son but.

Trois ans, huit mois, vingt jours, le peuple khmer subira une expérience démente, à vif, qu'aucun utopiste social n'avait osée avant lui. Elle lui coûtera 1 700 000 morts (estimation basse).

Puis Pol Pot fut vaincu dans une guerre éclair par le Vietnam. Il survécut deux décennies à sa défaite, divisant le monde à son propos, avant de mourir, esseulé. »

Pur produit du PCF et de ses intrigues, Pol Pot entretenait à l’évidence la haine recuite que les médiocres – ce petit-bourgeois avait échoué lamentablement dans toutes ses tentatives de scolarité largement financées par la France – vouent à tout ce qu’ils sont incapable d’être, à savoir des hommes, et qui donne les Hitler et les Staline, des étrons de l’histoire…

Bernard DELCORD

 Pol Pot Qui suis-je ? par Nicolas Tandler, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », novembre 2014, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)


[1] On lui doit, chez le même éditeur, un Marx Qui suis-je ?, un Staline Qui suis-je ? et un Trotski Qui suis-je ? fort intéressants, eux aussi.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |